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Traduction Provisoire - Provisional Translation

LE SUTRA EN 42  SECTIONS CONFÉRÉ PAR LE  BOUDDHA  

TRADUIT PAR KASHYAPA MATANGA ET GOBHARANA SOUS LA DYNASTIE DES HANS POSTERIEURS.

Explications par le Vénérable Maître Chan HSÜAN HUA

 

Table des matières

                                                                                                                                                                                                               

Le Sutra en Quarante-Deux Sections conféré par le Bouddha                                               

            Préface                                                                                                                                                

            1. Quitter la vie à la maison et devenir un Arhat.                                                            

            2. Eliminer le désir et ne pas quémander.                                                                    

            3. Se libérer de l'amour égoïste et renoncer à l'avidité.                                             

            4. Ce qu'est le bien, ce qu'est le mal.

            5. Comment atténuer les offenses.                                                                             

            6. Etre patient avec les gens malveillants et ne pas garder rancune.                                

            7. La malveillance atteint en retour son auteur .

            8. L¡¦abus des autres souille soi-même.

            9. Le retour à l¡¦origine conduit au Chemin.    

            10.La Charité joyeuse apporte de la grâce.

            11. La progression multiple des mérites dans le don de nourriture.         

            12. Une liste des difficultés et une exhortation à l¡¦entraînement

            13. Questions sur le Chemin et les vies passées.                                                             

            14. Questions sur le bien et la grandeur.        

            15. Questions sur la force et la splendeur. 

            16. Rejeter ? l' amour ? l¡¦ attachement  et atteindre le Chemin.

            17. Quand la lumière vient, les ténèbres s'en vont. 

            18. La pensée et le reste ont pour essence la vacuité.

            19. Contempler à la fois le vrai et le faux.

            20.  Se rendre compte que le Moi est vraiment vide.

            21. La renommée détruit la racine de la vie.

            22. Richesse et sexe : causes de la souffrance.

            23. Une famille est pire qu'une prison.

            24. Le désir charnel obstrue le Chemin.

    25. La flamme du désir brûle.       

            26. Les démons des Cieux tentent le Bouddha.

            27. Libre de tout attachement, il atteint le Chemin.

            28. L 'esprit est sauvage: ne l'écoutez pas.

            29. La contemplation correcte neutralise le désir charnel.             

            30. Rester loin du feu du désir.

            31. Un esprit calme réprime le désir.                                    

            32. Vider le Moi étouffe la peur.          

            33. Sagesse et clarté vainquent les démons.   

            34. Choisir le moyen terme pour atteindre le chemin 

            35. Les souillures purifiées, la splendeur se révèle 

            36. L 'ordre logique qui mène au succès. 

            37. Etre pleinement conscients des préceptes nous emmène plus près du Chemin.     

            38. La naissance mène à la mort.

            39. L 'enseignement du Bouddha est non tendancieux. 

            40. Le Chemin est pratiqué dans l'esprit.

            41. Un esprit droit se débarrasse du désir.

            42. Comprendre que le monde est illusoire.

   

            Stanza pour le Transfert des Mérites et Vertus

 

Texte :

LE SUTRA EN QUARANTE DEUX SECTIONS CONFÉRÉ PAR LE BOUDDHA

 

Commentaire :

            Ces mots sont des noms généraux et spécifiques attachés aux sutras. Le mot "SUTRA" est ici le nom général et désigne tous les discours que le Bouddha a prononcés. Le nom spécifique, qui accompagne le mot "sutra" dans tout titre de sutra, est le nom particulier de ce sutra, le nom qui le distingue des autres. Le mot "sutra" est comme le mot "humain" qu'on peut utiliser pour décrire tout le monde, et qui est donc un terme général. Mais chaque personne possède aussi un nom qui lui est propre: un tel s'appellera Xavier Smith, un autre Yves Chang. La même distinction s'applique aux sutras du Bouddha. "EN QUARANTE DEUX SECTIONS CONFÉRÉ PAR LE BOUDDHA" est le nom spécifique de ce sutra. Examinons celui-ci: on peut remarquer que le titre comprend le nom d'une personne, le Bouddha, et un terme relatif au Dharma: 42 sections.

           

            Ce sutra est une collection des discours prononcés par le Bouddha et fut divisé en sections par ses disciples au moment où le canon fut compilé. Cette compilation des paroles du Bouddha, qu'on avait divisée en sections reçut alors le nom de "Le Sutra en Quarante-Deux Sections Parlé par le Bouddha." Ce sutra se compose des dharmas prononcés par le Bouddha. Quand ses disciples compilèrent la Corbeille des Sutras, ils choisirent des passages parents et les mirent dans un sutra. Vous pourriez l'appeler une anthologie Bouddhiste,-- des sermons furent placés ensemble pour faire un sutra. Les quarante deux sections sont les sections de l'anthologie. 

 

            Ce sutra était le premier transmis en Chine. Les deux Honorables Amciens Kashyapa-matanga et Gobharana l'apportèrent de l'Inde en Chine sur un cheval blanc en l'année 67 A .P. J.C. approximativement et c'est pourquoi l'Empereur régnant Han Ming Di établit Le Monastère du Cheval Blanc en consécration.

 

            En ce temps là, le Taoïsme était florissant en Chine. Quand le Bouddhisme atteignit la Chine , les maîtres Taoïstes furent pris de jalousie. Ils obtinrent une audience avec l'empereur et lui dirent que le Bouddhisme était une fausse croyance, une religion barbare, non-chinoise, et que par conséquent, l'on ne devait pas permettre la propagation de cette religion à travers la Chine. "Majesté, Vous devriez abolir le Bouddhisme!", insistèrent-ils. "Si Votre Majesté ne voudrais pas l'abolition, alors au moins, permettez une épreuve d'adresse entre le Taoisme et le Bouddhisme." De quelle manière suggérèrent-ils que l'épreuve fût tenue? Ils proposèrent que les sutras du Bouddha et les textes Taoïstes soient mélangés puis brûlés. Les textes qui ne brûleraient pas seraient ceux qui détiendraient la vérité.

            Au quinzième jour de l'année nouvelle, le maître Taoïste Ch'u Shan-hsin et sa suite composée de cinq cents autres maîtres se réunirent devant la porte sud du Monastère du Cheval Blanc. Ils assemblèrent les sutras et les textes Taoïstes, puis firent des prières au Grand Maître Lao Tsu, lui demandant : "Divin Seigneur, O Vertueux de la Voie ,  agréez notre demande et assurez-nous que les textes Taoïstes ne brûleront pas et que les sutras du Bouddha s'enflammeront."

 

            En ce temps-là beaucoup de maîtres Taoïstes étaient doués de grands pouvoirs magiques. Ils étaient capables de s'élever dans les nuages, marcher dans la brume,  voler à travers les cieux, se cacher sous la terre ou de disparaître dans les airs. Beaucoup étaient si puissants qu'il n'y avait rien qu'ils ne puissent faire. D'autre part, beaucoup d'entre eux utilisaient les talismans et les charmes de la religion Taoïste pour acquérir des pouvoirs surnaturels.

 

            Mais quand le feu fut allumé, les sutras Bouddhistes ne s'enflammèrent pas! Au contraire, ils émirent de la lumière. Les shariras du Bouddha répandirent une lumière aux cinq couleurs, aussi brillante que le soleil et illuminant le monde entier.  Par contre, les textes Taoïstes prirent feu et furent complètement réduits en cendres. Il se trouva alors que les maîtres Taoïstes qui auparavant pouvaient s'élever dans les nuages, marcher dans la brume, disparaître dans la terre, ne le pouvaient plus. Tous leurs super- pouvoirs les avaient désormais quittés. Ceux qui en d'autres temps pouvaient voler dans les airs ne le pouvaient plus, ceux qui pouvaient descendre sous la terre en étaient désormais incapables. Ceux qui pouvaient disparaître ne disparaissaient plus et quand ils lançaient des sortilèges, ces derniers n'avaient plus aucun effet. Il n'y avait plus aucune réponse surnaturelle. Les textes Taoïstes brûlèrent en un rien de temps et les maîtres Taoïstes Ch'u Shan-hsin et Fei Chen-ch'ing moururent de rage, sur-le-champ. Témoins oculaires de la mort de leurs chefs, deux ou trois cents disciples Taoistes demandèrent leur conversion au Bouddhisme. Leurs têtes furent rasées et ils devinrent instantanément des moines Bouddhistes. Ainsi, la première fois que le Bouddhisme et le Taoïsme s'affrontèrent, les Taoïstes furent vaincus.

 

            Après cette épreuve des livres et du feu, les deux vénérables Kashyapa Matanga et Gobharana s'élévèrent dans les airs et manifestèrent les dix-huit transformations d'un Arhat. De la partie supérieure de leurs corps jaillit de l'eau et de la partie inférieure des flammes, puis de la partie supérieure cette fois du feu, et de la partie inférieure de l'eau. Ils purent marcher dans le vide, s'allonger dans l'air, y dormir, et manifestèrent d'autres transformations magiques. Grâce à  ces manifestations,  l'empereur et le peuple en vinrent tous à croire en le Bouddhisme. Ce sont les raisons pour lesquelles ce sutra, le premier traduit en Chinois, est extrêmement important. Nous sommes ensemble aujourd'hui pour l'étudier.

           

            Commençons par voir le mot, "Bouddha." Bouddha est un mot sanscrit. La translittération complète en Chinois est "celui qui est éveillé." Il y a trois sortes d'éveil: l'éveil de soi, l'éveil des autres, et la perfection de l'éveil et de la pratique.

1. S'éveiller :

            Une personne qui s'est éveillée diffère d'une personne ordinaire. Ceux qui suivent les Deux Véhicules de Shravaka et de Pratyeka Bouddha, peuvent s'éveiller et par conséquent ne sont plus les mêmes que les gens ordinaires, mais ils ne peuvent conduire d'autres gens à l'éveil.

 

2. Eveiller d'autres gens:

            Toute personne qui peut en conduire d'autres à l'éveil est appelée un Bodhisattva et n'appartient pas à l'un des deux véhicules cités ci-dessus. Les Bodhisattvas peuvent à la fois s'éveiller eux-mêmes et éveiller les autres. Ils considèrent tous les êtres vivants comme leurs égaux et étant éveillés eux-mêmes, ils veulent que tous les êtres vivants le soient.

 

3. Perfection de l'éveil et de la pratique:

                Bien que les Bodhisattvas puissent conduire à l'éveil d'autres personnes, ils n'ont pas encore eux-mêmes perfectionné l'éveil d'autrui. Ce ne sont que les Bouddhas qui peuvent à la fois être éveillés, en éveiller d'autres, et qui ont porté à leur perfection éveil et pratique. Eux seuls ont accompli les trois sortes d'éveils.

 

PARLE PAR. Le Bouddha parlait ce sutra puisqu'il a senti la joie dans son coeur et voulait partager cette joie avec les autres. Ceci signifie qu'il exprimait des choses qui le faisaient heureux, et ce faisant, son bonheur grandissait.

 

EN QUARANTE DEUX SECTIONS.

            Le Dharma parlé par le Bouddha fut en effet divisé en 42 sections.

SUTRA

            Le  mot Sutra embrasse quatre aspects : ce qui relie, ce qui rassemble, ce qui a de la pérennité, et ce qui suit une méthode.

            1. Le sutra relie : il relie les doctrines qui ont été expliquées. De même que les grains d'un collier de prière sont raccordés ensemble par un fil, les doctrines du sutra sont reliées les unes aux autres par chaque mot, ce qui permet d'éclairer les significations.

            2. Le sutra rassemble : il rassemble les êtres vivants qui sont prêts à recevoir l'enseignement, ceux qu'on peut instruire.

            3. Le sutra a de la pérennité : depuis les temps les plus anciens jusqu'à ce jour, le sutra n'a subi aucun changement et restera immuable dans le futur.

            4. Le sutra suit une méthode : le Dharma, qui se réfère à ce que de tout temps : au passé , au présent et au futur, l'on a vénéré. Les gens ont toujours vénéré et vénéreront le Dharma et l'utiliseront comme une méthode de culture du Chemin.

 

            Le mot "sutra" peut avoir d'autres significations. Il est source bouillonnante, parce que les principes en découlent comme d'un ruisseau. Il est une ligne au cordeau de charpentier, qui est un outil de charpentier pour faire des lignes droites ; et cette analogie est un symbole montrant que le sutra sert comme standard du Dharma. "Sutra" signifie aussi une "route," car il enseigne des méthodes de culture et par conséquent, montre une route à la réalisation du Chemin. Le mot a plusieurs autres définitions.

 

            Ce qui se précède a été une explication générale du Sutra en Quarante Deux Sections Parlé par le Bouddha.  

 

TRADUIT PAR KASHYAPA MATANGA ET GOBHARANA SOUS LA DYNASTIE DES HANS POSTERIEURS.

 

            Kashyapa Matanga et Gobharana étaient deux maîtres indiens du Dharma qui traduisirent ensemble ce sutra dans la seconde moitié de la dynastie des Hans. (On divise habituellement la dynastie des Hans en Hans occidentaux et Hans orientaux ; il s'agit ici des Hans orientaux). Pendant cette période, au cours de la troisième année du règne Yung-Ping ( 62 A .P. J.C.), l'empereur Ming fit un rêve dans lequel lui apparut un homme doré, la tête enveloppée d'une auréole de lumière, volant dans le palais. Le lendemain, l'empereur interrogea  les mandarins de sa cour, et un astrologue nommé Fou-Hi lui dit: "J'ai entendu dire qu'il y avait aux Indes un saint homme que les gens appellent Bouddha. Votre Majesté, Vous avez certainement vu le Bouddha dans Votre rêve."

 

            Un érudit nommé Wang-Tsun parla aussi en ces termes à l'empereur : "Sous la dynastie Chou fut écrit un livre intitulé Annales des Evénements Etranges. Dans ce livre, il était écrit: 'Le Bouddha est né sous la dynastie Chou pendant la vingt-sixième année du règne du roi Chao (vers 1025 av. J.C.). à ce moment, les rivières et les fleuves débordèrent de leur lit, la terre frémit et une lumière de cinq couleurs transperça les cieux.'"

 

            D'autre part,  il y avait un devin-astrologue nommé Su-Yu qui consulta le Livre des Changes (I Ching), et  tira l'hexagramme Chi'en, classifié 9-5, et énoncé "dragon volant dans le ciel". Il sut alors qu'un grand sage était né à l'Ouest, aux Indes. Ce sage laissera un enseignement qui après mille ans atteindra la Chine. Le roi Chao de Chou ordonna alors que tous les détails de l'événement soient enregistrés, gravés sur une stèle de pierre. La pierre fut enterrée à un endroit précis au sud de la ville, afin de pouvoir vérifier si l'événement se produirait, c'est-à-dire si le Bouddhadharma serait effectivement transmis à la Chine dans mille ans.

 

            Plus tard sous la dynastie Chou, durant le règne du roi Mou, il y eut un tremblement de terre terrible qui ébranla le ciel et la terre. Un arc-en-ciel blanc aux douze rayons s'étendit depuis le soleil. En ce temps-là, un autre astrologue du nom de Hu-To, qui utilisait lui aussi l'I Ching pour tirer ses hexagrammes, put déterminer qu'un grand sage s'était éteint à l'Ouest. Il détermina aussi que le Sage était venu au monde en Inde dans la vingt-sixième année du règne du roi Chao de la dynastie Chou, et était maintenant entré dans le Nirvana. Ainsi, bien que la naissance et la mort du Bouddha aient eu lieu très loin de Chine, ces événements n'étaient pas passés inaperçus en ce pays. L'apparition du Bouddha dans le monde n'était pas un événement fortuit.

 

            Entre le roi Chao de la dynastie Chou et l'empereur Ming de la dynastie des Hans, à peu près mille ans s'étaient écoulés, c'est pourquoi quand l'empereur Ming fit ce rêve à propos du Bouddha, il ordonna les trois mandarins Ts'ai-yin, Ch'in-ching, Wang-tsun, avec une suite de dix-huit personnes, d'aller en Inde chercher les textes du Bouddhadharma. En Inde, les représentants royaux rencontrèrent Kashyapa Matanga et Gobharana, et ces derniers suivirent Ts'ai-yin, Ch'in-ching, et Wang-tsun en Chine; ils arrivèrent à Luoyang dans la dixième année du règne Yung-p'ing ( 69 A .P. J.C.). Les sutras furent portés par un cheval blanc, à la suite de quoi l'empereur fonda le Monastère du Cheval Blanc. 

 

            Quatre années après, au premier jour du cinquième mois de la quatorzième année du règne de l'Emperueur Yung Ming, les Taoistes descendèrent des Cinq Montagnes pour essayer d'arrêter la propagation du Bouddhisme. Comme j'ai mentionné auparavant, ils voulurent une épreuve de feu entre les écritures des deux religions, et c'était celles des Taoistes qui furent réduites en cendres. Les textes Bouddhistes furent intacts, et les shariras du Bouddha émirent une lumière de cinq couleurs, formant une voûte couvrant la grande assemblée des spectateurs de son ombre rafraîchissante. Quand les gens de l¡¦assistance ,virent la voûte de lumière, ils crurent au Bouddhisme.

 

 

 

PREFACE 

 

            Quand  L'Honoré  du Monde avait  atteint   le  Chemin,   Il pensa:     "Renoncer au désir  et gagner le calme et la tranquillité est suprême. " Il se plongea dans une concentration méditative profonde et subjugua tous les démons et dissidents . Au Jardin des Cerfs, Il tourna la Roue du Dharma des Quatre Nobles Vérités et sauva Ajnata-kaundinya et les quatre autres disciples, qui tous réalisaient le fruit du Arhat.  

            Alors les Bhikshus exprimèrent leurs doutes et demandèrent au Bouddha comment les résoudre. L'Honoré du Monde donna son enseignement et ses exhortations, jusqu'à ce que, un à un, ils s'éveillèrent et obtinrent l'illumination. Après cela, en unanimité ils joignirent les mains et suivirent les instructions du Bouddha.           

 

            Quand  L'Honoré  du Monde avait  atteint   le  Chemin... "L'Honoré du Monde" se réfère  à Shakyamouni Bouddha et est un des titres du Bouddha. Le Bouddha voyait une étoile brillante la nuit pendant   laquelle   il s'asseya   au-dessous   de l'arbre de la Bodhi et s'illumina    au Chemin.  Il pensa:  "Renoncer au désir  et gagner le calme et la tranquillité est suprême. " 'Renoncer au désir' signifie n'avoir aucune pensée de désir et être purifié de toute trace de souillure. 'Calme et tranquillité' a trait à la pureté, à l'action non-action, et à la possession d'un inébranlable esprit sans émotions. C'est de toutes choses les plus merveilleuses et  un état inconcevable.  

            Il se plongea dans une concentration méditative profonde et subjugua tous les démons et externalistes. Il resta dans une profonde samadhi, la trouvant suprême. Dans cet état de grande concentration, il fut capable de subjuguer plusieurs catégories de démons et de non-croyants.  

            Dans sa contemplation, le Bouddha se dit: 'Quelle est la première personne que je dois sauver?' Et Il vit que Ajnata-kaundinya et les autres quatre hommes étaient les premiers qu'il dut sauver. C'est pourquoi il alla au Jardin des Cerfs Il tourna la Roue du Dharma des Quatre Nobles Vérités. Les Quatre Nobles Vérités sont la souffrance, l'accumulation, la cessation, et le Chemin. La souffrance est la conséquence des actes dans la vie mondaine. L'accumulation est la cause qui mène à une conséquence particulière. L'effort transcendant la mode de vie mondaine est récompensée par la cessation de la souffrance. La pratique du Chemin est la cause dont l'effet est la transcendance du monde. Souffrance, accumulation, cessation, et le Chemin sont appelés les Dharmas des  Quatre Nobles Vérités.

 

            Après son illumination, le Bouddha commença à parler le Sutra de l'Ornement Floral afin de sauver les Grands Chevaliers qui réalisent le Corps du Dharma. Cependant, les gens ordinaires étaient incapables d'assimiler le grand Dharma du Sutra de l'Ornement Floral, car il est dit que,

 

            Ils avaient des yeux, mais ne pouvaient encore voir le Bouddha Nishyanda.

            Ils avaient des oreilles, mais ne pouvaient encore entendre le parfait enseignement accéléré.

 

            C'est pourquoi le Bouddha alla au Jardin des Cerfs. Le parc était ainsi nommé parce que dans le passé, il y eut deux cerf-rois qui y enseignaient leurs troupeaux. J'ai relaté  l'histoire de ces deux cerf-rois quand je parlais du Sutra Shurangama. Si vous voulez les détails, vous pouvez vous référer à mes commentaires dans ce dernier.  

            A cette époque, Ashvajit, Subhadra, Mahanama-kulika, Ajnata-kaundinya, et Dashabala-kashyapa cultivèrent tous au Jardin des Cerfs. Ils étaient les parents du Bouddha et avaient cultivé avec lui auparavant. Ashvajit, Subhadra, et Mahanama-kulika étaient des parents paternels, et Ajnata-kaundinya et Dashabala-kashyapa des parents maternels. Les cinq hommes avaient été envoyés dans les régions sauvages par le roi pour prendre soin du Bouddha. Mais Ajnata-kaundinya et Dashabala-kashyapa furent incapables d'endurer les rigueurs de la pratique et ils furent les premiers à abandonner. Les trois restant--Ashvajit, Subhadra, et Mahanama-kulika--, quand ils voyaient le Bouddha accepter un bol de bouillie offerte par une dame céleste, pensèrent que le Bouddha ne pouvait plus continuer à pratiquer l'ascétisme. Ils le quittèrent et vinrent au Jardin des Cerfs.  

            Ainsi, après que le Bouddha eût atteint le Chemin et fini de parler le Sutra de l'Ornement Floral, il contempla le potentiel et les affinités des êtres humains pour voir ceux qu'il devait sauver les premiers. Connaissant qu'Ajnata Kaundinya et les quatre autres étaient prêts à recevoir l'enseignement, il alla personnellement au Jardin des Cerfs pour tourner la Roue du Dharma des Quatre Nobles Vérités. "Tourner" signifie rouler la roue et la faire tourner autour de son axe. "Dharma" signifie une  méthode et une règle. Le mot "roue" est employé parce que le Dharma dont le Bouddha parle sort de son esprit et va directement aux esprits des êtres humains pour qu'ils se détachent  de la confusion et  se dirigent vers l'illumination. "Roue" aussi laisse entendre écraser et subjuguer. "Ecraser" signifie briser. "Subjuguer" signifie rendre docile. Plus l'opposition est grande, plus grande est la force de la roue en l'écrasant. Cette caractéristique est conçue afin de réprimer l'opposition des dissidents et des démon-rois. Ce qui précède est la signification de "la roue."

 

            Le Dharma des Quatre Nobles Vérités est le premier Dharma parlé par le Bouddha dans notre monde. Il est dit que ce Dharma était tourné trois fois. La première fut La Révélation. "Révélation" signifie que le Bouddha nous montre le Dharma. Nous ne le comprenions pas, alors il nous le parle. Pourquoi était-il appelé tourner la roue de la révélation? Parce qu'il révèle ce qui se rapporte aux Quatre Nobles Vérités. La Révélation est aussi appelé Le Discours Initial car le Bouddha avait justement commencé à tourner la roue du Dharma. Il dit, "Ceci est la souffrance, sa nature est oppressive." Pourquoi  la souffrance est-elle oppressive? Puisqu'elle vous fait sentir une profonde et intense douleur. La douleur est tellement accablante qu'elle peut vous couper la respiration. Combien y a-t-il des catégories de souffrances? Il y a les Trois souffrances, les Huit Souffrances, et les Souffrances Illimitées. Les Trois Souffrances sont :

 

                        1. La souffrance de la souffrance

                        2. La souffrance de la décrépitude

                        3. La souffrance du fonctionnement.            

 

            Souffrance de la souffrance suggère d'une part, la victime, et de l'autre, ce qui la fait souffrir. Quelqu'un marche sur une épine: elle lui fait mal. L'épine est la cause de la souffrance physique, et le piéton sans chaussures est la victime. Un jeune homme reçoit la nouvelle de la mort de son père: l'incident lui fait mal. La nouvelle de la mort de son père est la cause de sa souffrance mentale et le jeune homme est la victime. L'on peut comprendre aussi que c'est une souffrance entassée sur une autre, par exemple un indigent qui n'a pas assez de nourriture à remplir son estomac ni de vêtements chauds pour le protéger du froid, et la seule chose du monde il possède est une hutte délabrée. Un jour bien triste, une trombe d'eau vient du ciel et réduit la hutte en miettes, le rendant sans-toit.

 

            Souffrance de la décrépitude peut être interprétée comme celle causée par l'inévitable déclin et la désintégration de toute chose due au passage du temps. L'homme vieillit. Doués ou non de sensations, tous les êtres et tout ce qui existe psycho-physiquement sont les objets du déclin et de la désintégration. Vous pourriez différer sur ce point, pensant, "Les riches ne souffrent pas, est-il vrai?" - Un tel est à la fois noble de souche et fortuné; mais un jour les bandits le kidnappent et demandent une rançon, soit, de six millions. Supposer que ses richesses s'évaluent à cinq millions, alors, pour avoir la vie sauve, il doit emprunter un autre million pour satisfaire ses kidnappeurs. Est-ce un cas de richesse tombant en ruine?  

            Souffrance du fonctionnement, plus subtile à saisir, est le fonctionnement de la pensée, ou formations mentales, un des cinq agrégats de l'être humain. Causée par l'ignorance, la pensée surgit dans l'esprit sans interruption, dans chaque fraction de seconde. Communément appelées fausses pensées, ce flot ininterrompu des pensées vagabondes obscurcit l'esprit claire comme du cristal,--le Bouddha nature, l'esprit vrai..., et est la cause directe de la rotation sans fin dans les cycles des naissances et des morts. Ce qui précède est appelé les Trois Souffrances.  

            Les Huit Souffrances sont:

                        1. La souffrance de la naissance

                        2. La souffrance de la vieillesse

                        3. La souffrance de la maladie

                        4.  La souffrance de la mort

                        5. La souffrance d'être éloigné de ce qu'on aime

                        6. La souffrance d'être près de ce qu'on déteste

                        7. La souffrance de ne pas obtenir ce qu'on cherche

                        8. La souffrance de la rage folle du brasier des cinq skandhas (agrégats).

 

            En dehors de ces précédentes formes de souffrances, il y a aussi des souffrances sans nombre qui nous accablent. C'est pourquoi le Bouddha a dit: "C'est la souffrance. Sa nature est oppressive."  

            "Ceci est l'accumulation, sa nature est de faire signe." Ce qui s'accumule est affliction, et cette accumulation est une sorte de signe. Quand vous avez des afflictions en-dedans, d'autres afflictions s'accumuleront en-dehors. Si intérieurement vous colportez jalousie, colère et stupidité, alors extérieurement, les choses ne vont pas pour vous. C'est pourquoi le Bouddha décrivait cette vérité comme accumulation dont la nature est de vous faire signe.  

            "Ceci est la cessation; par nature, elle peut être réalisée. Cessation ou quiétude emmène la joie. Elle peut  être réalisée. Vous pouvez réaliser cette tranquillité et cette quiétude.  

            "Ceci est le Chemin; par nature il peut être cultivé. Le Chemin est le Chemin des Préceptes, le Chemin de la Concentration , et le Chemin de la Sagesse. En détails, il se compose des Trente-Sept Branches de l'Illumination, qui sont les Sept Parts de la Bodhi , l'Octuple Noble Chemin, les Cinq Racines, les Cinq Puissances, les Quatre Fondations de la Pleine Conscience , les Quatre Efforts Propres, et les Quatre Bases du Pouvoir Psychique. Ensemble, ils forment les Trente-Sept Branches de l'Illumination. Par sa nature, le Chemin peut être cultivé. Ce qui précède est le premier tour de la Roue du Dharma des Quatre Nobles Vérités, qui est appelé La Révélation.  

            Le deuxième tour de la Roue du Dharma des Quatre Nobles Vérités est l'Exhortation. Le Bouddha dit, "Ceci est la souffrance, vous devez la reconnaître. Ceci est l'accumulation, vous devez se la trancher. Ceci est la cessation, vous devez la réaliser. Ceci est le Chemin, vous devez le cultiver." C'est l'Exhortation.  Vous êtes encouragés à cultiver les Quatre Nobles Vérités.  

            Le troisième tour de la Roue du Dharma des Quatre Nobles Vérités est la Certification. Le Boudha dit, "Je vous dis à tous, non seulement de reconnaître la souffrance, de trancher l'accumulation, de réaliser la cessation, et de cultiver le Chemin. Je vous dis aussi, 'Ceci est la souffrance, je l'ai déjà reconnue. Ceci est l'accumulation, je l¡¦ai tranchée.' Ce qui s'accumule sont les afflictions que j'ai déjà débarrassées. Je ne vous l'avais dit si moi-même je m'en aurais été nettoyé, je me sens très à l'aise maintenant car je n'ai plus d'afflictions et je vous le dis pour que vous puissiez reconnaître la souffrance dont ces afflictions vous imposent. 'Ceci est la cessation, je l'ai déjà réalisée.' J'ai déjà obtenu la félicité de la paisible tranquillité, et je vous le dis pour que vous tous maintenant l'obteniez aussi. 'Ceci est le Chemin, je l'ai déjà cultivé.' J'en ai fini avec la culture du Chemin et je n'ai plus besoin  de le cultiver plus loin. J'espère que vous tous soyez capables de reconnaître la souffrance, de trancher l'accumulation, de réaliser la cessation, et de cultiver le Chemin."  

            ...Et sauva Ajnata-kaundinya et les quatre autres disciples, qui tous réalisaient la fruition du Chemin. Quand le Bouddha parlait des trois tours de la Roue du Dharma des Quatre Nobles Vérités, Ajnata-kaundinya immédiatement devint illuminé et reçut le fruit de sa cultivation. Par la suite, il fut appelé "Celui qui comprend les limites fondamentales de la réalité." Il fut aussi connu par la postérité sous le nom de "Le premier qui comprend."  

            Pourquoi Ajnata-kaundinya s'était éveillé le premier? Parce que dans le passé, quand le Bouddha était au stage de la causalité, Il fut incarné comme le Patient Immortel. Le roi Kali coupa tous ses quatre membres et demanda si le Patient Immortel avait senti de la haine contre lui. Il répondit, "Non, haine aucune je ne sens contre votre Majesté." Alors le roi poursuivit, "Quelle est la preuve?" Le Patient Immortel dit, "Si je vous hais, alors mes membres ne pousseraient pas à nouveau. Mais si je ne garde aucune rancune, alors les quatre membres que vous avez tranchés reviendraient où ils avaient été."  

            Sur ce, ses quatre membres poussèrent à nouveau. Alors, le Patient Immortel fit ce voeu: "Majesté, quand je deviens a Bouddha, vous serez le premier que j'emmènerai à l'autre rive, car vous êtes mon excellent, sage conseiller."  

            Dans cette vie antérieure, Ajnata-kaundinya fut le Roi Kali et le Patient Immortel, Shakyamuni Bouddha. Ainsi, quand le Bouddha atteignait la Bouddhéité , il chercha dans sa contemplation celui qu'il dut sauver d'abord. "Qui devrait être sauvé le premier? - Je dois sauver celui qui a sectionné mes mains et mes pieds le premier." En entendant le Dharma parlé par le Bouddha, Ajnata-kaundinya immédiatement devint illuminé.  

            Ensuite, le Bouddha expliqua l'observance des préceptes et la pratique du don. Comment doit-on tenir les préceptes? Comment le don doit-il être pratiqué? Comment obtient-on la renaissance dans les cieux? Il mit en garde les moines contre le désir, disant, "Entretenir des pensées de désir est mal; c'est impur. Si vous abandonnez le désir, alors vous serez pur et gagnez le vrai bonheur." A ce moment, Ashvajit (Cheval-Victoire) et Subhadra (Petit Bien) devinrent aussi illuminés: ils étaient les deux qui suivirent Ajnata-kaundinya dans l'éveil.  

            Le Bouddha continua de parler d'autres portes du Dharma et ouvrit l'éveil à Mahanama-kulika et Dashabala-kashyapa. Les cinq hommes furent les premiers qui quittaient la vie à la maison et devenaient Bhikshus. Ils furent aussi les premiers à devenir illuminés et à atteindre le quatrième degré d'Arhat. Ainsi, le texte dit, "... et sauva Ajnata-kaundinya et les autres quatres disciples, qui tous réalisaient la fruition du Chemin."

            Alors les Bhikshus exprimèrent leurs doutes. Plus tard, les Bhikshus demandèrent au Bouddha de les éclairer dans leurs erreurs et leurs doutes au sujet des principes...et demandèrent au Bouddha comment les résoudre. Ils demandèrent au Bouddha s'ils devraient continuer leur amélioration ou rester où ils étaient. Ils prièrent le Bouddha de faire une décision pour eux.  L'Honoré du Monde donna son enseignement et ses exhortations, jusqu'à ce que, un à un, ils s'éveillèrent et obtinrent l'illumination.  

            Le Bouddha donna des conseils et des instructions aux Bhikshus et les transforma. Après cela, en unanimité ils joignirent les mains et suivirent les instructions du Bouddha. Après avoir reçu l'inestimable enseignement du Bouddha, tous les cinq Bhikshus devinrent illuminés. Alors, ils joignirent les paumes de leurs mains en signe d'assentiment, c'est-à-dire ils commençaient à mettre en pratique ce que le Bouddha avait enseigné.  

            Je voudrais expliquer le mot sanscrit Bhikshu de sorte que tout le monde comprenne. Bhikshu a trois sens:

            1.   destructeur du mal

            2.   celui qui fait peur aux démons

            3.   mendiant  

            Parce qu'il a trois significations, si vous le traduisez seulement comme "mendiant," alors, les deux autres sens sont perdus. Si vous choisissez "destructeur du mal," alors le mot ne signifie pas "celui qui fait peur aux démons" et "mendiant." Ainsi, ayant trois significations, le mot appartient à la catégorie des termes non-traduits. Cette catégorie est une des cinq espèces suivantes non-traduites dans la traduction des sutras:

            1.   mots contenant plusieurs significations

            2.   mots exprimant la vénération

            3.   mots ou expressions qui se réfèrent aux choses qui n'existent pas dans la langue cible

            4.   mots ou expressions s'accordant avec l'usage ancien

            5.   mots ou expressions avec sens secret.

 

            Puisque le mot "Bhikshu" contient trois sens, sa forme sanscrite est retenue. Ces trois sens signifient:

            1.   Destructeur du mal : Quand il y a des afflictions, il y a du mal. Un Bhikshu est appelé destructeur du mal.  

            2.   Mendiant : Du haut, un Bhikshu reçoit le Dharma du Bouddha afin d'améliorer sa vie de sagesse.  Du bas, il demande l'aumône des êtres vivants et leur permet ainsi de planter les souches de mérites.  

            3.   Celui qui fait peur aux démons : Quand un Bhikshu monte la mandala plate-forme pour recevoir les préceptes de Bhikshu, le Maître des Préceptes (Upadhyaya) lui demande, "Etes-vous un grand héros?" Le candidat répond, "Oui, je suis un grand héros!" Cette réponse fait trembler de peur les démons des cieux et les dissidents. C'est pour cette raison qu'il est appelé "Celui qui fait peur aux démons."  

            Quand une personne quitte la maison pour devenir un novice (Shramanera), elle doit comprendre les sens des mots Shramanera et Bhikshu. Après qu'il a quitté la maison, un Bhikshu doit savoir comment détruire le mal et se débarrasser des afflictions. Détruire le mal et se débarrasser des afflictions sont équivalents. Nos afflictions sont extrêmement mauvaises. Si vous voulez connaître oui ou non un individu cultive le Chemin, vous avez seulement besoin de vérifier si oui ou non il a explosé: une personne couvant une grande colère ne cultive pas le Chemin. Celui qui en cultive est capable d'endurer tout ce qui survient. N'importe qui le réprimande ou le bat, ou même veut le tuer, il endure. Dans ces circonstances, l'on doit être patient, et plus loin, l'on doit posséder de la sagesse et du discernement. C'est pourquoi un Bhikshu montre une apparence qui transcende le monde. Si un Bhikshu peut éliminer ses propres fantasmes et illusions et réaliser la Vérité , il peut aussi éliminer tous les fantasmes et les illusions du Triple Monde et alors, il achèvera sa position d'Arhat.  

            Parmi nous est quelqu'un qui a étudié le Bouddhisme quatre ou cinq ans dans le passé, mais c'est seulement maintenant, après plusieurs années de recherche, qu'il a enfin trouvé le chemin du Monastère de la Montagne d'Or. Ce n'était point chose facile. Beaucoup de gens dans le monde ont été allé dans toutes les directions, s'efforçant de trouver une bonne place pour étudier le Bouddhadharma, mais n'en peuvent pas. Par conséquent, vous qui êtes ici au Monastère de la Montagne d'Or,vous devriez féliciter vous-même pour avoir passé la porte de ce temple.

 

 

SECTION 1

QUITTER LA VIE A LA MAISON ET DEVENIR UN ARHAT

 

            Le Bouddha a dit : "Ceux qui quittent leur vie à la maison, qui connaissent leur esprit et pénètrent dans l'origine de cet esprit, et qui comprennent les dharmas inconditionnés, sont appelés "Shramanas" . Ils observent constamment les deux cent cinquante préceptes et tiennent à la pureté de tout ce qu'ils font.  Pratiquant les Quatre Nobles Vérités, ils peuvent devenir des Arhats.

 

            Ceci est la première section du Sutra en Quarante Deux Sections. Il y est dit qu'un Shramana peut devenir un Arhat.

 

            Le Bouddha a dit : "Ceux qui quittent leur vie à la maison. Quand vous quittez votre foyer pour être moine, selon le Bouddhadharma, il est nécessaire de recevoir la permission de vos parents. Ce n'est pas comme en Amérique où vous êtes libre, après avoir atteint l'âge de dix huit ans, de faire ce que vous voulez. Autrefois, aux Indes et en Chine, il était nécessaire, suivant les coutumes de ces pays, de parler de vos intentions avec vos parents: "Je vais quitter la vie à la maison." Embrasser la vie monastique, c'est donner son corps, sa nature, son esprit et sa vie, les offrir respectueusement au Triple-Joyau,  et ne plus vous occuper des choses du monde. Vous prenez congé de votre famille et du foyer où vous avez grandi et vous entrez dans un Bodhimanda, "un lieu du Chemin," et vous vous rapprochez du Triple-Joyau, du Bouddha, du Dharma et du Sangha.  

            Chaque maison a ses propres problèmes et même les parents d'un ménage puissent se quereller tout le temps  et ne connaissent pas de vrai bonheur. Ainsi, vous avez quitté ce lieu mondain qui s'appelle aussi une maison en feu. Comme le dicton le dit, "Le Triple Monde est comme une maison en flamme et vous ne pouvez guère y connaître la paix réelle." Par conséquent, quitter le foyer signifie aussi quitter les Mondes du Désir, de la Forme et de la Non-Forme.  En outre, quitter le foyer signifie encore quitter le foyer des afflictions. Les gens du monde ont tous des afflictions et ne peuvent connaître la paix réelle. Quand vous quittez la vie de famille, il est essentiel que vous vous purifiez des afflictions et résolument tournez votre esprit vers la réalisation de l'éveil.  Ce qui précède est la signification de "quitter la maison."  

            Les gens qui ont quitté leur maison sont appelés ceux qui connaissent leur esprit et profondément pénétré son origine, signifiant connaître leur propre esprit fondamental et savoir que quand l'esprit apparaît, toutes sortes de dharmas apparaissent. Quand l'esprit part, toutes sortes de dharmas cessent. Il n'y a pas de dharmas au-delà de l'esprit, et il n'y a pas d'esprit en dehors des dharmas. Esprit et dharmas sont un. Si vous comprenez qu'en dehors des dharmas, il n'est pas d'esprit, alors vous reconnaissez notre esprit conscient ordinaire qui, sans répit, calcule, fait des machinations, s'attache aux choses.            

            En remontant à la source de l'esprit, nous comprenons que esprit et nature sont en fait sans substance réelle, sans forme, sans apparence. Si ce principe est maîtrisé, alors nous pouvons comprendre que la nature qui résulte d'une dépendance sur d'autres choses est fausse et illusoire. La nature qui, sans répit, calcule, fait des machinations, et s'attache aux choses est aussi fausse et illusoire.  Aucune de ces natures n'a d'existence réelle. Ceci est ce que l'on entend par reconnaître l'esprit et pénétrer à sa source.  

            ...et qui comprennent les dharmas inconditionnés. Comprendre les dharmas inconditionnés, c'est comprendre le Dharma d'Ainsité Réelle. L'Ainsité Réelle et tous les dharmas ne sont pas un, mais dans le même temps ils n'ont pas de dualité. Si vous saisissez cette doctrine, à savoir que l'Ainsité Réelle et tous les dharmas ne sont pas un et pourtant ne diffèrent pas, alors vous pouvez comprendre la nature réelle parfaitement accomplie. Vous pouvez vous illuminer à votre substance première. Ce qui précède explique "qui comprennent les dharmas inconditionnés."  

            ...Sont appelés Shramanas. Si vous pouvez être ainsi, si vous pouvez quitter votre famille et la vie de laïc, reconnaître l'esprit, et pénétrer à sa source et saisir les dharmas inconditionnés, alors vous pouvez être appelé un shramana. Shramana est un mot sanskrit qui signifie "qui diligemment enterre". Le Shramana cultive avec assiduité préceptes, samadhi, et sagesse; il exclut avidité, haine et stupidité. Quand vous embrassez la vie de moine, ce que vous ne devriez pas faire, c'est de cultiver avidité, haine et stupidité et laissez à l'abandon préceptes, samadhi et sagesse. Si jour après jour vous n'avez pas de sagesse et jour après jour votre stupidité grandit, c'est que vous aviez cherché diligemment à devenir plus avide, plus coléreux, plus stupide. Chaque jour vous avoisinez votre propre avidité, votre colère, et votre stupidité. Vous n'êtes pas capables de vous en écarter, et par conséquent, vos préceptes, samadhi et sagesse ne peuvent pas développer. Vous ne payez aucune attention à chercher les moyens de cultiver, d'observer les préceptes, de pratiquer la samadhi, et de développer la sagesse. Chaque jour vos afflictions s'accroissent. Quelle est la raison? C'est  que les obstructions karmiques de vos vies passées sont si lourdes, votre rétribution karmique a été si sévère qu'elles vous empêchent de concentrer votre esprit sur la Bodhi , et vous font chercher à rabaisser les autres en permanence. Du matin au soir, vous pensez être meilleur que n'importe qui, que votre maître même. "Mon maître ne m'arrive pas à la cheville. Vous voyez comme je suis doué?" Vous vous dites: "En haut dans le ciel, ici-bas sur terre, moi seul suis honoré en tout lieu." Avec de telles dispositions mentales, vous vous dirigez irrémédiablement vers la chute.  

            Je vois souvent des membres du Sangha qui n'avaient jamais appris comment mettre leurs paumes ensemble correctement; ils le faisaient, mais d'une manière négligente. Quelquefois, ils les plaçaient à la hauteur des yeux! Faite proprement, les paumes doivent être placées jointes devant la poitrine et les doigts de main touchant les uns les autres. Après avoir été dans un monastère pour si long, si vous ne savez pas comment joindre vos mains et comment offrir l'encens correctement,  c'est vraiment déplorable.  Vous devez  regarder les cultivateurs plus vieux et l'apprendre.  

            Je me souviens que quand je vous expliquais les "Leçons de maintien pour novices," je vous disais de ne jamais mettre vos doigts dans vos narines. Comment ça se fait qu'il y aient des personnes qui le font encore? La mauvaise habitude persiste puisque certaines gens mettent encore leurs paumes très haut, de façon que leurs doigts frottent le nez! Vos paumes jointes doivent être placées à  la hauteur de la poitrine, non pas sur la bouche, sur le nez, ou sur les yeux! Quand vous cultivez le Chemin, vous ne pouvez pas vous montrer négligent en quoi que ce soit, autrement, vous ne serez capable d'aucune réalisation. "Si vous vous écartez du chemin d'un cheveu au début, vous serez perdus à mille lieues à la fin."  

            En conséquence, comme les Shramanas cultivent la Voie , ils observent constamment les deux cent cinquante préceptes. Les Shramanas s'appuient sur les deux cent cinquante préceptes des Bhikshus dans leur pratique du Chemin, ne les violent pas et ce faisant, leur étude des préceptes se développe. Ils tiennent à la pureté de tout ce qu'ils font. Quoi que vous fassiez, en mouvement comme dans l'immobilité, gardez votre pureté et il ne doit y avoir de souillure.  

            Pratiquant les Quatre Nobles Vérités, ils réalisent la condition d'Arhat. Les quatre Noble Vérités font référence à la souffrance, à son origine, à son extinction, et au Chemin. Quand les shramanas cultivent assidûment ce dharma, ils peuvent devenir des Arhats.  Arhat est un mot sanskrit qui a trois sens et à cause de ses divers sens, il n'est pas traduit. Ces trois sens sont comme suit:  

            1. "Tueurs de voleurs". Les Arhats sont vraiment féroces! Dès qu'ils voient des voleurs aux alentours, ils les tuent. "Mais", vous demandez-vous, "ne violent-ils pas là des préceptes ? Le premier précepte n'interdit-il pas précisément de tuer?" - Les voleurs que les Arhats tuent sont à l'intérieur d'eux-mêmes. Les voleurs qu'ils tuent sont les voleurs intérieurs qui créent des afflictions. Pourquoi y a-t-il des voleurs en-dedans? Puisque ces voleurs sont précisément l'avidité, la haine et la stupidité. L'avidité est un voleur, la haine est un voleur, la stupidité est un voleur: voilà les voleurs qui doivent être tués. Ainsi, la première signification est "Tueurs de voleurs."  

            2.  "Dignes de recevoir des offrandes". Les Arhats ont qualité à recevoir des offrandes des dieux et des hommes. Un Arhat qui a été certifié de l'éveil est un sage. Si vous lui faites des offrandes, vous pouvez obtenir des mérites sans bornes. Etre un Bhikshu est à l'origine de l'accomplissement d'Arhat; devenir un Arhat est la conséquence de l'état de Bhikshu. "Les Bhikshus détruisent le mal" et par conséquent, après leur accession à l'état d'Arhats, "ils tuent les voleurs". Ils sont "mendiants" et donc une fois Arhats, deviennent "dignes d'offrandes". Ils "font peur à Mara" et donc après leur réalisation, ils "sont sans naissance".  

            3. "Etre sans naissance ."Qu'est ce que ça signifie?" Cela veut dire qu'ils en ont fini avec le cycle des naissances et des morts et n'ont plus à en subir les misérables conséquences. Mais, il ne s'agit là que de la fin fractionnelle (ou répétitive) des naissances et des morts, c'est à dire la naissance et la mort du corps physique. Les Arhats, comme tels, n'ont pas atteint la fin transformationnelle des naissances et des morts (la naissance et la mort des pensées).  

            Si vous cultivez les deux cent cinquante préceptes, le résultat probable sera votre complétion des études des préceptes. Si vous tenez à la pureté de toute chose, alors vous accomplirez vos études de la samadhi. Si vous cultivez la Les Quatre Nobles Vérités, vous pouvez alors mener à son accomplissement votre étude de la sagesse. Quand préceptes, samadhi et sagesse sont cultivés à perfection, avidité, haine, stupidité sont détruites. Vous deviendrez un Arhat. Il y a quatre échelons dans la réalisation d'Arhat : il y a des Arhats du premier, du second, du troisième et du quatrième, degrés. Celui qui a accompli le quatrième degré a complètement achevé le cycle des naissances et des morts.               

            "Les Arhats peuvent voler et se métamorphoser. Leurs vies s'étendent sur de nombreux kalpas, et où qu'ils se trouvent, ils peuvent ébranler la terre et le ciel." Qu'est-ce qu'un Arhat? Un Arhat du quatrième degré a atteint une position appelée "Au-delà des Etudes" ce qui veut dire que les études plus avancées ne lui sont plus obligatoires. Par contre, les positions des Arhats des trois premiers degrés sont celles où des études additionnelles sont nécessaires. En ordre décroissant, l'Arhat du quatrième degré atteint une postion de Certification du Chemin, ceux du troisième et de second degrés, la position de Cultivation du Chemin, et celui du premier degré, la position de l'Entrée dans le Chemin.  

            Il est dit plus loin dans ce sutra: "Prends garde de ne pas croire ton esprit. Ton esprit ne peut être cru." Vous devez faire particulièrement attention à ne pas croire en votre esprit. Nous ne devons pas nous fier à notre esprit. Nous pouvons seulement compter sur notre esprit après avoir atteint le quatrième degré d'Arhat.            

            Seuls les sages qui ont atteint le quatrième degré d'Arhat n'ont plus ni désir, ni amour. Ils s'en ont écarté pour de bon. Qu'est-ce qui nous prouve que quelqu'un a atteint le quatrième degré d'Arhat ? Les pieds d'un Arhat du quatrième degré ne touchent pas le sol. Ses pieds sont au-dessus de la terre d'un centimètre, de sorte qu'il n'écrase jamais de vers, ni de fourmis. Quand il se promène, il peut y avoir des vers ou des fourmis sous ses pieds, mais il ne leur marchera jamais dessus. Ceci est une preuve de l'accomplissement d'un Arhat mais cette aptitude ne lui est pas exclusive: elle est possédée aussi par les Arhats du premier degré. Le texte dit : "Les Arhats peuvent voler et se métamorphoser." Un Arhat du quatrième degré peut aller partout où il veut se rendre et changer lui-même en une infinité de corps transformationnels. Pour vous donner un exemple, quand j'étais à Taiwan, je rendis visite à un vieux cultivateur du Chemin, Kuang-Chin, pour essayer de le convaincre de venir en Amérique. Il pointa le doigt sur son cœur et me répondit qu'il pouvait y aller quand il le voulait. Quand il veut aller quelque part, il le peut. Il est là, mais les autres ne savent pas qu'il y est, sauf ceux qui possèdent le super- savoir de la vue divine.  

            De plus, un Arhat du quatrième degré peut se rendre là où il le souhaite non seulement spirituellement mais aussi avec son corps physique qui peut se déplacer avec aisance. Il n'est pas nécessaire pour lui d'acheter un billet d'avion. Il peut se déplacer dans l'air et se transformer de bon gré. Les Arhats peuvent faire dix-huit transformations, et chacune d'elles est vraiment inconcevable.  

            La durée de vie d'un Arhat s'étend sur de nombreux kalpas. Ces kalpas sont très longs, sans fin, car un Arhat du quatrième degré peut vivre aussi longtemps qu'il le désire. Pour lui, l'espérance de vie ne saurait en  être question, car quand le corps qu'il occupe se porte mal et vieillit, il peut aisément le changer pour un autre.  C'est pourquoi il a une existence qui s'étend sur de vastes kalpas.

            Les sages qui atteignent le quatrième degré d'Arhat sont libres de la naissance et de la mort. Ils sont réellement libres: s'ils veulent vivre, ils continuent à vivre, s'ils veulent mourir, ils peuvent mourir quand ils le veulent. S'ils veulent mourir debout, ils meurent debout; s'ils veulent mourir assis, ils peuvent mourir assis; s'ils veulent mourir en marchant, ils peuvent mourir en marchant, s'ils veulent mourir en dormant, ils peuvent mourir en dormant. Ils sont très indépendants, et personne ne peut les contrôler. C'est pourquoi leur durée de vie s'étend sur de grands kalpas et on les dit "sans naissance." Ils ne seront jamais plus réincarnés et ne mourront jamais.  

            "Où qu'ils se trouvent, ils ébranlent la terre et le ciel." Où qu'un Arhat soit, les esprits célestes et terrestres subissent son influence, reçoivent leurs instructions, et sont transformés par eux. C'est cela que l'on veut dire ici. Mais cela peut signifier aussi que chaque mouvement d'un Arhat fait mouvoir le ciel et la terre en réponse. Où qu'un Arhat se trouve, les dieux, les dragons, et les membres de l'octuple panthéon protègent son Dharma, et maintient la paix dans son domaine. En cette dernière il n'y a aucun ouragan, aucune tornade, aucun tremblement de terre, aucune avalanche, aucune éruption volcanique, aucune vague de fond ou tout autre désastre de ce genre, parce que les protecteurs du Dharma et les bons esprits sont toujours là pour le protéger et faire en sorte que des événements favorables lui arrivent. Cependant, des événements défavorables peuvent inopinément arriver à un Arhat: ce sont des manifestations du karma des vies précédentes qui surviennent occasionnellement. Comme sur le plan causal la pratique d'un Arhat n'a pas été parfaite, après son éveil, il rencontrera encore des difficultés et des épreuves. Ainsi il est dit: "Celui qui cultive ses mérites sans cultiver la sagesse est comme un éléphant avec un collier de pierres précieuses au cou, et celui qui cultive la sagesse sans cultiver ses mérites est comme un Arhat avec un bol presque vide." Il arrive parfois que des Arhats n'aient pas de nourriture à manger, car quand ils font leur ronde d'aumônes, personne ne leur fait d'offrandes. C'est que sur le plan causal, ces Arhats ne savaient que cultiver leur sagesse; ils ne savaient pas cultiver leurs mérites. Et ainsi, quand ils deviennent Arhats, ils ne reçoivent pas de rétribution pour leurs mérites ; les gens ne leur font que rarement des offrandes.  

            "Antérieur à la position d'Arhat est celle de l'Anagamin. A la fin de son existence, l'esprit vital d'un Anagamin monte au dix-neuvième ciel et il devient alors Arhat."

            "Antérieur à la position d'Arhat est celle de l'Anagamin." Un Arhat du quatrième degré a atteint le stade de non-étude, où plus aucune étude n'est indispensable, ce qui n'est pas le cas d'un Anagamin, un Arhat du troisième degré, qui doit encore étudier. Un Sakridagamin du deuxième degré, dans le Monde du Désir, a coupé six échelons de pensées illusoires, et il en reste trois échelons de plus qu'il lui faut s'écarter. Après l'avoir fait, il est élevé et certifié à la position d'Anagamin.   

            A la fin de son existence, si l'esprit vital d'un Anagamin devient un fantôme, celui-ci est appelé "le corps de skandha intermédiaire." Si ce corps est positif, il est appelé l'esprit vital, communément appelé l'âme. L'esprit vital mentionné dans le texte est le corps de skandha intermédiaire de l'Anagamin. Quand on devient un fantôme après la mort, on dit qu'on est dans un corps de skandha intermédiaire. Cependant si l'on appartient au yang, alors on devient après la mort un esprit vital, ce qu'on appelle une âme. Celle-ci monte au dix-neuvième ciel et il devient alors Arhat. Quand la vie d'un Anagamin cesse, comme il n'a pas encore brisé les cycles des naissances et des morts, son âme monte au dix-neuvième ciel. En comptant à partir du paradis des Quatre Rois, le Dix-Neuvième Ciel vient avant le Ciel Sans Afflictions. C'est dans le Dix-Neuvième Ciel que l'Anagamin se certifie à l'état d'Arhat, c'est pourquoi son nom signifie "celui qui ne s'en retourne jamais". Il ne revient pas dans le monde des hommes. C'est l'Anagamin, un Arhat du troisième degré.  

            Quelques-uns parmi vous, qui viennent juste d'entendre que là où demeure un Arhat aucun désastre n'arrive, ont exprimé quelques doutes. Je ne vais pas débattre de ce point, mais je dirai quelques mots sur le Vieux Maître Hsü-Yün et quelques événements extraordinaires qui eurent lieu durant sa vie en Chine. Une fois, pendant la guerre sino-japonaise, alors que le vénérable maître résidait dans le monastère Nan-Hua près de Canton, des avions de guerre japonais lâchèrent plusieurs bombes sur l'endroit, mais à leur arrivée sur le sol aucune n'explosa. Vous vous dites certainement : "Elles n'explosèrent pas ? Bon. Et bien, ce fut une coïncidence." Mais dans ce cas, pourquoi ailleurs n'y en eut-il pas d'autres qui n'explosèrent pas? Pourquoi cela n'eut-il lieu qu'au monastère Nan-Hua?  

            Une autre fois, alors que le Vénérable Maître Yün transmettait les préceptes au  monastère Yun-Chu, dans le Yunan, sur les arbres fleurirent des fleurs de lotus. Avant qu'il ne vienne, pourquoi n'y avait-il pas de fleurs de lotus sur les arbres ? De plus, sur les feuilles des arbres et sur d'autres plantes, des images de Bouddha apparurent. En dépit de la force de telles manifestations miraculeuses, les gens ne voulaient pas encore les reconnaître comme telles. Ils considérèrent qu'elles n'étaient que des accidents isolés. Quand le Vénérable Maître Yün se trouvait au monastère Nan-Hua, un cyprès qui avait été mort depuis très longtemps revint à la vie et bourgeonna. C'était un autre exemple d'événement extraordinaire, et on pourrait encore citer l'histoire du renard blanc qui vint prendre refuge. Mais à cette époque, les gens, comme il arrive toujours, ne réalisèrent pas ce qui s'était produit. Maintenant que le Vénérable Maître Yün s'en est allé, qu'il a parfait l'état de quiétude, tout le monde le loue. Ils disent tous que le Vénérable Yün était un sage qui avait atteint la réalisation, qu'il était un Bodhisattva redescendu sur terre. Voilà comme les gens sont: quand ils ont quelque chose devant les yeux, ils ne le voient pas et une fois qu'il l'ont perdu, ils le regrettent. Les gens sont des créatures étranges et stupides.  

            Maintenant, en Amérique, je veux produire des Bouddhas vivants, des Bodhisattvas vivants, des Arhats vivants.  Je veux produire des Anagamins, des Sakridagamins, des Srotaapanas. Toute personne qui peut se débarrasser du désir et se libérer de l'amour y aura sa part. Une personne qui ne peut pas se débarrasser du désir et de l'amour manque complètement de caractère. Il n'y a vraiment aucun moyen de l'aider. Tout provient uniquement de l'esprit. Si une personne veut être un fantôme, alors elle peut être un fantôme. Si une personne veut être un Bouddha, elle peut être un Bouddha. Si elle veut être un animal, elle peut être un animal. Dans tout cela, il ne reste qu'à voir quel est le chemin que son esprit choisit.  

            Il ne faut pas présumer que "Les Dix Domaines du Dharma ne sont pas au delà d'une simple pensée" n'est qu'un petit livre insignifiant. Dans mille ans, peut-être y aura-t-il des gens qui deviendront illuminés en lisant ce livre. Ce sera un événement à venir. Maintenant, il nous reste à voir si quelqu'un  obtiendrait son éveil.  

            Avant  l'Anagamin est le Sakridagamin qui monte une fois, s'en retourne une fois encore, et ensuite devient Arhat. Avant le Sakridagamin est le Srotaapanna, qui a sept morts et sept naissances qui restent avant de devenir Arhat. Se débarrasser de l'amour et du désir est comme couper les membres; jamais l'on ne s'en sert à nouveau.  

            Avant  l'Anagamin est le Sakridagamin qui monte une fois, s'en retourne une fois encore, et ensuite devient Arhat. Le sage du deuxième degré est appelé un Sakridagamin. "Sakridagamin" est un mot sanscrit qui veut dire "celui qui retourne une fois encore". A ce niveau de sainteté, la position du sage est celle de la Cultivation du Chemin. Que cela signifie-t-il "retourner une fois encore" ? Le Sakridagamin est réincarné une fois dans les domaines célestes et une fois dans le domaine humain. Le Sakridagamin s'est affranchi des six catégories de pensées illusoires dans le Monde du Désir. Que sont ces pensées illusoires ? Pensée ici signifie considération ou discrimination. Les pensées non illusoires peuvent être pures si la sagesse entre en jeu dans les discriminations. Ce n'est pas le cas des pensées illusoires qui ont lieu dans la confusion et dans le manque d'entendement. Vous pensez à ce que vous ne comprenez pas: en ce moment précis, vous vous adonnez complètement aux calculs et votre nature y est entièrement attachée.  

            Par exemple, vous voyez un bout de corde la nuit, mais n'arrivez pas à le reconnaître; vous vous mettez alors à penser: "Oh, c'est un serpent !" Comment expliquer que vous en veniez à penser que la corde est un serpent? L'explication est que vous avez ajouté discrimination et évaluation à la perception première de la corde, et en terminologie Bouddhiste, ça s'appelle "la nature de fausse existence (ou d'inexistence réelle)." Après un examen plus sérieux, vous la voyez comme une corde faite avec des fibres de jute, sa "nature conditionnelle (ou nature présomptive)." Vous parviendrez à la "nature réelle et parfaite" de la corde quand vous réaliserez que la substance de la corde est la jute et elle n'est pas un serpent.  

            Le  Monde du Désir a neuf grades de pensées illusoires. Le sage est certifié comme un Arhat du deuxième degré quand il a coupé les premiers six grades de pensées illusoires, et comme un Arhat du troisième degré  quand il s'est écarté des trois derniers grades de pensées illusoires. Au deuxième degré, il est appelé "celui qui retourne necore une fois," et au troisième, "celui qui ne retourne pas." Pour un Arhat du quatrième degré , le cycle des naissances et des morts est rompu.  

            Avant le Sakridagamin est le Srotaapanna. Srotaapanna, aussi un mot sanscrit, signifie "entrer dans le courant." Il peut aussi être défini comme, "opposer le courant." "Entrer dans le courant" veut dire l'on pénètre dans le courant de la nature du Dharma d'un sage. "Opposer le courant" veut dire l'on oppose le courant des six souillures des gens ordinaires. Les six souillures sont formes, sons, odeurs, saveurs, objets tangibles, et dharmas. Quand le pratiquant est certifié comme Arhat du premier degré, il a tranché toutes les souillures de vue qui, avec les souillures de pensées, jettent la confusion dans l'esprit des gens non éveillés et les contrôlent. Ainsi, tout pratiquant qui veut sincèrement être illuminé doit se laver de ces deux sortes de souillures.  

            Qu'est-ce qu'une délusion de vue? Cette expression signifie que quand les événements se présentent, l'avidité et l'amour dominent. Une souillure de pensée rend une personne confuse sur les principes et portée à faire des discriminations.  Cette confusion mène la personne à devenir esclave de la situation et à agir à l'aveuglette; l'avidité et l'amour égoiste la faisant respectivement attachée aux choses et incapable à s'en séparer. L'attachement et la cupidité sont des entraves dans l'accomplissement de la sainteté et pour atteindre cette dernière, il faut absolument se débarrasser des pensées illusoires. Combien y a-t-il de catégories de pensées illusoires? Il y en a quatre-vingt huit. Quand vous vous êtes séparés de ces quatre-vingt huit catégories, vous obtiendrez la réalisation du premier degré d'Arhat et deviendrez un Srotaapanna. Le Srotaapanna est un sage du premier degré. Que signifie "joindre le courant?" Vous entrez dans le courant des sages; vous êtes ensemble avec les sages.  

            Un Srotaapanna est une personne à qui il ne reste que sept naissances et sept morts avant de devenir un Arhat. Les sages du premier degré doivent passer par sept naissances et sept morts en y  parvenant, ils seront certifiés au quatrième degré d'Arhat et ne subiront plus  les cycles de naissances et de morts. Ces sept naissances et morts sont divisées comme suit: quand le sage n'a plus que le plus haut échelon de pensées illusoires à se débarrasser dans le Monde du Désir, et, s'éliminant de l'avidité, de la colère, de la stupidité et de l'arrogance, il se sépare complètement des ces illusions. Cette séparation va continuer dans deux naissances et morts, et par la suite, toujours dans le Monde du Désir, il vivra un grand total de sept naissances et sept morts et réalisera le quatrième degré d'Arhat, achevant la fin transformationnelle des naissances et des morts. Ce scénario est le cours normal des événements et n'est pas nécessairement rigide car il peut varier pour des gens extraordinaires. Si les potentialités et les mérites d'un pratiquant sont exceptionnels, alors il se peut qu'il puisse sauter directement du premier au troisième ou quatrième degré. Par exemple, la mère de Kumarajiva, Jiva, alla du premier au troisième.             

            Il y a plusieurs catégories de pensées et de vues illusoires dans le Triple Monde, mais en fin de compte, ce qui jette les gens dans la confusion sont l'amour et le désir. Ces deux émotions nous contrôlent et nous perturbent : même quand nous savons que quelque chose est mal, nous la faisons et quand quelque chose est bien, nous ne voulons pas la faire. L'homme est une créature étrange! Il n'écoute jamais. Et pourquoi? Puisque l'amour et le désir le dominent et le font perdre la tête.  

            Se débarrasser de l'amour et du désir est comme couper les membres; jamais l'on ne s'en sert à nouveau. Si nous pouvons nous libérer de l'amour et du désir, nous serons sûrement capable d'accomplir le Chemin. L'amour et le désir, une fois déracinés, sont comme les mains et les pieds coupés: ils ne sont plus là et ne peuvent pas être utilisés à nouveau. Vous devez prendre la grande détermination de se trancher de l'amour et du désir sans hésitation aucune, autrement vous aurez des ennuis. Peut-être vous pensez qu'il faut effectivement se libérer de l'amour et du désir, mais vous ne faites rien pour changer et en général, vous avez tendance à tout remettre au lendemain. C'est être indécis et manquer de sagesse. En l'absence de toute vraie sagesse, vous vous contentez d'avoir des intentions, mais ne les réalisez jamais.  Proverbialement, cet esprit d'indécision se voit en certains individus qui pensent à quelque chose d'une certaine manière, puis décident qu'en fait, c'est l'autre manière qui est la bonne. Ce sont des personnes sans volonté et sans principes, et évidemment, cette sorte de caractère est nullement favorable à la pratique. Les pratiquants du Chemin doivent avoir une détermination aussi grande que le ciel dans tout ce qu'ils disent et font. S'ils sont résolus et décidés, ils peuvent cultiver le Chemin.  

 

 

SECTION 2

 ELIMINER LE DESIR ET NE PAS QUEMANDER

 

            Le Bouddha a dit : "Les gens qui ont quitté la vie à  la maison et deviennent Shramanas se libèrent de tout désir, renoncent à l'amour et reconnaissent la source de l'esprit. Ils pénètrent les profonds principes du Bouddha et s'éveillent aux dharmas inconditionnés. Intérieurement ils n'ont rien à atteindre et extérieurement ils n'ont rien à chercher. Leurs esprits ne sont pas emprisonnés par le Chemin, ni liés par le karma. Ils sont sans pensée, sans action; ils ne cultivent pas et n'atteignent pas de certification. Ils ne passent pas par les diverses positions et cependant sont hautement vénérés.  C'est ce que signifie le Chemin."

 

            Cette seconde section du Sutra traite de la non-cultivation et de la non-certification. 

Le Bouddha a dit: "Les gens qui ont quitté la vie  à la maison et deviennent Shramanas se libèrent de tout désir" Que doivent faire les gens qui ont renoncé la vie dans le Triple Monde et sont devenus des Shramanas? Ils se libèrent de tout désir. Auparavant, le Sutra dit, "Se débarrasser de l'amour et du désir sont comme couper les membres; jamais l'on ne s'en sert à nouveau." "Ils renoncent à l'amour et reconnaissent la nature de l'esprit." A ce point, ils reconnaissent la nature de leurs esprits. "Ils pénètrent les profonds principes du Bouddha et s'éveillent aux dharmas inconditionnés." Ils comprennent les principes les plus profonds du Bouddha qui ne sont ni conditionnés, ni inconditionnés. "Intérieurement ils n'ont rien à atteindre et extérieurement ils n'ont rien à chercher." Si vous voulez parler en vos propres termes, vous n'avez ni expectation, ni réalisation. A l'intérieur, vous n'obtenez rien. A l'extérieur, vous ne cherchez rien ni obtenez quoi que ce soit. Ne rien obtenir en-dedans est un Dharma inconditionné; ne rien chercher en-dehors est aussi un Dharma inconditionné. C'est pourquoi il est dit:  

            Le moins tu sais des choses qui se passent

            Le moins d'afflictions dans toi s'amassent.

            Si tu parviens à ne rien chercher

            Alors tu n'auras pas d'anxiété.                                                                                                                                                                                                                                                                                                  Quand ils atteignent l'état dans lequel il n'y a rien à obtenir de l'intérieur, ni rien à chercher de l'extérieur, Leurs esprits ne sont pas emprisonnés par le Chemin. Ils n'ont pas besoin de se dire, "je suis en train de cultiver le Chemin," bien qu'en fait, ils le sont. Ni liés par le karma. C'est impossible pour eux de créer aucune sorte de mauvais karma.  

            Ils sont sans pensée, sans action. Ils n'ont pas de pensées vagabondes, mais que de bonnes pensées. Même pas une seule pensée vaine ne surgit ; c'est ce que l'on doit entendre par être sans pensée. D'autre part, ils ne font aucune action mauvaise, ou superflue; c'est ce qui est appelé "être sans action". Ils ne font rien de particulier. Ils ne cultivent pas et n'atteignent pas de certification. Ils ont fait ce qu'il y avait à faire, ils ont déjà cultivé au plus haut degré. Ainsi il n'est plus rien qu'ils puissent encore cultiver. Ils n'ont rien à être certifié, parce qu'ils ont déjà atteint la substance fondamentale du Chemin. Ils ont déjà atteint la réalisation.

Ils ne passent pas par les diverses positions. Il ne leur est pas nécessaire de passer par les positions des Dix Demeures, des Dix Pratiques, des Dix Transferts, et des Dix Terres. Il ne leur est pas nécessaire de les traverser. Ils les transcendent soudainement. Cependant sont hautement vénérés. La position que les Shramanas occupent est très élevée et noble. C'est ce que signifie le Chemin." C'est ce qu'est un Shramana qui a atteint le Chemin.

 

SECTION 3

 

SE LIBERER DE L'AMOUR EGOISTE ET RENONCER A L'AVIDITE

 

            Le Bouddha a dit : "Rasant leur tête et leur barbe, ils deviennent Shramanas, et acceptent les Dharmas du Chemin. Ils ont renoncé aux richesses et fortunes de ce monde. En recevant l'aumône, ils acceptent seulement  ce qui est juste assez. Ils ne prennent qu'un repas par jour à midi, passent la nuit sous le couvert des arbres. Ils prennent garde de ne rien acquérir, car passion et désir rendent  les gens stupides et aveugles."

 

            Voici la troisième des quarante-deux sections; elle fait l'éloge de pratiques ascétiques élevées. Si vous pouvez cultiver ces suprêmes pratiques de l'ascétisme, vous pouvez être certifiés à la réalisation du Chemin.  

            Le Bouddha a dit. C'était les mots du Bouddha. Qu'est-ce que le Bouddha a dit? Il disait, Rasant leur tête et leur barbe. Les gens qui quittent la vie à la maison rasent leur barbe et les cheveux sur leur tête et deviennent Shramanas, ceux qui acceptent les Dharmas du Chemin. Accepter les Dharmas du Chemin signifie admettre le Chemin dans son esprit et cultiver les Dharmas du Chemin. Les gens qui cultivent les Dharmas du Chemin doivent renoncer aux richesses et fortunes de ce monde. Ils ne veulent pas des richesses de ce monde. Par exemple, nous avons ici parmi nous, plusieurs personnes qui ont quitté la vie de laïc et qui observent le précepte de ne pas garder d'argent. C'est très bien. C'est renoncer aux richesses et fortunes de ce monde dans lequel les guerres et disputes sont causées par l'envie de s'emparer des richesses des autres. Des pays sont en guerre avec d'autres pays, des familles se querellent avec d'autres familles, des gens bataillent avec d'autres gens, tout cela à cause de l'argent. C'est pourquoi le Shramana peut renoncer aux richesses du monde; il ne veut plus aucune chose mondaine de valeur.  

            En recevant l'aumône, ils acceptent seulement  ce qui est juste assez. Chaque jour, ils prennent leurs bols et font la ronde pour recevoir l'aumône. Ici "recevant l'aumône" signifie qu'ils portent leur bol et reçoivent la nourriture. "Ils acceptent seulement ce qui est juste assez." signifie quand ils n'ont plus faim, ils s'arrêtent de manger. Ils ne sont pas gourmands. Ils ne mangent pas souvent, ne prennent qu'un repas par jour à midi.  "Ils passent la nuit sous le couvert des arbres." Quand ils dorment, ils dorment sous un arbre. De plus, ils ne dorment pas sous le même arbre plus de trois nuits. Ils prennent garde de ne rien acquérir. Vous devriez faire très attention à ne rien rechercher, à ne pas vouloir plus que vous ne possèdiez.  

            Passion et désir sont ce qui rend les gens stupides et aveugles.  La stupidité des gens... Passion et désir sont comme l'herbe qui pousse en abondance dans la tête des gens, qui couvre tout, et avec plein de rocaille aussi, ce qui a pour conséquence qu'ils se retrouvent stupides. Comme le soleil qui est parfois obscurci par les nuages, ils ne comprennent pas; ils ne savent pas comment agir. Et quelle est la cause de tout cela? Passion et désir. Ils les rendent stupides. Vous dites que vous n'êtes pas stupide? Si vous n'êtes pas stupide, alors pourquoi transgressez-vous les préceptes une fois que vous les avez reçus? Si vous n'êtes pas stupide, alors pourquoi voulez-vous faire ce que vous ne devriez pas? Tout cela, c'est à cause de la passion et du désir. Vous n'arrivez pas à voir à travers l'amour et à vous purger du désir, et c'est pourquoi vous vous sentez mal. Si vous pouvez voir ce qu'il en est réellement et vous purifier, alors vous vous sentirez bien, et il n'y aura plus de soucis, de détresse, de problèmes, d'afflictions. Tout sera très bien. Il n'y aura plus de problèmes du tout. La manière dont j'aime à le dire en anglais est : "Everything's OK".

 

 

SECTION 4

 

CE QU'EST LE BIEN, CE QU'EST LE MAL

 

Le Bouddha a dit : "Les êtres vivants peuvent agir suivant dix catégories de bonnes actions et dix de mauvaises. Quelles sont les dix mauvaises? Trois concernent le corps, quatre la bouche, et trois l'esprit. Les trois relatives au corps sont le meurtre, le vol, et le désir charnel. Les quatre relatives à la bouche sont la duplicité, la dureté en paroles, le mensonge et le langage frivole. Les trois relatives à l'esprit sont la jalousie, la haine et la stupidité. Ainsi, ces dix ne sont pas en accord avec la voie sainte et sont appelés les dix mauvaises actions. Mettre un terme à ces dix mauvaises actions, c'est pratiquer les dix bonnes actions."  

 

            La quatrième section discute l'absence de nature fixe du bien et du mal. Au lieu de faire du mal, on peut faire du bien: le change est si facile, tout comme tourner la paume de la main. Il ne tient qu'à nous de le faire.  

            Le Bouddha a dit : "Les êtres vivants peuvent agir suivant dix catégories de bonnes actions."           Il y a dix bonnes actions que les êtres vivants peuvent faire. Mais il y a aussi les dix mauvaises actions. Si les dix premières sont faites incorrectement, elles deviennent mauvaises. Quels sont les dix ? Trois concernent le corps, quatre la bouche, et trois l'esprit.  

            Les trois relatives au corps sont le meurtre, le vol, et le désir charnel. Qu'entend-on par tuer? Tuer est prendre la vie d'une créature, mettre un terme à la vie d'un autre être vivant. Qu'entend-on par voler? Prendre quelque chose sans la permission de son propriétaire. Désir charnel se réfère aux relations sexuelles entre hommes et femmes.  

            Les quatre relatives à la bouche sont la duplicité, la dureté en paroles, le mensonge et le langage frivole. La duplicité ("parler avec deux langues" en chinois) signifie parler du mal de quelqu'un avec un autre et du mal de cet autre avec le premier. Vous médites Jacques avec Léon et vous débinez Léon avec Jacques. Vos paroles sortent en même temps des deux coins de votre bouche. Dureté en paroles signifie dénigrer ou dire des grossièretés. Mentir est dire des choses qui ne sont pas vraies. Parler avec un langage frivole signifie parler de choses qui ne veulent rien dire. Un langage frivole reflète une connaissance déviante et des vues fausses.  

            Les trois relatives à l'esprit sont la jalousie, la haine et la stupidité. Etre jaloux veut dire que vous êtes envieux. Quand vous êtes jaloux, vous ne voulez pas que quelque chose de bien arrive aux autres. Chaque fois que quelque chose de bien arrive aux autres, vous devenez jaloux. Haine inclut condescendance et ressentiment, malice et esprit de vengeance. Quand quelqu'un est stupide, il est incapable de distinguer les principes et les faits.  

            Ainsi, ces dix ne sont pas en accord avec la voie sainte et ne peuvent vous conduire sur le vrai chemin. Ils sont appelés les dix mauvaises actions. Mettre en terme à ces dix mauvaises choses, c'est pratiquer les dix bonnes actions. Les dix bonnes pratiques sont : ne pas tuer, ne pas voler, ne pas avoir de passion charnelle, ne pas être jaloux, ne pas haïr, ne pas être stupide, éviter la dureté en paroles et la duplicité, ne pas mentir, et ne pas parler avec un langage frivole.

 

.SECTION 5

COMMENT REDUIRE LA SEVERITE DES OFFENSES

 

            Le Bouddha a dit : "Si une personne a commis beaucoup de torts et ne s'en repent pas, mais se contente de les ignorer, les torts l'engouffreront comme un cours d'eau qui, en s'en allant vers la mer,  graduellement devient de plus en plus large et profond. Si une personne a commis des torts, en prend conscience, réforme son caractère et pratique le bien, alors les torts se dissoudront d'eux-mêmes, tout comme une personne malade qui commence à transpirer, et se voit petit à petit guérie."

            Cette cinquième section exhorte les gens à réaliser que s'ils ont des torts, ils peuvent les changer et recommencer comme un sou neuf. Les torts disparaissent alors. Mais si vous avez commis des torts et ne les réformez pas, alors ils demeureront toujours avec vous.

Le Bouddha a dit : "Si une personne a commis beaucoup de torts et ne s'en repent pas. Les nombreuses sortes d'offenses incluent toutes sortes d'erreurs et de torts. Si vous ne les réformez pas, ne vous en repentez pas mais les dissimulez, les cachez avec soin, parce que vous ne voulez pas que quelqu'un les voie ou en prenne connaissance, cela s'appelle ne pas être repentant : mais se contente de les ignorer. Vous n'êtes pas conscient que vous devez vous repentir, et abandonner toute pensée de repentance. C'est à dire que vous n'avez pas d'intention aucune de changer vos erreurs.  Alors quand les offenses vous tombent dessus, elles vous engouffreront comme un cours d'eau qui, en s'en allant vers la mer, graduellement devient de plus en plus large et profond. Cela se passera comme pour un petit ruisseau qui va vers la mer. Graduellement, les petites offenses deviennent plus graves, plus lourdes, se changent en de grandes offenses. Les petites transgressions deviennent énormes. Les obstructions karmiques légères deviennent des obstructions karmiques lourdes.  

            Si une personne a commis des torts, en prend conscience, réforme son caractère et pratique le bien, elle peut avoir des torts tellement énormes qu'ils remplissent le ciel, mais avec une seule pensée de repentance, elle peut les faire s'évanouir. Elle les reconnaît, admet ses erreurs et en défait les noeuds. Après ça, elle laisse tomber sa propension au mal et pratique le bien. Les torts se dissoudront d'eux-mêmes, tout comme une personne malade qui commence à transpirer et se voit petit à petit guérie. Si vous pouvez devenir une personne nouvelle, alors, vos offenses disparaîtront. Comment cela se fait? C'est comme un malade avec une mauvaise fièvre: tout à coup elle transpire abondamment et est peu à peu guérie.

 

SECTION 6

ETRE PATIENT AVEC LES GENS MALVEILLANTS

ET NE PAS GARDER RANCUNE

 

            Le Bouddha a dit : "Quand une personne mauvaise entend parler de vertu, vient avec des intentions malveillantes, contiens-toi, ne t'emporte pas, ne lui fait pas de remontrances. Car alors celui qui venait pour mal agir, se fera en réalité tort à lui-même."  

            C'est la sixième section; il y est dit que le bien peut défaire le mal, mais que le mal ne peut défaire le bien. La section précédente disait aux gens de réformer leurs erreurs, de pratiquer le bien, et de se réformer. Afin d'éviter que certaines gens craignent de faire des bonnes actions de peur que des personnes mauvaises viennent leur causer des problèmes, le Bouddha a prononcé cette section.  

            Le Bouddha a dit : "Quand une personne mauvaise entend parler de vertu, vient avec des intentions malveillantes..." Une personne mauvaise entend dire que vous faites de bonnes actions, et vient dans l'intention de vous gêner, de vous déranger, de vous empêcher de poursuivre vos bonnes pratiques. Dans un tel cas, contenez-vous :  vous devriez rester calme et absolument sans passion. Ne soyez ni agité, ni nerveux.  

            Et  ne t'emporte pas, ne lui fait pas de remontrances. Vous ne devriez pas vous mettre en colère, ni lui faire des reproches. Ne lui dites pas qu'il a tort. Car alors celui qui venait pour mal agir, se fera en réalité tort à lui-même. Les personnes mauvaises qui viennent vous déranger pour vous empêcher de pratiquer se font en fin de compte tort à elles-mêmes. Elles ne font pas autre chose que se nuire. C'est comme un miroir dans lequel apparaît tout à coup une forme extrêmement répugnante. Cette laideur, c'est celle de son propriétaire qui est reflétée par le miroir. Ce n'est pas le miroir lui-même qui est très sale.  

            Cette analogie veut dire qu'indépendamment du degré d¡¦intelligence d'une personne, c'est toujours sa propre méchanceté qui lui fait tort. Si vous ne faites pas attention à cette mauvaise personne, il n'y aura pas de problème. Dès que vous commencez à lui accorder de l'attention, par contre, qu'arrive-t-il ? Vous seriez de la même étoffe : vous deviendriez vous- même une personne mauvaise.  

 

SECTION 7

LA  MALVEILLANCE  ATTEINT EN RETOUR SON AUTEUR

 

            Le Bouddha a dit : "Une fois, un homme en entendant dire que je pratique le Chemin et que je possède une grande compassion, vint dans l'intention délibérée de chercher querelle. Je gardai le silence et ne répondis pas. Quand il eut fini, je lui demandai : "Si tu te montres courtois envers quelqu'un et qu'il ne répond pas à ta courtoisie, tu gardes ta courtoisie pour toi, n'est-ce pas ?

 

            - "C'est juste," répondit-il. Le Bouddha dit alors: "Tu es en train de me chercher querelle; mais je n'y réponds pas, donc la mauvaise fortune qui en résulte retourne à toi et y reste. C'est aussi inévitable que l'écho qui suit le son, ou l'ombre qui accompagne une forme : tu ne peux jamais au bout du compte y échapper. En conséquence, prends garde de ne pas faire du mal."

 

            Cette septième section vient justifier la déclaration précédente selon laquelle celui qui fait le mal se fait tort à lui-même. Afin d'expliquer cela, le Bouddha fait la comparaison suivante.

 

            Le Bouddha a dit : "Une fois, un homme en entendant dire que je pratique le Chemin et que je possède une grande compassion, vint dans l'intention délibérée de chercher querelle." Le Bouddha est une personne qui se conforme au Chemin et la pratique. Il pratique aussi la grande compassion. En entendant cela, une personne vint voir le Bouddha face à face et se mit à lui chercher querelle. Le Bouddha l'écouta mais gardai le silence et ne répondis pas.  Il garda le silence et ne dit rien. Quand il eut fini... Une fois qu'il eut cessé de blâmer le Bouddha, je, le Bouddha, lui demanda : "Si tu te montres courtois envers quelqu'un et qu'il ne répond pas à ta courtoisie, tu gardes ta courtoisie pour toi, n'est-ce pas?  

            - "C'est juste," répondit-il. "Exact", dit-il. - "Elle me revient. C'est moi qui me montrais courtois. Si mes marques de courtoisie ne sont pas agréées, alors je les garde pour moi."  

            Le Bouddha dit alors : "Tu es en train de me chercher querelle; mais je n'y réponds pas." "Eh bien, monsieur", dit le Bouddha, "vous m'injuriez. Vous me blâmez, mais je reste absolument calme. Que vous me réprimandez ou non, c'est la même chose pour moi. Je ne suis pas affecté par vos insultes; je ne les accepte pas." Donc la mauvaise fortune qui en résulte retourne à toi et y reste. "Monsieur", poursuivit le Bouddha, "vous me blâmez à tort, et ainsi, un effet malheureux vous retombera dessus."C'est aussi inévitable que... Cet effet vous arrivera tout comme l'écho qui suit le son, ou l'ombre qui accompagne une forme: tout comme l'ombre de votre corps vous suit. Tu ne peux jamais au bout du compte y échapper. "Vous ne pouvez pas au bout du compte échapper à la mauvaise fortune qui résultera de vos insultes." En conséquence, prends garde de ne pas faire du mal.  C'est mon bon espoir que tout le monde s'abstient de faire du mal.  

 

 

SECTION 8

ABUSER LES AUTRES SOUILLE SOI-MEME

 

            Le Bouddha a dit : "Pour une mauvaise personne, porter préjudice à un sage, c'est comme lever la tête et cracher aux cieux. Au lieu d'atteindre les cieux le crachat lui retombe dessus. Il en est de même avec la poussière que l'on lance contre le vent : elle revient sur celui qui l'a lancée. Un sage ne peut être nuit: les mauvaises actions détruisent immanquablement celui qui les a perpétrées."

 

            Dans cette huitième section, le Bouddha montre aux gens qu'ils ne doivent pas faire de mauvaises choses, qu'ils ne doivent pas nuire aux gens car nuire aux autres, c'est en réalité se nuire à soi-même. Si vous manquez d'égards envers les autres, vous manquez d'égards à vous-même. Si vous n'êtes pas bon avec les autres, c'est comme si vous n'étiez pas bon avec vous-même.  

            Le Bouddha a dit : "Pour une mauvaise personne, porter préjudice à un sage, c'est comme lever la tête et cracher aux cieux. Au lieu d'atteindre les cieux le crachat lui retombe dessus." Par personne mauvaise, on entend quelqu'un qui fait toute sorte de choses répréhensibles, à l'opposé du sage, qui est quelqu'un qui se tient sur le Chemin avec vertu. Quand une personne mauvaise dépourvue de toute vertu, tente de nuire à un sage, c'est comme si elle renversait la tête en arrière pour cracher au ciel. Le crachat ne monte pas dans le ciel, mais au contraire retombe sur sa face. Ce qui veut dire qu'une personne mauvaise qui essaie de nuire à un sage est en réalité incapable de le faire. Il se peut qu'il pense avoir trouvé un moyen de vraiment lui nuire, mais quand l'action a lieu, c'est encore à lui qu'il nuit. Le monde est régi par des principes sous-jacents, une vraie justice qui gouverne tout et qui dit que c'est mal  de nuire à autrui.  

            Il en est de même avec la poussière que l'on lance contre le vent : elle revient sur celui qui l'a lancée.  Si vous marchez contre le vent et jetez une poignée de poussière; au lieu d'aller en avant, celle-ci revient sur vous et vous frappe les yeux.  

            Un sage ne peut être nuit: les mauvaises actions détruisent immanquablement celui qui les a perpétrées." Vous ne pouvez calomnier un sage ni vraiment lui nuire parce que le préjudice qui en résulte, c'est à vous qu'il est fait. C'est vous qui aurez à en subir les conséquences karmiques.  

 

SECTION 9

RETOURNANT A L'ORIGINE, VOUS TROUVEZ LE CHEMIN

 

          Le Bouddha a dit : "Erudition sans pratique et attachement au Chemin le rendent difficile à réaliser. Quand vous surveillez votre esprit et respecte le Chemin, il est vraiment merveilleux.

 

            Dans cette neuvième section, le Bouddha veut apprendre aux pratiquants les trois sagesses: la sagesse d'écouter l'enseignement, la sagesse d'y réfléchir, et la sagesse de le cultiver. L'on doit écouter l'enseignement et y réfléchir. La réflexion conduit à la pratique, et la pratique mène à la réalisation. Ce qui compte est que vous en réalité mettez en pratique ce que vous entendez.  

            Le Bouddha a dit : "Erudition sans pratique et attachement au Chemin le rendent difficile à réaliser." Erudition ici signifie être cultivé.  Ananda, par exemple, était le plus en avant en érudition. Mais si l'on étudie le Bouddhadharma sans y réfléchir, on ne pourra jamais en comprendre les principes, car cette personne se relie machinalement à sa mémoire et ses aptitudes intellectuelles. Même si elle a une mémoire exceptionnellement bonne et peut savoir par coeur un sutra, mais ne le pratique pas, elle n'obtiendra aucune réponse. Sans contemplation de la signification réelle du sutra et sans  pratique conforme, cela ne lui sert à rien. "Attachement au Chemin" a trait aux cultivateurs qui comprennent que le Chemin est vraiment excellent. Mais il faut  réaliser  que fondamentalement, le Chemin est simplement leur propre esprit, qu¡¦ Il n'est pas à part de leur propre esprit. Les cultivateurs qui vont au dehors à la recherche d'un Chemin autre que celui inhérent à leur esprit font erreur ; même s'ils tiennent à coeur et chérissent le Chemin. "le rendent difficile à réaliser," c'est-à-dire que puisqu'ils cherchent en-dehors, ils ne comprennent pas le Chemin et sont incapables de le rencontrer. Sans le rencontrer, leur connaissance du Chemin s'amoindrit et plus ils cherchent, plus ils s'en éloignent.  

            Quand vous surveillez votre esprit et respecte le Chemin, c¡¦est vraiment merveilleux.  Que signifie "surveiller votre esprit?" Cette expression veut dire qu'il faut garder l'esprit libre de toute pensée vaine, de ne pas chercher en-dehors. Il est dit, "Regardez en vous-même et ne cherchez pas chez les autres. Cherchez en-dedans, pas au-dehors." Cherchez en-dedans pour que au fil des pensées, vous devez être éveillé; au fil des pensées, vous devez comprendre; au fil des pensées, vous devez aspirer à l'esprit de Bodhi. Ne pas laisser survenir des pensées de recherche de renom et les avantages c¡¦ est surveiller l'esprit. Que signifie "respecte le Chemin?" C'est soutenir le Chemin, ne le laisser jamais absent dans vos pensées, et comprendre la source de votre esprit au fil des pensées. Vous vous fondez dans l'essence de votre esprit et ne la cherchez pas à l'extérieur. C'est respecter le Chemin. Alors, le Chemin est vraiment merveilleux! Si vous cultivez de cette manière, votre accomplissement sera très grand.

 

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SECTION 10

CHARITE JOYEUSE APPORTE DE LA GRACE

 

            Le Bouddha a dit : "Quand vous voyez quelqu'un pratiquer la vertu du don, aidez-le avec la joie dans le cœur et vous obtiendrez des mérites immensément grands."

            Un shramana demanda : "Y-a-t-il une fin à ces mérites ?"

            Le Bouddha dit alors : "Considère la flamme d'une seule torche. Même si cent mille personnes l'utilisent pour allumer leurs propres torches et en utilisent le feu pour préparer leurs repas ou repoussser l'obscurité, elle reste inchangée. Ces mérites sont de même nature."

 

            Cette dixième section du Sutra en Quarante-deux Sections traite du mérite et de la vertu de "supporter les autres avec joie,"ce qui est un bienfait pour soi-même autant que pour les autres. Les mérites sont ainsi sans fin.  

            Le Bouddha a dit : "Quand vous voyez quelqu'un pratiquer la vertu du don, aidez-le avec la joie dans le cœur. Il y a trois manières de donner.  

            Tout d'abord, on peut donner des richesses, c'est ce qu'on appelle aussi "le don qui maintient la vie." On distingue richesse intérieure et richesse extérieure. Richesse intérieure fait référence au corps : tête, yeux, cerveau, moelle, peau, sang, chair, tendon et os. Par richesse extérieure, on entend or, argent, pierre précieuse, pays, ville, femmes, enfants... Si vous avez de l'or, vous pouvez le donner à d'autres personnes, si vous avez de l'argent, vous pouvez le donner à d'autres personnes; si vous avez des pierres précieuses, vous pouvez les abandonner à d'autres. Si vous avez une femme, vous pouvez la donner; si vous avez des enfants, vous pouvez les donner. [Ce don a pour but de concentrer ses efforts pour cultiver le Chemin.] C'est donner des objets extérieurs. Mais aussi, vos richesses intérieures, votre tête, vos yeux, votre cerveau, et n'importe quelle partie de votre corps peut- être donnée. Voilà ce que signifie donner des richesses.  

            La seconde manière de donner est d'offrir le Dharma, ce qui inclut la triple étude des préceptes, de la samadhi, et de la sagesse. Vous utilisez toutes les méthodes possibles pour donner le Dharma à toute sorte de gens afin qu'ils en retirent des bienfaits.  

            La troisième manière est de donner du courage.  Quand une personne a subi une catastrophe ou a vécu une expérience effrayante, vous pouvez dissiper son anxiété et alléger sa détresse. C'est donner du courage.  

            Si vous voyez quelqu'un pratiquer la vertu du don, si vous l'aidez avec joie, faisant éloge de son acte et montrant votre appréciation sincère, vous obtiendrez des mérites immensément grands. Votre rétribution en terme de mérites sera immense.  Si quelqu'un pas très intelligent dit: "Un instant! Si je donne et si les autres simplement montrent leur support, et obtiennent une quantité immense de mérite, est-ce que cela ne va pas diminuer mes propres mérites?" Anticipant cette sorte de raisonnement, ce qui suit est un dialogue qui met en lumière l'enseignement du Bouddha.  

            Un shramana demanda : "Y-a-t-il une fin à ces mérites?" Il dit: "Est-il possible que les mérites pourraient être volés par quelqu'un d'autre ?" En d'autres termes, la personne qui faisait le don à l'origine obtenait les mérites. Mais quand d'autres personnes la supportent avec joie, ces dernières obtiennent aussi des mérites immenses. Est-ce que le donateur pourrait garder ses mérites ou bien ses mérites seraient volés par d'autres?  

            Le Bouddha dit alors : "Considère la flamme d'une seule torche. Même si cent mille personnes l'utilisent pour allumer leurs propres torches et en utilisent le feu pour préparer leurs repas ou éradiquer l'obscurité, elle reste inchangée.  Bien qu'il n'y ait qu'une seule flamme, cent mille personnes peuvent toutes venir l'utiliser pour faire du feu. Elles partagent le feu et s'en servent pour chauffer leur nourriture et disperser l'obscurité. La flamme reste inchangée et ne disparaît pas.  Ces mérites sont de même nature.  La récompense en matière de mérites est de même. L'analogie se réfère à quelqu'un qui pratique le don dans sa poursuite du Chemin et qui peut recevoir le fruit de ses actes dans le futur. Chauffer la nourriture est analogue à recevoir le fruit du don. Disperser l'obscurité est similaire avec repousser les illusions causées par le triple empêchement: l'empêchement du karma, l'empêchement de la rétribution et l'empêchement des afflictions.  

            Cette comparaison montre que le mérite et la vertu issus de votre pratique du don permettront à vous et aux autres d'atteindre le fruit du Chemin. Vous serez capable de balayer les trois obstacles et les gens qui partagent leur support avec vous avec joie le pourront aussi. Tout le monde aura sa récompense appropriée.

SECTION 11

LA PROGRESSION MULTIPLE DES MERITES 

DANS LE DON  DE NOURRITURE

 

            Le Bouddha a dit : "Donner de la nourriture à cent personnes malfaisantes n'est pas aussi méritoire que de donner de la nourriture à une personne bonne. Donner de la nourriture à mille gens de bien n'est pas aussi méritoire que de donner de la nourriture à une unique personne qui respecte les cinq préceptes. Donner de la nourriture à dix mille personnes qui tiennent les cinq préceptes n'est pas aussi méritoire que d¡¦offrir de la nourriture à un unique Srotaapanna. Donner de la nourriture à un million de Srotaapannas n'est pas aussi méritoire que de donner de la nourriture à un unique Sakradagamin. Donner de la nourriture à dix millions de Sakradagamin n'est pas aussi méritoire que de donner de la nourriture à un unique Anagamin. Donner de la nourriture à cent millions d'Anagamin n'est pas aussi méritoire que de donner de la nourriture à un unique Arhat. Donner de la nourriture à un milliard d'Arhats n'est pas aussi méritoire que de donner de la nourriture à un unique Pratyekabouddha. Donner de la nourriture à dix milliards de Pratyekabouddhas n'est pas aussi méritoire que de donner de la nourriture à un Bouddha des trois périodes du temps. Donner de la nourriture à cent milliards de Bouddhas des trois périodes du temps n'est pas aussi méritoire que de donner de la nourriture à une seule personne qui est sans pensée, sans demeure, sans cultivation et sans accomplissement."

 

            Cette onzième section du sutra compare les champs supérieurs et inférieurs de mérites et fait comprendre aux gens les aspects supérieurs et inférieurs de la pratique du don.  

            Le Bouddha a dit : "Donner de la nourriture à cent personnes malfaisantes n'est pas aussi méritoire que de donner de la nourriture à une personne bonne. La section précédente parlait de la pratique du don en termes généraux, mais quand on donne, l'important est de savoir la manière de le faire. Ce sera peine perdue si vous voulez semer des champs de mérites, mais ne le faites pas de la bonne manière en plein accord avec le Dharma. C'est pourquoi le texte dit que donner de la nourriture à cent personnes malfaisantes n'est pas aussi méritoire que de donner de la nourriture à une personne bonne. Pourquoi? Parce que si vous nourrissez cent personnes mauvaises, tout ce qu'elles peuvent faire est du mal, et les ayant secouru, vous devenez leur complice. Mais si vous préparez de la nourriture pour un homme de bien, qui, après avoir mangé à sa faim, s'en va faire du bien, alors vous pourrez dire que vous l'avez aidé pour cela. C'est pourquoi votre don est plus méritoire dans ce cas.  

            Donner de la nourriture à mille gens de bien n'est pas aussi méritoire que de donner  de la nourriture à une unique personne qui tient les cinq préceptes. "La nourriture" ici inclut toutes sortes d'offrandes: aliments, boissons, joyaux, argent, même votre tête, vos yeux, votre cerveau, votre moelle. Si vous donnez votre propre corps ou votre existence pour aider les gens à faire de bonnes choses, alors ces bonnes actions ont été possibles grâce à vous. Mais si vous utilisez votre énergie pour aider les personnes mauvaises, vous ne faites en réalité que créer des offenses.  Ainsi, le mérite et la vertu obtenus dans le don de nourriture pour mille gens de bien sont moindre que donner à une seule personne qui tient les cinq préceptes.  

            Donner de la nourriture à dix mille personnes qui tiennent les cinq préceptes n'est pas aussi méritoire que de donner  de la nourriture à un unique Srotaapanna. "Personnes qui tiennent les cinq préceptes" sont  celles qui ont pris refuge dans le Triple Joyau, qui tiennent les cinq préceptes, et qui cultivent les dix bonnes actions. Donner de la nourriture à dix mille personnes qui respectent les cinq préceptes n'est pas aussi méritoire que de donner de la nourriture à un unique Srotaapanna, un sage du premier degré.  

            Donner de la nourriture à un million de Srotaapannas n'est pas aussi méritoire que de donner de la nourriture à un unique Sakradagamin. Donner de la nourriture à un million de Srotaapannas, sages du premier degré, n'est pas aussi méritoire que de donner de la nourriture à un sage du second degré, un Sakradagamin,  car ceux du premier degré ne savent rien de l'état d'esprit de ceux du second degré.  Les sages du premier degré ont déjà franchi le mur des illusions de vue ; mais ceux du deuxième degré se sont en plus purifiés des six sections de pensées illusoires du Monde du Désir. Ce point a été vu dans une section précédente. Ainsi, faire une offrande de nourriture à un Sakridagamin du deuxième degré est plus méritoire que de faire offrande à un million de Srotaapannas du premier degré.  

            Donner de la nourriture à dix millions de Sakradagamin n'est pas aussi méritoire que de donner de la nourriture à un unique Anagamin. Donner de la nourriture à des millions de sages du deuxième degré qui se sont purifiés des six catégories de pensées illusoires n'est pas aussi bien que de donner de la nourriture à un seul sage du troisième degré, qui s'est débarrassé de toutes les neuf catégories de pensées illusoires dans le Monde du Désir.  

            Donner de la nourriture à cent millions d'Anagamin n'est pas aussi méritoire que de donner de la nourriture à un unique Arhat. Faire des offrandes de nourriture à cent millions d'Anagamins du troisième degré n'égale  pas en mérite et vertu en faisant une offrande à un seul Arhat.  

            Donner de la nourriture à un milliard d'Arhats n'est pas aussi méritoire que de donner de la nourriture à un unique Pratyekabouddha.  Les Arhats sont Entendeurs de la Voix , parce qu'ils entendent le son de la voix du Bouddha et s'éveillent au Chemin. Un Pratyekabouddha est quelqu'un qui s'est éveillé aux conditions. Quand un Bouddha est dans le monde, les Pratyekabouddha contemplent la chaîne des douze conditions de la production conditionnée et s'éveillent au Chemin. Quand il n'y a pas de Bouddha dans le monde, on les surnomme "les éveillés solitaires", car ils sont illuminés par la contemplation de la nature illusoire et impermanente des dix mille phénomènes.  

            Donner de la nourriture à dix milliards de Pratyekabouddhas n'est pas aussi méritoire que de donner de la nourriture à un Bouddha des trois périodes du temps.  Si vous faites des offrandes à un Bouddha qu'il soit du passé, du présent ou de l'avenir, le mérite est beaucoup plus grand que quand vous les faites à ce grand nombre de Pratyekabouddhas.  

            Mais donner de la nourriture à cent milliards de Bouddhas des trois périodes du temps n'est pas aussi méritoire que de donner de la nourriture à une seule personne sans pensée, sans demeure, sans cultivation et sans accomplissement.  Faire des offrandes à tant de Bouddhas ne serait pas aussi bien que de les faire à une seule personne sans pensée, sans demeure, sans cultivation, sans accomplissement. Etre sans pensée veut dire penser et pourtant ne pas penser. Etre sans demeure veut dire demeurer là et pourtant ne pas y être. On pratique et pourtant on ne pratique rien; on atteint la réalisation et pourtant il n'y a pas de réalisation. Une telle personne a atteint le stade initial de l'Enseignement Parfait et est appelé le Grand Chevalier qui a Réalisé le Corps du Dharma. Elle manifeste les Huit Signes de la  Réalisation du Chemin et peut accomplir la  Bouddhéité  dans cent mondes.  

          Nous devons connaître à fond les divers principes du don et ses avantages qui se rapportent à chaque type d'individus. Ainsi, nous devons nous entourer de gens de bien et de sagesse et apprendre leur connaissance et leurs points de vue justes.  Au contraire, si l'on reste parmi les gens de mal, on finit par apprendre leur connaissance et leurs points de vue déviants. Si l'on fait des offrandes aux gens de mal, on commet des offenses. Si l'on fait des offrandes aux gens de bien, alors, on crée des mérites et des vertus. C'est quelque chose que nous devons savoir.

 

SECTION 12

UNE LISTE DES DIFFICULTES ET

UNE EXHORTATION A LA CULTIVATION

           

            Le Bouddha a dit : "Les gens rencontrent vingt sortes de difficultés:

                                    Il est difficile de donner quand on est pauvre;

                                    Il est difficile pour le riche et le puissant de suivre le Chemin;

                                    Il est difficile de abandonner l'existence et de faire face

                                                à  une mort inéluctable;

                                    Il est difficile de rencontrer les Sutras du Bouddha;

                                    Il est difficile d'être né à la même époque qu'un Bouddha;

                                    Il est difficile de maîtriser luxure et désirs;

                                    Il est difficile de voir des choses attirantes sans les rechercher;

                                    Il est difficile d'être insulté et de ne pas s'emporter;

                                    Il est difficile d'avoir du pouvoir et de ne pas en abuser;

                                    Il est difficile d'être au contact d'objets sans former de pensées;

                                    Il est difficile d'être très savant et très bien informé;

                                    Il est difficile de se débarrasser de son autosatisfaction;

                                    Il est difficile de ne pas mépriser l'ignorant;

                                    Il est difficile de pratiquer l'équanimité de l'esprit;

                                    Il est difficile de ne pas faire des commérages. 

                                    Il est difficile de trouver de sages conseillers;

                                    Il est difficile de voir à travers sa nature et de suivre le Chemin;

                                    Il est difficile d'éduquer et sauver les gens selon leurs potentiels;

                                    Il est difficile de ne pas être détourné par les événements.

                                    Il est difficile d'avoir une bonne maîtrise en moyens expédients."

 

             Le Bouddha a dit : "Les gens rencontrent vingt sortes de difficultés." Tout le monde a vingt sortes de difficultés. Par difficultés, on entend tout ce qui est défavorable; par opposition, quelque chose de facile est simple à faire, en conformité avec la situation - plus facile à entreprendre pour les gens.  

            La première des difficultés est qu'il est difficile de donner quand on est pauvre. Si vous avez de l'argent, c'est très facile de donner, parce que si vous donnez une petite somme, ce n'est jamais vraiment un gros sacrifice. Mais donner quand on n'a absolument pas d'argent, voilà ce que c'est que donner au sens le plus plein du terme. Ce qui compte, c'est de faire des choses qui sont impossibles à faire. N'importe qui peut faire ce que tout le monde peut faire, et cela n'a pas de valeur particulière. L'être qui sort de l'ordinaire est celui qui fait ce qui est impossible et ce que les autres sont incapables de faire; il transcende le commun des mortels.  

            Il est difficile de donner quand on est pauvre et l'histoire suivante illustre ce principe. Elle parle d'une personne très, très pauvre qui vivait à l'époque du Bouddha Sakyamouni. Pourtant, malgré sa pauvreté, il était marié et vivait avec sa femme. Ainsi chaque conjoint possédait au moins l'autre, mais leur quotidien n'en était pas moins très difficile. Ils avaient un endroit pour vivre, une petite hutte, mais ils n'avaient rien à manger ni aucun vêtement à se mettre. C'est là le degré de pauvreté dans lequel ils se trouvaient. Ils mendiaient leur nourriture. Chaque jour ils parcouraient les rues et mendiaient auprès des gens. Dans le fond, mendier n'était pas si gênant pour eux, mais le plus embarrassant dans la chose était que le couple n'avait rien pour se vêtir. Pour être plus juste, ils n'avaient rien, sinon un unique pantalon, qu'ils devaient se partager. Un jour, le mari le mettait et allait mendier, le jour suivant, sa femme s'en allait et revêtait à son tour le pantalon. Dans ce cas-là, son mari, qui était resté à la maison, ne portait rien. De cette façon, ils arrivaient à survivre au jour le jour. On peut dire à juste titre qu'ils étaient aussi pauvres qu'à leur naissance.

            A cette époque, un Pratyekabouddha jeta un coup d'œil sur les causes et conditions de ce couple,- Pratyekabouddhas ont le super-savoir de la connaissance des vies passées--  et vit qu'ils étaient dans cet état de misère dans cette existence, parce qu'ils avaient été incapables de donner dans leurs vies passées. Le Pratyekabouddha se mit à penser : "Il faut que j'essaie d'emmener ces deux personnes sur l'autre rive." Il fit le voeu de les conduire sur l'autre rive en les aidant à semer des germes de mérites. Ainsi donc, le Pratyekabouddha qui avait pris l'apparence d'un Bhikshu, alla mendier au seuil de la hutte de ce couple. Il attendit là avec son bol d'aumônes à la main. Le couple le remarqua, mais ils n'avaient pas de nourriture ni rien à boire à lui donner, et comme vêtement pour eux deux, ils n'avaient qu'un pantalon.

            Le mari dit à sa femme : "Il faudrait que nous fassions quelque offrande pour planter des mérites. Pourquoi crois-tu que nous sommes aussi pauvres ? Parce que nous avons été incapables de donner dans le passé. Donnons maintenant."

            Sa femme lui répondit : "Donner ? Très bien, mais que possédons-nous que nous puissions lui donner ?"  

            Son mari dit: "Eh bien... Nous avons notre pantalon. Nous pourrions le donner à ce Bhikshu." A cette mention, son épouse s'énerva. "Tu as perdu la tête! Nous n'avons que ce pantalon et si nous le donnons à ce Bhikshu, nous ne pourrons plus aller mendier. Comment pourrions-nous nous montrer sans être indécents?"  

            Le mari dit : "C'est vrai. Ce n'est pas facile du tout, mais nous ne devrions pas penser qu'à nous dans cette histoire. Donnons le pantalon au Bhikshu, et si aucun de nous deux n'est capable de sortir mendier, nous resterons ici et nous nous laisserons mourir de faim. Nous mourrons de faim, c'est tout. Pourquoi faire autant de cas pour si peu ? Regarde: le Bhikshu attend."

            Il exhorta sa femme de cette manière, et en l'écoutant sa femme se mit à soupirer et dit : "OK, tu veux donner. Alors donne." Et c'est ce qu'ils firent: ils passèrent le pantalon par la fenêtre et le tendirent au Bhikshu. Le Bhikshu qui avait atteint la réalisation de Pratyekabouddha, porta le pantalon à Shakyamouni, et lui fit l'offrande du pantalon. Il lui expliqua : "Je viens de recevoir ce pantalon d'une famille très pauvre. C'est tout ce qu'ils avaient chez eux mais ils me l'ont quand même donné."  

            Shakyamouni Bouddha prit le pantalon et dit à l'adresse de tout le monde : "Voilà un exemple de grande vertu et mérite. Un couple très pauvre n'avait rien d'autre que ce pantalon, mais ils ont été capables de l'offrir à ce Bhikshu, qui est en réalité un Pratyekabouddha: les mérites qu'ils en retireront dans le futur seront donc immenses."  

            Le roi du pays était à ce moment-là présent dans l'assemblée de Shakyamouni Bouddha. Quand il entendit qu'il y avait dans son propre pays des gens aussi pauvres, des gens sans rien à manger, ni rien à se mettre, tandis que lui mangeait son content, vivait dans un palais, était vêtu de manière élégante; et il se sentit très honteux. Comment pouvait-il répondre de cela à son peuple? Pour alléger ses regrets, il dépêcha ses envoyés auprès de cette famille pauvre, avec du riz, de la farine, et beaucoup d'autres sortes de nourriture et de vêtements. Le couple se vit donc immédiatement récompensé pour le don du pantalon. Pour avoir donné tout ce qu'ils possédaient, ils recevaient maintenant tout ce qu'ils avaient voulu. Plus tard, ils eurent l'opportunité de voir le Bouddha. Le Bouddha parla du Dharma pour eux et sitôt qu'il l'eut fait, la paire se qualifia au premier degré d'Arhat.

            Ainsi, pratiquer le don est difficile quand on est pauvre. Si vous pouvez donner quand étant en difficulté, alors c'est donner  avec un coeur vraiment sincère. Plus grande est la difficulté, plus de valeur a l'offrande. Un autre exemple: les gens ne supportent pas les réprimandes. C'est plus amer pour eux que le plus amer des médicaments. Mais si vous êtres capables de  les supporter, alors vous vous comportez de manière vertueuse. Ou bien, vous n'aimez pas qu'on vous bat  mais quand quelqu'un le fait, vous endurez la souffrance en silence et pensez, "Il est pour moi un conseiller plein de sagesse, car il m'aide à payer en retour mes torts, à me sortir de l'océan des souffrances. Il est vraiment un excellent et sage conseiller." En toute situation considérez ce qui vous arrive avec lucidité. Les gens qui vous critiquent sont réellement vos amis bons et sages. Quand des gens vous louent, ne soyez pas comme un enfant qui est tout content quand on lui donne des bonbons.  

            Le Bouddha a dit qu'il y a vingt sortes de difficultés. En réalité, il y en a beaucoup plus que dans la vie. Etre capable de résoudre  les difficultés quand elles surviennent, c'est avoir une véritable compréhension du Bouddhadharma.  

            Il est difficile pour le riche et le puissant de suivre le Chemin. "Riche" se passe d'explication. "Puissant" signifie avoir un statut social et de l'influence sur beaucoup de gens. Vous êtes riche et respecté, et bien sûr votre vie est très agréable. Ce n'est pas aussi dur que pour le couple dont je viens de parler et qui n'avait qu'un pantalon. Vous avez beaucoup de vêtements à mettre, beaucoup d'argent à dépenser et outre cela, vous avez de la famille haut placée, ou des amis influents. Si telle est votre situation dans la vie, alors il va être très difficile de vous apprendre à travailler dur; à quitter la vie en maison, et à suivre le Chemin. Pourquoi ? Parce que vous avez tout ce que vous voulez, votre vie est très agréable, et vous avez beaucoup de liberté. Prenez le cas d'un tel individu qui vit dans une maison qui ressemble au palais de l'empereur, qui mange du fin gourmet que la plupart des gens ne peuvent s'offrir: il n'est pas chose facile de le convaincre de pratiquer le Chemin.  

            Il est difficile d'abandonner l'existence et de faire face à une mort inéluctable. Abandonner l'existence veut dire que peut-être vous ne voulez plus vivre, mais qu'il n'est pas assuré que vous arriviez à vos fins. Par exemple, vous voulez vous suicider en prenant des somnifères, mais n'en absorbez pas assez, et donc restez en vie. Vous êtes las de vivre et préférez mourir, mais vous n'êtes pas nécessairement capable de le faire. Ce ne serait pas le cas que quand quelqu'un en a assez de vivre, il peut définitivement mourir!  

            Il y a cependant une autre manière de comprendre cette section. Si vous ne voulez pas vivre, vous pouvez certainement mourir. Mais même si vous voulez vivre et vous prenez tous les moyens de prolonger votre vie et d'éviter  la mort, vous ne le pouvez pas.  Personne vit pour toujours et ne vieillit. Tout le monde doit mourir. C'est pourquoi le Bouddha dit qu'il est difficile de quitter la vie, de faire face à une mort certaine.  

            Il est difficile de rencontrer les Sutras du Bouddha. Ne considérez pas avec légèreté la possibilité qui vous est donnée de pouvoir écouter et lire les Sutras. Ce n'est pas quelque chose de simple.             

            L'inégalé, subtil et merveilleux Dharma

            Rarement est rencontré en des millions de kalpas.

            Maintenant que je puis le voir et l'entendre, et de le recevoir, 

            Je fais le voeu de comprendre le véritable, authentique message du Tathagatha.

 

            Méditez cela. Il n'est guère facile de rencontrer les Sutras du Bouddha, et il n'est pas non plus facile d'obtenir un corps humain. Et pourtant, dans cette même existence, nous avons un corps humain, nous avons rencontré les Sutras et écouté des commentaires de ces derniers. C'est la conséquence des bonnes racines que nous avons plantées il y a de cela une infinité de kalpas.           

            Il est difficile d'être né à la même époque que le Bouddha.  Ce n'est pas non plus facile. Bien que le Bouddha soit entré dans le Nirvana, son enseignement reste encore et nous pouvons l'étudier et le cultiver. Notre chance est énorme!  

            Il est difficile de maîtriser luxure et désirs. Luxure et désir se rapportent à l'amour et le désir émotionnel entre hommes et femmes. Ceci n'est point facile à subjuguer, car les gens ordinaires pensent toujours que c'est biologiquement naturel que hommes et femmes aient des rapports. Pour eux, c'est dur de résister ces fortes envies et d'avoir la patience de n'être pas entraînés par les tentations. Ils pourraient être patients une ou deux fois, et puis sont las de continuer. Alors, ils se laissent entraînés : ce n'est pas facile de résister la luxure et le désir.

            Il est difficile de voir des choses attirantes sans les rechercher. Quand on voit quelque chose qui nous plaît, on en a tous envie. C'est pourquoi il est très difficile de voir les bonnes choses sans les vouloir.

            Il est difficile d'être insulté et de ne pas s'emporter. Tout à coup, quelqu'un sans raison valable s'énerve contre vous, vous insulte, ou encore vous frappe. S'il vous maltraite et vous humilie, c'est très difficile de ne pas vous mettre en colère et de rester calme comme si rien n'arrive. Mais si vous le pouvez, alors vous êtes quelqu'un qui a parcouru le Chemin jusqu'au bout. Vous êtes reçu.  

            Il est difficile d'avoir du pouvoir et de ne pas en abuser. Par exemple, un fonctionnaire fait tuer quelqu'un sur un simple caprice. C'est de l'abus de pouvoir. Vous usurpez les droits de quelqu'un d'autre. Ne pas abuser du pouvoir, c'est le posséder tout en continuant à respecter les gens: vous ne vous mettez pas à faire du mal aux gens, ou à les opprimer sur un mouvement d'humeur. S'abstenir d'abuser de son pouvoir est juste, mais difficile à mettre en pratique.  

            Il est difficile d'être au contact d'objets sans former de pensées. Quoiqu'il arrive, vous vous en occupez sans avoir d'arrière - pensée. Vous faites face à chaque situation sans anxiété aucune. Quand la chose est résolue, vous restez calme. En d'autres termes, "Quand un événement arrive, vous réagissez. Quand il passe,  vous  êtes calme." C'est "n'avoir aucune pensée". Vous êtes sans attachements, vous n'avez pas de pensées impropres.  

            Il est difficile d'être très savant et très bien informé. Ceci veut dire qu'il n'est pas non plus facile de beaucoup étudier et faire des recherches.  

            Il est difficile de se débarrasser de son autosatisfaction. Tout le monde est satisfait de ce qu'il est, et si vous voulez vous débarrasser de l'orgueil, vous vous rendez compte que ce n'est pas facile.  

            Il est difficile de ne pas mépriser l'ignorant. Voilà quelque chose que ceux qui ont quitté la vie à la maison devraient par dessus tout garder dans la tête. Vous ne devez pas mépriser les gens qui n'ont pas encore étudié le Bouddhadharma. Vous ne devez pas les regarder de manière hautaine, et être impoli. Si vous rencontrez quelqu'un qui ne comprend pas le Bouddhadharma, utilisez toutes les méthodes possibles d'enseignement et transformez-le. Dans le Bouddhadharma, il y a une liste de quatre choses qu'on ne peut pas ignorer. Le Bouddha en a souvent parlé. Quelles sont-elles?  

            1. Tout d'abord, une flamme. Même si elle est petite, vous ne pouvez pas être désinvolte et négligent au point de l'ignorer. Si vous ne lui prêtez aucune attention, elle pourrait très bien tout brûler.

            2. La deuxième chose est un dragon. Même s'il est petit, vous ne pouvez pas non plus l'ignorer parce qu'il peut changer de taille et devenir énorme, grâce à ses super-pouvoirs et ses transformations.

            3. La troisième chose est un prince. Même s'il est jeune, vous n'avez pas le droit de l'ignorer car plus tard,  fils de roi, il sera lui-même roi.

            4. La dernière chose est un Shramana. Bien qu'il est jeune dans le Bouddhadharma,  vous ne pouvez pas l'ignorer car dans l'avenir, il deviendra un Bouddha.  C'est facile de mépriser ceux qui n'ont pas encore étudié le Bouddhadharma, mais gardez-vous bien de ne pas le faire.            

            Il est difficile de pratiquer l'équanimité de l'esprit. Pratiquer la compassion et l'équanimité n'est pas aisé; cependant, mettez vous à l'ouvrage et essayez d'en avoir.  

            Il est difficile de ne pas faire des commérages. Certaines gens adorent bavarder et faire des commérages.  S'en abstenir n'est pas facile,  mais apprenez à le faire.  

            Il est difficile de trouver de sages conseillers. Il est difficile de rencontrer un sage conseiller. Regardez autour de vous pour voir combien de gens pratiquent le Chemin: la plupart des gens que vous rencontrez ont l'esprit embourbé et confus. Un authentique guide spirituel n'a pas l'esprit confus. Il ne vous permettra pas d'aller sur la mauvaise pente. Les pratiquants du Chemin doivent certainement écouter les instructions d'un sage conseiller. Avant d'avoir vous-même atteint la réalisation, si vous ne faites que suivre vos propres penchants, vous faites une erreur. Cette manière d'agir vous attire des obstructions diaboliques et vous entraîne vers la chute. C'est pourquoi vous devez vraiment vous entourer d'un conseiller plein de sagesse et écouter ses instructions. Pourtant, il est difficile de trouver un sage conseiller.  

            Il est difficile de voir à travers sa nature et de suivre le Chemin. Il n'est pas facile pour les personnes qui étudient le Chemin de comprendre leur esprit et de voir leur nature. Si vous êtes capable, grâce à votre pratique du Chemin, de voir votre véritable nature, vous avez accompli ce qui n'est pas aisé à faire.  

            Il est difficile d'éduquer et sauver les gens suivant leurs potentiels. Eduquer et transformer les autres d'une manière appropriée en accord avec les conditions et les affinités n'est pas une chose facile.  

            Il est difficile de ne pas être affecté par les événements. Peu importe quelle situation vous arrive, si vous n'êtes pas affecté mais vous êtes capable de la maîtriser, alors vous avez fait quelque chose difficile à faire. 

            Il est difficile d'avoir une bonne maîtrise en moyens expédients. Savoir quels moyens expédients doivent être utilisés pour éduquer et transformer les êtres vivants est quelque chose qui n'est pas non plus facile.  

 

SECTION 13

QUESTIONS SUR LE CHEMIN ET LES VIES PASSEES

 

            Un Shramana demanda : "Quelles sont les causes et les conditions qui permettent de connaître les vies passées, et qui donnent l'entendement nécessaire à la réalisation du Chemin?"

           

            Le Bouddha dit alors : "C'est la purification de l'esprit et la maîtrise de la volonté qui mènent à l'entendement du Chemin. Quand tu polis un miroir, la poussière est enlevée et il ne reste que l'éclat. De même, si tu te purifies de tout désir et ne recherches rien, alors tu pourras connaître les vies passées."

 

            Cette treizième section montre aux gens comment acquérir connaissance des vies passées et compréhension du Chemin.  

            Un Shramana demanda : "Quelles sont les causes et les conditions qui permettent de connaître les vies passées, et qui donnent l'entendement nécessaire à la réalisation du Chemin?" "Quelles causes et conditions, quelles portes de Dharma faut-il cultiver afin d'obtenir la connaissance des vies passées? Par quels moyens peut-on saisir les vrais principes?"  

            Le Bouddha dit alors : "C'est la purification de l'esprit et la maîtrise de la volonté qui mènent à l'entendement du Chemin." Le Bouddha dit : "Que vos pensées soient pures. Maîtrisez votre volonté. Si vous faites un voeu, respectez-le. Vous ne pouvez pas faire des voeux et les oublier au bout de quelques jours. Vous ne pouvez non plus les annuler après quelques temps, car cela dénote du manque de fermeté. Si vous êtes capable de purifier vos pensées, de chasser l'obscurité qui règne dans votre esprit--toutes les pensées illusoires, l'avidité, la haine et la stupidité--et si vous maîtrisez votre volonté, vous en viendrez tout naturellement à comprendre le vrai Chemin, le plus haut Chemin. A quoi cela ressemble-t-il ? Je vais vous faire une analogie.  

            Quand tu polis un miroir, la poussière est enlevée et il ne reste que l'éclat. C'est semblable à un miroir que vous nettoyez: la poussière s'en va et laisse un miroir brillant. L'apparition d'une surface brillante représente la connaissance des vies passées. De même, si tu te purifies de tout désir et ne recherches rien, alors tu pourras connaître les vies passées." Si vous pouvez purifier vos pensées et vos désirs et atteindre l'état dans lequel on ne recherche rien, alors vous obtiendrez le pouvoir de la connaissance des vies passées. C'est pourquoi ceux qui cultivent le Chemin ne doivent certainement pas avoir un esprit vagabond, ni de pensées illusoires. Si vous pouvez vous débarrasser des pensées confuses ou dispersées, alors quelle que soit la porte de Dharma que vous pratiquez, vous serez capable de réussir rapidement. Mais si vous avez des pensées confuses ou dispersées, ainsi que de l'avidité, de la haine, de la stupidité tout plein l'estomac, alors, n'importe quelle porte de Dharma vous cultivez, vous serez incapable d'obtenir la réponse escomptée. Quand nous pratiquons le Bouddhadharma, nous devons en premier lieu nous purifier du désir et nous défaire de l'amour.  Coupez les pensées de désir, et  ne recherchez rien. Le désir de quoique ce soit est en lui-même souffrance, car si vous ne pouvez pas l'obtenir, vous souffrirez. C'est quelque chose auquel tout le monde devrait prêter attention.  

            Quand nous cultivons le Chemin, qu'est-ce que nous cultivons? Nous cultivons l'élimination des pensées illusoires et notre propension au désir. Cela demande du talent. Si vous vous lavez de la jalousie, des empêchements, de l'avidité, de la haine, et de la stupidité, alors vous pourrez obtenir le pouvoir de la connaissance des vies passées.

 

SECTION 14

                                 QUESTIONS SUR LE BIEN ET LA GRANDEUR   

 

            Un Shramana demanda au Bouddha: "Qu'est-ce que le bien ? Quelle est la plus grande des grandeurs ?" Le Bouddha dit: "Pratiquer le Chemin et soutenir la vérité, là est le bien. Unir sa volonté avec le Chemin, là est la grandeur."

 

            Cette quatorzième section explique qu'il est rien de meilleur qu'une pratique sincère du Chemin. "Grandeur" est la réalisation certifiée des vrais principes. C'est la plus grande  des grandeurs.  

             Un Shramana demanda : "Qu'est-ce que le bien ?"  "Quelle est la meilleure chose ? Que faut-il faire ?" Quelle est la plus grande des grandeurs? Quelle est la chose la plus imposante, la plus importante, la plus essentielle?  

            Le Bouddha dit: "Pratiquer le Chemin et soutenir la vérité, là est le bien.  Si vous êtes capable de cultiver l'authentique Bouddhadharma, c'est très bien. Ne suivez pas des pratiques déviantes, des religions qui vous mènent en dehors de l'esprit. Qu'est-ce que l'authentique Bouddhadharma ? C'est ne pas être égoïste, c'est avoir une grande ouverture d'esprit dédié au bien public,  c'est laisser tomber votre discrimination entre votre "Moi" et les autres. N'entretenez pas l'idée d'ego. Ne soyez pas égoïste, ne soyez pas à la recherche de votre profit personnel. Chaque mouvement que vous faites doit être pour vous une occasion de pratiquer le Chemin du Bodhisattva et de distribuer des bienfaits à tous les êtres vivants.  

            Ce que vous comprenez,- peu importe la quantité, doit être enseigné aux autres. Ce que vous obtenez comme bienfait, vous voulez que les autres aussi en aient leur part. Etre désintéressé, ne pas penser qu'à son profit personnel, voilà la plus grande des grandeurs. Pratiquer le Chemin, soutenir la vérité, c'est cultiver des principes authentiques, et non pas des dharmas vides et sans substance. Dans votre pratique, vous devez saisir le vrai principe, sinon, vous ne pouvez soutenir la vérité. Soutenir la vérité est la meilleure des choses.  

            Unir sa volonté avec le Chemin, là est la grandeur."   Quand votre volonté et le Chemin que vous cultivez ne font qu'un, vous pouvez  réaliser le fruit d'un sage. Vous pouvez peut-être atteindre la position d'un Arhat, ou trotter le Chemin d'un  Bodhisattva. C'est là la plus grande  des grandeurs.

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SECTION 15

QUESTIONS SUR LA FORCE ET LA SPLENDEUR

 

            Un Shramana demanda au Bouddha: "Quelle est la plus grande force, quelle est la plus haute splendeur?"

 

            Le Bouddha dit : "La patience sous l'insulte est la plus grande force car ceux qui sont patients n'abritent pas la haine, mais sont de plus en plus paisibles et forts. Ceux qui sont patients sont sans malignité et seront tenu en honneur.

 

            "Quand les souillures de l'esprit sont complètement lavées, le rendant pur et sans tache, voilà la plus éclatante splendeur. Quand il n'est rien dans l'une quelconque des dix directions de l'espace, rien d'avant la formation du ciel et de la terre ni rien aujourd'hui, que tu ne vois, connais, ni n'entend, quand tu obtiens l'omniscience, voilà ce que l'on appelle splendeur."  

 

            Cette quinzième section nous montre que la patience est la plus grande des forces. Elle peut purifier toutes les souillures et donner de la profondeur à notre compréhension des choses.  

            Un Shramana demanda : "Quelle est la plus grande force ?" Il demanda au Bouddha : "Qu'est-ce qui est le plus fort de tout? Quelle est la plus haute splendeur ? Qu'est-ce qui est le plus brillant et le plus sage ?  

            Le Bouddha dit, en répondant à la question:"La patience sous l'insulte est la plus grande force. Si vous pouvez être patient sous l'insulte, alors votre force est grande. Si vous n'y arrivez pas, alors vous n'avez aucune force. La patience sous l'insulte est infinie. Pourquoi? Car ceux qui sont patients n'abritent pas la haine. La force du bien est incompatible avec le mal. Elle est complètement bonne, et en conséquence, elle est inépuisable.  

            Il est dit que ce qui est souple peut venir à bout de ce qui est dur; celui qui sait plier survivra à l'obstiné. Je vous demande souvent : "Pourquoi est-ce que les dents tombent ?" Parce qu'elles sont  dures . "Pourquoi est-ce que la langue ne tombe pas ?" Parce qu'elle est molle. Vous pouvez vivre jusqu'à cent ans, vous ne rencontrerez personne dont la langue soit tombée, bien qu'il soit possible qu'il n'ait plus de dents. La langue sait céder et endurer; c'est la plus grande force. Mais sont de plus en plus paisibles et forts. En plus, une personne patiente devient calme, bien portant, et robuste.  

            Ceux qui sont patients sont sans malignité et seront tenu en honneur. Si vous êtes patient sous l'insulte,  vous êtes incapable de faire du mal et vous gagnerez avec certitude le respect des gens.  

            Quand les souillures de l'esprit sont complètement lavées. Quand  vous mettez un terme à l'égoïsme, à la recherche du bénéfice personnel, l'avidité, la haine, la stupidité,  et à toute autre pensée passionnée et impure de la même espèce, le rendant pur et sans tache,  votre esprit devient pur, sans fautes, sans souillures. Cet esprit pur, voilà la plus éclatante splendeur. Si vous pouvez vous débarrasser de tout ce qui obscurcit votre esprit, alors vous pourrez obtenir la plus grande splendeur, c'est la sagesse suprême.  

            "Quand les souillures de l'esprit sont complètement lavées, le rendant pur et sans tache, voilà la plus éclatante splendeur. Quand il n'est rien dans l'une quelconque des dix directions de l'espace, rien d'avant la formation du ciel et de la terre ni rien aujourd'hui, que tu ne vois, connais, ni n'entend, quand tu obtiens l'omniscience, voilà ce que l'on appelle splendeur." Depuis le temps immémorial, partout dans les dix directions, il n'existe rien qui ne soit vu, ni rien qui ne soit connu. Depuis les éons sans commencement jusqu'au présent, vous connaissez tout ce qui s'est passé et il n'y a rien que vous n'ayiez entendu. Comment pourriez-vous l'être? Puisque vous avez acquis l'omniscience et cette omniscience est la seule qui compte comme  entendement authentique, compréhension authentique, et sagesse authentique.

 

SECTION 16

REJETER L'AMOUR ET ATTEINDRE LE CHEMIN

 

            Le Bouddha a dit : "Les gens qui chérissent l'amour et le désir ne voient pas le Chemin. Remue de l'eau claire avec ta main: ceux qui sont proches de l'eau ne peuvent plus voir leurs reflets. De même, les gens, qui sont immergés dans l'amour et le désir ont l'esprit turbide et à cause de cela, ne peuvent voir le Chemin. Vous, Shramanas, devez rejeter amour et désir. Quand la souillure de l'amour et du désir disparaît, vous pourrez voir le Chemin."

 

            Cette seizième section explique l'esprit des personnes ordinaires. "L'eau de l'esprit est fondamentalement pure et  limpide. Mais si vous l'agitez, elle n'est plus limpide. D'où provient cette limpidité? Du Chemin. Ce qui n'est pas limpide et pur, c'est l'amour et le désir. Le désir nous aveugle et nous empêche de comprendre notre esprit et de voir notre nature. Le désir est ce qui nous empêche de voir le Chemin et d'atteindre la réalisation. Le premier degré d'Arhat est le stade où "l'on voit le Chemin."  

            Le Bouddha a dit : "Les gens qui chérissent l'amour et le désir ne voient pas le Chemin."   Ce qui est recelé dans les profondeurs de l'esprit de certaines gens est par dessus tout amour et désir. Il se peut qu'ils pratiquent le Chemin, mais ils ne le comprennent pas. D'un côté, ils pratiquent; de l'autre, ils se laissent aller. On vous dit de ne pas avoir de désir et d'amour, mais ces derniers ne font que croître. C'est remuer de l'eau claire avec sa main. A quoi cela ressemble-t-il? C'est comme remuer de l'eau limpide jusqu'à ce qu'elle se trouble. L'eau claire contient du sable et de la vase: dans le cas contraire, elle ne se troublerait pas quand vous la remuez. Quels sont ce sable et cette vase ? Ce sont amour et désir, qui une fois dominant votre esprit, le rendent obscur. Ceux qui sont proches  de l'eau ne peuvent plus voir leurs reflets. L'eau ne reflète plus leur image. Dès que vous remuez de la vase dans de l'eau, c'est à dire, dès que vous faites surgir amour et désir, ceux qui sont proches de l'eau ne peuvent plus voir leurs reflets. Pourquoi ne voyez-vous pas le Chemin? Parce que désir et amour l'obscurcissent.    

            De même, les gens, qui sont immergés dans l'amour et le désir ont l'esprit turbide. Du matin au soir, leur esprit est accaparé par des pensées impures d'amour et désir et devient si embrouillé que tout ce qu'ils peuvent penser n'est jamais que variation de cet unique thème. Leur esprit troublé fait disparaître leur sagesse, et ils ne peuvent voir le Chemin. Vous cultivez jour après jour, mais n'arrivez à aucun résultat et ne voyez pas le Chemin. Pourquoi? A cause des pensées d'amour et de désir. Sans eux, vous seriez capables de voir le Chemin rapidement.  

            C'est pourquoi le Bouddha a dit : Vous, Shramanas, devez rejeter amour et désir. Le mot Shramana comprend tous les Bhikshus et Bhikshunis du présent. Ils doivent tous abandonner amour et désir. Mais cela ne veut pas dire qu'en parlant de l'amour et du désir, un homme doit dire: "Je déteste les femmes. Quand je vois une femme, je me mets en colère et la renvoie." Ce n'est pas la bonne manière de réagir. Que faut-il faire? Il faut que quand vous regardez, tout se passe comme si vous ne regardiez pas, et quand vous entendez, tout soit comme si vous n'entendiez pas. Il n'y a pas de raison à mépriser l'amour et le désir. Simplement ne pas laisser influencé et oscillé par eux. Rejeter l'amour et le désir signifie les donner. C'est comme donner de l'argent: une fois l'argent donné, vous n'en avez plus. A qui devez vous donner amour et désir? Rendez les à votre père et votre mère. Quand la souillure de l'amour et du désir disparaît, quand la turbidité et l'impureté de l'amour et du désir sont parties, alors vous pourrez voir le Chemin.  Votre cultivation ?pratique vous mènera à voir le Chemin et réaliser le fruit du Chemin.

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SECTION 17

QUAND LA LUMIERE VIENT , LES TENEBRES S'EN VONT

 

            Le Bouddha a dit : "Celui qui voit le Chemin est comme quelqu'un qui tient une torche et entre dans une chambre obscure: les ténèbres sont dispersées et il n'y a plus rien que la lumière. Quand vous étudiez le Chemin et voyez la vérité, l'ignorance est dissipée  à jamais et la lumière reste pour toujours."

 

            La dix-septième section révèle que l'obscurité n'a pas d'existence indépendante et comme telle, une fois disparue, ne revient jamais. Quand vous voyez le Chemin, l'ignorance se dissipe.  

            Le Bouddha a dit : "Celui qui voit le Chemin est comme quelqu'un qui tient une torche et entre dans une chambre obscure: les ténèbres sont dispersées et il n'y a plus rien que la lumière.  Celui qui voit le Chemin est semblable à quelqu'un qui tient une torche et entre dans une chambre obscure et fait immédiatement disparaître l'obscurité: il n'y a plus que de la lumière. L'obscurité part à cause de la torche qui représente notre sagesse. Cela signifie que si nous avons de la sagesse,  vous pouvez briser l'ignorance qui est ici représentée par la chambre obscure. La sagesse illumine notre esprit.  

            Quand vous étudiez le Chemin et voyez la vérité, l'ignorance est dissoute à jamais et la lumière reste pour toujours." Si vous étudiez le Chemin et êtes capable de voir la vérité réelle, votre ignorance disparaît immédiatement et la sagesse est à jamais présente en vous.

 

 

SECTION 18

LA PENSEE ET LE RESTE ONT POUR ESSENCE LA VACUITE

 

            Le Bouddha a dit : "Mon Dharma est la pleine conscience qui est à la fois pleine conscience et non-pleine conscience. Il est la pratique qui est à la fois pratique et non-pratique. Il est des mots qui sont à la fois mots et non-mots. Il est cultivation du Chemin qui est à la fois cultivation et non-cultivation du Chemin. Ceux qui comprennent sont proches de mon Dharma. Ceux qui ont l'esprit confus sont certes bien loin. Mon Dharma n'est pas accessible par la route du langage. Il n'est pas entravé par ce qui est physique. Si vous vous en écartez qu'une largeur de cheveu initialement, vous le perdrez de vue dans l'instant qui suit."

 

            Cette dix-huitième section explique le rapport entre l'existence et la non-existence de la pleine conscience et de la cultivation.  

            Le Bouddha a dit : "Mon Dharma est la pleine conscience qui est à la fois pleine conscience et non- pleine conscience."  Le Bouddha dit, "Mon Dharma enseigne que seulement quand vous n'êtes pas en pleine conscience, vous l'êtes; et même cette pensée de "ne pas être en pleine conscience" est absente. C'est pourquoi mon Dharma est appelée la pleine conscience qui est à la fois pleine conscience et non- pleine conscience. Il est la pratique qui est à la fois pratique et non - pratique. Dans mon Dharma, la pratique est la "voie sans effort." Dans la pratique, vous ne voulez pas avoir d'attachement, même l'attachement à sa propre pratique. C'est comme sans rien pratiquer. Même l'ombre de cette pensée "sans pratique" devrait être débarrassée. 

            Il est des mots qui sont à la fois mots et non - mots. Ne vous attachez pas aux mots et au langage. En outre, débarrassez vous-même de votre intention de ne pas vous attacher aux mots et au langage. Il est cultivation du Chemin qui est à la fois cultivation et non-cultivation du Chemin.  C'est la "voie sans effort," cultiver et pourtant ne pas cultiver; atteindre la réalisation, et cependant ne rien atteindre. Toute pensée de culture du Chemin est absente. Cela veut dire que vous n'avez aucun attachement, que vous voyez que les attachements sont vacuité, au point même que la vacuité est vidée.  

            Ceux qui comprennent sont proches de mon Dharma. Comprendre quelque chose est en avoir l'esprit clair. Si vous comprenez cette doctrine, vous êtes proche du Chemin. Ceux qui ont l'esprit confus sont certes bien loin. Mais si vous ne réussissez à comprendre et êtes confus sur ce principe, alors vous serez certes bien loin du Chemin. A quoi ressemble le Chemin ultime? Je vais vous le dire. Mon Dharma n'est pas accessible par la route du langage.  Vous voulez en parler mais vous ne pouvez pas le représenter par des mots. Vous voulez y penser mais vous ne pouvez pas formuler la pensée. Vous êtes simplement incapable de parler de ses merveilles. En d'autres termes, il est dit que c'est "la fin des discours et l'arrêt du fonctionnement de la pensée." Ce à quoi l'esprit veut penser est disparu, et tout est absolument vide. Il n'est pas entravé par ce qui est physique. La matière est elle-même la substance de la Vraie Ainsité. Quand vous vous trouvez dans cet état, vous verrez que les montagnes, les fleuves, la terre, et les myriades de choses ne sont que la substance de base de la Vraie Ainsité et rien ne vous ferez obstacle. Si vous vous en écartez qu'une largeur de cheveu initialement. Si le chemin que vous cultivez erronément s'écarte seulement un tout petit peu de ce Dharma, vous le perdrez de vue dans l'instant qui suit. Vous le perdrez immédiatement et serez incapable de le retrouver.  Enfoncez vos obstacles et vous pouvez accéder à cet état.

 

SECTION 19

CONTEMPLER A LA FOIS LE VRAI ET LE FAUX

 

            Le Bouddha a dit : "Contemple le ciel et la terre et sois attentif à leur impermanence. Contemple le monde et sois attentif à son impermanence. Contemple l'éveil-nature: elle est la Bodhi.  Celui qui est conscient de cela atteint rapidement le Chemin."

 

            Dans la dix-neuvième section, le Bouddha enseigne le principe selon lequel tout vient de l'esprit seul. Nous devons abandonner ce qui est faux et retenir ce qui est vrai. Le ciel nous couvre au-dessus et la terre nous supporte en-dessous. Du point de vue des gens ordinaires, la terre et le ciel sont éternels et indestructibles. Mais ils ne le sont pas en réalité. Ils changent aussi: les cycles de change emporteront les vieux et emmèneront les jeunes. Ils ne sont pas permanents.  

            Le Bouddha a dit : "Contemple le ciel et la terre et sois attentif à leur impermanence.  Quand vous contemplez le ciel et la terre, vous remarquez qu'il fait parfois chaud, parfois froid. Quand le froid arrive, la chaleur s'en va. C'est le cycle des saisons: printemps, été, automne et hiver. Sur terre, les montagnes et les rivières sont sujets à des changements continuels et ne restent pas inchangées. Elles sont des dharmas qui sont produits, ensuite détruits, et par conséquent, impermanents. C'est pourquoi le Bouddha a dit qu'il faut être conscients de leur impermanence.  

            Contemple le monde et sois attentif à son impermanence. Le monde n'est pas statique: il change. En chinois, les caractères exprimant le concept "monde" suggèrent les idées de temps et de place. Tous les deux, temps et place sont sujets à la production et la destruction.  Aucun n'est permanent  ni indestructible. C'est pourquoi le texte dit "sois attentif à leur impermanence."           

            Contemple l'éveil-nature: elle est la Bodhi. Vous contemplez votre propre, brillante éveil-nature: c'est précisément la nature de Bodhi. Celui qui est conscient de cela atteint rapidement le Chemin." Si vous pouvez voir de cette manière et parvenir à une compréhension du Chemin, si vous êtes capable de connaître le Chemin tel qu'il est, alors vous l'atteindrez très rapidement. En d'autres termes, puisque vous comprenez ce principe, vous obtiendrez le Chemin. Mais si vous ne réussissez pas à le comprendre, vous n'obtiendrez pas le Chemin.

 

SECTION 20

SE RENDRE COMPTE QUE LE MOI  EST VRAIMENT VIDE

 

            Le Bouddha a dit : "Sois attentif aux quatre éléments à l'intérieur de ton corps. Bien que chacun ait un nom,  étant non-Moi, ils sont comme une illusion."

 

            La vingtième section enseigne les gens à contempler le corps humain en termes des quatre éléments, afin de se rendre compte que le corps est comme une illusion, comme une métamorphose. Il est faux, irréel.  

            Le Bouddha a dit : "Sois attentif aux quatre éléments à l'intérieur de ton corps.  Considérons les quatre éléments qui composent notre corps : terre, eau, feu, et vent. Ce qui est solide dans le corps relève de l'élément terre; ce qui est fluide de l'élément eau; ce qui est chaud de l'élément feu; quant au mouvement et à la respiration, ils sont des manifestations de l'élément vent.  

            Bien que chacun ait un nom. Tous les quatre ont des noms. Aucun n'est le Moi.  Aucun ne peut être appelé le "Moi." Considérer le corps et arriver à comprendre que la tête a pour nom "tête"; le pied a pour nom "pied"; les yeux ont pour nom "yeux"; l'oreille a pour nom "oreille"; le nez a pour nom "nez"; la langue a pour nom "langue"; la bouche a pour nom "bouche"; et ainsi de suite pour toutes les parties du corps. De la tête aux pieds, à chaque endroit il y a un nom. Maintenant, où diriez vous que le Moi puisse être trouvé? Quelle partie peut être appelée le "Moi" ? Il n'y en a aucune. S'il n'y a pas d'endroit appelé "Moi", pourquoi s'attacher à son Moi ? Pourquoi considérez-vous votre Moi comme si important? Le corps entier ne possède rien qui s'appelle le Moi.  

            Etant Non-Moi, ils sont comme une illusion. Il n'y a pas de Moi, et le corps n'est donc qu'une illusion, qu'une métamorphose.  Il n'a rien de réel en lui. Celui qui contemple et ce qui est contemplé sont tous les deux vides et faux. Tous deux sont des illusions, de simples métamorphoses. Si vous pouvez comprendre qu'ils sont des illusions, des métamorphoses, alors vous êtes capable de saisir la doctrine de la contemplation de la vacuité, du faux, et de la Voie du Milieu. Quand vous saisissez cette doctrine, vous saurez que le corps est vide, faux, irréel.

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SECTION 21

LA RENOMMEE DETRUIT LES RACINES DE LA VIE

 

            Le Bouddha a dit : "Motivés par l'émotion et le désir, des gens poursuivent la renommée. Mais le temps que leur réputation s'établit, ils sont déjà morts. Ceux qui ont soif de la gloire de ce monde et n'étudient pas le Chemin s'épuisent en pure perte. Ils sont comme le bâton d'encens qui, aussi parfumé qu'il soit, ne s'en consume pas moins. Ainsi, la soif de gloire est-elle aussi dangereuse qu'une flamme qui vous dévore en même temps qu'elle brûle."

 

            La section vingt-et-un fait comprendre aux gens que celui qui recherche la gloire non seulement n'en retire aucun profit, mais se fait réellement du tort.  

            Le Bouddha a dit : "Motivés par l'émotion et le désir, des gens poursuivent la renommée." Certaines personnes laissent libre cours à leurs émotions et désirs et courent après la renommée. Ils cherchent à être célèbres. Mais le temps que leur réputation s'établit, ils sont déjà morts. Bientôt vous mourez, et le temps durant lequel vous vous faites un nom, vous serez déjà vieux, et une fois vieux, vous serez sur le seuil de la mort. Cela n'en vaut vraiment pas la peine.  

            Ceux qui ont soif de la gloire de ce monde et n'étudient pas le Chemin s'épuisent en pure perte.  Les gens qui ont soif de gloire, qui ne daignent pas pratiquer le Chemin et essayent de la réaliser, appliquent leur effort pour rien. Ils s'épuisent en pure perte. Ils sont comme le bâton d'encens qui, aussi parfumé qu'il soit, ne s'en consume pas moins. Ainsi, la soif de gloire est-elle aussi dangereuse qu'une flamme qui vous dévore en même temps qu'elle brûle."  Tout comme le morceau d'encens que vous allumez: vous pouvez sentir une bouffée de sa fragrance, mais quand il se consume entièrement, ses charbons ardents pourrait causer un incendie qui, s'embrasant brusquement, peut vous brûler à mort. C'est une dangereuse conséquence qui pourrait arriver.

 

 

SECTION 22

RICHESSE ET SEXE, CAUSES DE LA  SOUFFRANCE

 

            Le Bouddha a dit : "Les gens qui ne peuvent abandonner richesse et sexe sont comme de petits enfants auxquels une bouchée savoureuse ne suffit pas, qui lèchent le miel sur la lame du couteau et se coupent la langue."

 

            La vingt-deuxième section explique sans nuances que richesse et sexe n'ont rien de si attirant en eux-mêmes, mais peuvent causer de grands torts. C'est pourquoi les gens dotés de sagesse ne devraient pas se comporter comme des enfants ignorants qui ont envie de tout ce qui est sucré.  

            Le Bouddha a dit : "Les gens qui ne peuvent abandonner richesse et sexe  Dans ce monde, il est d'une part la richesse, d'autre part le sexe. Et ces deux-là nuisent à quantité de gens qui pratiquent le Chemin. Certaines personnes qui pratiquent le Chemin peuvent par exemple vouloir être riches et être incapables de changer leur attitude, ou encore penser en permanence au sexe, sans pouvoir se contrôler. Si vous désirez richesse ou sexe, vous ne pourrez pas faire votre travail sur le Chemin. La plupart des gens sont incapables d'y renoncer. A quoi ressemblent-ils ? Le Bouddha a fait cette comparaison : ils sont comme de jeunes enfants auxquels une bouchée savoureuse ne suffit pas, qui lèchent le miel sur la lame du couteau et se coupent la langue. Une bouchée n'était pas suffisante. Les enfants n'étaient pas contents avec une bouchée. Sur la lame du couteau, ils aperçoivent cependant un tout petit peu de miel, le lèchent et se coupent la langue. La personne ignorante qui ne pense qu'au sexe ou à être riche ressemble à de tels enfants. Son avidité revient à désirer le miel sur la lame aiguisée du couteau : c'est dangereux, et cela fait aussi mal que si on se coupait la langue.           

            Les gens qui ne pensent qu'au sexe ou à être riches doivent voir à travers ces attachements, y renoncer, les éliminer. C'est alors qu'ils obtiendront la sérénité.

 

 

SECTION 23

UNE FAMILLE EST PIRE QU'UNE PRISON

 

            Le Bouddha a dit :"Les gens sont attachés à leur famille et leur maison à un point tel que ces dernières sont  pires qu'une prison. On sort un jour ou l'autre de prison, mais on ne pense jamais à quitter sa famille. Ne redoutent-ils pas du contrôle que l'émotion, l'amour, le sexe exercent sur eux? Ils se trouvent dans la gueule d'un tigre et pourtant leur cœur s'y oublie avec joie. Ceux qui se jettent d'eux-mêmes dans la boue et se noient, sont des personnes ordinaires. Va au delà de cette porte! Sors de la souillure et deviens un Arhat!"

 

            Cette vingt-troisième section veut faire comprendre que les gens sont comme étouffés par leurs familles et leurs maisons. Et être étouffé de cette manière est pire même que de se retrouver en prison. Les gens devraient se tenir éloignés de telles situations. Il leur faut savoir qu'elles sont dangereuses.  

            Le Bouddha a dit :"Les gens sont attachés à leur famille et leur maison à un point tel que ces dernières sont pires qu'une prison. Les gens sont attachés à leurs familles et à leur maisons. C'est dit que les gens de famille subissent trois sortes de jougs qu'ils portent tout le temps.  

             Une famille est un carcan de bois autour de votre cou que vous ne pouvez pas vous débarrasser, car comme un carcan, la famille verrouille ses membres solidement. Dans le passé, certains criminels devaient porter un carcan pour purger leur peine. Dès que leur famille est bâtie, nos laïcs sont tellement coincés que s'ils avaient des ailes et voulaient aller au paradis, ils ne seraient pas capables de s'échapper. Ils veulent faire le tour du monde mais ne le peuvent pas. Ils sont sous les verrous à la maison. Là-dedans, avec un conjoint, tout devient inconvénient; et avec des enfants, c'est avoir un boulet aux pieds. Ce sont là les trois jougs qui vous entravent. Avoir une famille et une maison est justement comme passer votre vie en prison.  

            On sort un jour ou l'autre de prison: une fois la peine exécutée, on peut sortir. Mais on ne pense jamais à quitter sa famille. Vous ne pensez jamais à quitter votre famille,-peut-être l'idée vous effleure l'esprit,  mais jamais ne se matérialise. Par exemple, certains parmi vous disent qu'ils veulent quitter la vie de laïc. Si vous le voulez, faites le. Pourquoi passer votre temps à en parler ? Vous passez votre temps à en parler parce qu'en réalité vous n'êtes jamais vraiment résolu à le faire. Vous ne faites que chanter une rengaine.   

            Ne redoutent-ils pas du contrôle que l'émotion, l'amour, le sexe exercent sur eux? Ces gens  n'ont pas peur d'être contrôlés par l'émotion, l'amour, et le sexe. Vous vous trouvez dans la gueule d'un tigre et pourtant votre cœur s'y oublie avec joie. Etre contrôlés par ces émotions et ce désir charnel est comme se trouver dans la gueule d'un tigre, mais vous ne vous en souciez pas.  

            Ceux qui se jettent d'eux-mêmes dans la boue et se noient sont des personnes ordinaires. Etant assez stupides de se jeter dans un marais et s'y noyer, ils sont appelés des gens ordinaires. Va au delà de cette porte! Sors de la souillure et deviens un Arhat! Quelle porte? La porte de l'émotion et du désir, de l'amour et du plaisir charnel, et de l'attachement à la famille et à la maison. Allez au delà de cette porte: vous sortirez de la souillure, vous quitterez le monde à l'envers et vous deviendrez un sage sur le point de réaliser le fruit d'Arhat.

 

 

SECTION 24

LE DESIR CHARNEL OBSTRUE LE CHEMIN

 

            Le Bouddha a dit : "Ce qu'il en est de l'amour et du désir : aucun désir n'a de racine plus profonde que le sexe. Il n'y a rien de plus fort que le désir charnel; heureusement qu'il n'y en a qu'un de cette espèce car sinon personne dans le monde entier ne pourrait cultiver le Chemin."

 

            La vingt-quatrième section parle de l'inclination sexuelle des gens. Si vous êtes capables de vous libérer du désir sexuel, ce sera facile pour vous de réaliser le fruit d'Arhat. Malheureusement, ce n'est pas tellem