Le Pays de l'Utime Félicité est juste sous nos yeux

 

Nous avons seulement à persister avec vigureur,

et nous pourrons certainement "retourner à la maison".

 

"Je retourne a la maison ! 

Mes champs et jardins sont étouffés par les mauvaises herbes. 

Pourquoi ne devrais-je pas retourner? 

Mon esprit fut l'esclave de mon corps ; comme cela est triste et lamentable ! 

Je realise que le passé ne reviendra pas mais je peux certainement rectifier ce qui doit arriver dans le futur. 

En fait je ne suis pas resté trop éloigné du chemin. 

Je me suis éveillé au bien d'aujourd'hui et au mal d'hier".

Ces paroles ont été prononcées par Monsieur Wuliu (Tao Yuanming). Quand il les a dites, il était parfaitement éclairé par leurs sens car, analysées à la lumière du Bouddhadharma, ces phrases correspondent au principe ultime.

Que veut dire "retourner a la maison" ? Nous savons que la nature propre du Corps du Dharma est issu de la lumière tranquille et constante des Bouddhas des dix directions. Les sûtras disent : "Tous les êtres vivants ont la nature du Bouddha". Notre nature profonde n'est pas différente ni distincte de celle du Bouddha. Si cela n'était pas le cas, alors il ne serait pas dit que " tous ont la nature du Bouddha ". Nous sommes maintenant incapable de comprendre et d'être illuminés par notre propre nature car nous sommes distraits et divisés par les cinq désirs et par les souillures du monde Saha. Nous tournons le dos à l'illumination et nous nous mêlons aux ordures. De cette façon nous ne pouvons nous éveiller à notre propre esprit et reconnaître notre propre nature.

Nous ne devrions certainement pas continuer à rester pour toujours dans un milieu pollué. Nous devrions retourner a notre source: il faut faire nos adieux aux ténèbres et marcher à grands pas vers la lumière. Ainsi, les mots " retourner a la maison " nous incitent à retrouver notre vrai visage, à rejoindre notre véritable origine. De plus, l'expression " retourner a la maison " peut vouloir dire que nous comptons sur la force du nom du Bouddha ou du Bodhisattva ; le mérite de reciter le nom du Bouddha ou du Bodhisattva  nous permet de renaître en Terre Pure.

Après l'éveil a sa propre nature et Ia renaissance dans le Pays de l'Ultime Félicicité, un être fait le grand voeu de lancer son propre bateau de Ia compassion et de revenir au monde Saha pour secourir les autres êtres vivants. C'est ce que vent dire " revenir encore et encore ". Dans la phrase " mes champs et mes jardins sont étouffés par les mauvaises herbes ", à quoi se réfèrent les " champs et les jardins " ? Les " champs " se réfèrent aux champs de l'esprit. Le principe ici est très évident. Nous utilisons souvent l'expression " retirer le voile de ses yeux " en nous référant à une nouvelle perspicacité. Si nous ne cultivons pas bien nos esprits is deviendront des fourrés d'idées éparses, tout comme les champs et les jardms sont submerges de mauvaises herbes s'ils ne sont pas entretenus. Ces idées confuses étouffent le champ fragile de l'esprit. Tant que vous n'avez pas " arraché les mauvaises herbes ", vous ne pourrez pas retourner a votre propre source ou comprendre votre esprit ; vous ne pourrez pas vow votre propre nature.

" Pourquoi ne pas vouloir retourner a sa nature ? " Cette phrase est une petite remontrance des Bouddhas et sages des dix directions. us disent: " Comme les êtres vivants font pitié et comme ils sont stupides ! Pourquoi ne se dépêchent-ils pas et regardent-ils pas l'autre rive ? "

" Mon esprit fut l'esclave de mon corps ". Ceci veut dire que les êtres vivants sont attachés à un système composé de six objets souillés - les objets des sens - et ne peuvent s'éveiller à leur vrai esprit. Ils sont ainsi continuellement préoccupés par des objets des sens ; ils courent après la bonne chair et le sommeil ; ils se cassent la tête pour faire des profits et obtenir la renommée jusqu'à ce que leur corps les lâche. Ils souffrent et sont ballottés dans la mer atroce des naissances et des morts. Ils endurent des myriades d'agonies. La souffrance est indescriptible. C'est ce que veut dire " comme cela est triste et lamentable! ".

Est-il vrai que nous, êtres vivants, ne pouvons être sauvés ? Devons-nous nous engloutir pour toujours dans les gouffres de la métempsycose des six chemins ? Absolument pas ! Bien que nous ayons fait autrefois des erreurs, l'espoir existe toujours en ce qui concerne notre futur. Vous devriez savoir que vous " pouvez certainement rectifier cc qui doit arriver ".

A l'avenir nous ne tournerons absolument pas le dos à l'illumination pour nous joindre " à la poussière " comme par le passé. Nous ne laisserons pas non plus notre esprit être l'esclave de notre corps. Tout ce ciue nous avons fait par le passé, comme par exemple ne pas croire dans les causes et effets, ne pas se cultiver avec ferveur et créer le karma de la mort et autres offenses, tout cela était mauvais. Aujourd'hui nous sommes à cette session, récitant le nom du Bodhisattva. Cela est bien. Nous devrions " nous éveiller au bien d'aujourd'hui et au mal d'hier ". Nous devrions protéger consciencieusement ce qui est bien et réformer immédiatement et fermement ce qui est mal. Un auteur ancien a dit : " Un pouce de temps vaut un pouce d'or ". En fait, aux yeux d'une personne qui se cultive, un pouce de temps vaut un pouce de vie car chaque moment qui passe raccourcie votre vie d'un pouce.

Ce jour est déja fini,

Et la vie en est, de façon équivalente, plus courte ;

Tout un chacun devrait se cultiver avec ardeur,

Comme pour sauver sa propre tête.

Nous devrions nous y mettre rapidement si nous voulons changer nos erreurs et tendre vers le bien ! Nous " ne sommes pas restés trop éloignés du chemmn " ; nous pouvons encore nous amender. Le Pays de l'Ultime Félicité est en vue ! Nous devons seulement persister avec vigueur et ainsi nous pourrons très certainement " retourner à la maison ".

Paroles prononcées au matin du 14 juin 1958.