Le Bouddhadharma est dans la pratique et non dans les paroles

Le Vénérable Maître Hsuan Hua

La Voie et la vertu sont les fondations, d'une personne. Quand nous avons la Voie et la vertu nous pouvons nous tenir debout.

 

Le temps est comme une flèche ; les jours et les mois passent comme un volant. Les vagues d'une rivière déferlent les unes après les autres. La gloire vient, passe et s'efface rapidement. Dans ce monde, voici la jeunesse et voilà la vieillesse qui nous conduisent implacablement vers un état de décomposition et d'extinction du à la vieillesse et à la mort, ne laissant derrière nous ni traces ou ombres. Ii est clair que rien n'est permanent.

Puisque rien n'est permanent, nous devrions trouver rapidement un abri. Vous pouvez tous vous compter chanceux, car si vous avez cherché un peu partout, vous en êtes venus à croire en Bouddha. Cette croyance en Bouddha nous permet d'atteindre le bonheur ultime de la permanence, de Ia joie, de la découverte de soi et de la pureté. Nous devrions donc croire en Bouddha. Mais il n'est pas suffisant de dire que nous croyons en Bouddha. Nous devons aussi nous cultiver en accord avec le Dharma. Si vous êtes croyant mais ne vous cultivez pas, cela est comparable à parler de la nourriture sans en manger ou bien compter les richesses d'une autre personne - cela ne vous est pas le moindrement bénéfique. Les anciens disaient: 

La Voie doit être pratiquée.

Si elle n'est pas pratiquée, à quoi sert-elle?

La vertu doit être cultivée.

Si elle n'est pas cultivée, d'où vient la vertu? 

Nous devrions personnellement pratiquer, en ayant toujours devant les yeux les mots "naissance" et "mort" et nous appuyer sur les mots "Voie" et "vertu". Cela est peut-être difficile à comprendre - pourquoi devrions-nous nous appuyer sur les mots "Voie" et "vertu" ? Parce que la Voie et la vertu sont les fondations d'une personne. Elles sont pour nous ce que sont les racines pour un arbre. Une fois que nous avons la Voie et la vertu nous pouvons nous tenir debout. Mais sans base n'avons rien sur quoi nous appuyer. Nous sommes dans le pétrin, incapable d'avancer ou de reculer, et nous ne pouvons rien accomplir. Si nous arrivons à pratiquer ces deux préceptes nous pourrons nous bâtîr un bon caractère et réussir de facon naturelle tout ce que nous entreprenons. Il est dit que "La Voie et la vertu sont les fondations même d'une personne". Les Analects de Confucius nous disent aussi : "La personne supérieure prête attention aux racines. Quand les racines sont solides, la Voie se réalise". C'est seulement quand les éléments fondamentaux sont propices que pourra se réaliser la Voie. Ceci est un sage conseil des anciens.

Comme cela fut dit précédemment, les jours passent aussi rapidement qu'une flèche mais nous ne le remarquons pas. Quand aux jours déjà passés, laissez les au passé. Seul le futur vaut d'être poursuivi. Nous devrions avoir des lignes directrices pour le futur et ne pas laisser ce temps s'écouler dans la confusion et l'embrouillement.

Le Monastère du Jardin de la Félicité de l'Ouest a toujours fait la promotion de la porte-Dharma de la Terre Pure et a toujours exhorté tout à chacun à reciter vigoureusement le nom de Bouddha. Le dix-neuf du sixième mois lunaire et le dix-sept du onzième mois lunaire nous continuerons comme chaque année à y organiser des sessions du Dharma pour réciter les noms de Guanyin Bodhisattva et Amitabha Bouddha. Cependant il ne faut pas seulement "assister comme d'habitude" à ces sessions en ne les prenant pas au sérieux. Au contraire, chaque année nous devrions être plus vigoureux que l'anée précédente ; nous devrions travailler de manière intensive. Pendant ces sept jours, peu importe le lieu où nous sommes ou le moment choisi ; nous devrions reciter consciencieusement le nom de Bodhisattva et ne jamais être négligent.

Nous devrions penser au Bodhisattva: cela ne veux pas dire que le Bodhisattva devrait penser à nous. Pourquoi ne voulons-nous pas cette attention du Bodhisattva? Car si vous participez à la session mais que votre esprit est négligent et vous empêche par la même de réciter de façon assidue le vaste nom de Bodhisattva, le Bodhisattva de la Grande Compassion et de la bienveillance prendra certainement pitié de vous, pauvre être vivant, et sera inquiet car vous ne participez pas de façon appliquée à la session. Ainsi chacun devrait sérieusement et sincèrement faire ses recitations et franchir une étape supplémentaire en nourrissant sa gentillesse, sa compassion, sa joie et donner tout ce qu'il peut du fond du coeur. Si vous pouvez faire tout cela alors je vous garantis que le Bodhisattva vous aidera et sera avec vous.

Il faut aussi préciser que chacun d'entre vous est venu à la session de sa propre volonté; le Monastère du Jardin de la Félicité de l'Ouest n'a jamais envoyé d'invitations. Cela prouve la sincérité de chacun. Cet esprit d'initiative est très louable. Ainsi nous ne devrions pas laisser cette sincérité se perdre. Nous devrions tous faire voeux de reciter jusqu'à ce que "les rochers emergent de l'eau qui se retire" (la vérité émerge des ténèbres), jusqu'à ce que les Bodhisattvas apparaissent devant nous pour nous enseigner le Dharma ; alors nous ne serions pas venus pour rien aux sessions.

Ceci est le premier jour de la session. En ce jour je vous bénis tous et vous souhaite à tous du succès pendant toute l'année. Si toutefois vous n'avez pas de succès, tout ces efforts seront une perte. Si vous n'avez que des pertes, ne le regrettez pas. je ne parlerai pas beaucoup ; il est plus sage de reciter le grand nom du Bodhjsattva encore et encore!

 

Paroles prononcées dans la matinée du 13 juin 1958 pendant une session Guanyin au Monastère du Jardin de la Félicité de l'Ouest à Hong Kong.