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Traduction Provisoire - Provisional Translation

LE SUTRA EN 42  SECTIONS CONFÉRÉ PAR LE  BOUDDHA  

TRADUIT PAR KASHYAPA MATANGA ET GOBHARANA SOUS LA DYNASTIE DES HANS POSTERIEURS.

Conférences données par le Vénérable Maître Hsuan Hua au Monastère de la Montagne d’Or , San Francisco, Californie, en 1974

 

 

 

 

Traduit par la Bhikshuni Heng Ch'ih

Revu par la Bhikshuni Heng Ch'ing

Revu par Davy Dijoux

Revu par Francoise Braive

 

 

 

TABLE DES MATIERES

 

Avant-propos

 

Le Sutra en Quarante-deux Sections Parlé par le Bouddha

Préface du Sutra

Section 1. Quitter la Vie à la Maison et Devenir un Arhat.              

Section 2. Éliminer le Désir et ne pas Quémander                               

Section 3. Se Libérer de l'Amour et Renoncer à l'Avidité                  

Section 4. Clarification du Bien et du Mal                                      

Section 5. Réduire la Sévérité des Offenses                                   

Section 6. Tolérer les Gens Malveillants, et Éviter la Haine             

Section 7. La Malveillance Retourne à son Auteur                 

Section 8. Abuser des Autres, C’Est Se Souiller Soi-même                              

Section 9. Retournant à la Source, Vous Trouvez le Chemin          

Section 10. La Charité Joyeuse Apporte Bénédictions                    

Section 11. La Progression des Mérites par le Don de Nourriture  

Section 12. Une Liste des Difficultés et une Exhortation à la Culture de soi  

Section 13. Questions sur le Chemin et les Vies Passées                  

Section 14. Questionnant sur la Bonté et la Grandeur                             

Section 15. Questionnant sur la Force et la Splendeur                            

Section 16. Laisser l'Amour de Côté et Atteindre le Chemin                          

Section 17. Quand la Lumière Arrive, l'Obscurité s'en Va             

Section 18. Les Pensées et le Reste sont Fondamentalement Vides       

Section 19. Contempler à la Fois le Faux et le Vrai                        

Section 20. Se Rendre Compte que le Moi Est Vraiment Vide            

Section 21. La Renommée Détruit les Racines de la Vie                    

Section 22. La Richesse et le Sexe Causent la Souffrance                  

Section 23. Une Famille Est Pire qu'une Prison                                  

Section 24. Le Désir Sexuel Obstrue le Chemin                                

Section 25. La Flamme du Désir Brûle                                              

Section 26. Les Démons des Cieux Essayent de Tenter le Bouddha  

Section 27. On Atteint le Chemin après s'Être Libéré de tout Attachement               

Section 28. Ne Cédez pas à l’Esprit Sauvage                                     

Section 29. La Contemplation Correcte Neutralise le Désir Sexuel     

Section 30. Restez Loin du Feu du Désir                                             

Section 31. Quand l'Esprit Est Calme, le Désir Cesse                        

Section 32. Vider le Moi Étouffe la Peur                                            

Section 33. La Sagesse et la Clarté Vainquent les Démons                

Section 34. En Restant au Milieu, On Atteint le Chemin                   

Section 35. Lorsqu’On Est Purifié des Souillures, la Brillance Reste  

Section 36. Le Séquence qui Mène au Succès                                          

Section 37. En Etant Conscients des Préceptes Moraux nous Sommes Proche du Chemin.  

Section 38. La Naissance Mène à la Mort                                                   

Section 39. L’Enseignement du Bouddha Est sans Préjugés              

Section 40. La Pratique du Chemin est dans l'esprit                         

Section 41. Un Esprit Droit se Débarrasse du Désir                                

Section 42. Comprendre que le Monde Est Illusoire                           

 

Appendice

Index

Résumé Biographique du Vénérable Maître Hsuan Hua

Les dix-huit vœux du Vénérable Maître Hsuan Hua

 

 

Avant-Propos

 

Le Sutra en Quarante-deux Sections Parlé par le Bouddha va être bientôt publié, et le Vénérable Maître Hua m’a demandé d’écrire cette préface. Cette demande est un grand honneur pour une personne comme moi-même, qui n’a ni maitrisé les principes du Bouddhadharma ni obtenu la compétence nécessaire dans leur application pratique. Ici, je peux seulement faire une révision avec le lecteur et dire quelques mots pour inviter à une étude plus approfondie.

 

D’après les archives historiques, Le Sutra en Quarante-deux Sections Parlé par le Bouddha était le premier Sutra important qui fut transmis lorsque les nobles enseignements de Bouddha furent répandus d’Inde en Chine. Dans la première partie du livre, Le Vénérable Maître explique clairement l’histoire intéressante de l'introduction de ce Sutra en Chine.

 

Ce sutra est plus court que d’autres et est de caractère général. C’est aussi un Sutra extrêmement important. Je devrais demander au lecteur de réfléchir longuement à une question: Pourquoi l’Empereur Ming de la Dynastie Han donna tant d’attention à son rêve sur "l’homme doré" pendant la troisième année de la période de règne de Yung Ping (aux environs de 60 ans Apr. J.-C.)? Après quatre ans de recherche et d’analyses, les érudits et les ministres de ce temps détermina que Bouddha fut né en Inde, et que ses enseignements furent différents de ceux du Taoïsme et du Confucianisme en Chine. L’empereur envoya alors un groupe de dix-huit personnes en Inde pour en apprendre sur le Bouddhadharma. En Inde Centrale, ils rencontrèrent deux moines remarquables, Kashyapa-mantaga et Gobharana, qui possédaient de grands pouvoirs spirituels. Maintenant, je demande au lecteur: Parmi le nombre vaste des Sutras Bouddhistes, pourquoi ces deux moines extraordinaires choisirent Le Sutra en Quarante-deux Sections Parlé par le Bouddha en tant que premier sutra à être transmis en Chine?

 

Ce ne fut pas un choix pris par hasard. S’il vous plaît, gardez cette question à l’esprit en lisant ce Sutra. Après avoir fini de le lire, la réponse devrait être très claire pour vous.

 

Certains ont dit que ce Sutra devrait être catégorisé sous le Bouddhadharma du Petit Véhicule. Ce n’est pas le cas. Le Bouddha ne citait pas ce Sutra à une assemblée particulière. Plutôt, c’est une collection de quelques mots remarquables du Bouddha, compilés par ses disciples après que le Bouddha soit entré au Nirvana. Comme l'a énoncé le Vénérable Maître Hua, ce Sutra est une anthologie des citations du Bouddha. Il y a un total de quarante-deux sections, d’où Le Sutra en Quarante-deux Sections Parlé par le Bouddha. Ce sutra devrait être catégorisé comme étant ni du Grand Véhicule ni du Petit Véhicule, vu qu’il embrasse le Dharma des Grands et Petits Véhicules réunis tel que le Bouddha l'a exposé.

 

Les rédacteurs de ce Sutra firent un excellent travail. Dans ce Sutra nous pouvons nous représenter le processus entier des enseignements de Bouddha, du petit au grand, des idées basiques aux principes profonds. Ce sutra commence en introduisant les sages du petit véhicule, tel le Srotaapanna, Sakridagamin, Anagamin, et Arhat. Puis il continue en exprimant"Comment les pensées et le reste sont fondamentalement vides" "la conscience qui est à la fois la conscience et la non-conscience, la pratique qui est à la fois pratique et non-pratique, des mots qui sont à la fois mots et non-mots, et la cultivation qui est cultivation et non-cultivation" et comment "le chemin des mots et de la langue est coupé, et il n’est pas entravé par des matières physiques de quelque sorte." Alors le Sutra met l’accent sur l’importance de "contempler à la fois le vrai et le faux," "être conscient de l’impermanence et contempler l’illumination comme Bodhi." Il est aussi dit qu’"après s’être libéré de tout attachement, on atteint le Chemin," et "on ne devrait pas être dupé par les émotions et les désirs, ou pris dans des vues tordues, mais devrait au contraire être vigoureux dans la cultivation de l’inconditionné." De plus le Sutra parle de l’importance du Chemin du Milieu, en disant qu’"en restant au milieu, on atteint le Chemin," et qu’on devrait "être pur, en paix et heureux." Finalement le Sutra conclut en déclarant les principes de base du Bouddhadharma: "la naissance mène à la mort" et "comprendre que le monde est illusoire". À travers l’énonciation des ces vérités relatives qui sont sujettes à la production et à l’extinction, et sont illusoires et changeantes, le Sutra arrive à la vérité absolue du Grand Véhicule qui est complètement réelle, caractérisée par une immuable ainsité, et d’une substance en mouvement et en tranquillité.

 

Bien que la société Occidentale d’aujourd’hui soit matériellement avancée, les standards  moraux de la population ont dégénéré. Vu que les gens laissent libre cours à leurs désirs matériels et sont accablés par la luxure, la société est devenue de plus en plus chaotique. Le crime et la maladie mentale sont en hausse. Les gens commettent des meurtres,  des incendies criminels, et toute sorte de crimes pervers. Divers maladies étranges apparaissent et s’étendent à travers le monde. On ne peut pas dépendre exclusivement sur les politiques gouvernementales ou les docteurs pour régler ces problèmes. Juste en ce moment, le Vénérable Maître Hua est venu aux États-Unis lui-même, emmenant le Bouddhadharma au monde Occidental. Son effort infatigable pour propager le Bouddhadharma peut être considéré comme la pluie dans le désert.

 

Pour commencer avec la deuxième section, onze des quarante-deux sections (aux environs d’un quart du Sutra) mettent constamment l'accent sur le fait de couper l’amour et les désirs, de se débarrasser de l’avidité et de la recherche, et de se détacher des désirs avec un esprit franc. Les onze sections sont:

"Éliminer le Désir et ne pas Quémander," "Se Libérer de l'Amour et Renoncer à l'Avidité," "Laisser l'Amour de Côté et Atteindre le Chemin," "La Richesse et le Sexe Causent la Souffrance," "Le Désir Sexuel Obstrue le Chemin," "La Flamme du Désir Brûle," "Ne Cédez pas à l’Esprit Sauvage," "Quand l'Esprit Est Calme, le Désir Cesse," "La Contemplation Correcte Neutralise le Désir Sexuel," "Restez Loin du Feu du Désir," et "Un Esprit Droit se Débarrasse du Désir."

 

Grâce à ceux-ci on peut voir que couper les désirs et se débarrasser de son avidité est très important pour la cultivation. C’est pourquoi le Vénérable Maître a donné tant d’efforts à expliquer ce Sutra et à le publier. Ce Sutra peut être vraiment considéré comme le meilleur médicament pour la grave crise causée par le mauvais usage des technologies matérielles dans les sociétés Occidentales et toutes les sociétés à travers le monde.

 

Écrit par Nelson Cai

À l’Institut International de Traduction,

Burlingame, Californie U.S.A.

Vers pour ouvrir un Sutra.

 

L’insurpassable, l'insondable, l'approfondis, le subtil, le merveilleux Dharma,

Est difficile à rencontrer dans des centaines de milliers de millions d'éons,

Maintenant je l‘entends, le vois et le reçois et le soutient,

Et je fais le serment de comprendre le vrai sens du Tathagata.

 

 

Le Sutra en Quarante-deux Sections Parlé par le Bouddha

 

Conférences données par le Vénérable Maître Hsuan Hua

au Monastère de la Montagne d’Or ,

San Francisco, Californie, en 1974

 

Le Sutra en Quarante-deux Sections Parlé par le Bouddha. Les dix mots du titre expriment les noms individuels et généraux de ce Sutra. Tous les sutras parlés par le Bouddha partagent le nom général "Sutra". Le nom individuel, qui accompagne le mot "sutra", est le nom particulier de ce sutra,  qui le distingue des autres sutras. Le mot "sutra" est comme le mot "humain" qu'on utilise pour décrire tous les gens. "Humain" est le mot général, et chaque personne a son propre nom individuel: celui-ci s’appelle Smith et l’autre s’appelle Chang. Les sutras dont le Bouddha parle sont pareils; ils ont des noms à la fois individuels et généraux. "En Quarante-deux Sections Parlé par le Bouddha" est le nom spécifique de ce sutra. En examinant les mots de ce nom individuel, nous trouvons que le titre de ce Sutra est établi sur base d'une personne et d'un dharma. Bouddha est une personne, et «Quarante-deux sections» est un dharma.

 

Ce Sutra est composé de Dharma cité par le Bouddha. Lorsque les disciples de Bouddha compilèrent le Trésor de Sutra, ils sélectionnèrent des passages individuels et les arrangèrent en une œuvre. Vous pourriez également dire que c’est une anthologie du Bouddha. Les paroles du Bouddha ont été rassemblées pour créer un Sutra. Les quarante-deux sections sont les quarante-deux sélections de l'anthologie.

 

Ce sutra était le premier transmis en Chine. Les deux Honorables Anciens Kashyapa-matanga et Gobharana l'apportèrent de l'Inde en Chine sur un cheval blanc, approximativement en l'année 67 Ap. J.-C.. C'est pourquoi l'Empereur de Chine Han Ming Di établit Le Monastère du Cheval Blanc en consécration.

 

Le Bouddhadharma fut transmit en Chine pendant la Dynastie Han (entre 206 Av. J.-C. et 220 Ap. J.-C..). En ce temps-là, le Taoïsme était florissant en Chine. Quand le Bouddhisme atteignit la Chine, les maîtres Taoïstes furent pris de jalousie. Ils obtinrent une audience avec l'empereur et lui dirent que le Bouddhisme était une fausse croyance, une religion barbare, non chinoise, et que par conséquent, l'on ne devrait pas permettre la propagation de cette religion à travers la Chine. "Majesté, Vous devriez abolir le Bouddhisme!", insistèrent-ils. "Si Votre Majesté ne veut pas l'abolition, alors au moins, permettez une compétition entre le Taoïsme et le Bouddhisme." Quelles furent les règles de l'épreuve? Les Taoïstes proposèrent que les sutras du Bouddha et les textes Taoïstes soient mélangés puis brûlés. Les textes qui ne brûleraient pas seraient ceux qui détiendraient la vérité.

 

Le maître Taoïste Chu Shanxin et sa suite composée de cinq cents autres maîtres assemblèrent les sutras Bouddhistes et les textes Taoïstes, puis firent des prières au Grand Maître Lao Tsu, lui demandant: "Divin Seigneur, O Vertueux de la Voie, agréez notre demande et assurez-nous que les textes Taoïstes ne brûleront pas et que les sutras du Bouddha s'enflammeront! "Beaucoup de maîtres Taoïstes présents étaient doués de grands pouvoirs magiques, certains étaient capables de s'élever dans les nuages, de monter a cheval sur la brume, voler à travers les cieux, se cacher sous la terre ou de disparaître dans les airs. Il y avait des Taoïstes qui avaient le pouvoir de faire ce qu’ils voulaient. Ils utilisaient les sortilèges et les charmes de la religion Taoïste pour acquérir un nombre considérable de pouvoirs surnaturels.

 

Mais quand le feu fut allumé, les sutras Bouddhistes ne s'enflammèrent pas! Au contraire, ils émirent de la lumière. Les shariras du Bouddha répandirent une lumière aux cinq couleurs, aussi brillante que le soleil et illuminant le monde entier. Par contre, les textes Taoïstes prirent feu et furent complètement réduits en cendres. Il se trouva alors que les maîtres Taoïstes qui auparavant pouvaient s'élever dans les nuages, marcher dans la brume, disparaître dans la terre, ne le pouvaient plus. Ceux qui pouvaient voler dans les airs ne le pouvaient plus, ceux qui pouvaient descendre sous la terre en étaient désormais incapables. Ceux qui pouvaient disparaître ne disparaissaient plus et quand ils lançaient des sortilèges, ces derniers n'avaient plus aucun effet. Il n'y avait plus aucune réponse surnaturelle. Les textes Taoïstes brûlèrent en un rien de temps et les maîtres Taoïstes Chu Shanxin et Fei Chengping moururent de rage, sur-le-champ. Témoins oculaires de la mort de leurs chefs, deux ou trois cents disciples Taoïstes demandèrent leur conversion au Bouddhisme. Leurs têtes furent rasées et ils devinrent instantanément des moines Bouddhistes. Ainsi, la première fois que le Bouddhisme et le Taoïsme s'affrontèrent, les Taoïstes furent vaincus.

 

Après cette épreuve des livres et du feu, les deux vénérables Kashyapa-matanga et Gobharana s'élevèrent dans les airs et manifestèrent les dix-huit transformations d'un Arhat. De la partie supérieure de leurs corps jaillit de l'eau et de la partie inférieure des flammes, puis de la partie supérieure cette fois du feu, et de la partie inférieure de l'eau. Ils purent marcher dans le vide, s'allonger dans le vide, y dormir, et manifestèrent d'autres transformations spirituelles. Grâce à ces manifestations, l'empereur et le peuple en vinrent tous à croire au Bouddhisme. Ce sont les raisons pour lesquelles ce sutra, le premier traduit en Chinois, est extrêmement important. Nous sommes ensemble aujourd'hui pour l'étudier.

 

Commençons par voir le mot, "Bouddha." Bouddha est un mot sanscrit. La translittération complète en Chinois est fo tuo ye, ce qui signifie "celui qui est éveillé." Il y a trois sortes d'éveil: l'éveil de soi, l'éveil des autres, et la perfection de l'éveil et de la pratique.

 

1. Éveil de soi:

               Une personne qui s'est éveillée diffère d'une personne ordinaire qui n’est pas éveillée. Ceux qui suivent les deux véhicules suivants, Shravaka et Pratyekabouddha, peuvent s'éveiller et ne sont donc plus des gens ordinaires mais ne peuvent conduire d'autres gens à l'éveil.

 

2. Éveil des autres:

               Toute personne qui peut en conduire d'autres à l'éveil est appelée un Bodhisattva et n'appartient pas à l'un des deux véhicules cités ci-dessus. Les Bodhisattvas peuvent à la fois s'éveiller et éveiller les autres. Comme ils peuvent en bénéficier eux-mêmes, ils peuvent également en faire bénéficier les autres. Ils considèrent tous les êtres vivants de manière impartiale et étant éveillés eux-mêmes, ils veulent que tous les êtres vivants le soient également. C’est ce qu’on appelle "l’éveil des autres".

 

3. Perfection de l'éveil et de la pratique:

               Bien que les Bodhisattvas puissent conduire à l'éveil d'autres personnes, ils n'ont pas encore eux-mêmes atteint la perfection de l’éveil et de la pratique. Les Bouddhas peuvent s’éveiller eux même, éveiller les autres, et aussi atteindre la perfection de leurs éveils et de leurs pratiques. Ils sont des Bouddhas parce qu’ils ont perfectionné les trois sortes d’éveils.

 

PARLÉ PAR. Le Bouddha parlait ce sutra puisqu'il a trouvé la joie dans le délice de son esprit et voulait la partager avec les autres. Ceci signifie qu'il exprimait les choses qui le rendaient heureux, et s’exprimant, son bonheur grandissait.

 

EN QUARANTE-DEUX SECTIONS. Il y a quarante-deux sections dans ce Sutra, et chacune sections est un des discours du Bouddha sur la Dharma.

 

SUTRA. Le mot Sutra a quatre significations: ce qui relie, ce qui rassemble, ce qui est constant, et ce qui suit une méthode.

 

1.    Le sutra relie: il relie les doctrines qui ont été expliquées. De même que les grains d'un collier de prière sont raccordés ensemble par un fil, les doctrines du sutra sont reliées les unes aux autres par chaque mot, ce qui permet de connecter les significations.

2.    Le sutra rassemble: il rassemble les êtres vivants qui sont prêts à être instruits.

3.    Le sutra est constant: depuis les temps les plus anciens jusqu'à ce jour, le sutra n'a subi aucun changement. Dans le passé il n’a pas changé, dans le présent il ne change pas, et dans le futur il ne changera pas. Donc on  l’appelle constant.

4.    Le sutra suit une méthode: ce qui veut dire que de tout temps, le passé, le présent, et le futur, tout le monde vénère similairement, et utilise cette méthode pour cultiver.

 

Le mot "sutra" peut avoir également d'autres significations. Un sutra est comme une source pétillante, car les principes en sortent comme l'eau d'un ruisseau. C'est comme un fil a plomb de charpentier, qui est un outil pour faire des lignes droites sur des planches. Le charpentier met de l’encre sur le fil et le fait claquer sur la planche pour la marquer. Cette analogie est un symbole montrant que le sutra sert comme standard du Dharma. "Sutra" signifie aussi un "Chemin" car il enseigne des méthodes de culture et par conséquent, montre un chemin à la réalisation. Le mot a également d’autres définitions. Ceci est une explication générale de la signification du titre de ce Sutra, le Sutra en Quarante-Deux Section Parlé par le Bouddha.

 

Co-traduit par Kashyapa-matanga et Gobharana sous la Dynastie des Han Postérieur.

 

Vu que c’était le premier sutra à venir en Chine d’Inde, il devait être traduit. Kashyapa-matanga et Gobharana étaient deux maîtres du Dharma d'Inde Centrale qui co-traduisirent ensemble ce sutra dans la seconde moitié de la Dynastie des Han Postérieur.

 

La Dynastie des Han est divisée habituellement en Han Occidentaux (206 Av. J.-C. - 23 Apr. J.-C.) et Han Orientaux (25-220 Apr. J.-C.). Il s'agit ici des Han Orientaux.

 

Pendant cette période, au cours de la troisième année du règne Yung-Ping (62 Apr. J.-C.), l'empereur Ming fit un rêve dans lequel lui apparut un homme doré, la tête enveloppée d'une auréole de lumière, volant dans le palais. Le lendemain, l'empereur interrogea  les mandarins de sa cour, et un astrologue nommé Fu Yi lui dit: "J'ai entendu dire qu'il y avait aux Indes un saint homme que les gens appellent Bouddha. Votre Majesté, Vous avez certainement vu le Bouddha dans votre rêve." Un érudit nommé Wang Zun parla aussi en ces termes à l'empereur: "Sous la Dynastie Chou fut écrit un livre intitulé Annales des Evénements Étranges. Dans ce livre, il était écrit: 'Le Bouddha est né sous la Dynastie Chou pendant la vingt-sixième année du règne du Roi Chao (vers 1025 Av. J.-C.). À ce moment, les rivières et les fleuves débordèrent de leur lit, la terre frémit et une lumière de cinq couleurs transperça les cieux.'" En ce temps-là, il y avait un devin astrologue nommé de Su You. Consultant le Livre des Transformations (I Ching), il tira l'hexagramme Qian, neuf dans la cinquième place, "dragon volant dans les cieux". Il su alors qu'un grand sage était né en Occident, aux Indes. Ce sage laisserait un enseignement qui après mille ans atteindrait la Chine.

 

Le Roi Chao de Chou ordonna alors que tous les détails de l'événement soient enregistrés, et gravés sur une stèle de pierre. La pierre fut enterrée à un endroit précis au sud de la ville, afin de pouvoir vérifier si l'événement se produirait, c'est-à-dire si le Bouddhadharma serait effectivement transmis à la Chine mille ans après.

 

Plus tard sous la Dynastie Chou, durant le règne du Roi Mu (1001-946 Av. J.-C.), il y eut un tremblement de terre terrible qui ébranla le ciel et la terre. Un arc-en-ciel blanc à douze rayons s'étendit à travers le soleil. Les arcs-en-ciel sont mentionnés dans le Shurangama Sutra. Celui-ci était un arc en ciel blanc qui semblait s’arquer à travers le soleil. L’arc-en-ciel apparut juste lorsque le Bouddha s’apprêtait à entrer dans Nirvana. Bien que l’Inde soit loin de la Chine, les chinois étaient conscients de ce qu’il se passait. L’apparition du Bouddha n’était pas un coup de chance. Quand il fut né en Inde, tous les ruisseaux et les rivières débordèrent de leurs rives en Chine. Il y eut des inondations, et le monde entier trembla. Quand le Bouddha entra dans Nirvana, un arc en ciel blanc avec douze rayons s’arqua à travers le soleil. En ce temps-là, un autre astrologue du nom de Hu-Duo, qui utilisait lui aussi le I Ching pour tirer ses hexagrammes, pu déterminer qu'un grand sage de l'Ouest avait quitté le monde. Il détermina également que le Sage était venu au monde en Inde dans la vingt-sixième année du règne du Roi Chao de la Dynastie Chou (aux environs de 1024 1025 Av. J.-C.), et était maintenant entré dans le Nirvana. Bien que la naissance et la mort du Bouddha aient eu lieu très loin de Chine, ces événements n'étaient pas passés inaperçus. En Chine il y avait des devins qui pouvaient précisément prédire des événements de cette sorte.

 

Entre le Roi Chao de la Dynastie Chou et l'empereur Ming de la Dynastie des Han, à peu près mille ans s'étaient écoulés, c'est pourquoi quand l'empereur Ming fit ce rêve à propos du Bouddha, il ordonna les trois courtisans Cai Yin, Chin Jing, et Wang Zun, avec une suite de dix-huit personnes, d'aller en Asie Centrale chercher les textes du Bouddhadharma. En Asie Centrale, ils rencontrèrent les honorables anciens Kashyapa-matanga et Gobharana, et ces derniers suivirent Cai Yin, Chin Jing, et Wang Zun  en Chine. Ils arrivèrent à Luoyang dans la dixième année du règne Yungping (67 Ap. J.-C.). Comme ils portèrent les sutras sur un cheval blanc, l'empereur Ming de la Dynastie Han fonda le Monastère du Cheval Blanc.

 

Quatre années après, au premier jour du cinquième mois de la quatorzième année du règne de l'Empereur Yungping, les Taoïstes descendirent des Cinq Montagnes pour essayer d'arrêter la propagation du Bouddhisme. Comme je l'ai mentionné auparavant, ils voulurent une épreuve de feu entre les écritures des deux religions, et ce fut celles des Taoïstes qui furent réduites en cendre. Les textes Bouddhistes furent intacts, et les shariras du Bouddha émirent une lumière de cinq couleurs, formant une voûte couvrant la grande assemblée des spectateurs de son ombre rafraîchissante. Quand les gens présents virent la voûte de lumière, ils crurent immédiatement au Bouddhisme.

 

 

PRÉFACE DU SUTRA

 

               Quand L'Honoré du Monde avait atteint le Chemin, Il pensa: "Renoncer au désir et gagner le calme et la tranquillité est suprême. " Il se plongea dans une concentration méditative profonde et subjugua tous les démons et les externalités.

 

Au Jardin des Cerfs, Il tourna la Roue du Dharma des Quatre Nobles Vérités et sauva Ajnata-kaundinya et les quatre autres disciples, qui avaient tous réalisé la fruition du Chemin.

 

Alors les Bhikshus exprimèrent leurs doutes et demandèrent au Bouddha comment les résoudre. L'Honoré du Monde donna son enseignement et ses exhortations, jusqu'à ce que, un à un, ils s'éveillèrent et obtinrent l'illumination. Après cela, en unanimité ils joignirent les mains, donnèrent respectueusement leur consentement et suivirent les instructions du Bouddha.

 

Quand L'Honoré du Monde avait atteint le Chemin... "L'Honoré du Monde" se réfère à Shakyamouni Bouddha et est un des Dix Titres du Bouddha. Le Bouddha vit une étoile brillante la nuit de là où il était assit en-dessous de l'arbre de la Bodhi et il s'illumina au Chemin. Il pensa: "Renoncer au désir et gagner le calme et la tranquillité est suprême." Il se demanda, 'Quelle est la première personne que je dois sauver?'. 'Renoncer au désir' signifie n'avoir aucune pensée de désir et être purifié de toute trace de souillure. 'Calme et tranquillité' attrait à la pureté, à l'action sans action, et à la possession d'un inébranlable esprit sans émotions. C'est la plus merveilleuse de toutes les choses et l’état l’inconcevable.

 

Il se plongea dans une concentration méditative profonde et subjugua tous les démons et externalités. Il resta dans une profonde samadhi, la trouvant suprême. Dans cet état de grande concentration, il fut capable de subjuguer plusieurs catégories de démons et de non-croyants.

 

Dans sa contemplation, le Bouddha se dit que Ajnata-kaundinya et les autres quatre hommes étaient les premiers qu'il du sauver. C'est pourquoi il alla au Jardin des Cerfs Il tourna la Roue du Dharma des Quatre Nobles Vérités. Les Quatre Nobles Vérités sont la souffrance, l'accumulation, la cessation, et le Chemin. La souffrance est la conséquence des actes dans la vie mondaine. L'accumulation est la cause qui mène à une conséquence particulière. Quand on travaille pour transcender le monde, on est récompensé par la cessation de la souffrance. La pratique du Chemin est la cause dont l'effet est la transcendance du monde. Souffrance, accumulation, cessation, et le Chemin sont appelés les Dharmas des Quatre Nobles Vérités.

 

Après son illumination, le Bouddha commença à parler le Sutra de l'Ornement Floral afin de sauver les Grands Chevaliers Qui Réalisent le Corps du Dharma. Cependant, les gens ordinaires étaient incapables d'assimiler le grand Dharma du Sutra de l'Ornement Floral, car il est dit que,

             Ils avaient des yeux, mais ne pouvaient pas encore voir le Bouddha Nishyanda.

            Ils avaient des oreilles, mais ne pouvaient pas encore entendre le parfait enseignement soudain

 

C'est pourquoi le Bouddha alla au Jardin des Cerfs. Le parc était ainsi nommé parce que dans le passé, il y eut deux cerf-rois qui y enseignèrent leurs troupeaux. J'ai relié l'histoire de ces deux cerf-rois quand je parlais du Sutra Shurangama. Si vous voulez les détails, vous pouvez vous référer à mes commentaires dans ce dernier.

 

À cette époque, Ashvajit, Subhadra, Mahanama-kulika, Ajnata-kaundinya, et Dashabala-kashyapa cultivèrent tous au Jardin des Cerfs. Ils étaient des parents du Bouddha et avaient cultivé avec lui auparavant. Ashvajit, Subhadra, et Mahanama-kulika étaient des parents paternels, et Ajnata-kaundinya et Dashabala-kashyapa des parents maternels. Les cinq hommes avaient été envoyés dans les régions sauvages par le Roi pour prendre soin du Bouddha. Mais Ajnata-kaundinya et Dashabala-kashyapa furent incapables d'endurer les rigueurs de la cultivation et ils furent les premiers à abandonner. Quand les trois restants--Ashvajit, Subhadra, et Mahanama-kulika-- virent le Bouddha accepter un bol de bouillie offerte par une dame céleste, pensèrent que le Bouddha ne pouvait plus continuer à pratiquer l'ascétisme. Ils le quittèrent et vinrent au Jardin des Cerfs.

 

Ainsi, après que le Bouddha eût atteint le Chemin, il alla d’abord rencontrer ces cinq compagnons cultivateurs pour les faire traverser. Après que le Bouddha eut fini de parler le Sutra de l'Ornement Floral, il contempla le potentiel et les affinités des êtres humains pour voir ceux qu'il devait sauver les premiers. Sachant qu’Ajnata-kaundinya et les quatre autres étaient prêts à recevoir l'enseignement, il alla personnellement au Jardin des Cerfs pour tourner la Roue du Dharma des Quatre Nobles Vérités. "Tourner" signifie rouler la roue et la faire tourner autour de son axe. "Dharma" signifie une méthode et une règle. Le mot "roue" est employé parce que le Dharma dont le Bouddha parle sort de son esprit et va directement aux esprits des êtres humains pour qu'ils se détachent  de la confusion et se dirigent vers l'illumination. "Roue" aussi laisse entendre écraser et subjuguer. "Ecraser" signifie briser. "Subjuguer" signifie rendre docile. Plus l'opposition est grande, plus grande est la force de la roue en l'écrasant. Cette caractéristique est conçue afin de réprimer l'opposition des externalités et des démon-rois. Ceci est la signification de "la roue."

 

Le Dharma des Quatre Nobles Vérités est le premier Dharma parlé par le Bouddha dans notre monde. Il est dit que cette roue de Dharma était tournée trois fois. La première fut le Tour de La Révélation. "Révélation" signifie que le Bouddha nous montre le Dharma. Nous ne le comprenions pas, alors il nous en parle. Pourquoi était-il appelé tourner la roue de la révélation? Parce qu'il révèle ce qui se rapporte aux Quatre Nobles Vérités. Le Tour de La Révélation est aussi appelé Le Tour Initial car le Bouddha avait justement commencé à tourner la Roue du Dharma. Le Bouddha dit, "Ceci est la souffrance. Sa nature est oppressive." Pourquoi la souffrance est-elle oppressive? Puisqu'elle vous fait sentir une profonde et intense douleur. La douleur est tellement accablante qu'elle peut vous couper la respiration. Combien y a-t-il de catégories de souffrances? Il y a les Trois Souffrances, les Huit Souffrances, et les Souffrances Illimitées. Les Trois Souffrances sont:

 

                              1. La souffrance à l’intérieur de la souffrance

                              2. La souffrance de la décrépitude

                              3. La souffrance du processus. 

 

La souffrance à l’intérieur de la souffrance, est lorsque quelqu’un souffre déjà, il se soumet à plus de misère. Si tu es déjà misérable ta peine double. Qui pourrait avoir ce problème? Considérez les gens pauvres qui meurt de faim et qui ont froid. Ils ont quand même une hutte en bois pour dormir la nuit. Bien qu’ils ne soient jamais rassasiés et ne peuvent pas s’habiller chaudement, ils survivent. Mais supposons qu’une tornade détruise leur hutte, alors maintenant en plus d’avoir faim et froid, ils ont également perdus leur abri. Ne considérez vous pas que ceci est de la souffrance?

 

Ou peut-être quelqu’un a un endroit pour vivre et assez de nourriture à manger, mais n’a pas d’habits à porter: c’est aussi une forme de souffrance dans la souffrance. Ou quelqu’un peut avoir assez d’habits et un abri, mais a toujours faim. C’est également une souffrance dans la souffrance et est connue comme la souffrance de la pauvreté.

 

Les gens riches peuvent faire l’expérience de la souffrance de la décrépitude. Une personne pourrait être née noble et riche, et puis un jour être kidnappé par des bandits. Les bandits font une estimation que sa richesse vaut à peu près cinq millions, et ils demandent six millions de rançon. Il est obligé d’emprunter un million pour satisfaire les bandits et il est ruiné. C’est ce que l’on appelle la souffrance de la décrépitude quand elle s’applique à la richesse.

 

Si vous ne faites pas l’expérience de la souffrance dans la pauvreté, ou de la souffrance d’une richesse ruinée, vous passerez quand même à travers la multitude des processus de la vie: de la jeunesse à la maturité, de la maturité à la vieillesse, et de la vieillesse à la mort. Vos pensées roulent successivement sans cesse, et c’est la souffrance du processus. Ceux-ci sont appelés les Trois Souffrances.

 

Les Huit Souffrances sont:

                              1. La souffrance de la naissance

                              2. La souffrance de la vieillesse

                              3. La souffrance de la maladie

                              4.  La souffrance de la mort

                              5. La souffrance d'être éloigné de ce qu’on aime

                              6. La souffrance d'être près de ce qu'on déteste

                              7. La souffrance de ne pas obtenir ce qu'on cherche

                              8. La souffrance de la rage du brasier des cinq skandhas (agrégats).

 

En dehors de ces précédentes formes de souffrances, il y a aussi des souffrances sans nombre qui nous accablent. C'est pourquoi le Bouddha dit: "C'est la souffrance. Sa nature est oppressive."

 

Ceci est l'accumulation, sa nature est de faire signe." Ce qui s'accumule est affliction, et cette accumulation est une sorte de signe. Quand vous avez des afflictions en dedans, d'autres afflictions s'accumuleront en dehors. Si intérieurement vous colportez jalousie, haine et stupidité, alors extérieurement, les choses n’iront pas pour vous. C'est pourquoi le Bouddha décrivait cette vérité comme accumulation dont la nature est de vous faire signe.

 

"Ceci est la cessation; par nature, elle peut être réalisée. Cessation ou quiétude emmène la joie. Elle peut être réalisée. Vous pouvez réaliser cette tranquillité et cette quiétude.

 

"Ceci est le Chemin; par nature il peut être cultivé. Le Chemin est le Chemin des Préceptes, le Chemin de la Concentration, et le Chemin de la Sagesse. En détail, il se compose des Trente Sept Branches de l'Illumination, qui sont les Sept Parts de la Bodhi , l'Octuple Noble Chemin, les Cinq Racines, les Cinq Puissances, les Quatre Fondations de la Pleine Conscience , les Quatre Efforts Propres, et les Quatre Bases du Pouvoir Psychique. Ensemble, ils forment les Trente Sept Branches de l'Illumination. Par sa nature, le Chemin peut être cultivé. Ce qui précède est le premier tour de la Roue du Dharma des Quatre Nobles Vérités, qui est appelé le Tour de La Révélation.

 

Le deuxième tour de la Roue du Dharma des Quatre Nobles Vérités est l'Exhortation. Le Bouddha dit, "Ceci est la souffrance, vous devez la reconnaître. Ceci est l'accumulation, vous devez vous en séparer. Ceci est la cessation, vous devez la réaliser. Ceci est le Chemin, vous devez le cultiver." Ceci est le Tour de l'Exhortation. Vous êtes encouragé à cultiver les Quatre Nobles Vérités.

 

Le troisième tour de la Roue du Dharma des Quatre Nobles Vérités est le Tour de la Certification. Le Bouddha dit, "Je vous dis à tous, non seulement de reconnaître la souffrance, de se séparer de l'accumulation, de réaliser la cessation, et de cultiver le Chemin. Je vous dis aussi, 'Ceci est la souffrance, je l'ai déjà reconnue. Ceci est l'accumulation, je m’en suis séparée.' Ce qui s'accumule sont les afflictions dont je me suis déjà débarrassé. Je ne vous l'aurais pas dit si je n’en avais pas été libéré moi-même. Je me sens très à l'aise maintenant car je n'ai plus d'afflictions et je vous le dis pour que vous puissiez reconnaître la souffrance que ces afflictions vous imposent. 'Ceci est la cessation, je l'ai déjà réalisée.' J'ai déjà obtenu la béatitude de la paisible tranquillité, et je vous le dis pour que vous tous maintenant l'obteniez aussi. 'Ceci est le Chemin, je l'ai déjà cultivé.' J'en ai fini avec ma culture du Chemin et je n'ai plus besoin de le cultiver plus loin. J'espère que vous tous soyez capables de reconnaître la souffrance, de vous séparer de l'accumulation, de réaliser la cessation, et de cultiver le Chemin."

 

...Et sauvant Ajnata-kaundinya et les quatre autres disciples, qui tous réalisèrent la fruition du Chemin. Quand le Bouddha parlait des trois tours de la Roue du Dharma des Quatre Nobles Vérités, Ajnata-kaundinya immédiatement devint illuminé et reçut le fruit de sa culture. Par la suite, il fut appelé "Celui qui comprend les limites fondamentales de la réalité." Il fut aussi connu par la postérité sous le nom de "Le premier à comprendre."

 

Pourquoi Ajnata-kaundinya s'était éveillé le premier? Parce que dans le passé, quand le Bouddha était au stage de la causalité, Il fut incarné comme le Patient Immortel. Le roi Kali coupa tous ses quatre membres et demanda si le Patient Immortel avait senti de la haine contre lui. Il répondit, "Non, je ne sens aucune haine contre votre Majesté." Alors le roi poursuivit, "Quelle en est la preuve?" Le Patient Immortel dit, "Si je vous hais, alors mes membres ne repousseront pas à nouveau. Mais si je ne garde aucune rancune, alors les quatre membres que vous avez tranchés repousseront comme ils étaient."

 

Sur ce, ses quatre membres repoussèrent. Alors, le Patient Immortel fit ce vœu: "Majesté, lorsque je deviendrai un Bouddha, vous serez le premier que j'emmènerai à l'autre rive, car vous êtes mon bon, et sage conseiller."

 

Dans cette vie antérieure, Ajnata-kaundinya était le Roi Kali et le Patient Immortel était Shakyamuni Bouddha. Ainsi, quand le Bouddha atteignit la Bouddhéité, il chercha dans sa contemplation celui qu'il devait sauver d'abord. "Qui devrait être sauvé en premier? Je dois sauver celui qui a sectionné mes mains et mes pieds en premier." En entendant le Dharma parlé par le Bouddha, Ajnata-kaundinya immédiatement devint illuminé.

 

Ensuite, le Bouddha expliqua l'observance des préceptes et la pratique du don. Comment doit-on maintenir les préceptes? Comment le don doit-il être pratiqué? Comment obtient-on la renaissance dans les cieux? Il avertit ses disciples contre le désir, disant, "Entretenir des pensées de désir est mal; c'est impur. Si vous abandonnez le désir, alors vous devenez purs et gagnez le vrai bonheur." À ce moment, Ashvajit (Cheval Victoire) et Subhadra (Petit Bien) devinrent aussi illuminés; ils furent les deux suivants à être éveillés.

 

Le Bouddha continua d’expliquer les autres portes du Dharma et à ce moment Mahanama-kulika et Dashabala-kashyapa, s’éveillèrent également. Les cinq hommes furent les premiers à quitter la vie à la maison et à devenir Bhikshus. Ils furent aussi les premiers à devenir illuminés et à atteindre le quatrième degré d'Arhat. Ainsi, le texte dit, "... et sauvant Ajnata-kaundinya et les autres quatre disciples, qui tous réalisaient la fruition du Chemin."

 

Alors les Bhikshus exprimèrent leurs doutes. Plus tard, les autres Bhikshus demandèrent au Bouddha de les éclairer dans leurs malentendus et leurs doutes au sujet des principes du Dharma...et demandèrent au Bouddha comment les résoudre. Ils demandèrent au Bouddha s'ils devraient continuer leur culture ou rester où ils étaient. Ils demandèrent au Bouddha de prendre une décision pour eux. L'Honoré du Monde donna son enseignement et ses exhortations, jusqu'à ce que, un à un, ils s'éveillèrent et obtinrent l'illumination.

 

Le Bouddha enseigna et transforma les Bhikshus et leurs donnèrent des instructions; il leurs offrit des conseils. Après avoir reçu l'inestimable enseignement du Bouddha, tous les cinq Bhikshus devinrent illuminés. Après cela, donnèrent leur consentement respectivement, et en unanimité ils joignirent leurs mains et suivirent les instructions du Bouddha. Alors, ils joignirent les paumes de leurs mains en signe d'assentiment, c'est-à-dire ils commençaient à mettre en pratique ce que le Bouddha avait enseigné.

 

Je voudrais expliquer le mot sanscrit Bhikshu de sorte que tout le monde comprenne. Bhikshu a trois sens:

               1.   destructeur du mal

               2.   celui qui fait peur à Mara

               3.   mendiant

 

Parce qu'il a trois significations, si vous le traduisez seulement comme "mendiant," alors, les deux autres sens sont perdus. Si vous choisissez "destructeur du mal," alors le mot ne signifie pas "celui qui fait peur à Mara" et "mendiant." Ainsi, ayant trois significations, le mot appartient à la catégorie des termes non traduits. Cette catégorie est une des cinq espèces suivantes non traduites dans la traduction des sutras:

 

               1.   mots contenant plusieurs significations

               2.   mots qui expriment la vénération

               3.   mots ou expressions qui se réfèrent aux choses qui n'existent pas dans ce pays

               4.   mots ou expressions s'accordant avec l'usage ancien

               5.   mots ou expressions avec sens secret.

 

Puisque le mot "Bhikshu" a trois sens, sa forme sanscrite est retenue. Ces trois sens signifient:

               1.   Destructeur du mal: Quand il y a des afflictions, il y a du mal. Un Bhikshu est appelé destructeur du mal.

 

               2.   Mendiant: Du haut, un Bhikshu reçoit le Dharma du Bouddha afin d'améliorer sa vie de sagesse. Du bas, il demande l'aumône des êtres vivants et leur permet ainsi de planter des champs de mérites.

 

               3.   Celui qui fait peur à Mara: Quand un Bhikshu monte la plate-forme du mandala pour recevoir les préceptes de Bhikshu, le Maître des Préceptes (Upadhyaya) lui demande, "Etes-vous un grand héros?" Le candidat répond, "Oui, je suis un grand héros!" Cette réponse fait trembler de peur les démons des cieux et les externalités. C'est pour cette raison qu'il est appelé "Celui qui fait peur aux démons."

 

Quand une personne quitte la maison pour devenir un novice (Shramanera), elle doit comprendre les sens des mots Shramanera et Bhikshu. Après qu'il ait quitté la maison, un Bhikshu doit savoir comment détruire le mal et se débarrasser des afflictions. Détruire le mal et se débarrasser des afflictions sont équivalents. Nos afflictions sont extrêmement mauvaises. Si vous voulez savoir si un individu cultive le Chemin, vous avez seulement besoin de vérifier si oui ou non il a un tempérament. Une personne avec un tempérament ne cultive pas le Chemin. Celui qui cultive est capable d'endurer patiemment tout ce qui survient. Peu importe qui le réprimande ou le bat, ou même veut le tuer, il peut l’endurer. Dans ces circonstances, on doit être patient, et même plus, on doit posséder l’œil de la sagesse et du discernement. C'est pourquoi un Bhikshu montre une apparence qui transcende le monde. Si un Bhikshu peut éliminer ses propres fantasmes et illusions et réaliser la Vérité, il peut aussi éliminer tous les fantasmes et les illusions du Triple Royaume et alors, il achèvera sa position d'Arhat.

 

Parmi nous il y a quelqu'un qui a étudié le Bouddhisme quatre ou cinq ans dans le passé, mais c'est seulement maintenant, après plusieurs années de recherche, qu'il a enfin trouvé le chemin du Monastère de la Montagne d'Or. Ce n'était point chose facile. Beaucoup de gens dans le monde ont parcourus tous les endroits, s'efforçant de trouver une bonne place pour étudier le Bouddhadharma. Par conséquent, vous qui êtes ici au Monastère de la Montagne d'Or, ne devriez pas assumer que c’est facile d’arriver ici. C’est difficile d’entrer dans ce temple. J’espère que vous prendrez tous note de ce point.

 

 

SECTION 1

QUITTER LA VIE A LA MAISON ET DEVENIR UN ARHAT

 

Texte:

Le Bouddha dit: "Ceux qui quittent leur famille et abandonnent la vie de laïc, qui connaissent leur esprit et en ont pénétré son origine, qui comprennent le Dharma inconditionné, sont appelés "Shramanas". Ils observent constamment les deux cent cinquante préceptes, et ils appliquent la pureté dans tout ce qu’ils font. En pratiquant les Quatre Sentiers de la Vérité; ils peuvent devenir des Arhats.

 

Les Arhats peuvent voler et se métamorphoser. Leurs vies s'étendent sur de nombreux éons, et où qu'ils se trouvent, ils peuvent bouger les esprits de la terre et du ciel.

Antérieur à la position d'Arhat est celle de l'Anagamin. Et à la fin de son existence, l'esprit vital d'un Anagamin monte dans des lieux au deçà du dix-neuvième ciel et devient alors Arhat.

Avant d’être Anagamin, on est Sakridagamin qui monte une fois, revient une fois de plus, et ensuite devient un Arhat.

Avant d’être Sakridagamin, on est Srotaapanna, à qui il reste sept naissances et sept morts avant de devenir un Arhat.

Mettre un terme à l'amour et au désir est comme se trancher les quatre membres: un membre tranché ne ressert jamais."

 

Commentaire:

Ceci est la première section du Sutra en Quarante-Deux Sections. Il y est dit qu'un Shramana peut devenir un Arhat.

 

Le Bouddha dit: "Ceux qui quittent leur famille et abandonnent la vie de laïc. Quand vous quittez votre foyer pour être moine, selon le Bouddhadharma, il est nécessaire de recevoir la permission de vos parents. Ce n'est pas comme en Amérique où vous êtes libre, après avoir atteint l'âge de dix huit ans, de faire ce que vous voulez. Autrefois, en Inde et en Chine, il était nécessaire, suivant les coutumes de ces pays, de parler de vos intentions avec vos parents: "Je vais quitter la vie à la maison." Embrasser la vie monastique, c'est donner son corps, sa nature, son esprit et sa vie, les offrir respectueusement au Triple Bijou, et ne plus vous occuper des choses du monde. Vous prenez congé de votre famille et du foyer où vous avez grandi et vous entrez dans une place de Bouddha, du Dharma et du Sangha.

 

En abandonnant la vie de laïc, vous quittez la vie domestique ordinaire qui a été votre maison terrestre. Chaque maison a ses propres problèmes, il peut y avoir beaucoup de disputes entre parents. Il peut ne pas y régner de vrai bonheur. C'est par exemple pourquoi vous souhaitez quitter ce foyer ordinaire qui a été votre demeure dans le monde. Dans le même temps, vous échappez au domaine des Trois Royaumes: les Royaumes du Désir, de la Forme et de la Non Forme. Les Trois Royaumes sont comme une maison en flammes; la paix en est absente. Vous laissez derrière vous aussi la maison des afflictions. Quand vous quittez la laïcité, il est essentiel que vous vous purifiiez des afflictions et ayez l'esprit constamment concentré sur la Bodhi - l'illumination. C'est cela quitter la vie de laïc.

 

Il y a des gens qui connaissent leur esprit et en ont pénétré son origine. Vous devez savoir que quand l'esprit apparaît, qu'à sa suite toutes les catégories de dharmas apparaissent. Quand l’esprit s’en va, tout genre de dharmas cesse. Vous devriez savoir que, hors de l'esprit, il n'y a pas de dharmas et que, hors des dharmas, il n'y a pas d'esprit. Esprit et dharmas sont un. Si vous comprenez qu'en dehors des dharmas, il n'y a pas d'esprit, alors vous reconnaissez l'esprit, vous comprenez la nature, qui partout calcule et partout donne lieu à des attachements.

 

En pénétrant à la source, vous devriez comprendre qu'esprit et nature n’ont pas de réelle essence, sans forme, sans apparence. Si vous comprenez ce principe, alors vous pouvez comprendre la nature, comprendre qu'elle prend naissance en s'appuyant sur d'autres objets, qu'elle-même est vide et illusoire. La nature qui partout évalue, partout produit des attachements, est fondamentalement vide. Aucune de ces natures n'a d'existence réelle. Ceci est ce que l'on entend par connaître l'esprit et pénétrer à sa source.

 

... qui comprennent le Dharma inconditionné. Comprendre les Dharmas inconditionnés, c'est comprendre le Dharma d'Ainsité Réelle. L'Ainsité Réelle et tous les dharmas ne sont pas un, mais en même temps ils n'ont pas de dualité. Si vous saisissez ce principe, à savoir que l'Ainsité Réelle et tous les dharmas ne sont pas un et pourtant ne diffèrent pas, alors vous pouvez comprendre la nature réelle parfaitement accomplie. Vous pouvez vous illuminer à votre substance première. Ce qui précède explique "qui comprennent le Dharma inconditionné."

 

...Sont appelés "Shramanas". Si vous pouvez être ainsi, si vous pouvez quitter votre famille et la vie de laïc, connaître l'esprit, et pénétrer à son origine et comprendre le Dharma inconditionné, alors vous pouvez être appelé un Shramana. Shramana est un mot sanskrit qui signifie "qui diligemment met au repos". Le Shramana cultive diligemment les préceptes, le samadhi, et la sagesse; il exclut l’avidité, la haine et la stupidité. Quand vous embrassez la vie de moine, vous ne devriez pas cultiver l’avidité, la haine et la stupidité et laissez à l'abandon les préceptes, le samadhi et la sagesse. Si jour après jour vous n'avez pas de sagesse et jour après jour votre stupidité grandit, c'est que vous aviez cherché diligemment à devenir plus avide, plus coléreux, plus stupide. Chaque jour vous avoisinez votre propre avidité, votre colère, et votre stupidité. Vous n'êtes pas capables de vous en écarter, et par conséquent, vos préceptes, vos samadhi et votre sagesse ne peuvent pas se développer. Vous ne payez aucune attention à chercher les moyens de cultiver, d'observer les préceptes, de pratiquer la samadhi, et de développer la sagesse. Chaque jour vos afflictions s'accroissent. Quelle en est la raison? C'est que les obstructions karmiques de vos vies passées sont si lourdes, votre rétribution karmique a été si sévère qu'elles vous empêchent de concentrer votre esprit sur la Bodhi , et vous poussent à rabaisser les autres en permanence. Du matin au soir, vous pensez être meilleur que n'importe qui, et même que votre maître. "Mon maître ne m'arrive pas à la cheville. Vous voyez comme je suis doué?" Vous dites: "En haut dans le ciel, ici-bas sur terre, moi seul suis honoré en tout lieu." Avec de telles dispositions, vous vous dirigez irrémédiablement vers la chute.

 

Je vois souvent des membres du Sangha qui n'ont jamais appris comment mettre leurs paumes ensemble correctement; ils le font, mais d'une manière négligente. Quelquefois, ils les placent à la hauteur des yeux! Proprement fait, les paumes doivent être placées jointes devant la poitrine et les doigts touchant les uns et les autres. Après avoir été dans un monastère pour si longtemps, si vous ne savez pas comment joindre vos mains et comment offrir l'encens correctement, c'est vraiment déplorable. Vous devriez regarder les cultivateurs plus vieux et l'apprendre.

 

Je me souviens que quand je vous expliquais les "Leçons de comportement pour novices," je vous disais de ne jamais mettre vos doigts dans vos narines. Comment ça se fait qu'il y est des personnes qui le font encore? La mauvaise habitude persiste puisque certaines personnes mettent encore leurs paumes très haut, de façon que leurs doigts frottent leurs nez! Vos paumes jointes doivent être placées à la hauteur de la poitrine, non pas sur la bouche, sur le nez, ou sur les yeux! Si vous incertain sur des points basics ainsi, comme pouvez-vous cultiver le Chemin? Quand vous cultivez le Chemin, vous ne pouvez pas vous montrer négligeant en quoi que ce soit, autrement, vous ne serez capable d'aucune réalisation. "Si vous vous écartez du chemin d'un cheveu au début, vous serez perdus à mille lieues à la fin."

 

En conséquence, comme les Shramanas cultivent la Voie, ils observent constamment les deux cent cinquante préceptes. Les Shramanas comptent sur les préceptes dans leur culture, et ne les violent pas. Par conséquent, leur étude des préceptes se développe. Ils appliquent la pureté de tout ce qu'ils font. Quoi que vous fassiez, en mouvement comme dans l'immobilité, gardez votre pureté. Il ne doit y avoir aucune souillure dans ce que vous faites.

 

En pratiquant les Quatre Sentiers de la Vérité, ils réalisent la condition d'Arhat. Les Quatre Sentiers de la Vérité font référence à la souffrance, à l’accumulation, à l’extinction, et au Chemin. Quand les Shramanas cultivent assidûment ce dharma, ils peuvent devenir des Arhats.  Arhat est un mot sanskrit qui a trois sens et à cause de ses divers sens, il n'est pas traduit. Ces trois sens sont comme suit:

 

1. "Tueurs de voleurs". Les Arhats sont vraiment féroces! Dès qu'ils voient des voleurs aux alentours, ils les tuent. "Mais", vous vous demandez, "ne violent-ils pas là des préceptes?" Les voleurs que les Arhats tuent ne sont pas à l'extérieur. Les voleurs qu'ils tuent sont les voleurs intérieurs qui créent des afflictions. Pourquoi y a-t-il des voleurs dehors? Puisque ces voleurs sont précisément l'avidité, la haine et la stupidité. L'avidité est un voleur, la haine est un voleur et la stupidité est un voleur: voilà les voleurs qui doivent être tués. Ainsi, la première signification est "Tueurs de voleurs."

 

2.  "Dignes de recevoir des offrandes". Les Arhats ont le droit de recevoir des offrandes des dieux et des hommes. Un Arhat qui a été certifié de l'éveil est un sage. Si vous lui faites des offrandes, vous pouvez obtenir des mérites sans bornes. Être un Bhikshu est à l'origine de l'accomplissement d'Arhat; devenir un Arhat est la conséquence de l'état de Bhikshu. "Les Bhikshus détruisent le mal" et par conséquent, après leur accession à l'état d'Arhats, ils tuent les voleurs. Ils sont mendiants et donc une fois Arhats, deviennent dignes d'offrandes. Ils font peur à Mara (démon) et donc après leur réalisation, ils sont libres du fardeau de renaître.

 

3. "Être libre du fardeau de renaître". Qu'est ce que cela signifie? Cela veut dire qu'ils en ont fini avec le cycle de la naissance et de la mort et n'ont plus à en subir les misérables conséquences. Mais, il ne s'agit là que de la fin fractionnelle (ou répétitive) de la naissance et de la mort, c'est à dire la naissance et la mort du corps physique. Les Arhats, comme tels, n'ont pas atteint la fin transformationnelle de la naissance et de la mort (la naissance et la mort des pensées). Si vous cultivez les deux cent cinquante préceptes, le résultat probable sera votre complétion des études des préceptes. Si vous tenez à la pureté de toute chose, alors vous accomplirez vos études de la samadhi. Si vous cultivez Les Quatre Sentiers de la Vérité, vous pouvez alors mener à son accomplissement votre étude de la sagesse. Quand les préceptes, de la samadhi et la sagesse sont cultivés à leur perfection, l’avidité, la haine, et la stupidité sont détruites, alors vous deviendrez un Arhat. Il y a quatre échelons dans la réalisation d'Arhat: il y a des Arhats du premier, du second, du troisième et du quatrième, degrés. Celui qui a accompli le quatrième degré a complètement achevé le cycle de la naissance et de la mort.

 

"Les Arhats peuvent voler et se métamorphoser. Leurs vies s'étendent sur de nombreux éons, et où qu'ils se trouvent, ils peuvent bouger les esprits de la terre et du ciel."

              

Qu'est-ce qu'un Arhat? Un Arhat du quatrième degré a atteint une position appelée "Au-delà des Études" ce qui veut dire que les études plus avancées ne lui sont plus obligatoires. Par contre, les positions des Arhats des trois premiers degrés sont celles où des études additionnelles sont nécessaires. En ordre décroissant, l'Arhat du quatrième degré atteint une position de Certification du Chemin, ceux du troisième et de second degrés, la position de Culture du Chemin, et celui du premier degré, la position de Voir le Chemin.

 

Il est dit plus loin dans ce sutra: "Prends garde de ne pas croire à ton esprit. Tu ne peux pas faire confiance à ton esprit." Nous devons faire particulièrement attention de ne pas croire à notre esprit. Notre esprit n’est pas fiable. Nous pouvons seulement faire confiance en notre esprit après avoir atteint le quatrième degré d'Arhat.

 

Seuls les sages qui ont atteint le quatrième degré d'Arhat n'ont plus de désirs, ni d’amour. Ils s'en sont séparés pour de bon. Qu'est-ce qui nous prouve que quelqu'un a atteint le quatrième degré d'Arhat? Les pieds d'un Arhat du quatrième degré ne touchent pas le sol. Ses pieds sont au-dessus de la terre d'un centimètre, de sorte qu'il n'écrase jamais de vers, ni de fourmis. Quand il se promène, il peut y avoir des vers ou des fourmis sous ses pieds, mais il ne leur marchera jamais dessus. Ceci est une preuve de l'accomplissement d'un Arhat mais cette aptitude ne lui est pas exclusive: elle est possédée aussi par les Arhats du premier degré. Le texte dit: "Les Arhats peuvent voler et se métamorphoser." Un Arhat du quatrième degré peut aller partout où il veut se rendre et se changer en une infinité de corps. Pour vous donner un exemple, quand j'étais à Taiwan, je rendis visite à un vieux cultivateur du Chemin, Guang Qin, pour essayer de le convaincre de venir en Amérique. Il pointa le doigt sur son cœur et me répondit qu'il pouvait y aller quand il le voulait. Quand il veut aller quelque part, il le peut. Il est là, mais les autres ne savent pas qu'il y est, sauf ceux qui possèdent les yeux spirituels.

 

De plus, un Arhat du quatrième degré peut se rendre là où il le souhaite non seulement spirituellement mais aussi avec son corps physique qui peut se déplacer avec aisance. Il n'est pas nécessaire pour lui d'acheter un billet d'avion. Il peut se déplacer dans l'air et se transformer de bon gré. Les Arhats peuvent faire dix-huit transformations, et chacune d'elles est vraiment inconcevable.

 

La durée de vie d'un Arhat s'étend sur de nombreux éons. Ces éons sont très longs, sans fin, car un Arhat du quatrième degré peut vivre aussi longtemps qu'il le désire. Pour lui, la longévité n’est pas un problème, car quand le corps qu'il occupe se porte mal et vieillit, il peut aisément le changer pour un autre.  C'est pourquoi il a une existence qui s'étend sur de vastes éons.

              

Les sages qui atteignent le quatrième degré d'Arhat sont libres de la naissance et de la mort. Ils sont réellement libres: s'ils veulent vivre, ils continuent à vivre, s'ils veulent mourir, ils peuvent mourir quand ils le veulent. S'ils veulent mourir debout, ils meurent debout; s'ils veulent mourir assis, ils peuvent mourir assis; s'ils veulent mourir en marchant, ils peuvent mourir en marchant, s'ils veulent mourir en dormant, ils peuvent mourir en dormant. Ils sont très indépendants, et personne ne peut les contrôler. C'est pourquoi leur durée de vie s'étend sur de grands éons et on les dit libre de renaître. Ils ne renaîtront et ne mourront plus jamais.

 

"Où qu'ils se trouvent, ils peuvent bouger les esprits de la terre et du ciel." Peut importe où un Arhat se trouve, les esprits célestes et terrestres subissent son influence, reçoivent leurs instructions, et sont transformés par eux. C'est ce que cette phrase veut dire. Mais cela peut signifier aussi que chaque mouvement d'un Arhat fait bouger le ciel et la terre en réponse. Peut importe où un Arhat se trouve, les dieux, les dragons, et les membres de l'octuple panthéon protègent son Dharma, et maintiennent la paix dans son domaine. Il n'y a aucun ouragan, aucune tornade, aucun tremblement de terre, aucune avalanche, aucune éruption volcanique, aucun raz de marée ou tout autre désastre de ce genre, parce que les protecteurs du Dharma et les bons esprits sont toujours là pour le protéger et faire en sorte que des événements favorables lui arrivent. Cependant, des événements défavorables peuvent inopinément arriver à un Arhat: ce sont des manifestations du karma de ses vies précédentes qui surviennent occasionnellement. Comme sur le plan causal la pratique d'un Arhat n'a pas été parfaite, après son éveil, il rencontrera encore des difficultés et des épreuves. Ainsi il est dit: "Celui qui cultive ses mérites sans cultiver la sagesse est comme un éléphant avec un collier de pierres précieuses au cou, et celui qui cultive la sagesse sans cultiver ses mérites est comme un Arhat avec un bol presque vide." Il arrive parfois que des Arhats n'aient pas de nourriture à manger, car quand ils font leur ronde d'aumônes, personne ne leur fait d'offrandes. C'est que sur le plan causal, ces Arhats ne savaient que cultiver leur sagesse; ils ne savaient pas cultiver leurs mérites. Et ainsi, quand ils deviennent Arhats, ils ne reçoivent pas de rétribution pour leurs mérites; les gens ne leur font que rarement des offrandes.

 

Une autre façon d’expliquer "bouger les esprits de la terre et du ciel" est que dans chaque mouvement du Arhat, peut importe ce qu’il fait, la terre et le ciel réunis tremblera et secouera pour lui. Ceci est une brève explication du mot "Arhat".

 

", et à la fin de sa vie, l'esprit vital d'un Anagamin monte dans des lieux au deçà du dix-neuvième ciel et devient alors Arhat."

              

"Antérieur à la position d'Arhat est celle de l'Anagamin." Un Arhat du quatrième degré a atteint le stade de non étude, où plus aucune étude n'est nécessaire, ce qui n'est pas le cas d'un Anagamin, un Arhat du troisième degré, qui doit continuer d’étudier. Un Sakridagamin du deuxième degré s’est séparé de six niveaux de pensées illusoires dans le royaume du désir et il doit encre se séparer des trois derniers niveaux de pensées illusoires. Après l'avoir fait, il est élevé et certifié à la position d'Anagamin et devient certifié du troizième état d’Arhatship. Quelqu’un qui ne s’est pas encore séparé de ces trois derniers niveaux est appelé Sakrdagamin. 

 

Et à la fin de son existence, si l'esprit vital d'un Anagamin devient un fantôme, celui-ci est appelé "le corps intermédiaire de skandha." Si ce corps est yang, alors il est reconnu en tant qu’esprit vital, ce qu'on appelle une âme ou nature efficace. Celle-ci monte dans des lieux au deçà du dix-neuvième ciel et il devient alors Arhat. Quand la vie d'un Anagamin cesse, comme il n'a pas encore brisé les cycles de la naissance et de la mort, son âme monte au dix-neuvième ciel. En comptant à partir du paradis des Quatre Rois, le Dix Neuvième Ciel vient avant le Ciel Sans Afflictions. Au-delà du Dix Neuvième Ciel, l'Anagamin passe à l'état d'Arhat, c'est pourquoi son nom signifie "celui qui ne s'en retourne jamais". Il ne revient pas dans le monde des hommes. Ceci est l'Anagamin, un Arhat du troisième degré.

 

Quelques-uns parmi vous, qui venez juste d'entendre qu'à l'endroit où demeure un Arhat, aucun désastre ne s'y produit, ont exprimé quelques doutes. Je ne vais pas débattre ce point, mais je dirai quelques mots sur le Vieux Maître Hsü-Yun et quelques réponses qui eurent lieu durant sa vie en Chine. Une fois, pendant la guerre sino-japonaise, alors que le vénérable maître résidait dans le monastère Nan-Hua près de Canton, des avions de guerre japonais lâchèrent plusieurs bombes dans cette région, mais à leur arrivée sur le sol aucune n'explosa. Vous dites certainement: "Elles n'explosèrent pas? Bon. Et bien, ce fut une coïncidence." Mais dans ce cas, pourquoi ailleurs les autres n’ont pas eu autant de chances? Pourquoi cela n'eut-il lieu qu'au monastère Nanhua?

 

Une autre fois, alors que le Vénérable Maître Hsu Yun transmettait les préceptes au monastère Yun Qi, dans le Yunan, sur les arbres fleurirent des fleurs de lotus. Pourquoi les arbres ne fleurirent-ils pas des lotus dans les endroits où il n’est pas allé? Sur les feuilles des arbres et sur d'autres plantes, des images de Bouddha apparurent. En dépit de la force de telles manifestations miraculeuses, les gens ne voulaient pas encore les reconnaître comme telles. Ils considérèrent qu'elles n'étaient que des évènements isolées. Quand le Vénérable Maître Yun se trouvait au monastère Nanhua, un cyprès qui avait été mort depuis des centaines d’année revint à la vie et bourgeonna. C'était un autre exemple d'événement extraordinaire, et on pourrait encore citer l'histoire du renard blanc qui vint prendre refuge. Mais à cette époque, les gens ne réalisèrent toujours pas ce qui c'était produit. Maintenant que le Vénérable Maître Yun est entré dans le Nirvana, tout le monde le loue. Ils disent tous que le Vénérable Yun était un sage qui avait atteint la réalisation, qu'il était un Bodhisattva redescendu sur terre. Voilà comment les gens sont: quand ils ont quelque chose devant les yeux, ils ne le voient pas et une fois qu'ils l'ont perdu, ils le regrettent. Les gens sont des créatures étranges et stupides.

 

Maintenant, en Amérique, je veux créer des Bouddhas vivants, des Bodhisattvas vivants, des Arhats vivants.  Je veux produire des Anagamins, des Sakridagamins, des Srotaapanas. Toute personne qui peut se débarrasser du désir et se libérer de l'amour aura sa part. Par contre ceux qui ne peuvent pas se débarrasser du désir et de l'amour, ceux qui manquent de caractère, il n'y a vraiment aucun moyen de les aider. Tout provient uniquement de l'esprit. Si une personne veut être un fantôme, alors elle peut être un fantôme. Si une personne veut être un Bouddha, elle peut être un Bouddha. Si elle veut être une personne, elle peut être une personne. Si elle veut être un animal, elle peut être un animal. Bref, il ne reste à voir quel chemin son esprit choisit.

 

Il ne faut pas présumer que "Les Dix Royaumes du Dharma ne sont pas au-delà d'une simple pensée" n'est qu'un petit livre insignifiant. Dans mille ans, peut-être y aura-t-il des gens qui deviendront illuminés en lisant ce livre. Ce sera un événement à venir. Maintenant, il nous reste à voir si quelqu'un  deviendra illuminé.

 

Avant d’être Anagamin, on est Sakridagamin qui monte une fois, revient une fois de plus, et ensuite devient un Arhat. Avant d’être Sakridagamin, on est Srotaapanna, à qui il reste sept morts et sept naissances avant de devenir un Arhat. Mettre un terme à l'amour et au désir est comme se trancher les quatre membres: un membre tranché ne ressert jamais."

 

Avant d’être Anagamin, on est Sakridagamin qui monte une fois, revient une fois de plus, et ensuite devient un Arhat. Le sage du deuxième degré est appelé un Sakridagamin. "Sakridagamin" est un mot sanscrit qui veut dire "celui qui retourne une fois de plus". À ce niveau de sainteté, la position du sage est celle de la Culture du Chemin. Que cela signifie-t-il "retourner une fois de plus"? Le Sakridagamin est réincarné une fois dans les domaines célestes et une fois dans le royaume humain. Le Sakridagamin s'est affranchi des six catégories de pensées illusoires dans le royaume du désir. Que sont ces pensées illusoires? Pensée ici signifie considération ou discrimination. Les pensées non illusoires peuvent être pures si on utilise la sagesse pour les discriminer. Ce n'est pas le cas des pensées illusoires qui prennent lieu dans la confusion et dans le manque d'entendement. Vous pensez à ce que vous ne comprenez pas: en ce moment précis, vous vous adonnez complètement aux préméditations et votre nature y est entièrement attachée.

 

               Par exemple, vous voyez un bout de corde la nuit, mais n'arrivez pas à le reconnaître; vous vous mettez alors à penser: "Oh, c'est un serpent!" Comment expliquer que vous pensiez que la corde est un serpent? L'explication est que vous avez ajouté votre discrimination et évaluation à la perception première de la corde, et en terminologie Bouddhiste, ça s'appelle "la nature de fausse existence (ou d'inexistence réelle)." Après un examen plus sérieux, vous la voyez comme une corde faite avec des fibres de chanvre, sa "nature conditionnelle (ou nature présomptive)." Vous parviendrez à la "nature réelle et parfaite" de la corde quand vous réaliserez que la substance de la corde est le chanvre, et elle n'est pas un serpent.

 

               Le royaume du désir a neuf niveaux de pensées illusoires. Le sage est certifié comme un Arhat du deuxième degré quand il a coupé les six premiers niveaux de pensées illusoires, et comme un Arhat du troisième degré  quand il s'est écarté des trois derniers niveaux de pensées illusoires. Au deuxième degré, il est appelé "celui qui retourne une fois de plus," et au troisième, "celui qui ne retourne pas." Pour un Arhat du quatrième degré, le cycle de la naissance et de la mort est rompu.

 

              Avant d’être Sakridagamin, on est Srotaapanna. Le Srotaapanna, est un mot sanscrit, qui signifie "entrer dans le courant." Il peut aussi être défini comme, "opposer le courant." "Entrer dans le courant" veut dire que l'on pénètre dans le courant de la nature du Dharma d'un sage. "Opposer le courant" veut dire l'on oppose le courant des six souillures des gens ordinaires. Les six souillures sont formes, sons, odeurs, saveurs, objets tangibles, et dharmas. Quand le pratiquant est certifié comme Arhat du premier degré, il a tranché toutes les illusions de vue. Il y a des souillures de vue et des illusions de pensée; nous sommes confus par la vue et par les pensées. Les illusions de vue et les illusions de pensée prennent contrôle sur nous et nous rendent confus. Ainsi, tout pratiquant qui veut sincèrement être illuminé doit se laver de ces deux sortes d’illusions. Les illusions de vue doivent être sevrées et les souillures de pensée doivent être aussi coupées.

 

               Qu'est-ce qu'une illusion de vue? Cette expression signifie que quand des événements se présentent, l'avidité et l'amour dominent. Une illusion de vue rend une personne confuse sur les principes et portée à faire des discriminations. Illusion de vue: vous voyez des événements et des choses et vous êtes confus par eux. Une fois confus, vous continuez cette situation et vous en êtes renversé. Et quand vous êtes renversé par cette situation, vous produisez de l’avidité et de l’amour égoïste. Avec l’avidité, vous devenez attaché aux choses; et avec l’amour égoïste, vous ne supportez part d’être séparé des choses. L'attachement et la cupidité sont des entraves dans l'accomplissement de la sainteté et pour atteindre cette dernière, il faut absolument se débarrasser des pensées illusoires. Combien y a-t-il de catégories de pensées illusoires? Il y en a quatre-vingt huit. Quand vous vous êtes séparé de ces quatre-vingt huit catégories, vous obtiendrez la réalisation du premier degré d'Arhat et deviendrez un Srotaapanna. Le Srotaapanna est un sage du premier degré. Que signifie "joindre le courant?" Vous entrez dans le courant des sages; vous êtes ensemble avec les sages.

 

               Un Srotaapanna est une personne à qui il reste sept naissances et sept morts, et ensuite devient un Arhat. Les sages du premier degré doivent passer par sept naissances et sept morts et y parvenant, ils seront certifiés au quatrième degré d'Arhat et finiront les cycles de la naissance et de la mort. Ces sept naissances et morts sont divisés comme suit: en atteignant le plus haut niveau de pensées illusoires dans le royaume du désir, vous mettez fin à l'avidité, la colère, la stupidité et l'arrogance, le sage se sépare complètement de ces illusions de pensée. Cette séparation va continuer dans deux naissances et morts. Puis une vie se déroule dans le niveau moyen du plus élevé du royaume du désir; une vie dans le niveau le plus bas du plus élevé du royaume du désir; une vie dans le plus haut du moyen niveau, une vie dans le moyen du moyen niveau et dans le plus bas du moyen niveau combinés; et une vie dans le plus haut du plus bas, du moyen du plus bas et du plus bas du plus bas niveaux combinés, pour un total de sept naissances et sept morts. Quand les sept vies sont finies, vous pouvez réaliser le quatrième degré d'Arhat, achevant la fin transformationnelle des naissances et des morts. Ce scénario est la course normale des événements et n'est pas nécessairement rigide, et en dépendant des gens il peut varier. Si les potentialités et les racines d'un cultivateur sont spéciales, alors il se peut très bien qu'il puisse sauter directement du premier au quatrième degré. Par exemple, la mère de Kumarajiva, Jiva, alla du premier au quatrième. Donc les successions de la certification ne sont pas fixées.

              

               Il y a plusieurs catégories de pensées et de vues illusoires dans le Triple Royaume, mais en fin de compte, ce qui rend les gens le plus confus est l'amour et le désir. Ces deux émotions nous contrôlent et nous mettent sans dessus dessous. Même quand nous savons que quelque chose est mal, nous le faisons, et quand quelque chose est bien, nous ne voulons pas le faire. Les gens sont des créatures étranges! Même si on sait très bien que quelque chose n’est pas bien et on nous le dit de ne pas le faire, on va quand même de l’avant et on le fait de tout de façon. Ils n'écoutent jamais. Et pourquoi? Parce que l'amour et le désir les dominent et leurs font perdre la tête.

 

               Mettre un terme à l'amour et au désir est comme se trancher les quatre membres: « un membre tranché ne ressert jamais. » Si nous pouvons nous libérer de l'amour et du désir, nous serons sûrs d’être capables d'accomplir le Chemin. L'amour et le désir, une fois déracinés, sont comme les mains et les pieds coupés: ils ne sont plus là et ne peuvent pas être utilisés à nouveau. C’est comme cela que ça devrait être de vous séparer de l’amour et des désirs. Donc le Sutra dit: Avant d’être Sakridagamin, on est Srotaapanna, à qui il reste sept morts et sept naissances avant de devenir un Arhat. Peut-être vous pensez qu'il faut effectivement se libérer de l'amour et du désir, mais vous ne faites rien pour changer. En général, vous avez tendance à tout remettre au lendemain. C'est être indécis et manquer de sagesse. En l'absence de toute vraie sagesse, vous vous contentez d'avoir des intentions, mais ne les réalisez jamais.  Proverbialement, cet esprit d'indécision se voit en certains individus qui pensent à quelque chose d'une certaine manière, puis décident qu'en fait, c'est l'autre manière qui est la bonne. Ce sont des personnes sans volonté et sans principes, ce qui n’est pas favorable à la culture.  Les cultivateurs du Chemin doivent avoir une détermination héroїque dans leurs paroles et dans leurs accomplissements. S'ils sont résolus et décisifs, ils peuvent cultiver le Chemin.

 

 

 

SECTION 2

ÉLIMINER LE DÉSIR ET NE PAS QUÉMANDER

 

               Le Bouddha dit: "Les gens qui ont quitté la vie à la maison et deviennent des Shramanas se libèrent de tous désirs, renoncent à l'amour et reconnaissent la source de leur esprit. Ils pénètrent les principes profonds du Bouddha et s'éveillent au Dharma inconditionné. Intérieurement ils n'ont rien à atteindre et extérieurement ils ne cherchent plus rien. Ils ne sont pas mentalement emprisonnés par le Chemin, ni liés par le karma. Ils sont sans pensée et sans action; ils ne cultivent pas et n'atteignent pas de certification. Ils ne passent pas par les diverses positions et cependant sont hautement vénérés. C'est ce que signifie le Chemin."

 

               Cette seconde section du Sutra traite de la non-culture et de la non certification.

 

Le Bouddha dit: "Les gens qui ont quitté la vie à la maison et deviennent des Shramanas se libèrent de tous désirs" Que doivent faire les gens qui veulent renoncer la vie dans le Triple Royaume et devenir des Shramanas? Ils doivent se libérer de tout désir. Auparavant, le Sutra dit, "Se débarrasser de l'amour et du désir sont comme couper les membres; jamais l'on ne s'en sert à nouveau." "Ils renoncent à l'amour et reconnaissent la source de leur esprit." À ce point-là, il n’y a plus d’amour, et ils reconnaissent la source de leur esprit. "Ils pénètrent les principes profonds du Bouddha et s'éveillent au Dharma inconditionné." Ils comprennent les plus profonds principes du Bouddha qui ne sont ni conditionnés, ni inconditionnés. "Intérieurement ils n'ont rien à atteindre et extérieurement ils ne cherchent plus rien." Si vous voulez parler en vos propres termes, vous n'avez ni compréhension ni réalisation. A l'intérieur, vous n'obtenez rien. A l'extérieur, vous ne cherchez et n’obtenez rien. Ne rien obtenir en dedans est un Dharma inconditionné; ne rien chercher en dehors est aussi un Dharma inconditionné. C'est pourquoi il est dit:

 

               Le moins tu sais des choses qui se passent

               Le moins d'afflictions tu auras.

               Si tu parviens à ne rien chercher

               Alors tu n'auras  pas d'anxiété.                                                                                                                                                                                                                                                                                                   

 

Quand ils atteignent l'état dans lequel il n'y a rien à obtenir de l'intérieur, ni rien à chercher à l'extérieur, leurs esprits ne sont pas emprisonnés par le Chemin. Ils n'ont pas besoin de se dire, "je suis en train de cultiver le Chemin," bien qu'en fait, ils le sont. Ils ne sont pas liés par le karma.  Il est impossible pour eux de créer aucune sorte de karma mauvais.

 

               Ils sont sans pensée et sans action. Ils n'ont pas de fausses pensées, ils n’ont que des pensées appropriées. Ils n’ont pas une seule fausse pensée, donc ils sont libres de pensées. D'autre part, ils ne font aucune action mauvaise, ou superflue; c'est ce qui est appelé "être sans action". Ils ne font rien de particulier. Ils ne cultivent pas et n'atteignent pas de certification. Ils ont fait ce qu'il y avait à faire, ils ont déjà cultivé au plus haut degré. Ainsi il n'est plus rien qu'ils puissent encore cultiver. Ils ne peuvent plus être certifiés, parce qu'ils ont déjà atteint la substance fondamentale du Chemin. Ils ont déjà atteint la réalisation.

 

               Ils ne passent pas par les diverses positions. Il ne leurs est pas nécessaire de passer par les positions des Dix Demeures, des Dix Pratiques, des Dix Transferts, et des Dix Terres. Il ne leurs est pas nécessaire de les traverser. Ils les transcendent soudainement. Et cependant sont hautement vénérés. La position que les Shramanas occupent est très élevée et noble. C'est ce que signifie le Chemin." Voici ce qu'est un Shramana qui a atteint le Chemin.

 

SECTION 3

 

SE LIBÉRER DE L'AMOUR ET RENONCER À L'AVIDITÉ

 

               Le Bouddha dit: " En rasant leur tête et leur barbe, ils deviennent Shramanas, et acceptent les Dharmas du Chemin. Ils renoncent aux richesses et fortunes de ce monde. En recevant l'aumône, ils acceptent seulement  ce qui est juste assez. Ils ne prennent qu'un repas par jour à midi, et ils passent la nuit sous le couvert des arbres. Ils prennent garde de ne rien acquérir de plus, car les passions et les désirs sont ce qui rend les gens stupides et aveugles."

 

 

               Voici la troisième des quarante-deux sections; elle fait l'éloge de pratiques ascétiques les plus excellentes. Si vous pouvez cultiver ces suprêmes pratiques de l'ascétisme, vous pouvez être certifiés à la réalisation du Chemin.

 

               Le Bouddha dit. Ce sont les mots du Bouddha. Qu'est ce qu’il a dit? Il dit, en rasant leur tête et leur barbe. Les gens qui quittent la vie de maison rasent leur barbe et les cheveux et ils deviennent Shramanas, ceux qui acceptent les Dharmas du Chemin. Accepter les Dharmas du Chemin signifie admettre le Chemin dans son esprit et cultiver les Dharmas du Chemin. Les gens qui cultivent les Dharmas du Chemin doivent renoncer aux richesses et fortunes de ce monde. Ils ne veulent pas des richesses de ce monde. Par exemple, nous avons ici parmi nous, plusieurs personnes qui ont quitté la vie de laïc et qui observent le précepte de ne pas garder d'argent. C'est très bien. C'est renoncé aux richesses et fortunes de ce monde dans lequel les guerres et disputes sont causées par l'envie de s'emparer des richesses des autres. Des pays sont en guerre avec d'autres pays, des familles se querellent avec d'autres familles, des gens bataillent avec d'autres gens, tout cela à cause de bénéfice personnel. C'est pourquoi le Shramana peut renoncer aux richesses du monde; il ne veut plus aucune chose mondaine de valeur.

 

               En recevant l'aumône, ils acceptent seulement  ce qui est juste assez. Chaque jour, ils prennent leurs bols et font la ronde pour recevoir l'aumône. Ils mangent à leur faim, et cela les suffit. Ici "recevant l'aumône" signifie qu'ils portent leur bol et reçoivent la nourriture. "Ils acceptent seulement ce qui est juste assez." signifie quand ils n'ont plus faim, ils s'arrêtent de manger. Ils ne sont pas gloutons, ils ne mangent pas plus. Ils ne mangent pas souvent, ne prennent qu'un repas par jour à midi, et ils passent la nuit sous le couvert des arbres. Quand ils dorment, ils dorment sous un arbre. De plus, ils ne dorment pas sous le même arbre plus de trois nuits. Ils prennent garde de ne rien acquérir de plus. Vous devriez faire très attention de ne rien rechercher de plus. Ne cherchez pas plus que ces simples choses.

 

               Passion et désir sont ce qui rend les gens stupides et aveugles.  La stupidité des gens est comme de l'herbe qui pousse en abondance dans leur tête, avec plein de rocaille qui couvrent leurs esprits et qui les rend stupides. Comme le soleil qui est parfois obscurci par les nuages, ils ne comprennent pas; ils ne savent pas comment agir. Et quelle est la cause de tout cela? Passion et désir. Ils les rendent stupides. Vous dites que vous n'êtes pas stupide? Si vous n'êtes pas stupide, alors pourquoi transgressez-vous les préceptes une fois que vous les avez reçus? Si vous n'êtes pas stupide, alors pourquoi voulez-vous faire ce que vous ne devriez pas? Tout cela, c'est à cause de la passion et du désir. Vous n'arrivez pas à voir à travers l'amour et à vous purger du désir, et c'est pourquoi vous vous sentez mal. Si vous pouvez voir ce qu'il en est réellement et vous purifier, alors vous vous sentirez bien, et il n'y aura plus de soucis, de détresse, de problèmes, d'afflictions. Tout ira très bien. Il n'y aura plus de problèmes du tout. La manière dont j'aime à le dire en anglais est: "Everything's okay".

 

 

SECTION 4

CLARIFICATION DU BIEN ET DU MAL

 

 

Le Bouddha dit: "Les êtres vivants peuvent agir suivant  les Dix Bonnes Actions ou selon les Dix Mauvaises Actions. Quels sont les Dix? Trois concernent le corps, quatre la bouche, et trois l'esprit. Les trois relatives au corps sont le meurtre, le vol, et le désir charnel. Les quatre relatives à la bouche sont la duplicité, la dureté en paroles, le mensonge et le langage frivole. Les trois relatives à l'esprit sont la jalousie, la haine et la stupidité. Ainsi, ces dix ne sont pas en accord avec la voie sainte et sont appelés les Dix Mauvaises Actions. Mettre un terme à ces Dix Mauvaises Actions, c'est pratiquer les Dix Bonnes Actions."

 

 

               La quatrième section discute l'absence de nature fixe du bien et du mal. Au lieu de faire du mal, l'on peut faire du bien: c’est facile comme tourner la paume de la main. Il ne tient qu'à nous de le faire.

 

 

               Le Bouddha dit: "Les êtres vivants peuvent agir suivant les Dix Bonnes Actions." Il y a dix sortes de bonnes actions que les êtres vivants peuvent faire. Mais il y a aussi les Dix Mauvaises Actions. Si les dix premières sont faites incorrectement, elles deviennent mauvaises. Quels sont les dix? Trois concernent le corps, quatre la bouche, et trois l'esprit.

 

               Les trois relatives au corps sont le meurtre, le vol, et le désir charnel. Qu'entend-on par tuer? Tuer est prendre la vie d'une créature, mettre un terme à la vie d'une autre créature sensible. Qu'entend-on par voler? Prendre quelque chose sans la permission de son propriétaire. Le désir charnel se réfère aux relations sexuelles entre hommes et femmes.

 

               Les quatre relatives à la bouche sont la duplicité, la dureté en paroles, le mensonge et le langage frivole. La duplicité, ou "parler avec deux langues," signifie parler en mal de quelqu'un avec un autre et en mal de cet autre avec le premier. Vous médisez Jacques avec Léon et vous débinez Léon avec Jacques. Vos paroles sortent en même temps des deux coins de votre bouche. Dureté en paroles signifie dénigrer ou dire des grossièretés. Mentir est dire des choses qui ne sont pas vraies. Parler avec un langage frivole signifie parler de choses qui ne veulent rien dire. Un langage frivole reflète une connaissance déviante et des fausses vues.

 

               Les trois relatives à l'esprit sont la jalousie, la haine et la stupidité. Être jaloux veut dire que vous êtes envieux. Quand vous êtes jaloux, vous ne voulez pas que quelque chose de bien arrive aux autres. Chaque fois que quelque chose de bien arrive aux autres, vous devenez jaloux. La haine inclut la condescendance et le ressentiment, la malice et l’esprit de vengeance. Quand quelqu'un est stupide, il est incapable de distinguer entre les principes et les faits.

 

               Ainsi, ces dix ne sont pas en accord avec la voie sainte et ne peuvent vous conduire sur le vrai chemin. Elles sont appelés les Dix Mauvaises Actions. Mettre un terme à ces Dix Mauvaises Actions, c'est pratiquer les Dix Bonnes Actions. Les Dix Bonnes Actions sont: ne pas tuer, ne pas voler, ne pas avoir de passion charnelle, ne pas être jaloux, ne pas haïr, ne pas être stupide, ne pas engager de duplicité, éviter la dureté en paroles, ne pas mentir, et ne pas parler avec un langage frivole.

 

 

.SECTION 5

REDUIRE LA SÉVÉRITE DES OFFENSES

 

               Le Bouddha dit: "Si une personne a commis beaucoup de torts et ne s'en repent pas, mais se contente de les ignorer, les torts l'engouffreront comme un cours d'eau qui, en s'en allant vers la mer,  graduellement devient de plus en plus large et profond. Si une personne a commis des torts, en prend conscience, réforme son caractère et pratique le bien, alors les torts se dissoudront d'eux-mêmes, tout comme une personne malade qui commence à transpirer, guérira graduellement."

 

               Cette cinquième section exhorte les gens à réaliser que s'ils ont des torts, ils peuvent les changer et recommencer à zéro. Mais si vous avez commis des torts et ne les réformez pas, alors ils demeureront toujours avec vous.  Si vous pouvez réformer et faire un départ à frais, alors vos offenses disparaîtront.

 

               Le Bouddha dit: "Si une personne a commis beaucoup de torts et ne s'en repent pas. Les nombreuses sortes d'offenses incluent toutes sortes d'erreurs et de torts. Si vous ne les réformez pas, ne vous en repentez pas mais les dissimulez, les cachez avec soin, parce que vous ne voulez pas que quelqu'un les voie ou en prenne connaissance, cela s'appelle ne pas être repentant. Mais se contente de les ignorer. Vous n'êtes pas conscient que vous devriez vous repentir, et vous abandonnez toute pensée de repentance. C'est à dire que vous n'avez aucune intention de changer vos erreurs.  Alors quand les offenses vous tombent dessus, elles vous engouffreront comme un cours d'eau qui, en s'en allant vers la mer, graduellement devient de plus en plus large et profond. Cela sera comme un petit ruisseau qui va vers la mer. Graduellement, les petites offenses deviendront plus graves, et plus lourdes, et elles se changeront en de grandes offenses.  Même les petites transgressions deviendront énormes. Les obstructions karmiques légères deviendront des obstructions karmiques lourdes.

 

               Si une personne a commis des torts, en prend conscience, réforme son caractère et pratique le bien. Elle peut avoir des torts tellement monstrueux qu'ils remplissent le ciel, mais avec une seule pensée de repentance, elle peut les faire s'évanouir. Vos torts peuvent être aussi vastes que les cieux, mais si vous pouvez les repentir, ils disparaîtront. Elle doit se repentir, admettre ses erreurs et en défaire les nœuds. Après ça, elle doit changer sa conduite mauvaise en une bonne conduite, et pratiquer toutes sortes de Bonnes Actions. Les torts se dissoudront d'eux-mêmes, tout comme une personne malade qui commence à transpirer guérira graduellement. Si vous pouvez devenir une personne nouvelle, alors, vos offenses disparaîtront. C’est comme quoi? C'est comme un malade avec une mauvaise fièvre qui tout à coup transpire abondamment et peu à peu est guérie.

 

 

SECTION 6

TOLÉRER LES GENS MALVEILLANT ET ÉVITER LA HAINE

 

               Le Bouddha dit: "Quand une personne mauvaise entend parler de votre vertu, et vient pour créer des problèmes, vous devriez vous contenir, et ne pas vous fâcher ni lui faire de reproche. Alors celui qui venait pour mal agir, se fera tort à lui-même."

 

               C'est la sixième section; il y est dit que le bien peut vaincre le mal, mais que le mal ne peut vaincre le bien. La section précédente disait aux gens d’arrêter de faire du mal et de faire du bien, et de se réformer eux-mêmes. Le Bouddha s’inquiétait que certaines personnes craignent de faire de bonnes actions de peur que des personnes mauvaises viennent leur causer des problèmes. Alors le Bouddha cita cette section.

 

               Le Bouddha dit: "Quand une personne mauvaise entend parler de votre vertu, vient créer des problèmes". Supposez qu’une personne mauvaise entend dire que vous faites de bonnes actions, et vient dans l'intention de vous gêner, de vous déranger, et de vous empêcher de poursuivre vos bonnes pratiques. Dans un tel cas, contenez-vous,  vous devriez rester calme et absolument sans passion. Ne soyez ni agité, ni nerveux.

 

                Ne pas vous fâcher ni lui faire de reproche. Vous ne devriez pas vous mettre en colère, ou le réprimander. Ne lui dites pas qu'il agit mal. Car alors celui qui venait pour mal agir, se fera tort à lui-même. Les personnes mauvaises qui viennent vous déranger pour vous empêcher de pratiquer se font en fin de compte tort à elles-mêmes. Elles se détruisent elles même. C'est comme un miroir dans lequel apparaît tout à coup une forme extrêmement répugnante. Cette laideur, c'est celle de son propriétaire qui est reflétée par le miroir. Ce n'est pas le miroir lui-même qui est laid.

 

               Cette analogie veut dire qu'indépendamment du degré de malignité d'une personne, c'est toujours sa propre méchanceté qui lui fait tort. Si vous ne faites pas attention à cette mauvaise personne, il n'y aura pas de problèmes. Dès que vous commencez à lui accorder de l'attention, par contre, qu'arrive-t-il? Vous serez de la même étoffe: vous deviendrez vous même une personne mauvaise.

 

 

SECTION 7

LA MALVEILLANCE RETOURNE À SON AUTEUR

 

               Le Bouddha dit: "Une fois, un homme en entendant dire que je pratique le Chemin et que je possède une grande compassion, vint dans l'intention de me réprimander. Je gardai le silence et ne répondis pas. Quand il eut fini de m’insulter, je lui demandai: "Si vous vous montrez courtois envers quelqu'un et qu'il ne répond pas à votre courtoisie, votre courtoisie vous revient, n'est-ce pas?"

 

"C'est juste," répondit-il. Alors le Bouddha dit: "Vous êtes en train de me réprimander; mais je n'y réponds pas, donc la mauvaise fortune qui en résulte retourne à vous et y reste. C'est aussi inévitable que l'écho qui suit le son, ou l'ombre qui accompagne une forme. Au bout du compte, vous ne peux jamais y échapper. En conséquence, prenez garde de ne pas faire du mal."

 

               Cette septième section justifie la déclaration précédente selon laquelle celui qui fait le mal se fait tort à lui-même. Afin d'expliquer cela, le Bouddha fait une analogie.

 

               Le Bouddha dit: "Une fois, un homme en entendant dire que je pratique le Chemin et que je possède une grande compassion, vint dans l'intention de me réprimander." Le Bouddha est une personne qui se conforme au Chemin et la pratique. Il pratique aussi la grande compassion. En entendant cela, une personne vint voir le Bouddha face à face et se mit à le réprimander. Le Bouddha l'écouta mais garda le silence et ne répondis pas.  Il resta  silencieux et ne dit rien. Quand il eut fini de m’insulter; Une fois qu'il eut cessé de réprimander le Bouddha, je, le Bouddha, lui demanda: "Si vous vous montrez courtois envers quelqu'un et qu'il ne répond pas à votre courtoisie, votre courtoisie vous revient, n'est-ce pas?

 

               - "C'est juste," répondit-il. "Exact", dit-il. "Elle me revient. C'est moi qui me montrais courtois. Si mes marques de courtoisie ne sont pas acceptées, alors je les garde pour moi."

 

               Le Bouddha dit alors: "Vous êtes en train de me réprimander; mais je n'y réponds pas." "Eh bien, monsieur", dit le Bouddha, "vous m'injuriez. Vous me blâmez, mais je reste absolument calme. Que vous me réprimandiez ou non, c'est la même chose pour moi. Je ne suis pas affecté par vos insultes; je ne les accepte pas." Donc la mauvaise fortune qui en résulte retourne à vous et y reste. "Monsieur", poursuivit le Bouddha, "vous me blâmez à tort, et ainsi, un effet malheureux vous retombera dessus."C'est  inévitable; Cet effet vous arrivera tout comme l'écho qui suit le son, ou l'ombre qui accompagne une forme: tout comme l'ombre de votre corps vous suit. Au bout du compte, vous ne pouvez jamais y échapper. "Vous ne pouvez pas au bout du compte échapper à la mauvaise fortune qui résultera de vos insultes." En conséquence, prenez garde de ne pas faire du mal.  C'est mon bon espoir que tout le monde s'abstient de faire du mal.

 

SECTION 8

ABUSER LES AUTRES, C’EST SE SOUILLER SOI-MÊME

 

               Le Bouddha dit: "Une mauvaise personne qui fait du mal à un sage, c'est comme lever la tête et cracher au ciel. Au lieu d'atteindre le ciel le crachat lui retombe dessus. Il en est de même avec la poussière que l'on lance contre le vent: au lieu d’aller autre part, elle revient sur celui qui l'a lancée. Un sage ne peut être nuit: les mauvaises actions détruisent inévitablement celui qui les a perpétrées."

 

               Dans cette huitième section, le Bouddha montre aux gens qu'ils ne doivent pas faire de mauvaises choses, qu'ils ne doivent pas nuire aux gens car nuire aux autres, c'est en réalité se nuire à soi-même. Si vous manquez d'égards envers les autres, vous manquez d'égards à vous-même. Si vous n'êtes pas bon avec les autres, c'est comme si vous n'étiez pas bon avec vous-même.

 

               Le Bouddha dit: " Une mauvaise personne qui fait du mal à un sage, c'est comme lever la tête et cracher au ciel. Au lieu d'atteindre le ciel le crachat lui retombe dessus." Par mauvaise personne, on entend quelqu'un qui fait toute sorte de choses répréhensibles, à l'opposé du sage, qui est quelqu'un qui se tient sur le Chemin avec vertu. Quand une personne mauvaise dépourvue de toute vertu, tente de nuire à un sage, c'est comme si elle penchait la tête en arrière pour cracher au ciel. Le crachat n’arrive pas dans le ciel, mais au contraire retombe sur sa figure. Ce qui veut dire qu'une personne mauvaise qui essaie de nuire à un sage est en réalité incapable de le faire. Il se peut qu'il pense avoir trouvé un moyen de vraiment lui nuire, mais quand l'action a lieu, c'est encore à lui qu'il nuit. Le monde est régi par des principes de justice sous-jacents qui gouvernent tout, et qui font que c'est mal de nuire à autrui.

 

               Il en est de même avec la poussière que l'on lance contre le vent: au lieu d’aller autre part, elle revient sur celui qui l'a lancée. Si vous marchez à contre vent et jetez une poignée de poussière; au lieu d'aller en avant, celle-ci revient sur vous et vous frappe le corps.

 

               Un sage ne peut être nuit: les mauvaises actions détruisent inévitablement celui qui les a perpétrées." Vous ne pouvez calomnier un sage ni vraiment lui nuire parce que le préjudice qui en résulte, c'est à vous qu'il est fait. C'est vous qui aurez à en subir les conséquences karmiques.

 

SECTION 9

RETOURNANT À LA SOURCE, VOUS TROUVEZ LE CHEMIN

 

               Le Bouddha dit: "La connaissance profonde et l’amour du Chemin,  rendent le Chemin difficile à réaliser. Quand vous surveillez votre esprit et révérez le Chemin, le Chemin  est vraiment merveilleux! »

 

               Dans cette neuvième section, le Bouddha enseigne aux cultivateurs d'écouter le Dharma et de le contempler, de contempler le Dharma et de le cultiver, de cultiver le Dharma et de le réaliser. Les cultivateurs ne doivent pas seulement être capables de débattre et d’écouter la Bouddhadharma, ils doivent aussi être capables de l’appliquer. Tout savoir et sagesse ne compte que s’ils sont appliqués. 

 

               Le Bouddha dit: " La connaissance profonde et l’amour du Chemin, rendent le Chemin difficile à réaliser." La connaissance signifie être cultivé. Ananda, par exemple, était le plus cultivé. Mais si quelqu’un étudie le Bouddhadharma sans y réfléchir, il ne pourra jamais en comprendre les principes, car il se relie machinalement à sa mémoire et à ses aptitudes intellectuelles. Même si il a une mémoire exceptionnellement bonne et peut savoir un sutra par coeur, mais ne le pratique pas, il n'obtiendra aucune réponse. Sans contempler la signification réelle du sutra et sans le pratiquer conformément, ça ne lui sert à rien. "L’amour du Chemin" fait référence aux cultivateurs qui savent que le Chemin est vraiment excellent, mais qui ne réalisent pas que fondamentalement, le Chemin est simplement leur propre esprit. Il n'est pas à part de leur propre esprit. Ces cultivateurs  vont en dehors de leur esprit à la recherche d'un autre Chemin. Bien qu’ils chérissent et tiennent le Chemin à coeur, ils se trompent s’ils vont en dehors. Ce qui " rendent le Chemin difficile à réaliser." En cherchant le Chemin en-dehors, ils ne le comprennent pas et sont incapables de le rencontrer. Comme ils ne rencontreront pas le Chemin, ils ont moins de chance de le comprendre.  Plus ils le cherchent, plus ils s'en éloignent.

 

               Quand vous surveillez votre esprit et révérez le Chemin, il est vraiment merveilleux. Que signifie "surveiller votre esprit?" Cette expression veut dire qu'il faut garder l'esprit d’être indulgent dans des pensées fausses, et de ne pas chercher en-dehors. Il est dit, "Regardez en vous-même et ne cherchez pas chez les autres. Cherchez en dedans, pas au-dehors." Cherchez en dedans, et au fil des pensées, vous devez être éveillé; au fil des pensées, vous devez comprendre; au fil des pensées, vous devez aspirer à l'esprit de Bodhi. Ne pas laisser survenir des pensées de poursuite de la renommée et d’avantages est surveiller l'esprit. Qu’est ce que ça signifie " révérez le Chemin"? C'est soutenir le Chemin, ne le laisser jamais absent de vos pensées, et comprendre la source de votre esprit au fil des pensées. Vous fondez dans l'essence de votre esprit et ne la cherchez pas à l'extérieur. C'est révérer le Chemin. Alors, le Chemin est vraiment merveilleux! Si vous cultivez de cette manière, alors naturellement votre accomplissement sera très grand.

 

 

SECTION 10

LA CHARITÉ JOYEUSE APPORTE BÉNÉDICTIONS

 

               Le Bouddha dit: "Quand vous voyez quelqu'un pratiquer la vertu du don, aidez-le avec joie et vous obtiendrez des bénédictions immensément grandes."

 

               Un shramana demanda: "Y- a- t-il une fin à ces bénédictions?"

 

               Le Bouddha dit alors: "Considérez la flamme d'une seule torche. Même si cent mille personnes l'utilisent pour allumer leurs propres torches et en utilisent le feu pour préparer leurs repas ou repousser l'obscurité, elle reste inchangée. Ces bénédictions sont de la même nature."

 

               Cette dixième section du Sutra en Quarante-deux Sections traite du mérite et de la vertu de "supporter les autres avec joie", ce qui est un bienfait pour soi-même autant que pour les autres. Les bénédictions sont ainsi sans fin.

 

               Le Bouddha dit: "Quand vous voyez quelqu'un pratiquer la vertu du don, aidez-le avec  joie.  Il y a trois façons de donner.

 

               Tout d'abord, on peut donner des richesses, c'est ce qu'on appelle aussi "le don qui maintient la vie." On distingue richesse intérieure et richesse extérieure. La richesse intérieure fait référence au corps: la tête, les yeux, le cerveau, la moelle, la peau, le sang,  la chair, le tendon et les os. Par richesse extérieure, on veut dire de l’or, de l’argent, des pierres précieuses, des pays, des villes, des femmes, et des enfants... Si vous avez de l'or, vous pouvez le donner à d'autres personnes, si vous avez de l'argent, vous pouvez le donner à d'autres personnes; si vous avez des pierres précieuses, vous pouvez les abandonner à d'autres. Si vous avez un pays ou une ville, vous pouvez le ou la céder à d’autres. Si vous avez une femme, vous pouvez la donner; si vous avez des enfants, vous pouvez les donner. [Ce don a pour but de concentrer ses efforts pour cultiver le Chemin.] C'est donner des objets extérieurs. Mais aussi, vos richesses intérieures pourraient être données, votre tête, vos yeux, votre cerveau, votre moelle, votre peau, votre sang, votre chair et vos os. Voilà ce que signifie donner des richesses.

 

               La seconde manière de donner est d'offrir le Dharma, ce qui inclut la triple étude des préceptes, de la samadhi, et de la sagesse. Vous utilisez toutes les méthodes possibles pour donner le Dharma à toute sorte de gens afin qu'ils en retirent des bienfaits.

 

               La troisième manière est de donner du courage. Quand une personne a subi une catastrophe ou a vécu une expérience effrayante, vous pouvez dissiper son anxiété et alléger sa détresse. C'est donner du courage.

 

              Quand vous voyez quelqu'un pratiquer la vertu du don, aidez-le avec joie, faisant l’éloge de son acte et montrant votre appréciation sincère, vous obtiendrez des bénédictions immensément grandes. Votre rétribution en terme de bénédiction sera immense. Si quelqu'un pas très intelligent dit: "Un instant! Si je donne et si les autres simplement montrent leur support, et obtiennent une quantité immense de bénédictions, est-ce que cela ne va pas diminuer mes propres bénédictions?" Anticipant cette sorte de raisonnement, ce qui suit est un dialogue qui met en lumière l'enseignement du Bouddha.

 

               Un shramana demanda: "Y a- t-il une fin à ces bénédictions?" Il dit: "Est-il possible que les mérites pourraient être volés par quelqu'un d'autre?" En d'autres termes, la personne qui faisait le don à l'origine obtenait les bénédictions. Mais quand d'autres personnes la supportent avec joie, ces dernières obtiennent aussi des bénédictions immenses. Est-ce que le donneur pourrait garder ses bénédictions ou bien seraient elles volés par les autres?

 

               Le Bouddha dit alors: "Considérez la flamme d'une seule torche. Même si cent mille personnes l'utilisent pour allumer leurs propres torches et en utilisent le feu pour préparer leurs repas ou repousser l'obscurité, elle reste inchangée. Bien qu'il n'y ait qu'une seule flamme, cent mille personnes peuvent tous venir l'utiliser pour faire du feu. Elles partagent le feu et s'en servent pour chauffer leur nourriture et disperser l'obscurité. La flamme reste inchangée et ne disparaît pas.  Ces bénédictions sont de la même nature.  La récompense en matière de bénédictions est la même. L'analogie se réfère à quelqu'un qui pratique le don dans sa poursuite du Chemin et qui peut recevoir le fruit de ses actes dans le futur. Chauffer la nourriture est analogue à recevoir le fruit du don. Disperser l'obscurité est similaire avec repousser les illusions causées par le triple obstacle: l'obstacle du karma, l'obstacle de la rétribution et l'obstacle des afflictions.

 

               Cette comparaison montre que le mérite et la vertu issus de votre pratique du don permettront à vous et aux autres d'atteindre le fruit du Chemin. Vous serez capable de balayer les trois obstacles et les gens qui vous supportent avec joie le pourront aussi. Le mérite et la vertu seront partagés par tous de la même façon.

 

 

SECTION 11

LA PROGRESSION DES MÉRITES 

PAR LE DON DE NOURRITURE

 

               Le Bouddha dit: "Donner de la nourriture à cent personnes malfaisantes n'est pas aussi bon que de donner de la nourriture à une personne bonne. Donner de la nourriture à mille gens biens n'est pas aussi bon que de donner de la nourriture à une personne qui respecte les cinq préceptes. Donner de la nourriture à dix mille personnes qui tiennent les cinq préceptes n'est pas aussi bon que de donner de la nourriture à un seul Srotaapanna. Donner de la nourriture à un million de Srotaapannas n'est pas aussi bon que de donner de la nourriture à un seul Sakradagamin. Donner de la nourriture à dix millions de Sakradagamins n'est pas aussi bon que de donner de la nourriture à un seul Anagamin. Donner de la nourriture à cent millions d'Anagamins n'est pas aussi bon que de donner de la nourriture à un unique Arhat. Donner de la nourriture à un milliard d'Arhats n'est pas aussi bon que de donner de la nourriture à un seul Pratyekabouddha. Donner de la nourriture à dix milliards de Pratyekabouddhas n'est pas aussi bon que de donner de la nourriture à un Bouddha des trois périodes du temps. Donner de la nourriture à cent milliards de Bouddhas des trois périodes du temps n'est pas aussi bon que de donner de la nourriture à une seule personne qui est sans pensée, sans demeure, sans culture et sans accomplissement."

 

               Cette onzième section du sutra compare les champs supérieurs et inférieurs de bénédictions et fait comprendre aux gens les aspects supérieurs et inférieurs de la pratique du don.

 

               Le Bouddha dit: "Donner de la nourriture à cent personnes malfaisantes n'est pas aussi bon que de donner de la nourriture à une personne bonne. La section précédente parlait de la pratique du don en termes généraux, mais quand on donne, il est important de savoir de quelle manière le faire. Ce sera peine perdue si vous voulez semer des champs de bénédictions, mais ne le faites pas de la bonne manière en plein accord avec le Dharma. C'est pourquoi le texte dit que donner de la nourriture à cent personnes malfaisantes n'est pas aussi bon que de donner de la nourriture à une personne bonne. Pourquoi? Parce que si vous nourrissez cent personnes mauvaises, tout ce qu'elles peuvent faire est du mal, et les ayant secourus, vous devenez leur complice. Mais si vous préparez de la nourriture pour un homme de bien qui, après avoir mangé à sa faim, s'en va faire du bien, alors vous pourrez dire que vous l'avez aidé pour cela. C'est pourquoi votre don est meileur dans ce cas.

 

               Donner de la nourriture à mille gens biens n'est pas aussi bon que de donner de la nourriture à une personne qui tient les cinq préceptes. "La nourriture" ici inclut toutes sortes d'offrandes: aliments, boissons, joyaux, argent, même votre tête, vos yeux, votre cerveau, votre moelle. Si vous donnez votre propre corps ou votre existence pour aider les gens à faire de bonnes choses, alors ces bonnes actions ont été possibles grâce à vous. Mais si vous utilisez votre énergie pour aider les personnes mauvaises, vous ne faites en réalité que créer des offenses. Ainsi, le mérite et la vertu obtenus dans le don de nourriture pour mille gens de bien est moins que donner à une seule personne qui tient les cinq préceptes.

 

               Donner de la nourriture à dix mille personnes qui tiennent les cinq préceptes n'est pas aussi bon que de donner de la nourriture à un seul Srotaapanna. "Les personnes qui tiennent les cinq préceptes" sont celles qui ont pris refuge dans le Triple Joyaux, qui tiennent les cinq préceptes, et qui cultivent les dix bonnes actions. Donner de la nourriture à dix mille personnes qui respectent les cinq préceptes n'est pas aussi bon que de donner de la nourriture à un seul Srotaapanna, un sage du premier degré.

 

               Donner de la nourriture à un million de Srotaapannas n'est pas aussi bon que de donner de la nourriture à un seul Sakradagamin. Donner de la nourriture à un million de Srotaapannas, sages du premier degré, n'est pas aussi bon que de donner de la nourriture à un sage du second degré, un Sakradagamin, car ceux du premier degré ne savent rien de l'état d'esprit de ceux du second degré. Les sages du premier degré ont déjà franchi le mur des illusions de vue; mais ceux du deuxième degré se sont en plus purifiés des six sections de pensées illusoires du royaume du désir. Ce point a été vu dans une section précédente. Ainsi, faire une offrande de nourriture à un Sakridagamin du deuxième degré est mieux que de faire offrande à un million de Srotaapannas du premier degré.

 

               Donner de la nourriture à dix millions de Sakradagamins n'est pas aussi bon que de donner de la nourriture à un seul Anagamin. Donner de la nourriture à des millions de sages du deuxième degré qui se sont purifiés des six catégories de pensées illusoires n'est pas aussi bien que de donner de la nourriture à un seul sage du troisième degré, qui s'est débarrassé de toutes les neuf catégories de pensées illusoires dans le royaume du désir.

 

               Donner de la nourriture à cent millions d'Anagamins n'est pas aussi bon que de donner de la nourriture à un seul Arhat. Faire des offrandes de nourriture à cent millions d'Anagamins du troisième degré n’égal pas en mérite et vertu une offrande à un seul Arhat.

 

               Donner de la nourriture à un milliard d'Arhats n'est pas aussi bon que de donner de la nourriture à un seul Pratyekabouddha. Les Arhats sont Entendeurs de la Voix, parce qu'ils entendent le son de la voix du Bouddha et s'éveillent au Chemin. Un Pratyekabouddha est quelqu'un qui s'est éveillé aux conditions. Quand un Bouddha est dans le monde, les Pratyekabouddhas contemplent la chaîne des douze conditions de la production conditionnée et s'éveillent au Chemin. Quand il n'y a pas de Bouddha dans le monde, on les surnomme "les éveillés solitaires", car ils sont illuminés par la contemplation de la nature illusoire et impermanente des dix mille phénomènes.

 

               Donner de la nourriture à dix milliards de Pratyekabouddhas n'est pas aussi bon que de donner de la nourriture à un Bouddha des trois périodes du temps. Si vous faites des offrandes à un Bouddha qu'il soit du passé, du présent ou de l'avenir, le mérite est beaucoup plus grand que quand vous les faites à une multitude de Pratyekabouddhas.

 

               Mais donner de la nourriture à cent milliards de Bouddhas des trois périodes du temps n'est pas aussi bon que de donner de la nourriture à une seule personne sans pensée, sans demeure, sans culture et sans accomplissement. Faire des offrandes à tant de Bouddhas ne serait pas aussi bien que de les faire à une seule personne sans pensée, sans demeure, sans culture, sans accomplissement. Être sans pensée veut dire penser et pourtant ne pas penser. Être sans demeure veut dire demeurer là et pourtant ne pas y être. On pratique et pourtant on ne pratique rien; on atteint la réalisation et pourtant il n'y a pas de réalisation. Une telle personne a atteint le stade initial de l'Enseignement Parfait et est appelé le Grand Chevalier qui a Réalisé le Corps du Dharma. Elle manifeste les Huit Signes de la Réalisation du Chemin et peut accomplir la Bouddhéité dans cent mondes.

 

               Nous devons connaître les divers principes du don et ses avantages qui se rapportent à chaque type d'individus. Ainsi, nous devons nous entourer de conseillers bons et sages. Au contraire, si l'on reste parmi les consultants mauvais, on finit par apprendre leur savoir et leurs points de vue déviants. Si vous garder compagnie de bons et sages conseillers, vous apprendrez leur savoir et le point de vue justes. Si l'on fait des offrandes aux gens mauvais, on commet des offenses. Si l'on fait des offrandes aux gens bons, on crée des mérites et des vertus. C'est quelque chose que nous devons tous savoir.

 

 

 

SECTION 12

UNE LISTE DES DIFFICULTÉS ET

UNE EXHORTATION À LA CULTIVATION

              

               Le Bouddha dit: "Les gens rencontrent vingt différentes sortes de difficultés:

                                             Il est difficile de donner quand on est pauvre;

                                             Il est difficile pour le riche et le puissant de suivre le Chemin;

                                             Il est difficile d’abandonner l'existence et de faire face

                                              à la certitude de la mort;

                                             Il est difficile de rencontrer les Sutras du Bouddha;

                                             Il est difficile d'être né à la même époque qu'un Bouddha;

                                             Il est difficile d’être patient avec la luxure et les désirs;

                                             Il est difficile de voir des choses attirantes sans les rechercher;

                                             Il est difficile d'être insulté et de ne pas se fâcher;

                                             Il est difficile d'avoir du pouvoir et de ne pas en abuser;

                                             Il est difficile d'être au contact d'objets sans former de pensées;

                                             Il est difficile d'être très savant et très bien informé;

                                             Il est difficile de se débarrasser de la fierté;

                                             Il est difficile de ne pas mépriser les ignorants;

                                             Il est difficile de pratiquer l'équanimité de l'esprit;

                                             Il est difficile de ne pas faire des commérages. 

                                             Il est difficile de trouver de bons et sages conseillers;

                                                          Il est difficile de voir à travers sa propre nature et de suivre le Chemin;

                                             Il est difficile d'éduquer et de sauver les gens suivant leurs potentiels;

                                             Il est difficile de ne pas être affecté par les événements.

                                             Il est difficile d'avoir une bonne maîtrise en moyens expédients."

 

                Le Bouddha dit: "Les gens rencontrent vingt différentes sortes de difficultés." Tout le monde a vingt différentes sortes de difficultés. Les difficultés sont des choses qui ne sont pas faciles. Les choses faciles ne sont pas difficiles. Les choses qui ne sont pas faciles sont hostiles. Les états d’adversité ne sont pas compris et reconnus facilement. Les choses faciles sont commodes; la commodité permet aux gens de se sentir mieux. Les vingt articles sur cette liste sont tous difficiles à accomplir.

 

               La première des difficultés est qu'il est difficile de donner quand on est pauvre. Si vous avez de l'argent, c'est très facile de donner, parce que si vous donnez une petite somme, ce n'est jamais vraiment un gros sacrifice. Mais donner quand on n'a absolument pas d'argent, c’est véritablement donner. Ce qui compte, c'est de faire des choses qui sont impossibles à faire. N'importe qui peut faire ce que tout le monde peut faire, et cela n'a pas de valeur particulière. Une personne qui sort de l'ordinaire est celle qui fait ce qui est impossible et ce que les autres sont incapables de faire; il transcende le peuple commun.

 

L'histoire suivante illustre le principe qu’il est difficile de donner quand on est pauvre. Elle parle d'une personne très pauvre qui vivait à l'époque du Bouddha Shakyamouni. Bien qu’il était pauvre, il avait quand même une femme. Ce couple avait l’un et l’autre, mais leur vie était très difficile. Ils habitaient dans une petite hutte, et ils n'avaient rien à manger ni aucun vêtement. Comme ils étaient si pauvres, il fallait qu’ils mendient dans les rues, tous les jours pour leur nourriture. Dans le fond, mendier n'était pas si gênant pour eux, mais le plus dur était que le couple n'avait rien pour se vêtir. Ils n'avaient qu’une seule paire de pantalon. Comment deux personnes peuvent ils mettre une paire de pantalon? Ils pouvaient seulement se relayer.  Un jour, le mari portait le pantalon et allait mendier, le jour suivant, sa femme s'en allait et revêtait à son tour le pantalon. Dans ce cas-là, son mari, qui était resté à la maison, ne portait rien. De cette façon, ils arrivaient à survivre au jour le jour. On peut dire à juste titre qu'ils étaient aussi pauvres que l’on puisse être.

 

               À cette époque, il y avait  un Pratyekabouddha, comme je l’ai dit auparavant les Pratyekabouddhas ont le pouvoir spirituel de connaître les vies passées. Il jeta un coup d'œil sur les causes et conditions de ce couple, et vit qu'ils étaient dans cet état de misère dans cette existence, parce qu'ils avaient été incapables de donner dans leurs vies passées. Le Pratyekabouddha se mit à penser: "Il faut que j'essaie d'emmener ces deux personnes sur l'autre rive." Il fit le voeu de les conduire sur l'autre rive en les aidant à semer des germes de bénédictions. Ainsi donc, le Pratyekabouddha qui avait pris l'apparence d'un Bhikshu, alla mendier au seuil de la hutte de ce couple. Il attendit là avec son bol d'aumônes à la main. Le couple le remarqua, mais ils n'avaient pas de nourriture ni boisson à lui donner, et comme vêtement pour eux deux, ils n'avaient qu'une seule paire de pantalon. Le mari dit à sa femme: "Il faudrait que nous fassions quelque offrande pour planter des bénédictions. Pourquoi crois-tu que nous sommes aussi pauvres? Parce que nous avons été incapables de donner dans le passé. Nous devons donner maintenant."

               Sa femme lui répondit: "Donner? Très bien, mais que possédons-nous que nous puissions lui donner?"

Son mari dit: "Eh bien... Nous avons notre paire de pantalon. Nous pourrions la donner à ce Bhikshu." À cette mention, son épouse s'énerva. "Tu as perdu la tête! Nous n'avons que cette paire et si nous la donnons à ce Bhikshu, nous ne pourrons plus aller mendier. Comment pourrons nous sortir?"

Le mari dit: "C'est vrai. Ce n'est pas facile du tout, mais nous ne devrions pas penser qu'à nous même dans cette histoire. Donnons les pantalons au Bhikshu, et si aucun de nous deux n'est capable de sortir mendier, nous resterons ici et nous nous laisserons mourir de faim. Pourquoi autant s’inquiéter?  Regarde: le Bhikshu ne s’en va pas."

 En l'écoutant sa femme se mit à soupirer et dit: "D’accords, tu veux les lui donner. Alors donne les lui !" Et c'est ce qu'ils firent: ils passèrent les pantalons par la fenêtre et les tendirent au Bhikshu. Le Bhikshu qui avait atteint la réalisation de Pratyekabouddha, porta les pantalons à Shakyamouni, et lui fit l'offrande du pantalon. Il lui expliqua: "Je viens de recevoir ces pantalons d'une famille très pauvre. C'est tout ce qu'ils avaient chez eux mais ils me l'ont quand même donné."

 

               Shakyamouni Bouddha prit le pantalon et dit à tout le monde: "Voilà un exemple de grande vertu et mérite. Un couple très pauvre n'avait rien d'autre que ces pantalons, mais ils ont été capables de les offrir à ce Bhikshu, qui, en réalité, est un Pratyekabouddha: les bénédictions qu'ils en retireront dans le futur seront donc immenses et sans limites."

 

               Le roi du pays était à ce moment là présent dans l'assemblée de Shakyamouni Bouddha. Quand il entendit qu'il y avait dans son propre pays des gens si pauvres, des gens sans rien à manger, ni rien à se mettre, tandis qu’il mangeait son content, vivait dans un palais, et était vêtu de manière élégante. Il se sentit très honteux de faire face à ses citoyens. Dans sa honte, il dépêcha ses envoyés auprès de cette famille pauvre, avec du riz, de la farine, et beaucoup d'autres sortes de nourriture et de vêtements. Le couple se vit donc immédiatement récompensé pour le don des pantalons. Pour avoir donné tout ce qu'ils possédaient, et maintenant ils recevaient tout ce qu'ils avaient voulu. Plus tard, ils eurent l'opportunité de voir le Bouddha. Le Bouddha parla du Dharma pour eux et aussi tôt qu'il l'eut fait, le couple se qualifia au premier degré d'Arhat.

              

Ainsi, pratiquer le don est difficile quand on est pauvre. Si vous pouvez donner quand vous  êtes en difficulté, alors c'est donné avec un coeur vraiment sincère. Plus la difficulté est grande, plus l'offrande a de valeur. Par exemple: vous ne supportez pas d’être réprimandés. Mais si vous êtes capable de le supporter, alors vous vous comportez de manière vertueuse. Ou bien, vous n'aimez pas qu'on vous batte mais quand quelqu'un le fait, vous endurez la souffrance en silence et pensez, "Il est pour moi un conseiller plein de bonté et de sagesse, car il m'aide à extirper mes torts, à me sortir de l'océan des souffrances. Il est un rare conseiller bon et sage." En toute situation considérez ce qui vous arrive avec lucidité. Les gens qui vous critiquent sont réellement vos conseillers bons et sages. Quand des gens vous louent, ne soyez pas comme un enfant qui est tout content quand on lui donne des bonbons. Mais lorsqu’on vous calomnie, il faut que ça ait un goût  aussi amer que la bile.

 

               Le Bouddha nomma vingt sortes de difficultés. En réalité, dans l’existence humaine il y en a beaucoup plus que çà. Être capable de résoudre facilement les difficultés quand elles surviennent, c'est avoir une véritable compréhension du Bouddhadharma.

 

               Il est difficile pour le riche et le puissant de suivre le Chemin. "Riche" se passe d'explication. "Puissant" signifie avoir un statut social et de l'influence sur beaucoup de gens. Si vous êtes riche et respecté, alors bien sûr votre vie est très agréable. Ce n'est pas aussi dur que pour le couple dont je viens de parler et qui n'avait qu'une paire de pantalon. Une personne riche aura beaucoup de vêtements, et beaucoup d'argent à dépenser. De plus il aura de la famille haut placée, et des amis influents. Si telle était votre situation, alors il serait très difficile de vous apprendre à travailler dur pour quitter la vie de maison, et suivre le Chemin. Pourquoi? Parce que vous avez tout ce que vous voulez, votre vie est très agréable, et vous avez beaucoup de liberté. Prenez le cas d'un tel individu qui vit dans une maison semblable au palais d'un empereur consommant de fin gourmet que la plupart des gens ne peuvent s'offrir: il n'est pas chose facile de le convaincre de pratiquer le Chemin.

 

               Il est difficile d'abandonner l'existence et de faire face à la certitude de la mort. Abandonner l'existence veut dire que vous ne voulez plus vivre, mais qu'il n'est pas assuré que vous arriviez à mourir. Par exemple, vous voulez vous suicider en prenant des somnifères, mais n'en absorbez pas assez, et donc restez en vie. Vous êtes las de vivre et préférez mourir, mais vous n'êtes pas nécessairement capable de le faire. Ce ne serait pas le cas quand quelqu'un en a assez de vivre, il peut définitivement mourir!

 

               Il y a cependant une autre manière de comprendre cette section. Si vous ne voulez pas vivre, vous pouvez certainement mourir. Mais même si vous voulez vivre et vous prenez tous les moyens de prolonger votre vie et d'éviter la mort, vous ne le pouvez pas. Tout le monde finit par mourir. Personne ne vit pour toujours et ne vieillit jamais. C'est pourquoi le Bouddha dit qu'il est difficile de quitter la vie, de faire face à la certitude de la  mort.

 

               Il est difficile de rencontrer les Sutras du Bouddha. Ne considérez pas avec légèreté la possibilité qui vous est donnée de pouvoir écouter et lire les Sutras. Ce n'est pas quelque chose de simple. 

              

               L'inégalé, subtil et merveilleux Dharma

               Rarement est rencontré en des millions d’éons.

               Maintenant que je peux le voir et l'entendre, et de le recevoir, 

               Je fais le vœu de comprendre le véritable, authentique message du Tathagatha.

 

               Pensez-y. Il n'est guère facile de rencontrer les Sutras du Bouddha, et il n'est pas non plus facile d'obtenir un corps humain. Et pourtant, dans cette même existence, nous avons un corps humain, nous avons rencontré les Sutras et écouté des commentaires de ces derniers. Ceci non plus, n’est pas facile. C'est la conséquence des bonnes racines que nous avons plantées il y a de cela une infinité d’éons.

              

               Il est difficile d'être né à la même époque que le Bouddha. Ce n'est également pas facile. Bien que le Bouddha soit entré dans le Nirvana, son enseignement reste encore et nous pouvons l'étudier et le cultiver. Notre chance est énorme!

 

               Il est difficile d’être patient avec la luxure et les désirs. Luxure et désir se rapportent à l'amour émotionnel et le désir entre hommes et femmes. Ceci n'est point facile à subjuguer, car les gens ordinaires pensent toujours que c'est biologiquement naturel que hommes et femmes se marient. Pour eux, c'est dur de résister à ces fortes envies et d'avoir la patience de ne pas être entraînés par les tentations. Ils pourraient être patients une ou deux fois, et puis sont las de continuer. Alors, ils se laissent entraînés: ce n'est pas facile de résister à la luxure et le désir.

 

               Il est difficile de voir des choses attirantes sans les rechercher. Quand on voit quelque chose qui nous plaît, on en a tous envie. C'est pourquoi il est très difficile de voir les bonnes choses sans les vouloir.

 

               Il est difficile d'être insulté et de ne pas s'emporter. Par exemple, tout à coup, quelqu'un sans raison valable s'énerve contre vous, vous insulte, ou vous frappe. S'il vous maltraite et vous humilie, c'est très difficile de ne pas vous mettre en colère et de rester calme comme si rien n'était arrivé. Mais si vous le pouvez, alors vous êtes quelqu'un qui a parcouru le Chemin jusqu'au bout. Vous êtes reçu.

 

               Il est difficile d'avoir du pouvoir et de ne pas en abuser. Par exemple, une personne puissante pourrait être un fonctionnaire et faire tuer quelqu'un sur un simple caprice. Il utilise son autorité pour oppresser le peuple. Il utilise son pouvoir pour faire exécuter des gens innocents. S'il a ce genre de pouvoir, et il tue nonchalamment des gens, c’est un abus de pouvoir. S'il a ce pouvoir mais il respecte les gens, et dès lors qu'il ne tue pas de manière nonchalante des gens, alors, il n’abuse pas de son pouvoir. Ce n’est pas facile. Néanmoins, le mieux c'est de pouvoir éviter d’abuser de son pouvoir.

 

Il est difficile d'être au contact d'objets sans former de pensées. Quoi qu'il arrive, vous vous en occupez sans avoir d'arrière pensée. Vous faites face à chaque situation sans aucune anxiété, et vous agissez accordement. Quand la chose est résolue, vous restez calme. En d'autres termes, "Quand un événement arrive, vous réagissez. Quand il passe,  vous  êtes calme." C'est ce que l’on appelle avoir aucune pensée. Vous êtes sans attachements, et vous n'avez pas de pensées impropres.

 

Il est difficile d'être très savant et très bien informé. Ceci veut dire qu'il n'est pas non plus facile de beaucoup étudier et de faire des recherches.

              

Il est difficile de se débarrasser de la fierté. Tout le monde est fier de ce qu'il est, et si vous voulez vous débarrasser de votre fierté, vous vous rendez compte que ce n'est pas facile.

 

               Il est difficile de ne pas mépriser l'ignorant. Voilà quelque chose que ceux qui ont quitté la vie à la maison devraient garder en tête par dessus tout. Vous ne devez pas mépriser les gens qui n'ont pas encore étudié le Bouddhadharma. Vous ne devez pas les regarder de manière hautaine, et être impoli. Si vous rencontrez quelqu'un qui ne comprend pas le Bouddhadharma, utilisez toutes les méthodes possibles d'enseignement et transformez le. Dans le Bouddhadharma, il y a une liste de quatre choses qu'on ne peut pas ignorer. Le Bouddha en a souvent parlé. Quelles sont-elles?

 

               1. Tout d'abord, même si une flamme est petite, vous ne pouvez pas être désinvolte et négligent au point de l'ignorer. Si vous ne lui prêtez aucune attention, elle pourrait très bien tout brûler.

 

               2. Même si un dragon est petit, vous ne pouvez pas l'ignorer parce qu'il peut changer de taille et devenir énorme, grâce à ses pouvoirs spirituels de pénétrations et de transformations.

 

               3. Même si un prince est jeune, vous n'avez pas le droit de l'ignorer car plus tard, comme il est fils de roi, il sera lui-même roi.

 

               4. Même si un Shramana est jeune dans le Bouddhadharma, vous ne pouvez pas l'ignorer car dans l'avenir, il deviendra un Bouddha. C'est facile de mépriser ceux qui n'ont pas encore étudié le Bouddhadharma, mais gardez vous bien de ne pas le faire.

 

               Il est difficile de pratiquer l'équanimité de l'esprit. Pratiquer la compassion et l'équanimité de l’esprit n'est pas aisé; cependant, mettez vous à l'ouvrage et faites le.

 

               Il est difficile de ne pas faire des commérages. Certaines personnes adorent bavarder et faire des commérages. S'en abstenir n'est pas facile, mais apprenez à le faire. J’ai un disciple qui m’a dit qu’avant de quitter la vie à la maison, il ne faisait jamais de commérages. Après qu’il ait quitté la maison, il a cependant pris cette habitude. Mais il s’est éveillé très vite, donc je crois qu’il ne fera plus de commérages.

 

               Il est difficile de trouver de bons et sages conseillers. Il est difficile de rencontrer un conseiller bon et sage. Regardez autour de vous pour voir combien de gens pratiquent le Chemin: la plupart des gens que vous rencontrez ont l'esprit embourbé et confus. Un authentique guide spirituel n'a pas l'esprit confus. Il ne vous laissera pas aller sur la mauvaise pente. Les pratiquants du Chemin doivent certainement écouter les instructions d'un conseiller bon et sage. Avant d'avoir vous-même atteint la réalisation, si vous ne faites que suivre vos propres penchants, vous faites une erreur. Cette manière d'agir vous attirera des obstructions diaboliques et vous entraînera vers la chute. C'est pourquoi vous devez vraiment vous entourer d'un conseiller bon et sage, et écouter ses instructions. Pourtant, il est difficile de trouver un conseiller bon et sage.

 

               Il est difficile de voir à travers sa nature et de suivre le Chemin. Il n'est pas facile pour les personnes qui étudient le Chemin de comprendre leur esprit et de voir leur nature. Si vous êtes capable, grâce à votre pratique du Chemin, de comprendre votre esprit et de voir votre véritable nature, vous avez accompli ce qui n'est pas aisé à faire.

 

               Il est difficile d'éduquer et de sauver les gens suivant leurs potentiels. Éduquer et transformer les autres d'une manière appropriée en accord avec les conditions et les affinités n'est pas une chose facile.

 

               Il est difficile de ne pas être affecté par les événements. Peu importe quelle situation vous arrive, si vous n'êtes pas affecté mais vous êtes capable de la maîtriser, alors vous avez fait quelque chose difficile à faire.

 

               Il est difficile d'avoir une bonne maîtrise en moyens expédients. Savoir quels moyens expédients doivent être utilisés pour éduquer et transformer les êtres vivants est quelque chose qui aussi n'est pas facile.

 

 

SECTION 13

QUESTIONS SUR LE CHEMIN ET LES VIES PASSÉES

 

               Un Shramana demanda au Bouddha: "Quelles sont les causes et les conditions qui permettent de connaître les vies passées, et qui donnent la compréhension du Chemin ultime?"

              

               Le Bouddha dit alors: "C'est la purification de l'esprit et la maîtrise de la volonté qui mènent à la compréhension du Chemin ultime. Comme lorsque vous polissez un miroir, la poussière est enlevée et il ne reste que l'éclat. De même, si vous vous purifiez de tout désir et ne recherchez rien, alors vous pourrez connaître les vies passées."

 

               Cette treizième section montre aux gens comment acquérir connaissance des vies passées et compréhension du Chemin. Le Bouddha nous dit que si notre objectif est de connaître nos vies passées, nous devons comprendre le Chemin.

 

               Un Shramana demanda: "Quelles sont les causes et les conditions qui permettent de connaître les vies passées, et qui donnent la compréhension du Chemin ultime?" "Quelles causes et conditions, quelles portes de Dharma faut-il cultiver afin d'obtenir la connaissance des vies passées? Par quels moyens peut-on saisir les vrais principes?"

 

               Le Bouddha dit alors: "C'est la purification de l'esprit et la maîtrise de la volonté qui mènent à la compréhension du Chemin ultime." Le Bouddha dit: "Vous devez faire que vos pensées soient pures, et fermement maîtrisez votre volonté. Si vous faites un voeu, respectez-le. Vous ne pouvez pas faire des voeux et les oublier au bout de quelques jours. Vous ne pouvez non plus les annuler après quelques temps, car ça dénote un manque de fermeté. Si vous êtes capable de purifier vos pensées, et de chasser l'obscurité qui règne dans votre esprit--toutes les pensées illusoires, l'avidité, la haine et la stupidité--et si vous maîtrisez votre volonté, vous en viendrez tout naturellement à comprendre le vrai Chemin, le plus haut Chemin. A quoi cela ressemble-t-il? Je vais vous faire une analogie.

 

               Quand tu polissez un miroir, la poussière est enlevée et il ne reste que l'éclat. C'est semblable à un miroir que vous nettoyez: la poussière s'en va et laisse un miroir brillant. L'apparition d'une surface brillante représente la connaissance des vies passées. De même, si vous vous purifiez de tout désir et ne recherchez rien, alors vous pourrez connaître les vies passées.  Si vous pouvez purifier vos pensées et vos désirs et atteindre l'état dans lequel on ne recherche rien, alors vous obtiendrez le pouvoir de la connaissance des vies passées. C'est pourquoi ceux qui cultivent le Chemin ne doivent certainement pas avoir un esprit vagabond, ni de pensées illusoires. Si vous pouvez vous débarrasser des pensées confuses ou dispersées, alors quelle que soit la porte du dharma que vous pratiquez, vous serez capable de réussir rapidement. Mais si vous avez des pensées confuses ou dispersées, ainsi que de l'avidité, de la haine, de la stupidité remplis dans votre estomac, alors, peu importe la porte du dharma que vous cultiverez, vous serez incapable d'obtenir la réponse escomptée. Quand nous pratiquons le Bouddhadharma, nous devons en premier lieu nous purifier du désir et nous défaire de l'amour. Vous devez couper les pensées de désir, et ne rien recherchez. Le désir de quoique ce soit est en lui-même souffrance, car si vous ne pouvez pas l'obtenir, vous souffrirez. C'est quelque chose auquel tout le monde devrait prêter attention.

 

               Quand nous cultivons le Chemin, qu'est-ce que nous cultivons? Nous cultivons pour éliminer les pensées illusoires et la propension au désir. Ca demande du talent. Si vous vous lavez de la jalousie, des empêchements, de l'avidité, de la haine, et de la stupidité, alors vous pourrez obtenir le pouvoir de la connaissance des vies passées.

 

 

                                             SECTION 14

             QUESTIONNANT SUR LA BONTÉ ET LA GRANDEUR

 

               Un Shramana demanda au Bouddha: "Qu'est-ce que le bien? Quelle est la plus grande des grandeurs?" Le Bouddha dit: "Pratiquer le Chemin et soutenir la vérité, là est le bien. Unir sa volonté avec le Chemin, là est la grandeur."

 

               Cette quatorzième section explique qu'il n’y a rien de meilleur qu'une pratique sincère du Chemin. La "Grandeur" est la réalisation certifiée des vrais principes. C'est la plus grande des grandeurs.

 

                Un Shramana demanda: "Qu'est-ce que le bien?" "Quelle est la meilleure chose? Que faut-il faire?" Quelle est la plus grande des grandeurs? Quelle est la chose la plus magnifique, la plus importante, la plus essentielle?

 

               Le Bouddha dit: "Pratiquer le Chemin et soutenir la vérité, là est le bien. Si vous êtes capable de cultiver l'authentique Bouddhadharma, c'est la meilleure chose à faire. Ne suivez pas les pratiques déviantes des religions qui vous mènent en dehors de l'esprit. Qu'est-ce que l'authentique Bouddhadharma? C'est ne pas être égoïste, c'est avoir une grande ouverture d'esprit dédié au bien du public, c'est laisser tomber votre discrimination entre votre "Moi" et les autres. N'entretenez pas l'idée d'ego. Ne soyez pas égoïste, et ne soyez pas à la recherche de votre profit personnel. Chaque mouvement que vous faites doit être pour vous une occasion de pratiquer le Chemin du Bodhisattva et de distribuer des bienfaits à tous les êtres vivants.

 

               Ce que vous comprenez, peu importe la quantité, doit être enseigné aux autres. Quand vous obtenez des bienfaits, vous devez laisser les autres les obtenir. Être désintéressé, et ne pas penser à son profit personnel, est la plus grande des grandeurs. Pratiquer le Chemin, soutenir la vérité, c'est cultiver des principes authentiques, et pas des dharmas vides sans substance. Dans votre pratique, vous devez saisir le vrai principe, sinon, vous ne pouvez soutenir la vérité.  Soutenir la vérité est la meilleure des choses.

 

               Unir sa volonté avec le Chemin, là est la grandeur." Quand votre volonté et le Chemin que vous cultivez ne font qu'un, vous pourrez réaliser le fruit d'un sage. Vous pourrez peut-être atteindre la position d'un Arhat, ou marcher sur le Chemin d'un Bodhisattva. C'est là la plus grande des grandeurs.

 

 

SECTION 15

QUESTIONNANT SUR LA FORCE ET LA SPLENDEUR

 

               Un Shramana demanda au Bouddha: "Quelle est la plus grande force, quelle est la plus haute splendeur?"

 

               Le Bouddha dit: "La patience sous l'insulte est la plus grande force car ceux qui sont patients n'abritent pas la haine, mais sont de plus en plus paisibles et forts. Ceux qui sont patients sont sans malignité et seront respectés par les autres.

 

               "Quand les souillures de l'esprit sont complètement lavées, le rendant pur et sans tache, voilà la plus éclatante splendeur. Quand il n'est rien depuis avant la formation du ciel et de la terre jusqu’à aujourd'hui, dans quelconque des dix directions que vous ne voyez pas, ni ne connaissez pas, ni n'entendez pas; quand vous obtiendrez l'omniscience, voilà ce que l'on pourra appeler splendeur."

 

 

               Cette quinzième section nous montre que la force de la patience est la plus grande des forces. Elle peut purifier toutes les souillures et donner de la profondeur à notre compréhension des choses.

 

               Un Shramana demanda: "Quelle est la plus grande force?" Il demanda au Bouddha: "Qu'est-ce qui est le plus fort de tout? Quelle est la plus haute splendeur? Quelle est la chose la plus brillante et la plus sage?

 

               Le Bouddha dit, en répondant à la question: "La patience sous l'insulte est la plus grande force. Si vous pouvez être patient sous l'insulte, alors votre force est grande. Si vous n'y arrivez pas, alors vous n'avez aucune force. La patience sous l'insulte est infinie. Pourquoi? Car ceux qui sont patients n'abritent pas la haine. La force du bien est incompatible avec le mal. Elle est complètement bonne, et en conséquence, elle est inépuisable.

 

               Il est dit que ce qui est souple peut venir à bout de ce qui est dur; celui qui sait plier survivra à l'obstiné. Je vous demande souvent: "Pourquoi est-ce que les dents tombent?" Parce qu'elles sont dure. "Pourquoi est-ce que la langue ne tombe pas?" Parce qu'elle est molle. Vous pouvez vivre jusqu'à cent ans, vous ne rencontrerez personne dont la langue est tombée, bien qu'il soit possible qu'il n'ait plus de dents. La langue sait céder et endurer; c'est la plus grande force. Mais elles deviennent de plus en plus paisibles et forts. En plus, une personne patiente devient calme, bien portant, et robuste.

 

               Ceux qui sont patients sont sans malignité et seront respectés par les autres. Si vous êtes patient sous l'insulte, vous êtes incapable de faire du mal et vous gagnerez avec certitude le respect des gens. Quand les souillures de l'esprit sont complètement lavées. Quand vous mettez un terme à l'égoïsme, à la recherche du bénéfice personnel, l'avidité, la haine, la stupidité, et à toute autre pensée passionnée et impure de la même espèce, le rendant pur et sans tache, votre esprit devient pur, sans fautes, et sans souillures. Cet esprit pur, voilà la plus éclatante splendeur. Si vous pouvez vous débarrasser de tout ce qui obscurcit votre esprit, alors vous pourrez obtenir la plus grande splendeur, c'est la sagesse suprême.

 

               "Quand il n'est rien depuis avant la formation du ciel et de la terre jusqu’à aujourd'hui, dans quelconque des dix directions que vous ne voyez pas, ni ne connaissez pas, ni n'entendez pas; quand vous obtiendrez l'omniscience, voilà ce que l'on pourra appeler splendeur." Depuis le temps immémorial, partout dans les dix directions, il n'existe rien qui ne soit vu, ni rien qui ne soit connu. Depuis les éons sans commencement jusqu'au présent, vous connaissez tout ce qui s'est passé et il n'y a rien que vous n'aviez pas entendu. Comment pourriez-vous l'être? Puisque vous avez acquis l'omniscience et cette omniscience est la seule qui compte comme entendement authentique, compréhension authentique, et sagesse authentique.

 

 

SECTION 16

REJETER L'AMOUR ET ATTEINDRE LE CHEMIN

 

               Le Bouddha dit: "Les gens qui chérissent l'amour et le désir ne voient pas le Chemin.  Comme lorsque vous remuez de l'eau claire avec votre main: ceux qui sont proches de l'eau ne peuvent plus voir leurs reflets. De même, les gens, qui sont immergés dans l'amour et le désir ont l'esprit turbide et à cause de cela, ne peuvent voir le Chemin. Vous, Shramanas, devez rejeter amour et désir. Quand la souillure de l'amour et du désir disparaîtront, vous pourrez voir le Chemin."

 

               Cette seizième section explique l'esprit des personnes ordinaires. "L'eau de l'esprit est fondamentalement pure et limpide. Mais si vous l'agitez, elle n'est plus limpide. D'où provient cette limpidité? Du Chemin. Ce qui n'est pas limpide et pur, c'est l'amour et le désir. Le désir nous aveugle et nous empêche de comprendre notre esprit et de voir notre nature. Le désir est ce qui nous empêche de voir le Chemin et d'atteindre la réalisation. Le premier degré d'Arhat est le stade où "l'on voit le Chemin."

 

               Le Bouddha dit: "Les gens qui chérissent l'amour et le désir ne voient pas le Chemin." Expliquer ce Dharma aux Occidentaux est difficile, car peu importe ce dont les Occidentaux parlent, cela concerne toujours l’amour et le désir. Ceci est spécialement vrai pour les suiveurs de certaines religions qui disent, "Dieu m’aime, et j’aime Dieu." Ils aiment Dieu, juste comme les hommes et les femmes s’aiment. En fait, certaines nones disent même qu’elles se marient à Dieu. Elles n’ont simplement pas de compréhension du Chemin. Ce que les gens cultivent dans leur esprit est l’amour et le désir. Tout ce qu’ils font implique l’amour et le désir. Si vous cultivez le Chemin, mais ne le comprenez pas, alors d’un côté vous cultivez, mais d’un autre côté vous perdez votre cultivation. Il est vivement conseillé de ne pas penser à l’amour ou au désir, mais votre amour et désir ne font qu’augmenter.

 

 Ce qui est recelé dans les profondeurs de l'esprit de certaines personnes est par dessus tout amour et désir. Il se peut qu'ils pratiquent le Chemin, mais ils ne le comprennent pas. D'un côté, ils pratiquent; de l'autre, ils se laissent aller. On vous dit de ne pas avoir de désir et d'amour, mais ces derniers ne font que croître.

 

C'est comme remuer de l'eau claire avec sa main. Quand l’amour et le désir vous prennent, vous ne voyez pas le Chemin. A quoi cela ressemble-t-il? C'est comme remuer de l'eau limpide jusqu'à ce qu'elle se trouble. L'eau claire devient trouble car elle contient du sable et de la vase, où sinon elle ne se troublerait pas quand vous la remuez. Quels sont ce sable et cette vase? Ce sont amour et désir, qui une fois qu’ils dominent votre esprit, le rendent obscur. Ceux qui sont proches de l'eau ne peuvent plus voir leurs reflets. L'eau ne reflète plus leur image. Pourquoi ne voyez-vous pas le Chemin? Parce que désir et amour l'obscurcissent. Dès que vous remuez de la vase dans de l'eau, c'est à dire, dès que vous faites surgir amour et désir, ceux qui sont proches de l'eau ne peuvent plus voir leurs reflets.

 

               De même, les gens, qui sont immergés dans l'amour et le désir ont l'esprit turbide. Du matin au soir, leur esprit est accaparé par des pensées impures d'amour et de désir et devient si embrouillé que tout ce à quoi ils peuvent penser n'est jamais que variations de ce thème. Leur esprit troublé fait disparaître leur sagesse, et ils ne peuvent voir le Chemin. Vous cultivez jour après jour, mais n'arrivez à aucun résultat et ne voyez pas le Chemin. Pourquoi? A cause des pensées d'amour et de désir. Sans eux, vous seriez capable de voir le Chemin rapidement.

 

               C'est pourquoi Le Bouddha dit: Vous, Shramanas, devez rejeter amour et désir. Le mot Shramana comprend tous les Bhikshus et Bhikshunis du présent. Ils doivent tous abandonner amour et désir. Mais cela ne veut pas dire qu'en parlant de l'amour et du désir, un homme doit dire: "Je déteste les femmes. Quand je vois une femme, je me mets en colère et la rejette." Ce n'est pas la bonne manière de réagir. Que faut-il faire? Il faut que quand vous regardez, tout se passe comme si vous ne regardiez pas, et quand vous entendez, tout soit comme si vous n'entendiez pas. Il n'y a pas de raison de mépriser l'amour et le désir. Simplement ne pas laisser nos esprits être influencés et oscillés par eux. Rejeter l'amour et le désir signifie les donner. C'est comme donner de l'argent: une fois l'argent donné, vous n'en avez plus. A qui devez vous donner amour et désir? Rendez-les à votre père et votre mère. Quand la souillure de l'amour et du désir disparaît, quand la turbidité et l'impureté de l'amour et du désir sont parties, alors vous pourrez voir le Chemin. Votre cultivation vous mènera à voir le Chemin et réaliser le fruit du Chemin.

 

 

SECTION 17

QUAND LA LUMIÈRE ARRIVE, L'OBSUCRITÉ S'EN VA

 

               Le Bouddha dit: "Celui qui voit le Chemin est comme quelqu'un qui tient une torche et entre dans une pièce sombre: l'obscurité est dispersée et il n'y reste plus que la lumière. Quand vous étudiez le Chemin et voyez la vérité, l'ignorance disparait à jamais et la lumière reste pour toujours."

 

               La dix-septième section révèle que l'obscurité n'a pas d'existence indépendante et comme telle, une fois disparue, elle ne revient jamais. Une fois que vous verrez le Chemin, l'ignorance se dissipera.

 

               Le Bouddha dit: "Celui qui voit le Chemin est comme quelqu'un qui tient une torche et entre dans une pièce obscure: les ténèbres sont dispersées et il n'y reste plus que la lumière. Celui qui voit le Chemin est semblable à quelqu'un qui tient une torche et entre dans une pièce obscure et fait immédiatement disparaître l'obscurité: il n'y reste plus que la lumière. L'obscurité part à cause de la torche qui représente notre sagesse. Cela signifie que la torche représente la sagesse des gens, quand vous avez de la sagesse vous pouvez briser l'ignorance. L’ignorance est ici représentée par la chambre obscure, et la sagesse, qui est la torche, illuminera cette pièce obscure pour devenir claire.

 

               Quand vous étudiez le Chemin et voyez la vérité, l'ignorance disparait à jamais et la lumière reste pour toujours." Si vous étudiez le Chemin et êtes capable de voir la vérité réelle, votre ignorance disparaîtra immédiatement et votre sagesse restera présente en vous pour toujours.

 

 

SECTION 18

LA PENSÉE ET LE RESTE ONT POUR ESSENCE LA VACUITÉ

 

               Le Bouddha dit: "Mon Dharma est la pleine conscience qui est à la fois pleine conscience et non pleine conscience. Il est la pratique qui est à la fois pratique et non-pratique. Il est des mots qui sont à la fois mots et non-mots. Il est la culture du Chemin qui est à la fois culture et non-culture du Chemin. Ceux qui le comprennent sont proches de mon Dharma. Ceux qui ont l'esprit confus sont certes bien loin. Mon Dharma n'est pas accessible par la route du langage. Il n'est pas entravé par ce qui est physique. Si vous vous en écartez d’une largeur de cheveu, vous le perdrez de vue dans un instant."

 

               Cette dix-huitième section explique le rapport entre l'existence et la non-existence  de la pleine conscience et de la culture.

 

               Le Bouddha dit: "Mon Dharma est la pleine conscience qui est à la fois pleine conscience et non pleine conscience."  Le Bouddha dit, "Mon Dharma est ne pas être conscient que vous êtes conscient; et même cette pensée de "ne pas être en pleine conscience" est absente. C'est pourquoi mon Dharma est appelée la pleine conscience qui est à la fois pleine conscience et non pleine conscience. Il est la pratique qui est à la fois pratique et non-pratique. Dans mon Dharma, la pratique est la "voie sans effort." Dans la pratique, vous ne voulez pas avoir d'attachement. Cela devrait être comme si vous ne pratiquez pas. Même l'ombre de cette pensée "sans pratique" ne doit pas rester.

 

               Il est des mots qui sont à la fois mots et non-mots. Ne vous attachez pas aux mots et au langage. En outre, débarrassez vous-même de votre intention de ne pas vous attacher aux mots et au langage. Il est culture du Chemin qui est à la fois culture et non-culture du Chemin. C'est la "voie sans effort," cultiver et pourtant ne pas cultiver; atteindre la réalisation, et cependant ne rien atteindre. Toute pensée de culture du Chemin est absente. Cela veut dire que vous n'avez aucun attachement, que vous voyez que les attachements sont vacuité, au point même que la vacuité est vidée.

 

               Ceux qui le comprennent sont proches de mon Dharma. Comprendre quelque chose est en avoir l'esprit clair. Si vous comprenez cette doctrine, vous êtes proche du Chemin. Ceux qui ont l'esprit confus sont certes bien loin. Mais si vous ne réussissez à comprendre et êtes confus sur ce principe, alors vous serez certes bien loin du Chemin. A quoi ressemble le Chemin ultime? Je vais vous le dire. Mon Dharma n'est pas accessible par la route du langage. Vous voulez en parler mais vous ne pouvez pas le représenter par des mots. Vous voulez y penser mais vous ne pouvez pas formuler la pensée. Vous êtes simplement incapable de parler de ses merveilles. En d'autres termes, il est dit que c'est "la fin des discours et l'arrêt du fonctionnement de la pensée." Ce à quoi l'esprit veut penser a disparu, et tout est absolument vide. Il n'est pas entravé par ce qui est physique. La matière physique est elle-même la substance de la Vraie Ainsité. Quand vous atteindrez cet état, vous verrez que les montagnes, les fleuves, la terre, et les myriades de choses ne sont que la substance de base de la Vraie Ainsité et rien ne vous fera obstacle. Si vous vous en écartez d’une largeur de cheveu. Si le chemin que vous cultivez erronément s'écarte seulement un tout petit peu de ce Dharma, vous le perdrez de vue en un instant. Vous le perdrez immédiatement et serez incapable de le retrouver. Passez à travers vos obstacles et vous pouvez accéder à cet état.

 

 

SECTION 19

CONTEMPLER À LA FOIS LE FAUX ET LE VRAI

 

               Le Bouddha dit: "Contemplez le ciel et la terre et soyez attentif à leur impermanence. Contemplez le monde et soyez attentif à son impermanence. Contemplez la nature éveillée: c’est la nature de la Bodhi. Celui qui est conscient de cela atteint rapidement le Chemin."

 

               Dans la dix-neuvième section, le Bouddha enseigne le principe selon lequel tout ne vient que de l'esprit. Nous devons abandonner ce qui est faux et retenir ce qui est vrai. Le ciel nous couvre au-dessus et la terre nous supporte en-dessous. Du point de vue des gens ordinaires, la terre et le ciel sont éternels et indestructibles. Mais ils ne le sont pas en réalité. Ils sont soumis également aux cycles de changement qui emportent les vieux et emmènent les jeunes. Ils ne sont pas permanents.

 

               Le Bouddha dit: "Contemplez le ciel et la terre et soyez attentif à leur impermanence. Quand vous contemplez le ciel et la terre, vous remarquez qu'il fait parfois chaud, parfois froid. Quand le froid arrive, la chaleur s'en va. Il y a le cycle des saisons: printemps, été, automne et hiver. Sur terre, les montagnes et les rivières sont sujets à des changements continuels et ne restent pas inchangées. Elles sont des dharmas qui sont produits, ensuite détruits, et qui par conséquent, sont impermanents. C'est pourquoi le Bouddha dit qu'il faut être conscient de leur impermanence.

 

               Contemplez le monde et soyez attentif à son impermanence. Le monde n'est pas statique: il change. En chinois, les caractères qui expresse le concept "monde" suggèrent les idées de temps et de place. Tous les deux, temps et place sont sujets à la création et la destruction. Aucun n'est permanent ni indestructible. C'est pourquoi le texte dit "sois attentif à leur impermanence."

              

              Contemplez la nature éveillée: c’est la nature de la Bodhi. Vous contemplez votre propre, brillante nature éveillée: c'est précisément la nature de la Bodhi. Celui qui est conscient de cela atteint rapidement le Chemin. Si vous pouvez voir de cette manière et parvenir à une compréhension du Chemin, si vous êtes capable de connaître le Chemin tel qu'il est, alors vous l'atteindrez très rapidement. En d'autres termes, puisque vous comprenez ce principe, vous obtiendrez le Chemin. Mais si vous ne réussissez pas à le comprendre, vous n'obtiendrez pas le Chemin.

 

 

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SECTION 20

SE RENDRE COMPTE QUE LE MOI EST VRAIMENT VIDE

 

               Le Bouddha dit: "Soyez attentif aux quatre éléments à l'intérieur de votre corps. Bien que chacun ait un nom, aucun n’est le Moi. Comme ils ne sont pas le Moi, ils sont comme une illusion."

 

               La vingtième section enseigne les gens à contempler le corps humain en termes des quatre éléments, afin de se rendre compte que le corps est comme une illusion, comme une métamorphose. Il est faux, et irréel.

 

               Le Bouddha dit: "Sois attentif aux quatre éléments à l'intérieur de votre corps.  Considérons les quatre éléments qui composent notre corps: terre, eau, feu, et air. Ce qui est solide dans le corps relève de l'élément terre; ce qui est humide de l'élément eau; ce qui est chaud de l'élément feu; quant au mouvement et à la respiration, ils sont des manifestations de l'élément air.

 

               Bien que chacun ait un nom. Tous les quatre ont des noms. Aucun n'est le Moi. Aucun ne peut être appelé le "Moi." Considérer le corps et arriver à comprendre que la tête a pour nom "tête"; le pied a pour nom "pied"; les yeux ont pour nom "yeux"; l'oreille a pour nom "oreille"; le nez a pour nom "nez"; la langue a pour nom "langue"; la bouche a pour nom "bouche"; et ainsi de suite pour toutes les parties du corps. De la tête aux pieds, à chaque endroit il y a un nom. Maintenant, où diriez vous que le Moi puisse être trouvé? Quelle partie peut être appelée le "Moi"? Il n'y en a aucune. S'il n'y a pas d'endroit appelé "Moi", pourquoi s'attacher à son Moi? Pourquoi considérez-vous votre Moi comme s’il était si important? Le corps entier ne possède rien qui s'appelle le Moi.

 

               Comme ils ne sont pas le Moi, ils sont comme une illusion. Il n'y a pas de Moi, et le corps n'est donc qu'une illusion, qu'une transformation. Il n'a rien de réel en lui. Celui qui contemple et ce qui est contemplé sont tous les deux vides et faux. Tous deux sont des illusions, de simples transformations. Si vous pouvez comprendre qu'ils sont des illusions, des transformations, alors vous êtes capable de saisir la doctrine de la contemplation de la vacuité, du faux, et de la Voie du Milieu. Quand vous saisissez cette doctrine, vous saurez que le corps est vide, faux, et irréel.

 

 

SECTION 21

LA RENOMMÉE DETRUIT LES RACINES DE LA VIE

 

               Le Bouddha dit: "Motivés par l'émotion et le désir, il y a des gens qui poursuivent la renommée. Mais après le temps qu’il faut pour que leur réputation soit établie, ils sont déjà morts. Ceux qui ont soif de la gloire de ce monde et n'étudient pas le Chemin, simplement gaspillent leurs efforts et s'épuisent. Ils sont comme le bâton d'encens qui, aussi parfumé qu'il soit, lorsqu’il a fini de brûler, les braises qui restent apportent le danger d’un feu qui peut brûler quelqu’un. "

 

               La section vingt-et-un fait comprendre aux gens que celui qui recherche la gloire non seulement n'en retire aucun profit, mais se fait réellement du mal.

 

               Le Bouddha dit: "Motivés par l'émotion et le désir, des gens poursuivent la renommée." Certaines personnes laissent libre cours à leurs émotions et désirs, et courent après la renommée. Ils cherchent à être célèbres. Mais après le temps qu’il faut pour que leur réputation soit établie, ils sont déjà morts. Bientôt vous mourrez, et après le temps qu’il faudra pour que vous vous faites un nom, vous serez déjà vieux, et une fois vieux, vous serez sur le seuil de la mort. Cela n'en vaut vraiment pas la peine.

 

Ceux qui ont soif de la gloire de ce monde et n'étudient pas le Chemin, simplement gaspillent leurs efforts et s'épuisent. Les gens qui ont soif de gloire, qui ne daignent pas pratiquer le Chemin, appliquent leur effort pour rien. Ils s'épuisent à perte. Ils sont comme le bâton d'encens qui, aussi parfumé qu'il soit, lorsqu’il a fini de brûler, les braises qui restent apportent le danger d’un feu qui peut brûler quelqu’un." Tout comme le morceau d'encens que vous allumez: vous pouvez sentir une bouffée de sa fragrance, mais quand il se consume entièrement, ses charbons ardents pourrait causer un incendie qui, s'embrasant brusquement, peut vous brûler à mort. C'est une dangereuse conséquence qui pourrait arriver.

 

 

 

SECTION 22

LA RICHESSE ET LE SEXE CAUSENT LA SOUFFRANCE

 

               Le Bouddha dit: "Les gens qui ne peuvent abandonner richesse et sexe sont comme des enfants qui ne peuvent pas résister du miel sur la lame d’un couteau. Bien que le miel ne peut les rassasié, ils lècheront le miel sur la lame du couteau et prendront le risque de se couper la langue."

 

               La vingt-deuxième section explique clairement que richesse et sexe ont peut de saveur, et peuvent causer de grands torts. C'est pourquoi les gens dotés de sagesse ne devraient pas se comporter comme des enfants ignorants qui ont envie de tout ce qui est sucré.

 

               Le Bouddha dit: "Les gens qui ne peuvent abandonner richesse et sexe. Dans ce monde, il y a d'un côté la richesse, et de l’autre côté le sexe. Et ces deux choses nuisent à quantité de gens qui pratiquent le Chemin. Si certaines personnes qui cultivent le Chemin ne peuvent renoncer à la richesse, ils seront avides pour l’argent. Si d’autres ne peuvent renoncer au sexe, ils seront avides pour le sexe. Si vous êtes avide pour la richesse et le sexe, vous ne pourrez pas accomplir votre travail dans le chemin. A quoi ressemblent-ils? Le Bouddha a fait cette comparaison: ils sont comme des enfants qui ne peuvent pas résister du miel sur la lame d’un couteau. Bien que le miel ne peut les rassasié, ils lècheront le miel sur la lame du couteau et prendront le risque de se couper la langue."  Il y a un petit peu de miel sur le fil de la lame du couteau, même pas assez pour un repas. Comme il voit le miel sur la lame du couteau, l’enfant la lèche. Les gens ignorants qui ne pensent qu'au sexe ou à être riche ressemblent à de tels enfants qui désirent le miel sur le couteau et qui risquent de se couper la langue. Les gens qui ne pensent qu'au sexe ou à être riches doivent voir à travers ces attachements, y renoncer, et les éliminer. C'est alors qu'ils obtiendront la sérénité.

 

 

SECTION 23

UNE FAMILLE EST PIRE QU'UNE PRISON

 

               Le Bouddha dit: "Les gens sont attachés à leur famille et à leur maison à un point tel que ces dernières sont  pires qu'une prison. Éventuellement on est relâché de prison, mais on ne pense jamais à quitter sa famille. Ne redoutent-ils pas le contrôle que l'émotion, l'amour, et le sexe exercent sur eux? Bien qu’ils se trouvent dans la mâchoire d'un tigre, leur cœur s’oublie dans la béatitude. Ceux qui se jettent d'eux-mêmes dans un marécage et se noient, sont des personnes ordinaires. Allez au-delà de cette porte! Sortez de la souillure et deviens un Arhat!"

 

               Cette vingt-troisième section explique que les gens sont comme étouffés par leur famille et leur maison. Et être étouffé de cette manière est pire même que d’être en prison. Les gens devraient se tenir éloignés de telles situations, et reconnaître qu'elles sont dangereuses.

 

               Le Bouddha dit: "Les gens sont attachés à leur famille et leur maison à un point tel que ces dernières sont pires qu'une prison. Les gens sont liés à leur famille, et à leur maison. Il est dit que les gens ‘famille’ sont attachés à trois sortes de jougs qu'ils portent tout le temps.

 

                Une famille est un carcan de bois autour de votre cou dont vous ne pouvez pas vous débarrasser, car comme un carcan, la famille verrouille ses membres solidement. Dans le passé, certains criminels devaient porter un carcan pour purger leur peine. Par exemple, certains de nos laïcs qui ont une famille, ont perdu leur liberté. Ils veulent aller au paradis, mais ils ne sont pas libres de partir. Ils veulent faire le tour du monde mais ne ils ne peuvent pas partir. Ils sont enfermés sous verrous dans leur maison. C’est ce que cela veut dire d’être attaché par une épouse, jusqu’à ce que tout devienne inconvénient. Si vous avez des enfants, c’est comme si vous aviez des menottes, ce qui empêche de bouger. Avoir des parents est comme avoir un boulet au pied. Ce sont là les trois jougs qui vous entravent. Être obligé par votre maison, veut dire que vous ne pouvez pas la laisser tomber. Avoir une famille et une maison est comme passer votre vie en prison.

 

               Éventuellement on est relâché de prison. Le temps viendra lorsque votre sentence sera finie et vous sortirez de prison, mais on ne pense jamais à quitter sa famille. Vous ne voulez pas quitter votre famille, peut-être que l'idée vous effleure l'esprit, mais vous ne voulez pas vraiment. Par exemple, certains parmi vous disent qu'ils veulent quitter leur foyer. Si vous voulez quitter votre foyer, faites-le. Pourquoi ne faire qu’en parler? Vous passez votre temps à en parler parce qu'en réalité vous n’avez pas vraiment résolu à le faire. Vous ne faites que chanter un air. 

 

               Ne redoutent-ils pas du contrôle que l'émotion, l'amour, le sexe exercent sur eux? Ces gens n'ont pas peur d'être contrôlés par l'émotion, l'amour, et le sexe. Bien qu’ils se trouvent dans la mâchoire d'un tigre, leur cœur s’oublie dans la béatitude. Être contrôlé par ces émotions et ce désir charnel est comme se trouver dans la gueule d'un tigre, mais vous ne vous en souciez pas.

 

               Ceux qui se jettent d'eux-mêmes dans un marécage et se noient sont des personnes ordinaires. Parce qu’ils se jettent dans un marécage et se noient, ils sont appelés des gens ordinaires. Allez au-delà de cette porte! Sortez de la souillure et deviens un Arhat! Quelle porte? La porte de l'émotion et du désir, de l'amour et du plaisir charnel, et de l'attachement à la famille et au foyer. Allez au-delà de cette porte et vous sortirez de la souillure; vous deviendrez un Arhat et vous quitterez le monde de la souillure. Vous serez un sage qui est sur le point de réaliser les fruits d'être un Arhat.

 

SECTION 24

LE DÉSIR CHARNEL OBSTRUE LE CHEMIN

 

               Le Bouddha dit: "De toutes les envies et les désirs, aucun n’est aussi fort que le sexe. Le désir sexuel n’a pas d’égal. Heureusement il n’y en a qu’une seule espèce. S'il y avait quelque chose d’autre comme celle ci, personne dans le monde entier ne pourrait cultiver le Chemin."

 

               La vingt-quatrième section parle de l'inclination sexuelle des gens. Si vous êtes capable de vous libérer du désir sexuel, ce sera facile pour vous de réaliser les fruits d'être un Arhat. Malheureusement, ce n'est pas du tout facile à faire. Ce penchant est commun à tout être vivant. Ainsi dans le Shurangama Sutra, il est dit: "Si vous ne pouvez pas transcender vos désirs charnels, vous ne pouvez transcender la poussière de ce monde." Si vous ne pouvez pas vous débarrassez de vos désirs sexuels, alors vous ne pourrez pas vous réaliser la position d'Arhat.

              

               Le Bouddha dit: "De toutes les envies et les désirs, aucun n’est aussi fort que le sexe. Ici les envies et les désirs font allusion aux désirs sexuels, c’est à dire, à l'esprit de la luxure. Il n'y a rien de plus puissant que l'attraction du sexe opposé. Le désir sexuel n’a pas d’égal. Ce désir est si fort qu’il n’y a rien du plus puissant que cette espèce d’émotion. Heureusement il n’y en a qu’une seule espèce. S'il y avait quelque chose d’autre comme celle ci, personne dans le monde entier ne pourrait cultiver le Chemin." Heureusement, le désir sexuel est unique. S’il y avait quelque chose d'autre aussi fort que lui, pas un seul être dans le monde entier ne serait capable de cultiver le Chemin. C'est déjà assez difficile avec juste une obstruction de ce genre; deux seraient suffisantes pour corrompre tout le monde. Un autre exemple de ce phénomène est lorsque des femmes sont troublées par des désirs pour d’autres femmes, et lorsque des hommes sont troublés par des désirs pour d’autres hommes. Des hommes et des femmes s’engagent dans une conduite homosexuelle car ils sont troublés par des désirs sexuels.

 

 

 

 

SECTION 25

LA FLAMME DU DÉSIR BRÛLE

 

               Le Bouddha dit: "Une personne consumée d'amour et de désir est comme quelqu'un qui porte une torche en marchant contre le vent; elle est certaine de se brûler la main."

 

               La vingt-cinquième section explique pourquoi l'on doit s'éloigner du désir charnel.

 

               Le Bouddha dit: "Une personne consumée d'amour et de désir est comme quelqu'un qui porte une torche en marchant contre le vent. Les gens obsédés par l'amour passionné et le désir, qui suivent leurs désirs et pensées luxurieuses, pourraient tout aussi bien tenir une torche brûlante lorsqu'ils marchent contre le vent. Elle est certaine de se brûler la main. Maintenant, il se peut que se brûler la main ne soit pas un si grand problème, mais il est à craindre que vous vous brûliez le corps entier. Par conséquent, dans cette situation il est mieux de simplement rester loin de ces choses-là.

 

 

 

 

 

 

SECTION 26

LES DÉMONS DES CIEUX ESSAYENT DE TENTER LE BOUDDHA

 

               L’esprit céleste offrit de belles jeunes filles au Bouddha, espérant détruire sa résolution. Le Bouddha dit: "Sacs de peau pleins de saletés, que faites-vous ici? Allez-vous en, je ne suis pas intéressé."

 

               Alors l’esprit céleste devint très respectueux et s'enquit de la signification du Chemin. Le Bouddha le lui expliqua, et il obtint immédiatement la réalisation de Srotaapanna.

 

               L'esprit céleste à qui il est fait référence ici, est un des démons des cieux appelé le Roi-Démon Papiyan. Il attendit que le Bouddha était proche de l’accomplissement du Chemin puis se manifesta, amenant avec lui sa grande suite de démons, une armée complète, dans l'intention de troubler le Bouddha. Mais comme la vingt-sixième section l'explique, le Bouddha ne fut pas influencé par le Roi-Démon. Au contraire, il fut capable de le transformer en protecteur du Bouddhadharma.

 

   L’esprit céleste offrit de belles jeunes filles au Bouddha, espérant détruire sa résolution. Le Roi-Démon des Cieux donna trois femmes de jade au Bouddha. Que signifie "femme de jade?" Ces femmes étaient particulièrement belles; leur charme était exquis comme du jade et leur beauté n'avait rien de comparable en ce monde. Même dans les cieux il n'y avait personne d'aussi belle. Le Roi-Démon envoya les belles filles en espérant susciter les désirs charnels du Bouddha. Il voulait détruire la détermination de Bouddha et ses vœux de cultiver le Chemin.

 

               Le Bouddha leur dit: "Sacs de peau pleins de saletés, que faites-vous ici?" Maintenant cela ne fait aucune différence que vous parliez à un homme ou à une femme. Que ce soit un bel homme ou une belle femme. Ce n'est pas pour dire que les femmes sont mauvaises à cause de ceci ou de cela, et que les hommes ne le sont pas. Ce que le Bouddha a voulu dire, c'est que le corps humain n'est qu'un sac de peau rempli saletés. Qu'y a-t-il à l'intérieur sinon des excréments et de l'urine? Comment cela pourrait il être si attirant?

 

               Vous ne voyez que l'apparence et dites comme la fille de Matangi au sujet de Ananda dont elle tomba amoureuse: "Oh, cet homme est si beau!" Si bien que quand elle fut devant le Bouddha, et qu'il lui demanda ce qu'elle aimait chez Ananda, elle répondit: "Oh! Son nez est charmant, ses yeux sont merveilleux, ses oreilles ont une belle forme. Tous les traits de son visage sont si magnifiques."

 

               Le Bouddha lui dit: "Très bien, si tu aimes son nez, je couperai son nez pour te le donner. Si tu aimes ses oreilles, je les trancherai et tu pourras les avoir. Si tu aimes ses yeux alors je les extrairai de leurs orbites et ils seront à toi. Tu peux les prendre avec toi." Elle s'exclama alors: "Non, cela ne fera jamais l'affaire!"

 

               En fin de compte, quelle est la signification de l'amour entre hommes et femmes? Aussi parfaite que puisse être l'apparence d'une personne, à l'intérieur il n'y a rien d'autre que des masses de saletés. L'urine et les excréments s’amassent à l'intérieur, et des neuf ouvertures s'écoulent constamment des impuretés. De la matière se forme autour des yeux, de la cire dans les oreilles, de la morve coule du nez et de la salive de la bouche. Sans oublier qu’il ya aussi les excréments et l'urine. Qu'y a-t-il de pur et de propre? C'est pourquoi le Bouddha l’appelle un sac de peau nauséabond plein de saletés.

 

               Il leur dit: "Allez-vous en, je ne suis pas intéressé." Disparaissez! Ce que vous me proposez n'a aucun intérêt pour moi.

 

               Quand le roi-démon offrit les filles au Bouddha, le Bouddha regarda les femmes et contempla: "Quand vous serez vieilles, vos figures seront couvertes de rides innombrables qui ne vous rendront plus du tout attirantes, vos cheveux seront blancs et aucune de vous ne sera agréable à regarder". Aussitôt les femmes démoniaques prirent l'apparence décrite. Quand elles se virent, elles comprirent que ce qu'elles avaient essayé de faire n'était pas bien du tout et se sentirent plutôt embarrassées; alors Bouddha les renvoya.

 

               Alors l’esprit céleste devint très respectueux et s'enquit de la signification du Chemin.  Le démon des cieux alors vit la fermeté de la résolution du Bouddha de rester dans le Chemin. Il en conçut un respect de plus en plus profond et demanda au Bouddha de lui parler du Dharma. Le Bouddha le lui expliqua et il obtint immédiatement la réalisation de Srotaapanna. (Le premier degré d'Arhat).

 

 

 

 

SECTION 27

ON ATTEINT LE CHEMIN APRÈS S’ÊTRE LIBÉRÈ DE TOUT ATTACHEMENT

              

               Le Bouddha dit: "Une personne qui suit le Chemin est comme un morceau de bois qui flotte sur une rivière et que le courant emporte. Si le morceau de bois ne touche aucune rive; si les gens ne le ramassent pas; si les fantômes et les esprits ne l'interceptent pas; s'il n'est pas pris dans les tourbillons et s'il ne pourrit pas, je garantis que le morceau de bois atteindra la mer. Si les pratiquants du Chemin ne sont pas dupés par l'émotion et le désir, et s'ils ne sont pas pris dans des vues tordues, mais cultivent vigoureusement l'inconditionné, je garantis qu'ils atteindront certainement le Chemin."

 

 

La vingt-septième section met en place une analogie pour expliquer que dans la culture du Chemin, il faut rester libre de toutes sortes d’obstacles. Quels sont les deux rives? Les deux rives de la rivière représentent l'émotion et le désir. L’émotion et le désir sont subdivisés en deux catégories: (1) l'émotion et le désir de vues et de pensées, et (2) l'émotion et le désir de l'ignorance. Dans la première catégorie, l'on s'attache à la vie et à la mort, qui est représentée par une rive, et dans la deuxième, l'on s'attache au Nirvana, représentée par l’autre rive. Le morceau de bois ramassé par les gens est analogue à un cultivateur qui se fait prendre dans les filets des vues tordues. Le morceau de bois intercepté par les fantômes et les esprits est analogue à un cultivateur qui se fait prendre dans les filets de vues et de pensées illusoires.

 

               Être pris dans un tourbillon fait allusion à la paresse qui est l’opposé d’être vigoureux. Le morceau de bois pourri représente le contraire des Dharmas inconditionnés. Certains cultivateurs ne sont pas convenablement conscients de l'Ainsité Réelle, bien qu’ils veulent souvent être vigoureux, ils finissent par battre en retraite. C’est comme  s'ils étaient dans un tourbillon, bien que l'eau y coule très vite, elle tourne en rond au même endroit. Similairement les pratiquants retournent toujours là où ils ont commencé et ne peuvent atteindre les Dharmas inconditionnés. Comme ils ne peuvent pas atteindre l’inconditionné, ils s'attachent aux apparences et ne peuvent pas perfectionner leur culture de la grâce et de la sagesse. Ceux qui sont dans cette situation sont comparés à du bois pourri. Ils sont destinés à couler et n’atteindront pas le Nirvana. Ils ne pourront pas mettre un terme aux cycles de la naissance et de la mort. C’est le résultat d'avoir été confus par les désirs émotionnels, et  de s'être perdus sur les multiples chemins tordus de l'amour émotionnel et des vues fausses. Si un cultivateur est conscient de l'Ainsité Réelle et pratique avec vigueur, et s'il comprend que la nature fondamentale du Dharma est originellement inconditionnée, et s'il reste inébranlable aux attaques de l'amour et du désir, alors il atteindra certainement le Chemin. Ceci est la signification générale de cette section du texte.

 

Le Bouddha dit: "Une personne qui suit le Chemin est comme un morceau de bois qui flotte sur une rivière et que le courant emporte." Le Bouddha compare un cultivateur du Chemin avec un morceau de bois qui descend le cours d’eau pris par le courant. Si le morceau de bois ne touche aucune rive. Il ne se fait ni prendre ni bloquer par les pierres sur les berges. S’il touche les deux rives, le bois pourrait être arrêté. En ne touchant pas les rives, le bois ne se fait pas arrêter. De même, le cultivateur ne se fait pas freiner par l’émotion et le désir. Si les gens ne le ramassent pas – il ne se fait saisir par des gens; si les fantômes et les esprits ne l'interceptent pas – il n’est pas stopper par des fantômes ou des esprits; s'il n'est pas pris dans les tourbillons – il ne tourne pas en vrille et se fait arrêter; et s'il ne pourrit pas – il ne se fait pas abîmer ou corrompre, je garantis que le morceau de bois atteindra la mer. Si les pratiquants du Chemin ne sont pas corrompus par l'émotion et le désir, et s'ils ne sont pas pris dans des vue tordues, s’ils ne sont pas confus par l’amour et l’émotion ou par des désirs matériels, et s’ils ne sont pas obstrués par l’ignorance ou la paresse, mais cultivent vigoureusement l'inconditionné, je garantis qu'ils atteindront certainement le Chemin." Ils accompliront sûrement le Chemin.                    

 

 

 

SECTION 28

NE CÉDEZ PAS À L'ESPRIT SAUVAGE

 

               Le Bouddha dit: "Prenez garde et ne croyez pas en votre propre esprit; votre esprit ne peut être cru. Prenez garde de toutes implications avec le sexe; tout ce qui implique le sexe conduit au désastre. Une fois seulement que vous serez devenu un Arhat, vous pourrez avoir confiance en votre esprit."

 

               Dans la vingt-huitième section, le Bouddha dit que l'esprit est comme un cheval difficile à dresser et à maîtriser. Il parla aussi  du problème du sexe. Qu'on soit homme ou femme, il nous faut éviter le sexe. Si on ne s'en éloigne pas, des désastres arriveront. Depuis des kalpas innombrables, nous les êtres humains avons laissés nos passions et nos désirs nous dominer et ainsi nous nous sommes laissés entrainer par les cycles de réincarnation, et nous languissons dans les six destinées de Samsara. Continuellement saisis par l'ignorance, l'amour émotionnel, et l'orgueil, nous sommes incapables d'atteindre la position d'Arhat. Ainsi, nous ne devrions pas avoir confiance en nos propres pensées. Nous ne pouvons pas être insouciants ou inattentifs. Nous ne devons pas croire à notre propre esprit.

 

               Le Bouddha dit: "Prenez garde et ne croyez pas en votre propre esprit; votre esprit ne peut être cru." N’écoutez pas ce que votre esprit vous dit. Ne croyez pas les choses que vous pensez. Soyez extrêmement prudent de ne pas croire votre esprit. Votre esprit ne doit pas être cru. Votre esprit est incertain, et vous ne pouvez pas totalement vous y fier.        

 

               Prenez garde de toutes implications avec le sexe; tout ce qui implique le sexe conduit au désastre. Vous devez faire très attention de ne pas devenir attaché aux belles apparences. Si vous ne le faites pas, des désastres vous arriveront certainement. Une fois seulement que vous serez devenu un Arhat, vous pourrez avoir confiance en votre esprit. Une fois certifié à la position d'Arhat, libéré des vues, de la pensée, et des afflictions, alors seulement vous pourrez croire votre esprit un peu plus qu’avant. Mais vous devriez toujours être vigilant.

 

 

 

SECTION 29

LA CONTEMPLATION CORRECTE NEUTRALISE LE DÉSIR SEXUEL.

 

               Le Bouddha dit: "Faites attention de ne pas regarder les femmes, et de ne pas leurs parler. Si vous êtes obligés de leur parler, soyez convenablement conscients et pensez: 'Je suis un Shramana qui vit dans un monde trouble. Je dois être comme la fleur de lotus qui n'est pas tachée par la boue.' Pensez aux vieilles femmes comme si elles étaient tes mères, ou celles qui sont plus âgées que vous comme vos sœurs aînées, ou celles qui sont plus jeunes que vous comme vos petites sœurs, et celles qui sont très jeunes comme vos propres filles. Pensez à les sauver et mettez un terme aux pensées mauvaises."

 

               La vingt-neuvième section nous apprend que pour qu’aucune erreur n’arrive, les hommes doivent se tenir loin des femmes et les femmes loin des hommes. La méthode communément utilisée est celle qui "produit le bien et élimine le mal" pour combattre l'amour et le désir. Alors on peut dire qu’un homme ou une femme est comme une fleur de lotus. Cette analogie s’applique aussi bien à l’homme qu’à la femme. La fleur de lotus pousse dans la boue, mais elle n'est point souillée par la boue. Pensez de cette façon et votre esprit sera convenable. Les hommes doivent regarder les femmes âgées comme leur propre mère et les femmes doivent regarder les hommes âgés comme leur propre père. Les hommes doivent considérer les femmes qui sont à peu près de leur âge, ou un peu plus âgées, comme si elles étaient leurs sœurs aînées; et ils doivent considérer les femmes plus jeunes qu'eux comme leurs sœurs cadettes. Ils doivent considérer tous les enfants comme leurs propres enfants et prendre la résolution de tous les sauver. En faisant cette résolution, vous êtes compatissant et vous bénéficiez aux autres. Comme vous pouvez bénéficier à vous-même et aux autres, ce comportement mutuellement bénéfique apportera une réponse, et vos pensées mauvaises disparaîtront naturellement. Vous aurez également moins de pensées incohérentes.

 

Le Bouddha dit: "Faites attention de ne pas regarder les femmes, et de ne pas leurs parler.” Le Bouddha enseigne aux hommes comment se comporter envers les femmes. Aux femmes, le Bouddha dirait, 'Faites attention de ne pas regarder les hommes et de ne pas leurs parler.' Vous ne pouvez pas vous rassembler avec des membres du sexe opposé pour bavarder. Sans parler de plaisanter avec eux ou elles, alors que vous ne devriez même pas parler avec eux ou elles. Si vous êtes obligés de leur parler, soyez convenablement conscients et pensez: 'Je suis un Shramana qui vit dans un monde trouble. Je dois être comme la fleur de lotus qui n'est pas tachée par la boue.'  S'il y a une situation dans laquelle il est nécessaire de parler avec un membre du sexe opposé, que faire? Vous ne devriez pas avoir de pensées inconvenables; vous devriez être convenable et conscient. Un homme devrait penser: 'Je suis un Bhikshu' et une femme devrait penser: 'Je suis une Bhikshuni...' Que nous soyons homme ou femme, nous vivons tous dans le Mauvais Monde des Cinq Troubles. Bien que ce monde trouble et mauvais et un endroit sale, nous devons être comme des fleurs de lotus. Les hommes et les femmes peuvent être comparés à des fleurs de lotus, elles naissent et grandissent dans la boue, et pourtant elles ne sont pas souillées par la boue.

 

               Pensez aux vieilles femmes comme si elles étaient vos mères. “Les femmes plus âgées que moi sont mes mères; les hommes plus âgés que moi sont mes pères.” Pense aux gens plus âgés de cette façon. Pensez à celles qui sont plus âgées que vous comme vos sœurs aînées. “Les femmes un peu plus âgées que moi sont comme mes sœurs aînées; les hommes un peu plus âgés que moi sont comme mes frères aînés.” Pensez à celles qui sont plus jeunes que vous, comme vos petites sœurs. “Celles qui sont plus jeunes que moi, sont comme mes jeunes sœurs.” C’est ainsi que les hommes devraient voir les femmes. Et comment les femmes devraient voir les hommes? Elles devraient penser, “ceux qui sont plus jeunes que moi, sont comme mes jeunes frères.”

 

              Et celles qui sont très jeunes comme vos propres filles. Vous devriez considérer les enfants qui ont dix ans ou plus jeunes comme vos propres enfants. Pensez à sauver ces personnes. Qu'ils soient votre père, mère, sœur aînée, frère aîné, jeune sœur, ou jeune frère, vous devriez vous résoudre à tous les sauver, afin qu'ils puissent s'échapper de la souffrance et atteindre la félicité. Et mettez un terme aux pensées mauvaises." Alors vous pourrez arrêter les pensées mauvaises et déviantes, particulièrement celles ayant trait aux désirs sexuels.

 

 

 

SECTION 30

RESTEZ LOIN DU FEU DU DÉSIR

 

               Le Bouddha dit: "Ceux qui suivent le Chemin sont comme de l'herbe sèche: il faut la garder éloignée de toute flamme. Les pratiquants du Chemin regardent le désir comme quelque chose qu'il faut garder à distance."

 

               La trentième section enseigne aux gens qu'ils doivent rester à distance de toute pensée de désir afin de ne pas se laisser brûler par le feu du désir. Que représente l'herbe sèche? Les six émotions et leurs six organes sensoriels correspondants sont comme de l'herbe sèche. Les six objets de souillure sont comparables à un feu en furie. Tant que vous n'avez pas atteint le niveau où l'esprit et les états extérieurs sont oubliés, il vous faut cultiver cette suprême conduite de garder votre distance. Que veut dire l'oubli de l'esprit et des états extérieurs? En-dedans, on contemple l'esprit et il n'y a pas d'esprit. Il n'y a pas du tout d'esprit, et c'est vraiment vide. En-dehors, l'on contemple les formes, et  il n'y a pas de formes; ni d’états extérieurs. L'esprit est vide, le corps est vide, et l'esprit et les états extérieurs sont oubliés. Les yeux voient tout, mais il n'y a rien. À ce point, vous n'êtes plus tournés par les six organes sensoriels et leurs six objets de souillure.

 

               Le Bouddha dit: "Ceux qui suivent le Chemin sont comme de l'herbe sèche: il faut la garder éloignée de toute flamme. Nous pouvons comprendre que 'ceux qui suivent le Chemin' se réfèrent aux Bhikshus, aux Bhikshunis, Upasakas, Upasikas, et à tous ceux qui pratiquent le Chemin. Ils sont comme de l'herbe sèche. Quand hommes et femmes se mêlent entre eux, ce qui se passe peut être comparé à du bois sec ou à de l'herbe sèche placés près d'un feu violent. Il suffit d'une petite étincelle pour que le bois ou l'herbe s'enflamme, s'embrase et se consume entièrement.

 

               C'est exactement ce qui risque de vous arriver si vous ne vous tenez pas à distance de tout feu. Il faut l’éviter. Lorsque nous parlons de feu ici, que voulons-nous dire? Nous parlons du désir, de l'amour, du désir émotionnel, et des expériences liées aux six objets de souillure. Les six organes sensoriels (yeux, oreilles, nez, langue, corps, et esprit) appartiennent à l'émotion, et les six objets de souillure (formes, sons, odeurs, saveurs, objets tangibles, et dharmas) se rapportent aux sensations extérieures qui rendent les esprits confus. Les gens qui sont dans cette confusion, naissent comme s’ils étaient ivres et meurent comme s’ils étaient dans un rêve.

 

               Les pratiquants du Chemin regardent le désir comme quelque chose qu'il faut garder à distance." Ainsi, les pratiquants du Chemin devraient rester loin de tout désir. Ils doivent voir comme s'ils ne voyaient pas, et entendre comme s'ils n'entendaient pas.

 

                              Les yeux contemplent les formes,

                        mais à l’intérieur il n’y a rien.

                              Les oreilles entendent les sons du monde,

                      mais l’esprit n’en est pas conscient.

 

               Quand vous atteindrez ce point, alors il ne sera plus nécessaire de rester à distance. Si vous pouvez rester près des objets sensoriels tout le temps sans avoir aucun problème, alors c’est bien. Mais si vous ne pouvez pas maîtriser de telles situations, alors gardez votre distance.

     

 

SECTION 31

QUAND L'ESPRIT EST CALME, LE DÉSIR CESSE

 

               Le Bouddha dit: "Il y avait une fois, un homme atteint d'un désir sexuel inextinguible, qui souhaitait se castrer. Le Bouddha lui dit: 'trancher vos organes génitaux ne serait pas aussi bon que de trancher votre esprit. Votre esprit est comme un superviseur. Si le superviseur s'en va, ses subordonnés partiront également. Si l'esprit déviant n'est pas stoppé, quel bien y-a-t-il à trancher les organes?'"

 

Le Bouddha lui prononça ces vers:

 

                              Votre désir naît de vos intentions.

                              Vos intentions naissent de vos pensées.

                              Quand ces deux aspects de l'esprit sont calmes,

                              Il n’y a ni forme, ni activité.

 

Le Bouddha dit: "Ces vers furent prononcés par Kashyapa Bouddha."

 

               La trente-et-unième section explique que lorsque les gens veulent se libérer de tout désir, ils doivent le faire à partir de leur esprit. Si vous voulez connaître la méthode pour arrêter l’esprit, vous devez réaliser que le désir vient des intentions de votre esprit, et que vos intentions sont produites par vos pensées.

 

               Maintenant, jetez un coup d'œil sur vos pensées. Sont-elles produites par elles-mêmes? Sont-elles produites par quelque chose d’autre? Sont-elles produites par un mélange d'elles-mêmes et d'autre chose? Ou, sont-elles produites sans aucune cause? Vous devriez aussi savoir si votre pensée est interne ou externe, ou si elle repose au milieu, entre l'interne et l'externe. Vos pensées viennent-elles du passé? Du présent? Ou du futur?

 

               Quand vous essayez de trouver vos pensées de cette manière, elles deviennent calmes et vides de leur substance. Une fois que vos pensées sont calmes, vos intentions deviennent également calmes. Puisque vos intentions sont calmes, vos désirs deviennent calmes. Une fois que vos désirs sont calmes, vous pourrez voir toutes les formes et les dharmas comme des images dans un miroir. Tout comme des reflets dans un miroir, ils ne sont pas réels. Vous verrez aussi que toutes les activités sont comme des bulles: elles sont fausses. Tous les Bouddhas contemplent avec succès de cette manière et transmettent ces portes de Dharma expédientes qui permettent de dompter l’esprit.

 

               Le Bouddha dit: "Il y avait un homme qui, atteint d'un désir sexuel inextinguible, souhaitait se castrer." Cet individu était affligé d'un désir sexuel si inextinguible qu'il ne pouvait même pas maîtriser ses propres pensés pendant un instant. Le désir était si fort et si accablant, qu'il fallait qu’il fasse quelque chose. Finalement il pensa à une méthode radicale, et il décida de se couper les organes génitaux.

              

               Le Bouddha lui dit: 'trancher vos organes génitaux ne serait pas aussi bon que de trancher votre esprit. Votre esprit est comme un superviseur. Si le superviseur s'en va, ses subordonnés partiront également. Le Bouddha lui dit: 'Vous dites que vous voulez vous couper les organes génitaux. Il serait meilleur que vous vous coupiez votre esprit qui s'adonne aux fausses pensées. Votre esprit est comme un superviseur. Si le superviseur s'en va, ses subordonnés partiront. Si l'esprit déviant n'est pas stoppé, quel bien y-a-t-il à trancher les organes? Vous vous mêlez dans une certaine activité seulement parce que votre esprit a des pensées négatives. Si votre esprit n'avait pas eu ces fausses pensées, et rien de tel ne l'avait aidé, alors cette sorte d’activité aurait cessé. Mais si l'esprit du désir n’est pas arrêté, quel bien y a-t-il à trancher les organes? Ce serait absolument inutile.

 

Le Bouddha prononça pour lui ces vers: Votre désir naît de vos intentions. Le désir vient de vos intentions mentales. Vos intentions naissent de vos pensées. D'où viennent vos intentions? Elles sont produites par les pensées. Quand ces deux aspects de l'esprit sont calmes. Il n'y a ni forme, ni activité. Vos désirs sont apaisés, et vos pensées qui contiennent des connaissances et des vues déviantes cessent également. Quand ces deux sortes de pensées ne surviennent pas, il n'y a pas de conduite sexuelle, ni d'inclination résiduelle de désir sexuel. Le Bouddha dit: "Ces vers furent prononcés par Kashyapa Bouddha." Kashyapa Bouddha prononça ces vers.

 

 

SECTION 32

 

VIDER LE MOI ÉTOUFFE LA PEUR

 

               Le Bouddha dit: "C'est à cause du désir et de l'amour que les gens se créent des soucis. Cette anxiété mène à la peur. Si vous transcendez l'amour, quels soucis peut-il y avoir? Sans souci, que reste-t-il à craindre?"

 

               La trente-deuxième section explique pourquoi les gens ont des soucis et des craintes. Les gens ont des soucis et des craintes car ils ont en eux amour et désir. Si amour et désir sont chassés, alors il n'y a ni souci, ni crainte. Depuis des temps immémoriaux jusqu’à aujourd’hui, nous avons pensé à tort que les quatre éléments sont les caractéristiques du corps. Nous avons fait erreur en prenant les perceptions conditionnées des six objets des sens comme caractéristiques de l'esprit. En conséquence, nous sommes devenus attachés à notre corps et à ses sens; nous désirons intensément ces plaisirs et ne voulons pas nous en libérer. Ainsi naissent toutes sortes de difficultés, et une fois les difficultés apparues, viennent les soucis et les afflictions bientôt suivis par l'anxiété et la peur. Vous devriez contempler les quatre éléments et comprendre qu'ils sont parties constituantes du corps et que fondamentalement, il n'est pas de Moi. Ensuite, vous devriez contempler que les perceptions conditionnées des objets des sens sont vides et non-existantes, et vous reconnaîtrez que l'esprit est impermanent. Enfin, si vous pouvez vous débarrasser des pensées d'amour et de désir, alors les soucis et la peur disparaîtront tout naturellement. 

 

                Le Bouddha dit: "C'est à cause du désir et de l'amour que les gens se créent des soucis. Cette anxiété mène à la peur. C'est parce vous poursuivez l'amour et le désir que vous avez des soucis et des afflictions. Ces derniers engendrent la peur. Mais Si vous transcendez l'amour, -si vous pouvez vous libérer des pensées d'amour et de désir, ou bien les transformer-, quels soucis peut-il y avoir? Sans souci, que reste-t-il à craindre?" Que reste-t-il pour vous soucier? Qu'y a-t-il à craindre? Rien du tout! Soucis et peurs sont causés par l'attachement aux objets que vous ne pouvez abandonner.

 

 

 

SECTION 33

LA SAGESSE ET LA CLARTÉ VAINQUENT LES DÉMONS

 

               Le Bouddha dit: "Celui qui suit le Chemin est comme un guerrier qui va combattre seul contre dix milles ennemis. Vêtu de son armure, il passe la porte. Peut-être qu’il n’est qu’un trouillard et qu'à mi-chemin il s'enfuira, ou peut-être il sera tué dans le combat ou il reviendra victorieux.

 

               Les Shramanas qui étudient le Chemin doivent avoir une emprise solide sur leur esprit et doivent être vigoureux, courageux et vaillants. Sans crainte de ce qui les attend, détruisant les hordes de démons, ils ou elles obtiendront les fruits du Chemin."

 

               La trente-troisième section emploie une analogie pour montrer que les gens qui cultivent le Chemin doivent suivre la triple étude non-impure des préceptes, de la Samadhi et de la sagesse avec une vigueur résolue. Considérez l’exemple d’une personne qui a différentes sortes de prétentions, de mauvaises habitudes et de vues fausses, c'est-à-dire des vues et des pensées illusoires aussi nombreuses que des grains de sable ou de poussière remontant à la nuit des temp. Si vous voulez de tout votre cœur étudier le Chemin, vous êtes comme le guerrier qui s'en va seul au combat contre dix milles ennemis. Qui sont ces dix milles ennemis? Ce sont vos fautes, vos prétentions, vos vues fausses, et vos habitudes. Si vous pouvez recevoir et maintenir les préceptes pures, c'est équivalent d’être vêtu de votre armure. Si vous pouvez affermir votre résolution, vous ne serez plus un trouillard, vous aurez une énergie décisive qui sera le produit de la puissance des préceptes. Si vous pouvez aller de l'avant avec courage, et n’abandonnez pas à mi-chemin, c'est une sorte de pouvoir-samadhi. Si vous avez le pouvoir-samadhi, vous n’abandonnerez pas à mi-chemin. De plus, si vous n'êtes pas effrayé par tout ce qui vous attend, si vous ne craignez pas tous ces ennemis prêts à combattre qui attendent sur votre route, alors vous ne pourrez  pas être tué si facilement dans le combat. C'est une sorte de pouvoir de la sagesse.

 

               En combinant la triple force des préceptes, de la samadhi et de la sagesse, vous pouvez vaincre vos mauvaises habitudes, vos prétentions, et toutes vos autres fautes. Ces problèmes sans nombre sont analogues aux hordes de démons. Si vous pouvez les mettre en déroute, vous obtiendrez le fruit du Chemin. En ce cas, vous reviendrez vainqueur du combat.

 

               Le Bouddha dit: "Celui qui suit le Chemin est comme un guerrier qui va combattre seul contre dix milles ennemis." Si vous pouvez concentrer votre esprit pour cultiver le Chemin, ce sera comme si vous étiez allé faire la guerre contre l’avidité, la haine, et la stupidité. Vêtu de son armure, il passe la porte, exactement comme quelqu'un qui se prépare à aller à la guerre. Peut-être qu’il n’est qu’un trouillard. Peut-être votre détermination n'est pas solide et votre conduite est celle d'un lâche. Qu'à mi-chemin il s'enfuira. Peut-être vous cultivez pendant un certain temps puis vous vous arrêtez. C'est abandonner à mi-chemin et régresser. Ou peut-être sera-t-il tué dans le combat. Peut-être que dans la bataille contre vos mauvaises habitudes et contre les armées de démons, vous êtes vaincu. Votre pratique du Chemin est un échec, et vous mourrez dans la bataille. Ou peut-être il reviendra victorieux. Peut-être que vous reviendrez triomphant.

 

               Les Shramanas qui étudient le Chemin doivent avoir une emprise solide sur leur esprit et être vigoureux, courageux et vaillants. Les Shramanas qui cultivent le Chemin doivent avoir une emprise solide et résolue sur leur esprit. Ne vous enfuyez pas à mi-chemin, allez de l'avant avec énergie et courage. Ne reculez jamais. Ne fuyez jamais. Sans crainte de ce qui l'attend, détruisant les hordes de démons, il obtiendra les fruits du Chemin. N'ayez pas crainte de vos ennemis et de leur nombre. Mettez en déroute les armées de démons et bien naturellement, vous serez capable d'atteindre les fruits du Chemin.

 

 

SECTION 34

EN RESTANT AU MILIEU, ON ATTEINT LE CHEMIN

 

               Un soir un Shramana récitait le Sutra de l'Enseignement Légué par le Bouddha Kashyapa. Le son de sa voix était affligé comme il songeait avec remords à son envie de quitter la vie monastique.

Le Bouddha lui demanda: "Quand tu demeurais à la maison dans le passé que faisais-tu?" 

- "J'aimais beaucoup jouer la luth" lui répondit le Shramana.

- "Que se passait-il quand les cordes étaient lâches?" Lui dit le Bouddha.

- "Elles ne résonnaient pas" lui répondit le Shramana.

- "Que se passait-il quand les cordes étaient trop tendues?"

- "Le son était raccourci" lui répondit le Shramana.

- "Que se passait-il quand tu les accordais de manière juste, ni trop lâches ni trop tendues? - Le son portait bien" répondit le Shramana.

- "Il en est de même avec un Shramana qui étudie le Chemin. Si son esprit est harmonieux, alors il peut accomplir le Chemin. S'il est impétueux, son impétuosité exténuera son corps, et si son corps est fatigué, son esprit donnera naissance à des afflictions. Si son esprit se crée des afflictions, alors il voudra quitter la vie monastique. S'il veut arrêter de pratiquer le Chemin, ses torts en seront certainement augmentés. Vous avez seulement besoin d'être pur, paisible et heureux pour ne pas perdre le Chemin."

 

               La trente-quatrième section explique de quelle manière les gens devraient étudier le Chemin. Nous devrions ajuster notre corps et notre esprit d’une manière saine. Il nous faut ne pas être trop tendus  ou stressé avec notre corps et notre esprit, et nous ne devrions pas être trop paresseux non-plus. Dans le confucianisme, les mêmes vérités sont abordées: si vous progressez trop rapidement, alors vous régresserez aussi rapidement. Quand vous cultivez le Chemin, vous ne devriez pas oublier le Chemin, ni le forcer à aller en avant. Ni trop rapide ni trop lent est une bonne méthode pour cultiver. Si vous ne gardez pas un pas modéré, vous ne pourrez pas accomplir le Chemin. Si vous ne savez comment cultiver, vous serez trop hâtif ou trop lent.

 

                                Si c’est trop tendu, ça cassera

                              Si c est trop lâche, ça fléchira.

                              Si ce n’est ni trop tendu ni trop lâche,

                              Ca marchera bien.

               Si vous êtes trop tendu, vous ressemblez à une corde de luth trop tendue qui se cassera; si vous êtes trop mou, vous serez comme une corde pas assez tendue qui s’affaisse et qui est molle. En étant ni tendu ni mou, vous aurez du succès.

 

               Un soir un Shramana récitait le Sutra de l'Enseignement Légué par le Bouddha Kashyapa. C'était un texte préservé depuis l'époque de Kashyapa Bouddha. Alors qu’il récitait ce Sutra, Le son de sa voix était affligé comme il songeait avec remords à son envie de quitter la vie monastique. Sa voix était mélancolique et il semblait bouleversé. Il se sentait honteux et plein de remords car il avait envie de ne plus cultiver. Il voulait se retirer.

 

               Le Bouddha lui demanda:

"Quand tu demeurais à la maison dans le passé que faisais-tu? Il lui dit: "Quelle était ta profession quand tu étais à la maison? Que faisais-tu?" J'aimais beaucoup jouer du luth, lui répondit le Shramana. Le Shramana dit au Bouddha: "J'aimais m'exercer à jouer du luth. Faire de la musique était ce que j’aimais le plus."

 

               - Que se passait-il quand les cordes étaient lâches? Lui dit le Bouddha "Oh, tu sais jouer le luth?" le Bouddha lui dit. "Si les cordes étaient mal tendues, qu'arrivait-il aux cordes du luth?"- Elles ne résonnaient pas, lui répondit le Shramana. Si les cordes étaient mal tendues alors aucun son ne s'échappait et on ne pouvait pas jouer du luth. Il n'y avait pas de musique.

 

               - Que se passait-il quand les cordes étaient trop tendues? demanda le Bouddha. - Le son était raccourci, lui répondit le Shramana. Quand je grattais les cordes cassaient, et il n'y aura pas de sons.

 

               - Que se passait-il quand tu les accordais de manière à ce qu'elles ne soient ni trop lâches ni trop tendues? "Quand les cordes n'étaient ni trop tendues, ni trop lâches, qu'elles étaient juste entre les deux, que se passait-il? lui demanda le Bouddha. - Le son portait bien, répondit le Shramana. Le Shramana dit au Bouddha: "On pouvait jouer de toutes les cordes et la musique était très plaisante à entendre."

 

               - Il en est de même avec un Shramana qui étudie le Chemin. Si son esprit est harmonieux, alors il peut accomplir le Chemin. Le Bouddha  dit: "Quand un Shramana cultive avec diligence préceptes, samadhi et sagesse et met en repos avidité, haine et stupidité, son œuvre dans le Chemin est comme le luth bien accordé." Si votre esprit est ni trop tendu ni trop lâche, alors vous pouvez atteindre le Chemin. Ne soyez pas hâtif et ne soyez pas paresseux; alors vous pouvez atteindre le Chemin.

 

               S'il est impétueux, son impétuosité exténuera son corps, et si son corps est fatigué, son esprit donnera naissance à des afflictions. Si vous êtes hâtif et impatient dans votre cultivation, votre anxiété et humeur épuiseront votre corps. Et quand votre corps devient trop fatigué, votre esprit devient affligé. Si son esprit se crée des afflictions, alors il voudra quitter la vie monastique. Dès que vous aurez toutes ces afflictions, vous voudrez vous retirer. Vous voudrez revenir à la vie laïque, et abandonner la culture du Chemin. S'il veut arrêter de pratiquer le Chemin, ses torts en seront certainement augmentés. Si vous abandonnez votre pratique et n'êtes plus énergique, alors vous ferez certainement accroître vos offenses.

 

               Vous avez seulement besoin d'être pur, paisible et heureux pour ne pas perdre le Chemin. Il vous est seulement nécessaire de rendre votre esprit pur, de le rendre paisible et heureux et alors vous atteindrez certainement le Chemin.

 

 

 

SECTION 35

LORSQU’ON EST PURIFIÉ DES SOUILLURES, LA BRILLANCE RESTE

 

               Le Bouddha dit: "Quand on veut fabriquer des outils de très bonne qualité, on fond le métal en brûlant ses scories. C'est la même chose avec les gens qui étudient le Chemin: il leur faut d'abord extraire les souillures de leur esprit; ensuite leurs pratiques deviennent pures."

 

               Dans cette section, Le Bouddha dit: "Quand on veut fabriquer des outils de très bonne qualité, on fond le métal en brûlant ses scories. Pour faire des outils de bonne qualité, il faut commencer par débarrasser le métal de ses impuretés. Si les impuretés ne sont pas retirées, vous ne pourrez pas faire des outils de bonne qualité.

 

               C'est la même chose avec les gens qui étudient le Chemin: il leur faut d'abord extraire les souillures de leur esprit. Les gens qui étudient et cultivent le Chemin doivent se débarrasser des souillures dans leur esprit. Cela fera que vous aurez un esprit pur. Dans le cas contraire, votre esprit pur ne pourra pas se manifester. C'est comme les scories du métal: si vous les enlevez, vous pouvez forger des outils de bonne qualité.

 

               Tout le monde peut accomplir le Chemin et tout le monde est un vaisseau potentiel qui peut soutenir le Chemin. Mais si vous ne vous débarrassez pas de vos impuretés mentales, vous ne pourrez pas vous maintenir sur le Chemin et l'atteindre. Si vous voulez obtenir les fruits du Chemin, vous devez d'abord vous laver de toutes vos souillures.

 

               "Souillures'' se rapportent ici aux désirs présents dans votre esprit et plus particulièrement celui se rapportant au sexe. Si vous ne vous débarrassez pas du désir charnel, alors vous serez encore plein de souillures et d'impuretés. Si vous pouvez vous débarrasser de votre désir charnel, alors il n'y aura aucune souillure. Sans souillure, Leurs pratiques deviennent alors pures. Votre pratique, c'est-à-dire votre culture des portes de Dharma sera pure, autrement, elle ne le sera pas. Bien que le désir charnel soit le plus grand des souillures, il y en a d'autres. Avidité, haine, stupidité, orgueil et doute sont tous des souillures de votre esprit. Vous devriez vous en débarrasser car ainsi vous obtiendrez une réponse à votre pratique du Chemin. Vous pourrez retourner à la source, revenir à l'origine, et regagner la pureté inhérente de votre esprit.

 

 

SECTION 36

LA SÉQUENCE QUI MÈNE AU SUCCÈS

 

               Le Bouddha dit: "Il est difficile de quitter les destinées du mal et de devenir un être humain.

               "Même si quelqu’un devient humain, il est quand même difficile de devenir un homme plutôt qu'une femme.

               “Même si quelqu’un devient un homme, il est quand même difficile de posséder les six organes des sens complets et parfaits.

               "Même si les six organes sont complets et parfaits, il est quand même difficile d'être né dans un pays central.

               " Même si l'on est né dans un pays central, il est quand même difficile d'être né quand un Bouddha est présent dans le monde.

               " Même si l'on est né quand il y a un Bouddha dans le monde, il est quand même difficile de rencontrer le Chemin.

               " Même si l'on rencontre le Chemin, il est quand même difficile d'avoir la foi.

               " Même si l'on a la foi, il est quand même difficile de concentrer son esprit sur la Bodhi.

               " Même si l'esprit est concentré sur la Bodhi, il est quand même difficile d'être au-delà de la culture de soi et de l'accomplissement."

 

               La trente-sixième section discute les difficultés d'obtenir un corps humain, d'être né dans un pays central, de rencontrer un sage conseiller, de rencontrer un Bouddha dans le monde et une variété d'autres difficultés.

 

               Le Bouddha dit: "Il est difficile de quitter les destinées du mal et de devenir un être humain." Les trois destinées du mal sont les enfers, le domaine des fantômes affamés, et le domaine des animaux. C'est très difficile d'être libéré des trois destinées du mal et de renaître en un être humain. Quand le Bouddha était dans le monde, il posa une fois une question à ses disciples. Le Bouddha pris une poignée de terre dans sa main et il dit: "Vous tous, dites-moi, y a-t-il plus de terre dans ma main ou sur toute la planète?”

 

               "Bien sûr," tous les disciples répondirent, "la terre qui se trouve dans la main du Bouddha est évidemment en moins grande quantité que la terre de toute la planète! C'est évident!"

 

               Le Bouddha dit: "Les êtres vivants qui sont libérés des trois destinées du mal -les enfers, le domaine des fantômes affamés et des animaux-, et qui deviennent des être humains sont comme la terre dans ma main. Ceux qui restent encore dans ces trois destinées du mal et qui ne peuvent pas obtenir un corps humain sont comme la terre sur toute la planète." Ceci montre qu’il n’est pas du tout facile d’être libéré des trois destinées du mal et de devenir humain. Ainsi, il est dit que devenir un être humain est difficile.

 

               Même si quelqu’un devient humain, il est quand même difficile de devenir un homme plutôt qu'une femme. Il est déjà suffisamment difficile de devenir humain, mais devenir un homme plutôt qu'une femme est encore plus difficile. Maintenant, nous discutons le point de vue de quelqu’un qui préfèrerait être un homme. Peut être que vous voulez devenir un homme et vous n'y arrivez pas. Mais il est aussi difficile de devenir une femme. Même si vous préfèrerez être une femme, cela pourrait être très difficile de l’assurer, car vous n’avez aucun contrôle sur cela. Vous n'avez pas le pouvoir de choisir le genre que vous voulez; vous ne pouvez pas devenir ce que vous voulez. Cela n'est également pas facile du tout.

 

               "Même si quelqu’un devient un homme, il est quand même difficile de posséder les six organes des sens complets et parfaits. Supposons que vous êtes devenu un homme, ou une femme. Ne parlons pas seulement de devenir un homme car il ya des gens qui veulent aussi devenir une femme. Supposons que vous êtes devenu un être humain du genre que vous souhaitez, ceci n’est pas un fait difficile. Par contre, il ne sera toujours pas facile d'être né avec les six organes des sens en parfaite condition. Ces six organes des sens sont les yeux, les oreilles, le nez, la langue, le corps et l'esprit. Bien qu’il y a des gens qui deviennent des êtres humains, ils naissent sans yeux et donc aveugles. D’autres deviennent humains mais sont sourds, ou bien leur nez est inutile parce qu'il ne laisse pas passer l'air; ou ils ne peuvent pas goûter, ou bien sont muets (leur langue ne fonctionne pas). Quelquefois, c'est le corps lui-même qui est défectueux; par exemple, la moitié du corps peut être paralysé. Ou bien l'esprit peut être défectueux, vous ne pouvez ni penser ni comprendre quoi que ce soit. Dans tous ces cas, les six organes des sens ne sont pas en parfaite condition. Cela est très commun. Il est difficile pour une personne de posséder tous les organes des sens complets et parfaits.

 

               "Même si les six organes sont entiers et sans défauts, il est quand même difficile d'être né dans un pays central. Supposons que les organes des sens sont complets et parfaits, les yeux ressemblent à des yeux et les oreilles à des oreilles. Ce n’est pas le cas où les oreilles ressemblent aux yeux et les yeux aux oreilles; ou que les lèvres ressemblent aux yeux, ou que les yeux ressemblent aux lèvres, avec tout mélangé. Un personne n’est pas grossièrement déformée avec ses yeux, oreilles, nez et bouche, le tout poussant ensemble d’une manière à ce qu’ils ne peuvent pas être distingués l’un de l’autre, comme s’ils voulaient former une corporation? Est-ce que ce ne serait déplaisant? Et même il n’y aurait rien à faire là-dessus.

 

               Ayant les organes des sens au complet, il est quand même difficile d'être né dans le milieu d’un pays. Par exemple, les habitants des quatre régions frontalières de la Chine étaient connus sous leur nom de tribu en tant que la tribu du sud Man, la tribu du nord Mo, la tribu de l’est Yi et la tribu de l’ouest Di. Ces régions de la Chine étaient distinctes, et leurs habitants étaient désavantagés. Il est facile d'être né aux frontières, mais difficile de l'être dans le territoire centrale.

 

               "Même si l'on est né dans un pays central, il est quand même difficile d'être né quand un Bouddha est présent dans le monde. Ce n'est pas du tout facile d'être né quand un Bouddha est vivant dans le monde.

              

               "Même si l'on est né quand il y a un Bouddha dans le monde, il est quand même difficile de rencontrer le Chemin. Il est difficile d'être né quand un Bouddha est dans le monde, mais même si vous y arrivez, il est quand même difficile de rencontrer le Chemin. Rencontrer le Chemin fait allusion à rencontrer un conseiller bon et sage. Si vous rencontrez cette personne, qui a le Chemin et qui cultive le Chemin, alors vous pourrez cultiver le Chemin. Mais il est difficile de rencontrer une telle personne.

 

               "Même si l'on a rencontré le Chemin, il est quand même difficile d'avoir la foi. Même si vous en venez à comprendre le Bouddhadharma, et vous arrivez à comprendre les méthodes de culture du Chemin, il n'est toujours pas facile d'avoir suffisamment de foi. Peut être que vous rencontrerez le Chemin, mais vous faillirez de cultiver et d’avoir suffisamment de foi. Et si vous ne croyez pas au Chemin, bien que vous l'ayez rencontré, c'est comme si vous ne l'aviez pas rencontré.

 

               "Même si l'on a la foi, il est quand même difficile de concentrer son esprit sur la Bodhi.  Supposez que vous avez la foi, il n’est toujours pas facile de cultiver en accordance avec le Dharma. Avoir la foi est une chose. Il y a beaucoup de gens qui ont la foi dans le Bouddhadharma mais quand vous leur dites de cultiver, ils ne le font pas. Sans parler d’autre chose, demandez-leurs seulement d'arrêter de fumer et ils ne peuvent pas. Il est difficile d'avoir de la foi, mais concentrer son esprit sur la Bodhi, ce qui veut dire avoir la ferme résolution d'atteindre l'éveil, est une chose est encore plus difficile.

 

               " Même si l'esprit est concentré sur la Bodhi, il est quand même difficile d'être au-delà de la culture de soi et de l'accomplissement." Même si l'on est concentré sur la Bodhi, il est encore difficile d'atteindre le niveau de culture du Chemin dans lequel rien ne doit être cultivé, le niveau d'accomplissement dans lequel rien ne doit être accompli. À ce niveau, "tout ce que vous deviez faire a été fait et vous n'aurez plus à subir le cycle de la vie et la mort." À ce point, vous avez déjà atteint l'éveil, et vous n'avez plus besoin de continuer à cultiver. C'est comme lorsque vous avez mangé à votre faim, et vous n'avez plus besoin de manger. Quand vous avez assez dormis, vous n'avez plus besoin de dormir. Quand vous avez cultivé le Chemin et atteint le point au-delà de toute cultivation et d'accomplissement, alors vous avez atteint la position Au-delà de l’Étude et accompli le quatrième degré d'Arhat. C’est ainsi que ceci est expliqué dans les termes de Theravada.

 

Dans les termes de Mahayana, la position Au-delà de l’Étude est la position de la voie du Bouddha. À ce point,

 

                       Au-dessus, il n’y a plus de voie du Bouddha à rechercher;

                       En-dessous, il n’y a plus d’êtres vivants à sauver.

 

Cela est la position au-delà de la cultivation et de l’accomplissement, et ce n’est pas facile à atteindre. Dans le cas de la cultivation, si vous ne comprenez pas le Bouddhadharma, alors c’est une autre question. Mais si vous comprenez le Bouddhadharma, alors vous devriez rapidement faire l’effort de cultiver.

 

 

SECTION 37

EN ÉTANT CONSCIENTS DES PRÉCEPTES MORAUX

NOUS SOMMES PROCHES DU CHEMIN

 

               Le Bouddha dit: "Mes disciples pourraient être à plusieurs milliers de kilomètres de moi, mais s'ils se rappellent de mes préceptes moraux, ils obtiendront avec certitude les fruits du Chemin.

               "Si ceux qui sont à mes côtés ne suivent pas mes préceptes moraux, bien qu’ils me voient en permanence, au bout du compte ils n’accompliront pas le Chemin."

 

               La trente-septième section dit que si vous croyez en les préceptes du Bouddha, alors quelle que soit la distance qui vous sépare du Bouddha c'est comme si vous étiez juste à ses côtés. Mais si vous ne croyez pas et ne maintenez pas les préceptes du Bouddha, alors il se peut très bien que vous vous trouviez tout le temps à côté du Bouddha, mais vous ne le verrez pas, et n'entendrez pas le Dharma. C'est ce que le Sixième Patriarche voulait dire quand il déclara: "Si vous croyez en moi, vous pourriez être à cent huit mille miles de moi, et ce serait comme si vous étiez juste à côté de moi. Mais si vous ne croyez pas en moi, vous pourriez être juste à mon côté, et ce serait comme si vous étiez à cent huit mille miles de moi." C’est également la signification de ce sutra.

 

               Le Bouddha dit: "Mes disciples pourraient être à plusieurs milliers de kilomètres de moi, mais s'ils se rappellent de mes préceptes moraux, ils obtiendront avec certitude les fruits du Chemin. Le Bouddha dit:” même si mes disciples sont très loin de moi, si ils peuvent se rappeler en permanence de mes préceptes et ne jamais les oublier, et s’ils peuvent s'appuyer sur eux, et les suivre dans leur culture du Chemin, alors ils atteindront avec certitude les fruits du Chemin.

 

               "Si ceux qui sont à mes côtés ne suivent pas mes préceptes moraux, bien qu’ils me voient en permanence, au bout du compte ils n’accompliront pas le Chemin." Ceux qui sont à ma droite ou à ma gauche peuvent me voir tout le temps, mais s'ils ne cultivent pas en accord avec mes préceptes, alors quoi qu’ils essayent de faire, ils ne leurs sera pas facile d'obtenir le Chemin.

 

               Cette section du texte établit donc clairement que si vous faites ce que les enseignements disent, si vous vous appuyez sur le Bouddhadharma dans votre pratique, alors vous serez un vrai disciple du Bouddha, et vous serez constamment en sa présence. Votre étude et pratique de son enseignement seront faites toujours sous son égide. Mais si vous ne respectez pas les préceptes, vous perdrez l’opportunité qui est juste devant vous.

 

               Il y avait une fois deux Bhikshus qui voulaient faire un très long voyage de Varanasi à Shravasti, pour voir le Bouddha. En cours de route, l'eau emportée épuisée, ils devinrent assoiffés au point qu’ils ne purent plus marcher. Ils étaient sur le point de mourir de soif. Alors tout droit devant eux, ils trouvèrent un peu d'eau qui s'était accumulée dans un crâne humain desséché.

 

Un des Bhikshus prit le crâne et but une partie de l'eau et ensuite se tourna pour en donner à l'autre Bhikshu. Mais l'autre Bhikshu vit que l’eau était dans un crâne humain, et qu'il y avait beaucoup d'insectes dans l'eau et donc ne la but pas.

 

               Le premier Bhikshu lui dit: "Pourquoi ne bois-tu pas l'eau? Nous sommes sur le point de mourir de soif."

 

Le second Bhikshu répondit: "Parce que les préceptes du Bouddha disent que on ne peut pas boire de l'eau, s'il y a des insectes dans celle-ci. Bien que je puisse mourir de soif, je ne vais pas boire cette eau dans laquelle il y a des insectes. Je veux continuer à observer les préceptes de Bouddha dans ma pratique du Chemin."

              

               Le premier Bhikshu lui dit: "Oh! Tu es vraiment stupide. Si tu bois un peu de cette eau, tu pourras aller voir le Bouddha. Si tu n'en bois pas, tu mourras de soif. Ne sois pas aussi strict." Mais l'autre Bhikshu ne voulait toujours pas boire. Le premier Bhikshu but alors le restant de l'eau et en marchant, il commença à se sentir très bien. Le second Bhikshu qui n'avait pas bu d'eau, mourut de soif à mi-chemin.

 

               Parce qu'il avait de tout son cœur suivit les préceptes, il fut béni et réincarné immédiatement dans le Ciel de Trayastrimsa comme un dieu. De là, il vint voir le Bouddha et en entendant le Bouddha parler le Dharma pour lui, il obtint le pur œil du Dharma et accomplit la position d'Arhat. Pendant ce temps, le Bhikshu qui avait bu de l'eau dans le crâne arriva à Shravasti après trois jours de voyage supplémentaires. 

 

               Le Bouddha lui demanda: "D'où viens-tu? Combien de personnes il-y-avait il avec toi? Est-ce que le voyage s'est bien passé?" Le Bhikshu raconta au Bouddha tous les détails du voyage, en disant: "Nous venions de Varanasi, et la route fut très longue. A un moment donné, nous nous trouvâmes à court d'eau, et un compagnon cultivateur mourut de soif. En réalité nous avons trouvé un peu d'eau, mais quand l'autre Bhikshu a vu qu'il y avait des insectes dedans, il n'a pas voulu en boire et il est mort de soif. Cela prouve qu'il n'avait pas d'affinités avec le Bouddha car il est mort au lieu de voir le Bouddha. Ses attachements étaient trop forts."

 

               Après avoir entendu ce récit, le Bouddha demanda au Bhikshu survivant de s’approcher et lui dit: "Ce même jour, ton compagnon de route a été réincarné dans les cieux et sa durée de vie dans la nouvelle existence divine est très longue. Il est venu à mon assemblée, j'ai parlé le Dharma pour lui et il a déjà atteint l'accomplissement du Chemin. Tu dis qu'il était stupide, mais en réalité, c'est toi  qui es stupide. Tu n'as pas respecté les préceptes du Bouddha et bien que tu sois venu me voir, c'est comme si tu n'étais pas venu, parce que ton esprit n'est pas pur. Tu n'es pas suffisamment sincère et tu n'as pas respecté les préceptes."

 

               Cette anecdote nous dit que, proche ou loin du Bouddha, l'essentiel est de maintenir les préceptes dans la culture de soi. Alors, on verra réellement le Bouddha. Par contre, si les préceptes ne sont pas respectés, bien que vous puissiez être à ses côtés, ce serait comme si vous  ne l'aviez jamais vu.

 

SECTION 38

LA NAISSANCE MÈNE À LA MORT

 

               Le Bouddha demanda à un Shramana: "Quelle est la durée de vie d'un être humain?" 

               Il répondit: "Quelques jours." Le Bouddha dit: "Vous n'avez pas encore compris le Chemin."

 

               Il demanda à un autre Shramana: "Quelle est la durée de vie d'un être humain?" La réponse fut: "Le temps d'un repas." Le Bouddha dit: "Vous n'avez pas encore compris le Chemin."  

 

               Il demanda à un autre Shramana: "Quelle est la durée de vie d'un être humain?" Il dit: "Le temps d'une respiration." Le Bouddha dit: "Excellent, vous avez compris le Chemin.

 

               Dans cette trente-huitième section, Le Bouddha demanda à un Shramana: "Quelle est la durée de vie d'un être humain?" Le Bouddha posait délibérément cette question non pas parce qu'il ignorait la réponse, mais plutôt pour montrer l'ignorance des gens concernant la durée d'une vie humaine. "Quelle est la durée de la vie d'un être humain?" demanda-t-il. Il répondit: "Quelques jours." "Probablement nous mourrons dans quelques jours. La vie n'est pas très longue. Le Bouddha dit: "Tu n'avez pas encore compris le Chemin." Vous ne comprenez toujours pas.

 

               Il demanda à un autre Shramana: "Quelle est la durée de vie d'un homme?"La réponse fut: "L'espace d'un repas." Ce Shramana répondit que la vie dure le temps qu'il faut pour prendre un repas. Le Bouddha dit: "Tu n'avez pas encore compris le Chemin." Ce disciple lui non plus n'a pas compris.

 

               Il demanda à un autre Shramana: "Quelle est la durée de vie d'un être humain?" Il dit: "Le temps d'une respiration." L'espérance de vie humaine est égale à une seule respiration. Le Bouddha dit: "Excellent, vous avez compris le Chemin. Le Shramana qui donna cette réponse avait compris le Chemin.

 

               En Inde, il y avait une fois un roi qui croyait en une religion non-bouddhiste qui enseignait de nombreuses sortes de pratiques soi-disant ascétiques. Quelques-uns suivaient les préceptes des vaches et d'autres les préceptes des chiens. D'autres barbouillaient leurs corps avec des cendres, et d'autres dormaient sur des lits de clous. Ils cultivaient toutes sortes de pratiques ascétiques, comme ceux que pratiquent les Yogis. Pendant ce temps, les Bhikshus qui cultivaient le Dharma avaient comparativement l'existence facile parce qu'ils ne pratiquaient pas de cette manière. Un jour le roi de ce pays dit aux disciples du Bouddha: "J'ai la conviction que malgré les pratiques ascétiques que ces non-Bouddhistes pratiquent, ils n'ont pas encore réussi à maîtriser leurs afflictions et leur ardente envie sexuelle; quant à vous, les Bhikshus, qui êtes si indolents, vous devriez encore moins bien y parvenir!"

 

               Un des maîtres du Dharma répondit au roi en ces termes: "Supposez que vous sortiez de prison un homme qui a été condamné à mort et que vous lui disiez: 'Prends ce bol d'huile et porte le dans tes mains en descendant la route, si tu renverses une seule goutte d'huile, je te ferai exécuter. Mais si tu ne renverses rien, je te libérerai à ton retour.' Maintenant, supposez que vous envoyiez quelques belles musiciennes sur la route pour chanter et jouer de leurs instruments là où le condamné marche avec son bol d'huile. S’il renverse de l’huile, bien sûr, vous l’exécuterez. S'il revenait sans avoir versé une seule goutte, que pensez-vous qu'il répondrait si vous lui demandiez ce qu'il a vu sur la route?"

 

               Le roi du pays décida de faire exactement cela. Il prit un homme destiné à être exécuté et lui dit: "Aujourd'hui, tu devais être exécuté, mais je vais te donner une chance de sauver ta vie. Je vais te donner un bol d'huile à porter entre tes deux mains, en marchant sur la route. Si tu peux le tenir sans renverser une seule goutte, à ton retour tu seras gracié. Mais si tu renverses une seule goutte, je t'exécuterai comme prévu."

 

               Le condamné fit comme dit. Il s'en alla sur la route avec l'huile, et quand il revint, il n'avait pas renversé une seule goutte. Le roi lui demanda alors: "Qu'as-tu vu sur la route?" Le condamné lui dit: "Je n'ai rien vu. Tout ce que j'ai fait, c'était surveiller l'huile afin de l'empêcher de tomber. Je n'ai rien vu ni rien entendu."

 

               Alors le roi demanda au maître du Dharma: "Quel  principe doit-on en tirer?" Le maître du Dharma répondit: "Le condamné était comme le Shramana qui a quitté la vie de laïc. Tous les deux voient la question de la naissance et de la mort comme trop importantes pour gaspiller du temps avec des pensées pleines de désirs sexuels. Si le condamné avait laissé tomber une seule goutte d'huile, il mourait. De même, le shramana veut mettre un terme à la naissance et à la mort.  Comment peut-il se débarrasser de ses désirs sexuels? C'est parce qu'il voit que la matière de la naissance et de la mort est trop importante. Pourquoi ces non-Bouddhistes ne peuvent se libérer de leurs désirs charnels? C'est parce qu'ils ne comprennent pas les notions de naissance et de mort. Ils ne réalisent pas à quel point ce sujet est important." Pourquoi certaines personnes qui cultivent ne peuvent-elles se libérer de leur désir charnel? Parce qu'elles n'ont pas compris l'impermanence présente dans la mort et la naissance. Si vous perceviez l'urgence de l'impermanence, vous n'auriez pas de temps à consacrer aux pensées impropres de la luxure. Vous n'auriez pas de temps à consacrer à cette affliction qu'est le désir charnel."

 

 

SECTION 39

L’ENSEIGNEMENT DE BOUDDHA EST SANS PRÉJUGÉS

 

               Le Bouddha dit: "Celui qui étudie le Chemin du Bouddha doit croire et s'accorder avec tout ce que le Bouddha enseigne. Quand vous mangez du miel, il est sucré sur la surface, et sucré à l'intérieur. Tels sont mes sutras."

 

               La trente-neuvième section dit que vous devriez croire et accepter tous les Sutras du Bouddha. Vous ne devriez pas faire de distinction entre Mahayana, Theravada, entre éveil rapide et éveil graduel, de décider que tel ou tel sutra est important et que tel ou tel sutra ne l'est pas. Pourquoi faire tant de distinctions? Tout l'enseignement du Bouddha en entier ne va pas au-delà de deux catégories: le provisionnel et l'actuel. L'enseignement provisionnel est parlé pour l'enseignement actuel; si l'enseignement provisionnel est parlé en détail, il conduit à l'actuel. Provisionnel et actuel ne font qu'un. Quand j'étais à Los Angeles, j'ai dit aux bhikshus de Thaïlande: "Dans le Bouddhadharma, initialement il n'y avait pas de distinctions entre Mahayana et Theravada. C'est parce que certains disciples qui avaient des attachements et qui ne voulaient pas véritablement étudier le Bouddhadharma, s'égarèrent et firent des discriminations entre le grand et le petit véhicule. Ils devinrent des disciples infidèles du Bouddha." C'est ce principe qui est exposé dans cette section.

 

               Le Bouddha dit: "Celui qui étudie le Chemin du Bouddha doit croire et s'accorder avec tout ce que le Bouddha enseigne. Ceux de vous qui étudiez le Chemin du Bouddha devraient croire tous les Sutras du Bouddha et tout son enseignement. Vous ne devriez pas faire des discriminations.

 

               Quand vous m du miel, il est sucré sur la surface, et sucré à l'intérieur. Tels sont mes sutras."  C'est comme manger du miel. Le miel est sucré sur la surface, et aussi sucré à l'intérieur et les Sutras que le Bouddha a cités sont exactement pareils. Ils établissent le provisionnel pour le bénéfice de l'actuel. Le provisionnel est l'ouverture qui révèle l'actuel et qui permet d'éduquer et de transformer les êtres vivants de sorte que tous sans distinction puissent réussir à réaliser le Chemin du Bouddha. Tous les sutras, et tout l'enseignement du Bouddha suivent ce principe.

 

 

 

SECTION 40

LA PRATIQUE DU CHEMIN EST DANS L’ESPRIT

 

               Le Bouddha dit: "Un Shramana qui cultive le Chemin ne devrait pas être comme un bœuf tournant une meule. Un tel Shramana cultive le Chemin avec son corps, mais son esprit n'est pas sur le Chemin. Si l'esprit est concentré sur le Chemin, quel besoin y a-t-il de pratiquer?"

 

               La quarantième section explique que le Chemin est en réalité cultivé dans l'esprit, non par des formes extérieures. Si notre esprit n'est pas absorbé dans le Chemin et si nous faisons attention seulement au travail de surface, nous sommes comme un bœuf qui tourne une meule. Toute la journée le bœuf tourne en rond, tirant le moulin à broyer et ne s'en éloigne jamais.

 

               Le Bouddha dit: "Un Shramana qui cultive le Chemin ne devrait pas être comme un bœuf tournant une meule.  Quand un Bhikshu cultive le Chemin non-surpassé, il ne devrait pas être comme un bœuf tournant une meule; tout ce qu'il fait est de tourner autour de la meule sans jamais être libre d'aller au dehors. Un tel Shramana cultive le Chemin avec son corps, mais son esprit n'est pas sur le Chemin. Bien que physiquement vous sembliez pratiquer le Chemin, quand vous vous prosternez devant le Bouddha, et récitez des Sutras et des Mantras, mais votre esprit n'est pas conscient du travail. Vos pensées ne sont pas concentrées dans la cultivation du Chemin.

 

               Si l'esprit s'est concentré sur le Chemin, quel besoin y a-t-il de pratiquer?" Si votre esprit se concentre sur le Chemin et le pratique vraiment, si vous mettez tout votre cœur dans votre culture et n'avez aucune fausse pensée, et si vous êtes constamment en samadhi, alors quel besoin y a-t-il de pratiquer? En de telles circonstances, ce ne serait pas un problème pour vous de ne pas pratiquer.             

 

Cela veut dire que vous avez subjugué votre esprit. Vous l'avez maîtrisé s'il est vidé de tout désir charnel. Dans le cas contraire, si vous avez continuellement des pensées impures de désir, alors même sous des dehors séduisants,  vous êtes en réalité une personne sur laquelle on ne peut pas compter, parce que tout ce qui se passe dans votre esprit n'est que pensées fausses liées au sexe. Aussi belle que soit votre apparence, ça ne sert à rien.

 

               Donc, en cultivant, l'attention doit être mise sur l'esprit. Si vous pouvez maîtriser votre esprit, vous serez capable d'atteindre la réalisation très rapidement. Si vous ne maîtrisez pas votre esprit, et si vous pensez continuellement au sexe, alors vous serez comme le bœuf qui moud autour de sa meule. C'est un travail très dur et le bœuf ne sera jamais libre.

 

 

SECTION 41

UN ESPRIT DROIT SE DEBARRASSE DU DESIR

 

               Le Bouddha dit: "Celui qui cultive le Chemin est comme un bœuf qui tire une lourde charge à travers une épaisse masse de boue. Le bœuf est si fatigué qu'il n'ose regarder ni à droite ni à gauche. Ce n'est qu'une fois sorti de la boue qu'il peut se reposer. De même le Shramana devrait regarder émotion et désir comme une profonde masse de boue, et songer au Chemin avec un esprit sans faille. C'est alors qu'il peut éviter la souffrance."

 

               Dans la quarante-et-unième section, le Bouddha nous dit d'avoir un esprit honnête et franc quand nous cultivons et contemplons le Chemin. Dans chaque pensée, nous devons viser le but de sortir de la boue des émotions et du désir.  Emotions et désir sont de la boue, et nous devons nous sortir de cette fange.

 

               Le Bouddha dit: "Celui qui cultive le Chemin est comme un bœuf qui tire une lourde charge à travers une épaisse masse de boue. Le cultivateur du Chemin est tout comme un bœuf portant une très lourde charge sur son dos, marchant dans de la boue très profonde. C'est extrêmement difficile pour lui de tirer ses pattes hors de la boue. Quand une patte se libère, l'autre s'enfonce. Et quand cette deuxième patte est libre, la première s'enfonce à nouveau. Le bœuf est si fatigué qu'il n'ose regarder ni à droite ni à gauche. Le bœuf a atteint les limites de son endurance au point qu'il n'ose regarder ni à droite ni à gauche. Ce n'est qu'une fois sorti de la boue qu'il peut se reposer. Alors seulement il peut se relâcher un peu.

 

               De même le Shramana devrait regarder émotion et désir comme une profonde masse de boue, et songer au Chemin avec un esprit sans faille. Les Shramanas qui ont quitté la maison, les Bhikshus et les Bhikshunis devraient contempler que les pensées touchant aux désirs sexuels sont même plus sérieuses que de la boue profonde. Ils doivent contempler avec concentration et cultiver le Chemin avec un esprit sans faille. C'est alors qu'ils peuvent éviter la souffrance. Alors ils peuvent échapper à la détresse et à la souffrance causée par la "boue profonde" des engagements émotionnels. 

 

               Je disais à mes disciples de Los Angeles de tenir fermement les préceptes. Je leur disais de se débarrasser des pensées de désir sexuel, de cesser de fumer, de cesser de boire de l'alcool, et de ne jamais prendre de la drogue. C'est tout ce que je leur ai dis. Est-ce que vous avez l'énergie d'écrire et de leur envoyer vos notes de ce discours pour qu'ils puissent les lire?

 

               Plus tard, ils brûlèrent de l'encens sur leur tête pour y faire des marques de préceptes et la douleur sentie était plus intense que les volcans de l'enfer. De plus, ils n'avaient pas le savoir-faire: ils roulaient de la poudre d'encens dans du papier, comme une cigarette, et l'allumaient. Quand l'encens était bien roulé, le petit rouleau brûlait un tout petit peu et s'éteignait rapidement. L'opération se répétait plusieurs fois. Chaque fidèle désirait pas plus de deux ou trois marques, mais ils ont utilisé au moins trois cents allumettes. Il frottait une allumette, brûlait l'encens, et l'encens s'éteignait. Il grattait une deuxième allumette et rallumait l'encens. Faire ces brûlures d'encens prit à peu près une heure et demie, et quand la session prit fin, mes disciples n’avaient pas réussi à faire plus de quelques brûlures. Je comptai moi-même: il n'y eut que sept marques faites.

 

Ici nous brulons l’encens dans le charbon de bois d’abord - avant de l’allumer. Ce que vous avez essayé de faire était vraiment inapproprié. Vous avez essayé d’utiliser de l’encens frais, au lieu du charbon. Brûler de l'encens frais sur la tête rend l’expérience extrêmement douloureuse. Un de ceux qui reçurent les brûlures est un avocat, qui serra ses dents et hurla, "Aïe! Aïe! Aïe!". Il ne put même pas dire, "Amitabha!" J'ai vu sur la face d'une jeune femme, qui recevait ses brûlures, des larmes roulant sur ses joues. C’était la même chose que pour un de mes disciples. Ce jour-là mon disciple avait mal fait ses brûlures car l’encens était préparé incorrectement. Si l’encens est préparé correctement, alors il brûle directement et est parti en peu de temps. Alors il ne blesse pas autant. Si vous préparez l’encens incorrectement, alors il blesse comme des lames.

 

J’ai vu cette situation moi-même, et je vis que les gens qui l’ont créé étaient vraiment maladroits. Alors Tien En dit qu’ils utilisaient des rouleaux de papier comme partout au Vietnam, ce que je ne crois pas. Les moines vietnamiens ne faisaient probablement pas de brûlures dans le passé, et quand ils virent les préceptes des moines chinois sur les brûlures, ils essayèrent de les imiter. Ils ne connaissaient pas la méthode, et par conséquent ils avaient probablement imaginait que les moines chinois roulaient de l’encens frais et le brûlaient. En fait, c’était complètement faux.

 

 

SECTION 42

COMPRENDRE QUE LE MONDE EST ILLUSOIRE

 

               Le Bouddha dit: "Je regarde la royauté et les dignitaires comme de la poussière qui flotte à travers une fissure. Je regarde les trésors d'or et de jade comme des tuiles brisées. Je regarde les vêtements de soie fine comme du coton rugueux. Je regarde l’univers de mille mondes comme une petite noix. Je regarde les eaux du Lac d'Anavatapta comme l'huile que l’on use pour s'oindre les pieds."

 

                Je regarde la porte des moyens expédients comme un tas de joyaux créés par transformation. Je regarde le véhicule non-surpassé comme un rêve d'or et de richesses. Je regarde le Chemin du Bouddha comme des fleurs devant mes yeux. Je regarde la samadhi comme le pilier du Mont Suméru. Je regarde le Nirvana comme étant éveillé jour et nuit. Je regarde l'inversion et la droiture comme six dragons dansant. Je regarde l'impartialité comme la seule vraie terre. Je regarde la propagation de l'enseignement comme un arbre qui fleuris pendant les quatre saisons."

 

               La quarante-deuxième section, la dernière, explique que le Bouddha regarde tous les Dharmas de façon égale, et passe à travers tous les attachements des êtres vivants. Cent ans dans le royaume humain ne durent qu'un jour et une nuit dans le Ciel Trayastrimsa. Un grand kalpa du monde de Saha n'est qu'un jour et une nuit dans la terre de l'Ultime Félicité. Ainsi, il n'est rien qui soit réel. Tout est vide et faux. C’est pourquoi Le Bouddha dit: "Je regarde la royauté et les dignitaires comme de la poussière qui flotte à travers une fissure. Les rois peuvent être comparés aux présidents et les dignitaires à la cour du gouvernement. Ce sont des positions d'honneur de haut rang social. Cependant le Bouddha regarde ces positions royales et gouvernementales comme pas plus importantes que de la poussière qui flotte à travers une fissure. Ces positions sont insignifiantes, et on ne peut s'y attacher, comme de la poussière.

 

Je regarde les trésors d'or et de jade comme des tuiles brisées. Je regarde les objets de valeur, tels l'or et le jade, comme des tuiles brisées: ce ne sont que des gravats. Je regarde les vêtements de soie fine comme du coton rugueux. Les vêtements les plus beaux sont comme du vulgaire coton et ne sont rien à quoi il faille s'attacher. Je regarde l’univers de mille mondes comme une petite noix. Le Bouddha regarde les trois mille grands univers de mille mondes comme rien de plus grand qu'une petite noix.

 

               Je regarde les eaux du Lac d'Anavatapta comme l'huile que l’on use pour s'oindre les pieds." L'eau de l'Anavatapta, est vue par le Bouddha comme n'étant pas plus abondante que la quantité d'huile utilisée pour s'oindre les pieds, c'est-à-dire pas grand-chose. Le principe énoncé ici est de se débarrasser de ses attachements pour toutes choses; ne prenez pas les choses trop sérieusement et ne devenez pas si attaché á elles. Être attaché à quelque chose est être incapable de le rejeter. Et si vous ne le pouvez pas, vous ne serez pas capable d'accomplir votre pratique du Chemin.

 

Je regarde la porte des moyens expédients comme un tas de joyaux créés par transformation. Tous les ustensiles et les instruments dans les cieux sont faits de sept pierres précieuses: l'or, l'argent, le lapis-lazuli, le cristal, la mère des perles, les perles rouges, et la cornaline. Dans la terre de l'Ultime Félicité, le sol est fait d'or. Quand le Bodhisattva Maïtreya deviendra un Bouddha, notre sol se changera en lapis-lazuli. Mais pour l'instant, il n'est toujours que rocaille bien grossière. Si vous regardez les myriades d'événements et de choses comme étant bonnes alors elles seront bonnes, et si vous les regardez comme mauvaises, alors elles seront exactement comme vous pensez qu'elles sont. Tout n'est qu'une manifestation de votre esprit. Les choses arrivent comme une révélation de votre vrai esprit. Ainsi, ne soyez pas souillé par ce qui est faux et illusoire. Seule votre propre nature est vraie. Alors, ne soyez pas attachés à ce qui est faux, et n’oubliez pas le vrai.

 

"Moyens expédients" se rapportent aux Trois Véhicules que tous les Bouddhas établissent: le Véhicule des Entendeurs de la Voix, le Véhicule de ceux qui sont Eveillés par les Conditions, et le Véhicule des Bodhisattvas. Ce sont des portes de Dharma expédientes; elles sont provisionnelles et furent crées par les Bouddhas afin de révéler l'actuel vérité. Si les êtres vivants utilisent ces Dharmas pour cultiver, ils peuvent atteindre la réalisation et devenir des Bouddhas. Le Bouddha dit que ces Moyens Expédients sont comme un tas de joyaux créés par transformation.

 

Je regarde le véhicule non-surpassé comme un rêve d'or et de richesses. Le véhicule non-surpassé est fondamentalement vrai et actuel; c’est un principe inhérent à la nature propre des êtres vivants, qui n'existe pas en-dehors de l'esprit des êtres vivants et ne peut être trouvé qu'en-dedans. Ainsi il est dit qu'achever la parfaite Bodhi revient à ne rien accomplir du tout, car quand l'éveil est amené à sa perfection, rien n'est. Donc le Bouddha voit le véhicule non-surpassé comme de l'or et des richesses dans un rêve. Dans le rêve ils existent mais en réalité ils sont faux.

 

Je regarde le Chemin du Bouddha comme des fleurs devant mes yeux. Tout ce qu'on dit à propos du Chemin du Bouddha est prononcé pour des gens ordinaires et s'ils n'étaient pas des gens ordinaires, le Chemin du Bouddha ne serait d'aucune utilité. Ainsi il est appelé un dharma inconditionné et comme tel, il n'apparaît pas et ne s'éteint pas non plus. Les Dharmas inconditionnés, ne viennent pas, ni ne sont pas et ne disparaissent pas; ils ne sont ni réels, ni actuels; ils sont vides comme des fleurs dans l'espace.

 

Je regarde la Samadhi comme le pilier du Mont Suméru. Le Mont Suméru trône au-dessus de l’océan et aucune tempête ne peut venir le renverser. Quand les gens cultivent, leur samadhi devrait être aussi impossible à mouvoir que le Mont Suméru. C'est ainsi que le Bouddha le voit. Fondamentalement, le Mont Suméru n'est pas un vrai dharma non plus; il est utilisé ici comme une analogie. Quand vous atteignez réellement la réalisation, vous voyez tout comme étant vide. Je regarde le Nirvana comme être éveillé jour et nuit. Le Bouddha considère le Nirvana comme être dans un état de veille à la fois le jour et la nuit, en ne dormant jamais. Je regarde l'inversion et la droiture comme six dragons dansant. Les états d'inversion et de droiture sont comme six dragons dansant sauvagement. Quand vous êtes sans-dessus-dessous, vos six organes des sens: les yeux, les oreilles, le nez, la langue, le corps et l'esprit, réagissent aux six objets des sens, et vous mettent sous l'influence des états. Alors, ces six organes des sens sont justement une demi-douzaine de dragons dansant.

 

               Je regarde l'impartialité comme la seule vraie terre. Le Bouddha considère la porte du dharma de l'impartialité comme la seule et véritable terre, la Terre de la Réalité. Je regarde la propagation de l'enseignement comme un arbre qui fleurit pendant les quatre saisons." Le Bouddha considère la propagation du Dharma comme étant un arbre qui naturellement vit aux quatre saisons. Au printemps il fleurit, en été il grandit, en automne les feuilles tombent et en hiver ses branches sont dénudées. La propagation du Bouddhadharma a lui aussi son temps et ses cycles.

 

               Le Bouddha parle de cette section afin d'apprendre aux gens de ne s'attacher à rien. Si vous avez des attachements, alors vous ne pouvez pas saisir la vacuité du Moi et la vacuité des dharmas. Quand les gens sont vus comme étant vides, ils disparaissent. Quand les dharmas sont vus comme étant vides, les Dharmas disparaissent. Les gens ordinaires ne comprennent pas que les gens et les dharmas sont vides; ils assument qu’ils existent. Mais si vous voulez atteindre la réalisation et devenir un sage alors il est nécessaire de voir que les gens et les dharmas sont vides. À ce moment-là vous êtes sans attachement envers les gens ou les dharmas. Et quand ces attachements ont disparu, vous avez brisé tous les attachements. Vous réalisez le principe de la vacuité de toute chose et vous obtenez la réalisation et la sagesse d'un sage. Et si vous ne voyez pas les dharmas comme vide, vous ne pourrez atteindre la sagesse des sages.

 

Ainsi le Bouddha a prononcé cette section du texte pour apprendre aux gens à se débarrasser de toutes leurs pensées impropres et de leurs attachements. Si vous pouvez vous débarrasser de tout cela, vous pourrez obtenir le vrai bien-être, c'est-à-dire obtenir la vrai liberté. Alors si vous voulez vivre vous pouvez vivre, et si vous voulez mourir vous pouvez mourir. Vous êtes libre d'aller et venir. Dans absolument tout, vous êtes libre de faire comme il vous plaît. Ce n'est pas une apparence de liberté, c'est une vraie liberté.

 

STANZA POUR LE TRANSFERT DES MERITES ET VERTUS

 

             

                              Puissent les mérites et vertus de cette œuvre accumulés

                              Toutes les Terres Pures des Bouddhas venir orner.

                              Payant en retour les quatre grandes grâces au-dessus

                              Et aidant ceux qui souffrent en-dessous.

                              Puissent ceux qui voient et entendent ceci

                              Prendre la ferme résolution pour la Bodhi

                              Et avec ce corps de rétribution et cette vie terminée

                              Être nés ensemble dans la Terre de l'Ultime Félicité.

 

 

Appendice

 

Index

 

A

 

Ananda

L'un des dix grands disciples du Bouddha Shyakyamuni, Ananda était capable de réciter tous les Sûtras parlés par le Bouddha et avait la meilleure érudition parmi les disciples du Bouddha.

 

Anavatapa

Nom d'un grand lac à Jambudvipa, au nord de l’Himalaya, au sud du Gandhamadana.

 

Arhat

Une des réalisations dans le chemin de la pratique. Les Ahrats ont sont parvenus à mettre un terme au cycle involontaire de la naissance et de la mort physique. Le mot a les trois significations suivantes:

1.      Digne des offrandes.

2.      Tueur de voleurs. Les Ahrats ont tués les voleurs d’afflictions et d'impuretés.

3.      En dehors de la naissance. Un Ahrat demeure dans la patience de la non-production des dharmas, et a mis fin à la naissance et la mort du corps.

 

Asura

un « être qui aime combattre », appartenant à l'un des huit divisions de fantômes et esprits, parmi les êtres célestes, les êtres humains, animaux et fantômes.

 

B

 

Bhikshu

Un moine bouddhiste totalement ordonné. Il mène une vie pure et célibataire et maintient 250 préceptes.

 

Bhikshuni

La forme féminine du Bhikshu. Une nonne bouddhiste totalement ordonnée, qui mène une vie pure et célibataire et maintient 348 préceptes.

 

Bodhi

Éveil, illumination.

 

Bodhimanda

«Lieu d'illumination », endroit destiné à la pratique – un temple, un monastère, un ermitage – peu importe sa dimension.

 

Bodhisattva

Un être illuminé qui n'entre pas dans le Nivarna mais choisit plutôt de rester dans le monde et de sauver les êtres vivants.

 

Bodhisattva Maitreya

Ce Bodhisattva est le meilleur dans la perfection de la patience, et deviendra le prochain Bouddha.

 

Dix Bonnes Actions

Abstention de : tuer, voler, conduite sexuelle déviante, duplicités des paroles, paroles dures, mensonge, paroles irresponsables et les trois poisons (avidité, colère et stupidité).

 

 

Bouddha

L'Illuminé, celui qui a atteint l'Insurpassable, la Propre, l’Égale et la Correcte Illumination. La Nature de Bouddha est inhérente à tous les êtres vivants. Aussi longtemps qu'ils ne sont pas illuminés, ils sont des êtres ; une fois illuminés, ils sont des Bouddhas.

 

Bouddha Kashyapa

Le troisième Bouddha de l'âge actuel, le Bouddha précédent le Bouddha Shakyamuni.

 

Bouddhadharma

Méthodes de culture de soi enseignées par le Bouddha, menant les êtres à l'illumination.

 

 

C

 

Chan

Une des cinq écoles majeures du Bouddhisme. L'enseignement de la méditation. C'est la traduction chinoise du mot sanscrit Dhyana.

 

Confucianisme

Enseignements du sage philosophe chinois Confucius (551-479 av. J.-C.) qui insiste sur la réalisation des obligations morales et le développement de la vertu.

 

Culture de soi

Mettre en pratique les enseignements du Bouddha de façon régulière et continue. Le mot en lui-même évoque la métaphore de l'agriculture.

 

Conseiller Bon et Sage

Une personne de sage et d'expérience qui peut guider une personne dans la culture de soi.

 

Chemin

La voie spirituelle de la culture de soi; l'ultime vérité, qui est réalisé à travers la pratique de la Voie.

 

D

 

L'octuple division

Les dieux, dragons, yakshas, gandharvas, asuras, garudas, kinnaras et mahoragas forment huit catégories d'êtres qui ne sont pas visible par les yeux humains ; cependant, leurs corps subtils peuvent être clairement visibles par ceux possédant de grands pouvoirs spirituels. Ces êtres sont des protecteurs du Dharma du Bouddha.

 

Démon

Dans le Bouddhisme, le mot traduit pour '' démon'' est le mot sanskrit ''Mara'', qui signifie ''porteur de mort''. (voir Mara et Papiyan)

 

Dharma

L'enseignement du Bouddha, aussi appelé Bouddhadharma. Après le Nivana du Bouddha, le Dharma passe à travers les périodes suivantes :

1.      Les 1000 premières années correspondent à l'Age Orthodoxe du Dharma.

2.      Les 1000 années suivantes correspondent à l'Age de l'Image du Dharma.

3.      Les 10 000 années suivantes correspondent à l'Age Final du Dharma.

 

dharma

Un terme donné à tous les phénomènes, à la concret et abstrait.

 

E

 

éveil

Il y a trois sortes d'éveil : éveil de soi, l'éveil des autres et la perfection de l'éveil et de la pratique.

 

H

 

Honoré du Monde

un des Dix Titres du Bouddha.

 

Huit souffrances

La naissance, la vieillesse, la maladie, la mort, être séparé(e) de ceux qu'on aime, être aux côtés de ceux qu'on déteste, ne pas obtenir ce que l'on souhaite, et l'incendie provoquée par les cinq skandhas.

 

 

K

Karma

Actes, activités. Le Karma ne veut pas dire destin. Il signifie les actes que nous faisons nous-mêmes et les conséquences que ces actions entraînent.

 

M

mandala

 

Maître du Dharma

Un enseignant du Dharma. Un terme respectueux pour s'adresser aux membres du Sangha.

 

Mahayana

Mahayana signifie « grand véhicule » car il enseigne à ses adhérents de suivre le chemin des Bodhisattvas, qui mène à la nature du Bouddha. 

 

Mara

Est à la tête des démons célestes, principal ennemie du Bouddha et de son Dharma.

 

N

 

Nirvana         

L'état d'ultime tranquilité.

 

O

 

L’œil Sélectif du Dharma

L'habilité pour faire la différence entre le véritable Dharma et les doctrines déviantes.

division octuple

 

 

P

 

Papiyan

Un roi démon, un maléfique, Mara (voir Mara)

 

Pratyekabouddha (Ceux Illuminés aux Conditions ou Illuminés Solitataires)

Les Pratyekabouddhas sont des sages sacrés qui se sont illuminés par la contemplation des conditions. Lorsqu'il y a un Bouddha dans le monde, ils sont appelés Ceux Illuminés aux Conditions. Lorsqu'il n 'y a pas de Bouddha dans le monde, ils sont appelés Illuminés Solitaires

car ils sont capables de s'illuminer par eux-même.

 

Les Cinq Préceptes

Les cinq préceptes pour les laïcs Bouddhistes sont : ne pas tuer, ne pas voler, ne pas avoir de conduite sexuelle déviantes, ne pas dire de fausses paroles et ne pas consommer des substances intoxicantes.

 

Porte du Dharma

Une entrée vers le Dharma, une méthode pour pratiquer le Chemin vers l'Illumination.

 

Q

 

Quatre Nobles Vérités

Ce sont la souffrance, l'accumulation, la cessation et le Chemin.

 

R

 

Résolution du Bodhi (bodhicitta)

La résolution d'atteindre le bodhi à travers la pratique de la Voie du Bodhisattva.

 

Royaume du Dharma

1.      Le monde illuminé, c'est-à-dire la totalité de l'infinité des mondes des Bouddhas ;

2.      Un plan particulier d'existence, comme dans les Dix Royaumes du Dharma ; ou

3.      Les six organes des domaines sensoriels, les six objets des domaines sensoriels, et les six consciences.

 

S

 

Saha (Monde de-)

Nom du monde dans lequel nous vivons actuellement. Il signifie « capable d'endurer », car les êtres de ce monde sont capable d'endurer beaucoup de souffrances.

 

Samadhi

L'état méditative de concentration.

 

Samsara

Transmigration, le cycle perpétuel de naissance et mort dans les six royaumes de l'existence.

 

Sangha

L'ordre monastique des moines et nonnes Bouddhistes.

 

Shravaka

Shravaka est un mot sanskrit signifiant littéralement « celui qui écoute ». Il réfère à ceux qui « écoutent les sons de l'enseignement du Bouddha et qui s'éveillent à la Voie. »

 

Six chemins de renaissance

Les chemins des dieux, humains, asuras, animaux, fantômes affamés, et des êtres des enfers.

 

Le Sixième Patriarche

Le Grand Maître Hui Neng, le sixième patriarche dans la lignée du Bouddhisme chinois.

 

Sharira

Reliques ou cendres restantes après la crémation d'un Bouddha ou d'un sage, placées dans des stupas (pagodes) et vénérées.

 

Shramana

Shramana est un mot sanskrit qui signifie ''diligent'' et '' mettre au repos''. Le Shramana cultive diligemment les préceptes, samadhi et la sagesse et il met au repos et anéantit l'avidité, la haine et la stupidité. Shramana et Bhikshu sont synonymes, les deux appellations se confèrent aux moines bouddhistes ordonnés.

 

Skandha

Skandha est un mot sanskrit signifiant tas, pile ou agrégats. Les Cinq Skandhas sont la forme, la sensation, la pensée, les activités et la conscience. Les skandhas sont des divisions générales pour catégoriser tous les phénomènes dans le monde conditionné. Parce qu'ils incluent en eux tous les phénomènes transitoires et impermanents, ils constituent un outil important pour comprendre la doctrine Bouddhiste du non-soi. Si on analyse tous les aspects de ce que l'on pense être son « soi », on trouvera que tout entre dans le champ des Cinq Skandhas.

 

Sumeru

La montagne axiale au centre de chaque système-monde.

 

Sutras

Archives des conversations des Bouddhas et/ou des Bodhisattvas or d'autres disciples illuminés des Bouddhas.

 

T

 

Taoïsme

Une philosophie chinoise mystique fondé par le sage Lao Tze au sixième siècle avant J.-C. qui enseigne la conformité au Tao par l'action prudente et la simplicité.  

 

Terre de l'Ultime Félicité     

La terre du Bouddha Amitabha de l'Ouest créé par la puissance de ses vœux. Ceux qui récitent « Hommage au Bouddha Amitabha » peuvent renaître sur cette terre où ils peuvent réaliser la nature du Bouddha.

 

Triple Joyaux            

Le Bouddha, le Dharma et le Sangha monastique.    

 

Thérévada

Le Bouddhisme Thérévada, se réfère parfois tel le Bouddhisme du Sud, appartenant principalement à la tradition Hinayana (Petit Véhicule). Thérévada signifie ''enseignements des aînés'' (sanskrit : sthavira-vada). Aujourd'hui, le Bouddhisme Thérévada se trouve principalement au Sri Lanka, en Birmanie, en Thaïlande, et dans les autres pays de l'Asie du Sud-Est.

 

Les Cinq Turbidités

1) turbidité des kalpas, 2) turbidité des points de vue, 3) turbidité des afflictions, 4) turbidité des êtres, et 5) turbidité des espérances de vie.

 

Trois chemins maléfiques

Les royaumes des animaux, des fantômes affamés, et des êtres des enfers.

 

Trois périodes du temps

1) passé, 2) présent, 3) futur.

 

Trois souffrances

1) la souffrance dans la souffrance, 2) la souffrance de la décadence, 3) la souffrance du processus.

 

Trois Royaumes        

Le Royaume du Désire, Le Royaume de la Forme et le Royaume Sans-Forme.

 

V

 

Deux Véhicules

Le Véhicule Patyekabuddha et le Véhicule Shravaka. (voir Shravaka, Pratyekabuddha)

 

Voie

La voie spirituelle de la culture de so ; l'ultime vérité, qui est réalisé à travers la pratique de la Voie

 

Voie du Milieu

Modération : la voie de la tempérance. « Milieu » signifie ne pas aller aux extrêmes, et « Voie » signifie pratique. Celui qui se conforme à la Voie du Milieu évite de s'accrocher aux deux extrêmes du vide et de l'existence.

 

 

 

Résumé Biographique du Vénérable Maître Hsuan Hua

 

            Le Vénérable Maître, dont le nom de Dharma est An Tse et Tu Lun, reçu le Dharma du Vénérable Maître Hsu Yun et devint le neuvième Patriarche de la lignée Wei Yang. Son nom est Hsuan Hua et il se fait aussi appeler Le Moine dans la Tombe. Natif du comté de Shuancheng dans la province du Jinlin, il est né le seizième jour du troisième mois lunaire de l'année du cheval à la fin de la Dynastie Qing. Le nom de son père était Bai Fuhai. Sa mère, dont le nom de jeune fille était Hu, ne mangeait que de la nourriture végétarienne et récita le nom du Bouddha tout au long de sa vie. Quand elle fut enceinte du Maître elle pria les Bouddhas et les Bodhisattvas de lui donner leur bénédiction. La nuit avant la naissance, dans un rêve, elle vit le Bouddha Amitabha, rayonnant de lumière. Le Maître naquit après cette vision.

 

            Dans son enfance, le Maître suivit l'exemple de sa mère et ne mangeait que de la nourriture végétarienne et récitait le nom du Bouddha. À onze ans, il s'éveilla aux grands sujets de la naissance, de la mort, de la brièveté de la vie et se résolut à devenir moine. À quinze ans il rejoignit donc le Vénérable Maître Chang Zhi. Sa mère mourut lors de ses dix neuf ans et il demanda au Vénérable Maître Chang  Zhi du Temple Sanyuan la faveur de lui raser la tête. Habillé de la robe de ceux qui ont quitté la maison, il construisit une simple hutte à côté de la tombe de sa mère et suivit les pratiques de la piété filiale. Pendant cette période il fit référence à l'Avatamsaka Sûtra, pratiqua le culte et le repentir, la méditation Chan, étudia les enseignements et les contemplations et suivit scrupuleusement la règle de ne manger qu'un repas par jour avant midi. La connaissance qu'il démontra du Bouddhisme fit qu'il gagna l'admiration et le respect des villageois. Ses efforts sincères pour se purifier et se cultiver toucha les Bouddhas et les Bodhisattvas, et ainsi les réponses et manifestations furent trop nombreuses pour être racontées. Le Maître finit par être considéré comme étant un moine remarquable suite aux propagations de ces événements surnaturels.

 

            Estimant que le Vénérable Maître Aîné Hsu Yun était un grand héros du Bouddhisme, le Maître lui rendit hommage en 1946. Le Vénérable Maître Aîné vit que le Maître deviendrait une figure marquante du Dharma et lui transmit le sceau spirituel du Dharma, le faisant ainsi le Neuvième Patriarche de la lignée Wei Yang et le quarante-sixième de la génération depuis le Patriarche Mahakashyapa.

 

            En 1948, le Maître fit ses adieux au Vénérable Maître Aîné Hsu Yun et se rendit à Hong Kong pour propager le Dharma. Il porta une attention égale aux cinq écoles – Chan, Doctrine, Vinaya, Ésotérique et Terre Pure – mettant ainsi un terme aux ségrégations entre sectes. Le Maître rénova également de vieux temples, imprima des Sûtras et des images religieuses. Il établit le Monastère du Jardin de la Félicité de l'Ouest, la Salle des conférences Bouddhistes et le Monastère Cixing. Donnant des conférences sur les Sûtras, le Maître fit ainsi fleurir le Bouddhisme à Hong Kong.

 

            En 1959 le Maître vit que les conditions étaient maintenant favorables en Occident et il donna comme instructions à ses disciples de fonder l'Association Sino-Américaine Bouddhiste (renommée par la suite Association Bouddhiste du Royaume du Dharma) aux États-Unis. En 1962, sur invitation des Bouddhistes Américains, le Maître voyagea seul aux États-Unis où il fut le porte-étendard du véritable Dharma au Centre d’Étude du Bouddhisme à San Francisco.

 

            En 1968, la Session d’Étude et de Pratique Shurangama fut tenue, et plusieurs douzaines d'étudiants des Universités de Washington et de Seattle vinrent pour étudier le Bouddhadharma. À la fin de la session, cinq jeunes Américains demandèrent la permission de raser leur tête et de devenir moines et nonnes, marquant ainsi le début du Sangha dans l'histoire du Bouddhisme Américain. Depuis, le nombre de disciples Américains qui se sont fait moines et nonnes en suivant le Vénérable Maître n'a cessé de croître, créant ainsi un impact profond et durable sur la propagation du Bouddhadharma et la traduction des Sûtras en Occident.

 

            Les explications des Sûtras par le Maître et ses conférences sur le Dharma sont profondes et pourtant faciles à comprendre. Le Maître a fait plus de dix milles conférences sur le Dharma. Plus d'une centaine de livres contenant ses commentaires sont traduis en anglais. Personne n'a auparavant fait la traduction en anglais d'autant de Sûtras. En 1973 le Maître fonda l'Institut International de Traduction Bouddhiste qui planifia la traduction intégrale du Canon Bouddhiste dans la langue de chaque pays afin que le Bouddhadharma puisse s'étendre au monde entier.

 

            En 1974, le Maître acquit la Cité des Dix Milles Bouddhas et fonda l'Université du Royaume Bouddhiste du Dharma et le Programme de Formation du Sangha et du Laïque afin de former des professionnels du Bouddhisme sur une échelle internationale. Bien plus, il fonda l’École Élémentaire « Instillation de la Bonté » et  l’École Secondaire « Développement de la Vertu » qui ont pour but de préserver l'esprit des enfants de la corruption ambiante. Au fil des années, le Maître établit successivement le Monastère de la Montagne d'Or, le Monastère de la Roue d'Or, le Monastère du Sommet d'Or, le Monastère du Bouddha d'Or, le Monastère Avatamsaka, le Monastère du Royaume du Dharma, le Monastère Amitabha, la Cité du Royaume du Dharma et d'autres endroits où l'on cultive le Chemin vers le bon Dharma. Se dédiant au service des autres, le Maître ne redoute pas le travail harassant et les souffrances. Le Maître offre la Cité des Dix Milles Bouddhas comme le « Refuge pour les Bouddhistes du monde », servant ainsi d'exemple à d'autres qui aimeraient fonder des écoles et faisant la promotion des talents des générations futures. Les traditions à la Cité des Dix Milles Bouddhas sont strictes et les résidents pratiquent assidûment les Six Grands Principes établis par le Maître : ne pas se quereller, ne pas être avide, ne pas chercher, ne pas être égoïste, ne pas chercher de gains personnels, ne pas mentir.  Aux États-Unis, par l'influence de l'intégrité et de la pratique du Vénérable Maître, la Cité des Dix Milles Bouddhas est devenue un lieu important où s'accomplit le Chemin. Pour exprimer ses principes, le Maître a composé les vers suivants :

 

            Périssant dans le froid, nous ne faisons pas de machinations,

            Affamés jusqu'à la mort, nous ne mendions pas,

            Mourant de pauvreté, nous ne demandons rien,

            En accord avec les conditions, nous ne changeons pas.

            Ne changeant pas, nous nous accordons avec les conditions.

            Nous adhérons fermement à nos trois grands pricipes.

            Nous renonçons à nos vies pour faire le travail du Bouddha,

            Nous prenons le responsabilité de façonner nos propres destinées,

            Nous rectifions nos vies pour remplir le rôle du Sangha.

            Face aux situations spécifiques, nous comprenons les principes.

            Comprenant les principes, nous les appliquons dans les situations spécifiques.

            Nous portons la pulsation unique de la transmission spirituelle des Patriarches.

 

            Le Samadhi et la sagesse profonde du Vénérable Maître ont véritablement ouvert le chemin du Bodhi pour les êtres vivants en ce temps de déclin du Dharma. C'est comme si dans la nuit noire nous pourrions soudainement voir la lumière de la sagesse et sentions le parfum de la lignée du Dharma. Cela est semblable à un pur lotus poussant de la boue et fleurissant. Sur la voie de la réalisation de la culture de soir nous sommes appelé à exprimer nos louages et nos exaltations.

 

 

 

Les dix-huit vœux du Vénérable Maître Hsuan Hua

 

Je fais le vœu de ne pas atteindre la parfaite illumination aussi longtemps qu'il n 'y aura ne serait-ce qu'un seul Bodhisattva dans une des trois périodes du temps d'une des dix directions du Royaume du Dharma, et ce jusqu'aux limites de l'espace, qui n'ait accomplit l'état de Bouddha.

 

Je fais le vœu de ne pas atteindre la parfaite illumination aussi longtemps qu'il n 'y aura ne serait-ce qu'un seul Pratyekabouddha dans une des trois périodes du temps d'une des dix directions du Royaume du Dharma, et ce jusqu'aux limites de l'espace, qui n'ait accomplit l'état de Bouddha.

 

Je fais le vœu de ne pas atteindre la parfaite illumination aussi longtemps qu'il n 'y aura ne serait-ce qu'un seul Shravaka dans une des trois périodes du temps d'une des dix directions du Royaume du Dharma, et ce jusqu'aux limites de l'espace, qui n'ait accomplit l'état de Bouddha.

 

Je fais le vœu de ne pas atteindre la parfaite illumination aussi longtemps qu'il n 'y aura ne serait-ce qu'un seul Dieu dans le Triple Royaume qui n'ait accomplit l'état de Bouddha.

 

Je fais le vœu de ne pas atteindre la parfaite illumination aussi longtemps qu'il n 'y aura ne serait-ce qu'un seul être humain dans le monde des dix directions qui n'ait accomplit l'état de Bouddha.

 

Je fais le vœu de ne pas atteindre la parfaite illumination aussi longtemps qu'il n 'y aura ne serait-ce qu'un seul Asura qui n'ait accomplit l'état de Bouddha.

 

Je fais le vœu de ne pas atteindre la parfaite illumination aussi longtemps qu'il n 'y aura ne serait-ce qu'un seul animal qui n'ait accomplit l'état de Bouddha.

 

Je fais le vœu de ne pas atteindre la parfaite illumination aussi longtemps qu'il n 'y aura ne serait-ce qu'un seul fantôme affamé qui n'ait accomplit l'état de Bouddha.

 

Je fais le vœu de ne pas atteindre la parfaite illumination aussi longtemps qu'il n 'y aura ne serait-ce qu'un seul être des enfers qui n'ait accomplit l'état de Bouddha.

 

Je fais le vœu de ne pas atteindre la parfaite illumination aussi longtemps qu'il n 'y aura ne serait-ce qu'un seul Dieu, immortel, humain, créature rampante ou volante, objet animé ou inanimé, dragon, bête, fantôme, esprit, etc., du Royaume du Dharma, qui ayant pris refuge à mes côtés, n'a toutefois pas accomplit l'état de Bouddha.

 

Je fais le vœu de consacrer aux êtres vivants du Royaume du Dharma toutes les bénédictions et tous les bonheurs que je recevrai et dont je devrais jouir.

 

Je fais le vœu de prendre entièrement sur mes épaules les souffrances et les épreuves de toutes les créatures vivantes du Royaume du Dharma.

 

Je fais le vœu de pouvoir adopter d'innombrables formes comme moyens d'accéder aux esprits des êtres vivants de l'univers qui ne croient pas au Bouddhadharma, leur permettant ainsi de corriger leurs fautes, tendre vers l'absolu, se repentir des erreurs et recommencer, prendre refuge auprès du Triple Joyau pour finalement accomplir l'état de Bouddha.

 

Je fais le vœu que tout être vivant qui voit mon visage ou entend mon nom concentre ses pensées sur le Bodhi et accomplisse rapidement la Voie du Bouddha.

 

Je fais le vœu d'observer avec respect les instructions du Bouddha et de cultiver la pratique qui consiste à ne prendre qu'un repas par jour.

 

Je fais le vœu d'illuminer tous les êtres sensibles et réagir universellement à la multiplicité des différents potentiels.

 

Je fais le vœu d'obtenir les cinq yeux, les six pouvoirs spirituels et la liberté de quelqu'un sachant voler dans cette vie.

 

Je fais le vœu de réaliser avec certitude mes vœux.

 

Conclusion :

Je fais le vœu de sauver les innombrables êtres vivants.

            Je fais le vœu d'éradiquer les afflictions sans limites.

            Je fais le vœu d'étudiants les innombrables portes-Dharma.

            Je fais le vœu d'accomplir l'insurpassable Voie du Bouddha.